Avec l’aide de nombreux amis artistes, je profite du confinement pour réaliser à distance des vidéos musicales de chansons de film que je voulais depuis longtemps monter en concert pour une soirée « Dans l’ombre des studios » (comme je l’avais fait autour des grandes voix Disney en 2015 et 2016). L’occasion de revenir sur l’histoire de ces chansons, et d’ouvrir mes archives. Aujourd’hui : « Ode à la nuit », écrite et composée par Jacques Brel et arrangée par François Rauber pour le film d’animation Tintin et le Temple du Soleil (1969).
(Remerciements à Serge Elhaïk, Claude Ermelin, Gérard Rauber et à la regrettée Lucie Dolène)
Entre la production du film d’animation Astérix et Cléopâtre (1968) et celle de Lucky Luke : Daisy Town (1971), Raymond Leblanc lance un autre projet pour les studios Belvision : Tintin et le Temple du Soleil (1969), compilant en un film le diptyque Les Sept Boules de Cristal / Le Temple du Soleil.
Raymond Leblanc cherchant un compositeur pour la musique du film, Henri Gruel (responsable des effets sonores, également producteur et scénariste) lui suggère François Rauber (compositeur, et fidèle arrangeur de Jacques Brel), avec qui il a travaillé pour des disques pour enfants chez Philips.
François Rauber
François Rauber compose et arrange plusieurs instrumentaux chronométrés précisément à l’image du film. Les séances ont lieu au Studio Davout (prise de son : Claude Ermelin), où un écran projette le film au-dessus des musiciens. Deux de ces instrumentaux sortiront plus tard en vinyle : le générique et la « Danse de Jauga » (superbe morceau, très inspiré par la musique andine, mais avec aussi d’autres influences, comme le folklore provençal). Un autre instrumental, « Les Dupond au Pérou » sortira plus tard en CD dans la compilation Tintin au cinéma (1998). Les autres instrumentaux sont inédits en disque. Peut-être peut-on espérer dans les prochaines années une « expanded edition » chez Universal ou Music Box Records ?
Et les chansons ? François Rauber s’en souvenait dans un entretien avec Serge Elhaïk (reproduit dans Les arrangeurs de la chanson française, éditions Textuel) : « Raymond Leblanc, qui était belge, avait connu Jacques Brel par le passé. Quand il a souhaité deux chansons pour le personnage de Zorrino dans Tintin et le Temple du Soleil, il m’a naturellement demandé de solliciter Brel pour les écrire. Ce dernier a accepté, alors que j’étais convaincu qu’il refuserait, puisqu’il avait pris ses distances avec le métier à cette époque. »
Jacques Brel écrit et compose spécialement deux chansons (dont les manuscrits ont été vendus aux enchères en 2008) qui sont de véritables merveilles : « Ode à la Nuit » chantée par Zorrino (scène où Tintin, Haddock et les Dupondt s’endorment dans la forêt) et « Chanson de Zorrino » chantée en duo par Zorrino et la fille du chef Inca (scène là encore nocturne, où Zorrino, emprisonné, est désespéré par son exécution prochaine). Pour ces deux chansons, François Rauber choisit une orchestration assez similaire, qui tranche avec l’orchestration des instrumentaux du film : petit chœur féminin, harpe, glockenspiel, guitares, contrebasse, flûtes (avec en plus une flûte alto pour « Chanson de Zorrino »), trompette (avec sourdine pour « Chanson de Zorrino »), clarinette (pour « Ode à la Nuit »), percussions (pour « Chanson de Zorrino »).
« Ode à la nuit », malheureusement coupée lors de ses dernières diffusions (l'image a été remasterisée à partir de l'image américaine, dans laquelle la séquence était coupée), me fait fortement penser par son rythme, son ambiance, sa couleur orchestrale, etc. à « L’Ostendaise » enregistrée un an plus tôt par le même Jacques Brel.
Jacques Brel: "L'Ostendaise"
Lucie Dolène
C’est notre magnifique Lucie Dolène (voix de Zorrino également pour les dialogues, enregistrés à la S.P.S. avec Serge Nadaud à la direction et Jean Neny au son) qui enregistre les deux chansons (en duo avec Linette Lemercier pour la seconde), qui feront partie des préférées de son répertoire. Comme elle me l’avait raconté dans mon entretien pour « Dans l’ombre des studios » : « Jacques Brel avait écrit certaines chansons avec François Rauber et ce film lui tenait à cœur car à l’époque il commençait le tournage de « Mon Oncle Benjamin » et je me souviens qu’il avait annulé tous ses rendez-vous ce jour-là pour rester avec nous jusqu’à la fin de l’enregistrement. Il y avait Hergé qui était là aussi, adorable, la crème des hommes. Il était très content de notre travail. »
Claude Ermelin, qui était à la prise de son, se souvient lui aussi de la gentillesse de Hergé… et de son regret de ne pas avoir pensé à lui demander une dédicace.
Quand Lucie parle du « début de tournage » de Mon oncle Benjamin, il s’agirait plutôt des préparations hippiques et sportives (comme Lucie l’a ultérieurement précisé à mon ami Grégoire Philibert pour son autobiographie, Hollywood, non merci ! bientôt publiée chez L’Harmattan), les séances dateraient certainement de mars ou avril 1969 (peut-être le 16 avril, avec Danielle Licari et Jackye Castan dans les choeurs).
En mai 1969, une copie de travail est projetée au MIPTV de Cannes. On apprend dans l’excellent livre Belvision (de Daniel Couvreur, éditions Le Lombard) que Raymond Leblanc avait notifié à François Rauber qu’il trouvait la musique trop « ironique, grinçante, parodique. C’est un film d’aventures et pas un Walt Disney. Le thème doit être plus grave, plus mélodique. Moins lyrique, moins sentimental », remarques qui me paraissent un peu contradictoires et qui ont dû laisser François Rauber perplexe. On ne sait pas si suite à ses remarques certains passages ont été réenregistrés ou pas. Raymond Leblanc et François Rauber ont en tout cas continué à collaborer ensemble sur Tintin et le Lac aux Requins (1972)).
Le film sort en salles le 17 décembre 1969.
NOTRE REPRISE CONFINÉE
« Ode à la Nuit » faisait (et fait toujours) partie des chansons que je souhaitais depuis longtemps monter pour un concert « Dans l’ombre des studios ». Mon amie Lucie Dolène ne pouvant alors plus se produire sur scène pour des raisons de santé, j’en avais parlé il y a deux ou trois ans à Rachel Pignot, non pas par association d’idées (Rachel ayant « remplacé » Lucie lors du redoublage de 2001 de Blanche Neige et les Sept Nains), mais parce que tout simplement, parmi les nombreux artistes que je connaissais, elle était pour moi la meilleure interprète possible sur cette chanson. Rachel avait alors été très emballée car c’était une chanson qu’elle aimait depuis toujours, sans savoir jusque-là qu’elle était chantée par Lucie Dolène.
J’avais fait des démarches auprès de la famille Rauber pour retrouver les partitions, mais malheureusement, comme François Rauber n’avait pas composé mais seulement écrit les orchestrations sur cette chanson, elles étaient introuvables.
Lors des premiers jours du confinement, c’était tout naturel qu’ « Ode à la nuit » ferait partie des chansons que nous allions enregistrer à distance. Et puis, la santé de Lucie, déjà très faible, s’est dégradée. Et ce qui devait être un simple projet de reprise s’est transformé en hommage, quand Lucie nous a quittés le 9 avril 2020.
N’ayant aucune partition, j’ai proposé à Mathieu Serradell deux options : un accompagnement minimaliste (accordéon ou piano) ou un arrangement se rapprochant de l’original, sachant que je pourrais solliciter, parmi mes amis, une harpiste (Barbara-Jane), un flûtiste/clarinettiste (Jean-Pierre Solvès) et des choristes (Wassila Benaïssa, Eléonore Duizabo, Sandra Gaugué et Cécile Oechsner de Coninck, que j’ai choisis en fonction de la douceur de leur voix et de l’homogénéité possible de leurs quatre voix réunies). A ma grande joie, Mathieu a choisi la seconde, et je dois dire que j’ai été très ému quand le lendemain (!) il m’a envoyé une première simulation d’arrangement, absolument magnifique.
Je suis heureux de vous présenter cet hommage, dû au talent de tous ces artistes et de nos fantastiques Grégoire Philibert (montage vidéo) et Stéphane Bonduel (montage audio et mixage).
Chœurs confinés : Wassila Benaïssa, Eléonore Duizabo, Sandra Gaugué et Cécile Oechsner de Coninck.
Idée originale, distribution artistique et coordination confinées : Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios).
Arrangements et direction musicale confinés : Mathieu Serradell (d’après les arrangements originaux de François Rauber)
Montage vidéo confiné : Grégoire Philibert
Mixage confiné : Stéphane Bonduel
« Ode à la Nuit » du film d’animation « Tintin et le Temple du Soleil» (1969) :
Paroles et musique : Jacques Brel / Arrangements originaux : François Rauber / Interprète originale : Lucie Dolène / Éditions musicales : Éditions Raymond Leblanc
Les musiciens, chanteurs et techniciens remercient leurs proches (notamment Perle Solvès) pour leur patience et leur aide technique.
Cette vidéo est dédiée à la mémoire de notre amie Lucie Dolène (1931-2020).
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Avec l’aide de nombreux amis artistes, je
profite du confinement pour réaliser à distance des vidéos musicales de
chansons de film que je voulais depuis longtemps monter en concert pour une
soirée « Dans l’ombre des studios » (comme je l’avais fait autour des
grandes voix Disney en 2015 et 2016). L’occasion de revenir sur l’histoire de
ces chansons, et d’ouvrir mes archives. Aujourd’hui : « I’m a poor
lonesome cowboy », composée par Claude Bolling pour le film d’animation Lucky Luke : Daisy Town (1971).
(Remerciements à Manuelle
Pefferkorn-Mazerand, Daniel Barda, Pat Woods, Sylvio Gualda, ainsi qu’à Claude et David Bolling, Claude
Ermelin, Alice Herald, Philippe Baudoin, Michel Lorin, Kathy Lowe, Roger Mason et au regretté Gérard Rinaldi)
HISTORIQUE DE L'ENREGISTREMENT
Au moment de
la sortie en salles d’Astérix et
Cléopâtre (1968), les éditions Dargaud confient aux studios Belvision un
nouveau projet de film d’animation, cette fois-ci centré sur le personnage de
Lucky Luke. René Goscinny, Morris et
Pierre Tchernia écrivent un scénario original, Lucky Luke, nommé également Daisy
Town. Quelques temps plus tôt, la femme du grand Claude Bolling, Irène
Bolling, journaliste à Paris Match, avait interviewé Goscinny et Uderzo, et à
la suite de ça les avait présentés à Claude, qui leur avait manifesté son désir
de travailler sur une musique de dessin animé.
Claude
Bolling est appelé pour composer la musique de Lucky Luke : Daisy Town. Il reçoit un storyboard (avec une
annotation manuscrite de René Goscinny sur l’image du panneau planté par les
pionniers : « Et la musique
commence ! Merci Claude ! ») et travaille sur des idées de
chansons.
Le 26
février 1970, Nicole Croisille, habituée des séances de Claude Bolling (elle a
notamment fait partie des premières séances des Parisiennes) enregistre la
chanson du saloon (Daisy Town Saloon Song) dont elle a écrit les paroles, en
anglais. Elle est entourée de Claude Bolling (piano et direction), Tony Rallo
(guitare), Fernand Garbasi (banjo), Alphonse Masselier (contrebasse), Teddy
Hocquemiller (batterie, wahsboard), Danielle Licari, Anne Vassiliu et Danièle
Bartoletti (chœurs).
Cet
enregistrement est a priori une maquette (introuvable), car un reportage
(tourné plus tard (certainement en octobre 1970) et diffusé en décembre 1970)
montrera une autre séance d’enregistrement de cette chanson, avec une équipe légèrement
différente (Nicole Croisille (chant solo), Claude Bolling (piano et direction),
William Azoulay (banjo), Max Hediguer (contrebasse), Gérard Bagot (washboard),
Françoise Walle, Anne Vassiliu et Danièle Bartoletti (chœurs)).
Enregistrement de la "Daisy Town Saloon Song" (certainement octobre 1970), suivie d'un extrait de la maquette d'octobre 70 de "I'm a poor lonesome cowboy"
Une deuxième
vague de séances (dirigée par Claude Bolling) a lieu en octobre 1970,
principalement pour des maquettes de chansons, ou des morceaux nécessaires à l’animation
des personnages.
Parmi les
titres enregistrés pendant cette période, la maquette de la chanson principale,
« I’m a poor lonesome cowboy ». Depuis 1955 (album Des rails sur la prairie), les albums de
Lucky Luke se terminent par une image
de Lucky Lukeà cheval, au soleil couchant,
chantant « I’m a poor lonesome cowboy and a long way from home», extrait
des paroles de « I’m a poor lonesome cowboy », chant traditionnel des
pionniers américains, que Morris avait entendu pendant ses années aux
Etats-Unis (certainement dans la version du groupe Sons of the Pioneers).
Sons of the Pioneers: "I'm a poor lonesome cowboy" (chant traditionnel, c.1950)
Jack Fishman
Sur cette simple phrase, Jack Fishman (1920-1997), à qui l'on doit les paroles de quelques tubes ("Help yourself" pour Tom Jones, "If Paradise (is half as nice)" pour Amen Corner) écrit les textes de toute une chanson, et
Claude Bolling compose une musique originale assez inspirée du chant
traditionnel. Cette toute première version, intitulée « Lonesome
cowboy : version d’origine 2 » sur le score d’orchestre d’époque
(soliste, chœurs, harmonica, guitare électrique, guitare acoustique, banjo,
pedal steel, basse, batterie, percussions, synthé (cordes)) a peut-être été
enregistrée pour une première maquette, mais est a priori introuvable.
Claude
Bolling retravaille encore la mélodie et la fait enregistrer en maquette le 1er
octobre 1970, avec au chant le guitariste folk canadien Don Burke (membre du
quatuor Les Troubadours, et voix chantée de Gene Kelly dans Les Demoiselles de Rochefort) et un
quatuor de choristes composé d’Anne Germain, Alice Herald, Bob Smart et Jean
Stout (voix de basse profonde), tous les quatre habitués des séances de
chansons pour des musiques de film. Alice Herald s’en souvient : « René Goscinny était présent lors de
l’enregistrement, et j’avais eu la chance de pouvoir discuter avec lui. J’étais
une fan absolue de Pilote à ce moment-là et il avait répondu avec beaucoup de
gentillesse à mes questions sur les dessinateurs du journal. » Cette
maquette a été exhumée il y a quatre ans par Music Box Records dans l’excellent
triple-CD consacré aux musiques des Lucky
Luke (Pat Woods y est crédité par erreur, mais c’est bien Don Burke dans la
maquette).
"I'm a poor lonesome cowboy": maquette du 1er octobre 1970
Gérard Rinaldi
Une autre
chanson est a priori enregistrée en octobre 1970, vraisemblablement sous la
forme d’une maquette, « Voilà le quadrille ». Pour la chanter, Gérard
Rinaldi est contacté, mais comme il me l’avait raconté, il était alors sous
contrat avec Les Charlots et n’avait pas le droit de se produire comme soliste.
Il prend un pseudonyme, Gérard Dinal. Cette chanson sera donc enregistrée pour
le film par Gérard Rinaldi (version définitive a priori en juillet 1971), et
pour le disque par Philippe Clay en français (« Voilà le quadrille »)
et par Don Burke (crédité par erreur Dan Burke) en anglais (« Stamp your
feet », 4 octobre 1971). Dans le morceau, les danseurs tapent du pied. Ces
enregistrements seront faits plus tard (a priori juillet 1971). Daniel Barda,
ancien assistant de Claude Bolling, s’en remémore : « J’avais fait venir trois ou quatre copains, comme Gilles Petit, et
on tapait du pied au moment où Claude Bolling nous le demandait ».
En octobre
1970, deux séances réunissent un très grand nombre de percussionnistes, visiblement
pour les enregistrements des deux morceaux « indiens ». « En
lisant les noms des musiciens que vous avez retrouvés, il n’y avait que des
pointures, comme Sylvio Gualda, qui était le percussionniste de
l’orchestre de l’Opéra et des Percussions de Strasbourg, un musicien
formidable. Il fallait beaucoup de monde afin de faire un ramdam suffisant pour
la musique des indiens. A l’époque on ne lésinait pas sur les budgets »
témoigne Daniel Barda.
Sylvio Gualda se rappelle sa collaboration avec Claude Bolling : « En entrant à l’Opéra de Paris j’ai arrêté les séances de variétés mais je continuais à travailler pour Claude Bolling et Michel Legrand quand ils me demandaient. Claude Bolling avait une équipe super et changeait souvent de batteurs, je me souviens notamment de Hans Peter-Giger. Claude Bolling aimait bien rajouter des percussions, rarement au premier rôle, c’était souvent pour colorer et souligner, un xylophone par exemple, mais ça me plaisait J’ai fait beaucoup de télés avec lui, il m’appelait directement. C’était quelqu’un de formidable, qui savait travailler avec les musiciens, leur parler, leur demander d’essayer d’une façon plutôt que d’une autre. Très classe et élégant. »
Je n’en ai
pas trouvé la trace, mais c’est certainement aussi à cette période que Claude
Bolling a enregistré lui-même les parties de piano « saloon » afin
que l’animation du piano mécanique soit calquée sur le son.
Daniel Barda
Au printemps
1971, Daniel Barda devient l’assistant de Claude Bolling : « En 1965, j’étais trombone du groupe
Les Haricots Rouges. Notre groupe et le big band de Claude Bolling se sont tous
deux retrouvés programmés dans un festival au château de Lunéville. Notre
vestiaire, c’était la chapelle du château, dans laquelle il y avait un piano à
queue. Nos pauses étaient à peu près ensemble, et lors d’une pause je me suis
mis à jouer du piano classique, la berceuse de Chopin. Quand j’ai fini de
jouer, j’ai vu Claude Bolling à côté de moi, la bouche ouverte. Je ne l’ai plus
revu pendant cinq ans. Et en 1970, il me voit jouer dans un club, le Drugstore
Saint-Lazare, et m’appelle à sa table : « C’est bien vous que j’ai vu
jouer du piano à Lunéville ? Pourriez-vous me donner des leçons de
piano ?». Je lui ai fait répéter trois fois sa question, c’était le monde
à l’envers ! Il m’a expliqué qu’il voulait travailler le déchiffrage. Très
gonflé, j’ai accepté, et à partir de septembre 1970, j’allais tous les
dimanches chez lui avec des partitions classiques à travailler. Il s’est établi
un climat assez sympa, et comme son précédent assistant était parti, il m’a
proposé le poste (printemps 1971). C’était l’époque où il était en pleine préparation de « Lucky Luke », et j’ai eu la grande chance de
déjeuner chez René Goscinny, j’étais très content de rencontrer cet homme
extraordinaire et adorable. »
Claude Bolling
Alors qu’il
arrivait parfois à Claude Bolling, comme beaucoup de compositeurs de sa
génération, surchargés de travail, d’engager des collaborateurs (crédités ou
pas) pour faire les arrangements de ses musiques de film ou au moins arranger les cordes (Vladimir Cosma (également
arrangeur de Michel Legrand, avant de voler de ses propres ailes), Pierre
Porte, Régis Dubost (alias Matheus Grand), Claude Germain, etc.), Claude
Bolling s’investit particulièrement dans la musique de Lucky Luke : Daisy Town. « Claude me demandait parfois un
coup de main sur ses orchestrations quand il avait des doutes sur la tessiture
de certains instruments, mais je peux témoigner qu’ila travaillé jour et nuit sur la composition
et l’arrangement de « Lucky Luke : Daisy Town ». Contrairement à
la plupart des compositeurs, qui faisaient leur arrangement sans instrument, Claude se mettait
à son piano, et avait fait installer un pupitre géant pour pouvoir placer les
scores et écrire ses orchestrations » se souvient Daniel Barda.
Pendant
l’été 1971, la production du film a bien avancé, et l’enregistrement de la musique
définitive commence au Studio Davout (avec Claude Ermelin à la prise de son),
sachant que des versions alternatives (plus longues) sont enregistrées lors de
ces mêmes séances pour une sortie en disque, comme cela était courant à
l’époque. Daniel Barda assurait, à la manière d’une script sur un tournage, le suivi
en cabine : « Sur Lucky Luke,
j’assistais à toutes les séances avec la partition sous les yeux, et devais
indiquer s’il y avait des choses qui n’allaient pas. Je contribuais
également aux bruitages du film.»
Le 2
juillet 1971, le chant solo et les chœurs d’ « I’m a poor lonesome
cowboy » sont enregistrés : une version longue pour le disque (trois
couplets, quatre refrains, une coda) qui sera découpée en plusieurs parties
pour le film, et des versions alternatives. Pour les chœurs, quelques choristes studio habituels (Janine de Waleyne, Anne Germain, Danièle Bartoletti, Anne Vassiliu, Claudine Meunier, Henri Tallourd, Claude Germain, Vincent Munro), une moins habituelle (la chanteuse martiniquaise Stella Felix) et, afin d’obtenir un son américain, des « renforts » venus de la communauté d’artistes anglophones expatriés, ou de passage à Paris à ce moment-là : la chanteuse folk américaine Mary Rhoads, l’harmoniciste et chanteur folk anglais John Wright, la chanteuse de jazz anglaise Beryl Bryden, le chanteur et musicien canadien Don Burke (dont j’ai parlé précédemment), le guitariste américain Roger Mason et l’acteur américain Charles Pfluger. Comme dans la maquette, la voix de basse profonde, qui fait toute la force de cet arrangement, est assurée par Jean Stout (voix chantée de Baloo dans Le Livre de la Jungle, etc.), l’une de cinq voix de basses dans les studios parisiens à cette époque-là, et certainement le seul à timbrer autant dans le grave.
Pat Woods et Kathy Lowe
Les couplets d'"Im a poor lonesome cowboy" sont chantés en soliste par Pat Woods. Les informations biographiques sur ce chanteur étant quasi inexistantes (aucune interview, etc.), je n'avais aucune idée de ce qu'il était devenu et n'avait pas réussi à le contacter (le guitariste Pierre Bensusan, qui avait travaillé avec lui m'ayant dit qu'il vivait en Irlande (mais n'avait pas ses coordonnées), je m'étais même trompé en illustrant cet article avec une pochette de disque d'un autre Pat Woods, chanteur folklorique irlandais). Et puis, en août 2022, donc plus de deux ans après la publication de cet article, Pat m'a contacté de Dublin et j'ai eu le grand plaisir de l'interviewer par Zoom. Petite parenthèse dans cet article pour parler de la vie de cet artiste. Patrick Woods naît le 19 janvier 1944 à Deer Island, à côté de Portland (Oregon). "Mon père était comptable, mais ma mère était une très bonne pianiste et chanteuse. Elle chantait du gospel à l'église et à des mariages. A l'âge de 12 ou 13 ans, nous avons emménagé à Dallas (Texas). Comme j'étais très mauvais élève à l'école, ma mère avait très envie que j'apprenne la musique. Elle m'a inscrit à un cours d'accordéon et de guitare. Et la première guitare qu'elle m'a achetée était une guitare douze cordes, sur laquelle il n'y en avait que six. J'ai pensé pendant un petit moment que les guitares six cordes ressemblaient à ça (rires)." A Dallas, Pat aime écouter les grands bluesmen afro-américains, qui jouent dans la rue, demandant de l'argent ou des cigarettes. "Certains sont devenus célèbres plus tard, mais à l'époque je ne le savais pas, et eux non plus (rires). Parfois, ils prenaient ma guitare pour me montrer comment jouer certains morceaux, et le soir, chez moi, je refaisais ce qu'ils m'avaient appris. J'ai toujours été un guitariste assez spécial: j'ai toujours entendu la musique d'une manière particulière, avec du coup mes propres accords, gammes, une méthode de toucher différente. Dans des titres que j'ai enregistrés comme "Ouagadougou" il y a une structure d'accords inhabituelle. Quelqu'un pourrait me trouver le nom de l'accord, mais je n'en sais rien, je joue cet accord uniquement parce que le son me plaît. C'est ce que fait aussi le guitariste Leo Kottke." Quelques années après, tandis qu'en journée il suit des cours de comédie à la Texas University, Pat Woods anime une émission du soir (19h-21h) pour la radio KTNT, en prenant la suite du grand Willie Nelson. Sa programmation va de Frank Sinatra à de la country. Il se passionne pour Bob Dylan, s'achète une guitare classique, et en faisant de l'affichage pour promouvoir son émission, découvre dans un café Joan Baez et Mimi & Roger Fariña. Son imitation de Kennedy (qui venait d'être assassiné) à la radio annonçant les disques "en direct du paradis" lui vaut un licenciement de KTNT. En sortant de la radio, Pat Woods fait de l'auto-stop et se retrouve embarqué à New York.
A New York, bénéficiant d'une bourse, il s'inscrit à la célèbre école d'art dramatique Neighborhood Playhouse puis étudie le journalisme à l'université. "J'ai eu mon diplôme en 1969. Mai 68 en France avait déteint sur les universités américaines donc on prenait en "otage" les professeurs, etc. et tout le monde a eu son diplôme (rires)". Il enregistre son premier 45 tours, joue dans des comédies musicales en productions d'été ("summer stock theatres") et auditionne pour la comédie musicale Hair. "J'ai eu un rôle important, mais ma doublure qui était meilleure que moi a finalement décroché le rôle et je suis devenu sa doublure." Il écrit également un spectacle, joué off-Broadway. Pour s'assurer un revenu financier régulier, Pat Woods travaille comme agent d'entretien au club Gaslight (McDougal Street), où jouent tous les plus grands chanteurs folk et blues américains, de Tom Paxton à Jose Feliciano, en passant par Jesse Fuller, Eric Andersen, etc. "Je n'ai pas vu Bob Dylan y jouer, mais une fois il est venu assister à un concert avec Phil Ochs et d'autres. C'était une star. Il m'a demandé une bouteille de whisky Wild Turkey, je suis sorti du club pour en acheter une. J'ai reçu après un avertissement pour avoir quitté mon poste."
Pat Woods, inspiré par Bob Dylan, chante "Thirsty Boots" (Eric Andersen) en duo avec Marianne Snyder (1971)
Tous les producteurs (RCA, etc.), à la recherche du nouveau Bob Dylan, fréquentent le Gaslight, mais Pat n'en profite pas pour montrer ses talents. "J'étais là pour faire le ménage, pas pour jouer de la guitare. Mais les mardis, il y avait des scènes ouvertes dans d'autres clubs, comme le Gerdes Folk City et le Café Wha, donc j'y participais, et on faisait passer un chapeau."
Il assiste dans des petites salles à des concerts de futures stars comme Jimi Hendrix, Santana, etc. Sa femme ayant obtenu son master d'université, ils déménagent en Alaska où elle commence à donner des cours. Mais l'Alaska ne leur plaît guère, et le couple décide de s'installer à Paris, où sa femme va donner des cours au American College comme professeur... et Pat les suivre en tant qu'étudiant. "J'avais des bonnes notes là-bas (rires)." C'est près de leur appartement, non loin du American College, qu'ils deviennent amis de Roger Mason et Steve Waring. "J'avais vu une annonce pour des leçons de guitare, et Roger Mason et Steve Waring sont venus chez moi et m'ont appris la méthode picking. Nous sommes devenus amis. Steve faisait parfois du doublage anglais de films français, et il m'a fait participer une fois à un doublage rue Mermoz (studio Lingua-Synchrone, ndlr).Ce n'était pas facile, je n'ai fait ça qu'une fois, je n'avais peut-être pas le talent pour ça." Le grand guitariste Roger Mason se souvient de cette époque hippie: "J'ai été un ami proche de Pat pendant des années. On vivait tous les deux dans des combis Volkswagen garés sur le quai qui fait face à la Tour Eiffel. On a ensuite emménagé tous les deux dans la communauté créée par le groupe de Chicago Les Mormos, rue Pigalle."
Dans un café, Le Puits de l'Ermite, où les clients jouent aux échecs, Pat retrouve Roger, Steve, mais également Alan Stivell et Don Burke (ce dernier et sa méthode de picking ont d'ailleurs inspiré Alan Stivell, qui l'a transposée pour la harpe). "Lors d'une séparation, Don m'a hébergé, et m'a acheté l'une mes guitares, comme j'avais besoin d'argent".
American Center (1980)
Tous ces artistes se retrouvent aussi au Centre Américain boulevard Raspail, où Lionel Rocheman organise une fois par semaine des hootenannies, scènes ouvertes où les chanteurs folks anglophones et français se retrouvent et viennent chanter. C'est par ce Centre Américain que naît, de ce mélange, le nouveau mouvement folk français. Pat Woods y chante, donne des cours de guitare pour les débutants (les cours avancés sont donnés par Marcel Dadi) et rencontre là-bas une jeune fille au pair américaine, auteur-compositeur-interprète, Kathy Lowe, avec qui il forme à la fois un duo musical et un couple.
Lionel Rocheman, "passeur" du monde folk, présente Pat Woods et Kathy Lowe qui chantent "Rustling of the coals" (1972)
Lionel Rocheman prend soin de la carrière de Pat, le programme dans son émission télévisée Epinettes et guimbardes, et lui trouve des dates. "On a été six semaines à Abidjan, on jouait tous les soirs. J'ai écrit une chanson, Ouagadougou, qui a été choisie plus tard par l'empereur de Haute-Volta (Burkina Faso) pour devenir l'hymne du pays. J'ai gagné pas mal de droits (rires)." En 1971, il rencontre le compositeur Claude Bolling: "Je jouais seul sur le boulevard Saint-Germain. Une superbe Jaguar verte s'est arrêtée. Claude Bolling est descendu, il m'a écouté quelques minutes. J'ai chanté San Francisco Bay Blues de Jesse Fuller, qui était la chanson avec laquelle je terminais mon tour de chant. Il m'a donné une carte de visite avec son adresse et m'a dit "Voulez-vous venir dîner chez moi ce soir? Je vais faire de vous une star!". Je ne savais pas qui il était. Je suis allé chez lui, dans son manoir, il m'a mis sur la tête une casquette de conducteur de locomotive et m'a montré au sous-sol sa salle avec ses trains électriques, qui devait bien faire cinquante mètres carrés avec des passages à niveaux, des trolley-bus, des avions, des ambulances, etc. C'était un dîner excellent, on était servi par des domestiques philippins en livrée: deux serveurs et un sommelier. Après, cigare, armagnac, café, et il m'a conduit dans son studio d'enregistrement personnel. "I'm a poor lonesome cowboy" avait déjà été composée et écrite, mais il me l'a fait chanter, corriger certains mots, etc. Et il m'a donné 400 francs pour me remercier de l'avoir aidé -c'était une somme- et m'a appelé un taxi. Un vrai gentleman. Et, chose importante, il m'a fait entrer à la SACEM alors que je ne connaissais rien à la SACEM, l'ADAMI, etc., et m'a donné une part de co-composition de "I'm a poor lonesome cowboy". Donc pendant des années j'ai reçu de l'argent sur Lucky Luke". Pendant plusieurs semaines, Pat Woods n'a plus de nouvelles de Claude Bolling pour ce projet qu'il considérait comme une collaboration sur une petite chanson pour enfants. "Et puis un jour, alors que je joue dans la rue, il vient me chercher et me dis "Viens avec moi". Dans la voiture il m'annonce "On fait un enregistrement aujourd'hui et j'aimerais que tu sois là". Il m'amène au studio, on entre dans l'auditorium et il y a peut-être cent musiciens (avec des cors, des timbales, etc. des cloisons vitrées pour séparer la batterie, etc.) dont des amis qui faisaient partie du Bluegrass Flingou 37 1/2, comme Mick Larie (mandoline). C'est la première fois que je me retrouve au milieu d'un orchestre comme ça". Sont présents également parmi les choristes la compagne de Pat, Kathy Lowe, mais également cinq de leurs amis: Don Burke, Roger Mason, le duo John Wright et Mary Rhoads, et John Pearse (Kathy et John Pearse n'ont pas signé la feuille de présence, mais Kathy a pu me confirmer qu'ils en faisaient partie). "Ce qui est complètement fou, c'est que Claude ne m'a dit pas dit que j'étais là pour chanter. Il s'est installé au pupitre. Il m'a fait signe pour que je me rapproche du micro. J'ai réalisé qu'il y avait plein d'amis à moi dans le studio. L'orchestre commence, et quand arrive le couplet, Claude me pointe du doigt, heureusement il y avait les paroles pas loin, et j'ai commencé à chanter "I'm a poor lonesome cowboy, I'm a long long way from home, etc". Si je m'en souviens bien, on l'a fait en une seule prise. Après, le banjo et la guitare sont restés pour s'enregistrer à part, et Claude m'a dit "viens faire des choeurs, tu gagneras plus d'argent" et j'ai fait plusieurs re-recordings, qui à chaque fois étaient payés en supplément. Et plus tard, en allant à la SACEM récupérer ce que j'avais fait pour mes trois disques chez Le Chant du Monde et mes concerts en MJC je m'attendais à avoir quelques centaines de francs, et j'ai dû partir avec 20.000 francs. Je me suis dit, "Tu es tombé sur la bonne personne" (rires)."
En sortant du studio, Claude Bolling lui dit qu'ils avaient fait un essai le matin même avec un autre chanteur, mais que ça ne collait pas, car il manquait le style country. "En lisant votre article, je me rends compte que c'était Don Burke. Je ne savais pas que je remplaçais Don, car il ne m'avait pas dit qu'il avait participé à Lucky Luke. Don était un très bon copain, mais il était extrêmement discret sur sa carrière, très effacé, je ne savais même pas qu'il avait doublé Gene Kelly dans Les Demoiselles de Rochefort, je l'ai appris en lisant l'hommage que vous avez écrit après son décès." Après Lucky Luke, Pat Woods et Kathy Lowe enregistrent leurs propres disques chez Le Chant du Monde. Claude Bolling fait les arrangements du disque Pat Woods is back. ""I'm a poor lonesome cowboy" était déposé à la SACEM mais je ne pouvais pas encore toucher de l'argent dessus car je n'étais pas adhérent, il fallait que j'écrive les huit premières mesures de tous les morceaux que j'avais composés pour mes disques. Et c'est Roger Mason qui m'a très gentiment aidé." Pat perd contact avec Claude Bolling, mais passera le voir des années après au Petit Journal Montparnasse, où le compositeur se produit alors régulièrement avec son big band. Pat et Kathy chantent à la Fête de l'Humanité (où se produisent également les Rolling Stones), dans de nombreuses MJC, festivals et dans des tournées partout en Europe (Italie, Belgique, Hollande, Suède, etc.). "En raison de ma relation avec Kathy, et de mes tournées, ma femme est rentrée aux États-Unis, avec mes deux fils".
Pat Woods chante sa chanson "Little Blue-Eyed Boy" (1971)
Quand Kathy rentre à son tour aux États-Unis, Pat Woods reste travailler en France, joue dans des MJC où il chante du blues, notamment dans des programmes avec des artistes aussi divers que Claude Nougaro, Memphis Slim et Barbara, avec qui il partage la scène sur plusieurs titres. Il tourne avec Pierre Bensusan aux États-Unis, et Marcel Dadi en Israël et en France (Dadi nomme ses premières compositions "My old friend Pat", "Song for Kathy" et "Song for Steve and Anne-Marie" en hommage à ses amis Pat Woods, Kathy Lowe et Steve et Anne-Marie Waring). Il joue de la guitare avec Steve Waring (dans son programme Le Ballon Bleu), participe à l'enregistrement studio du tube "Butterfly" de Danyel Gérard ("mais après il m'a demandé d'enseigner à son guitariste de tournée pour qu'il puisse faire la même chose (rires)").
En 1982, il quitte la France, devient citoyen israélien, et travaille dans un kibboutz, où il donne des cours de guitare, accompagne des ballerines, etc. Il achète un vélo et fait une tournée. "J'avais une entreprise, et deux maisons. Un jour, les militaires m'ont arrêté car il y avait un arabe dans ma voiture. Ils l'ont emmerdé, j'ai protesté et ils m'ont arrêté." Après une interview dans un journal suite à son arrestation, les ennuis (contrôle fiscal, etc.) commencent et il quitte Israël en vélo. En vélo il parcourt la Yougoslavie, l'Italie, etc. et arrive en France, où il rachète son ancienne guitare à Don Burke.
Pat Woods part à Nashville. "J'ai travaillé pour une maison de disque qui s'appelait Buck Snort Music, en bas de la rue de l'ancien siège de RCA, où Chet Atkins avait un bureau. Buck Snort était dirigée par Ronnie Reno et Merle Haggard. Je composais de la musique pour les gens qui arrivaient à Nashville et voulaient enregistrer un disque. On leur proposait mes chansons, je faisais partie des six auteurs de la maison."
Pat Woods (années 90)
Il parcourt les États-Unis d'un bout à l'autre en bicyclette. De retour en Europe, il s'installe en Hollande pendant huit ans, se marie et a une fille. Puis, souhaitant repartir aux États-Unis, il fait une escale en Irlande en 1994... et y reste. Pat Woods dirige un club, le Underground, et monte des affaires dans la fabrication d'ordinateurs. "J'ai ouvert le premier cybercafé avec internet en Irlande". Il se rend à Genève, devient ami avec le millionnaire James H. Clark, fondateur de Netscape, qui lui accorde la distribution de Netscape en Irlande. Devenu expert en internet, il partage son temps entre Genève (où il travaille aux Nations-Unies) et l'Irlande (où il est marié avec une irlandaise, avec qui il a eu deux enfants). "Je n'ai jamais pensé en terme de carrière, et je ne me suis jamais considéré comme un musicien. Je suis à la retraite mais je travaille peut-être plus la musique que quand j'étais en activité. Chaque jour je travaille sur des compositions sur le logiciel Cubase, mais uniquement pour mon plaisir, et je joue avec une irlandaise dans des cafés, mais pas professionnellement".
En Irlande, Pat essaie de contacter par mail son homonyme (chanteur de musique traditionnelle irlandaise). "La dernière fois que j'ai essayé, j'ai appris qu'il était mort. C'était il y a dix ans, au moins. En vous voyant et en lisant plusieurs articles que vous avez écrits, vous me rappelez Rasputin, qui avait un studio d'enregistrement, pas loin du Moulin-Rouge. Il avait un Nagra très cher, et enregistrait tous les concerts auxquels il assistait. Vous êtes un archiviste comme lui. Vous êtes courageux, curieux, et vous faites beaucoup de bien aux artistes que vous interviewez. C'est un "shot" d'amour pour nous tous."
Message de Pat Woods (2022) aux lecteurs de Dans l'ombre des studios
Jean Richard
Le 26
septembre 1971, Jean Stout enregistre en solo le « Dalton Theme »
(répétant tout au long du morceau « The Daltons »), qui sera pas mal
coupé pour le film. Dans cette chanson, on entend un fouet. Le
« fouetteur » n’est autre que l’acteur Jean Richard (commissaire
Maigret). Daniel Barda s’en souvient : « Comme
je faisais en parallèle des études de direction d’orchestre, Claude Bolling m’a
confié la direction de plusieurs de ses musiques comme « Borsalino and
co » et « La Mandarine ». On avait aussi assisté à une projection de "La Grande Bouffe" mais nous avions été tellement mal à l'aise en voyant les images que Claude a refusé de composer la musique. J'ai aussi dirigé les enregistrements du disque de l’opérette « Monsieur Pompadour »,
dont il avait écrit la musique, avec Jean Richard dans la distribution. Comme
Jean Richard, en dehors de son activité de comédien, dirigeait un cirque,
Claude lui a demandé s’il ne connaissait pas quelqu’un qui pourrait venir
donner quelques coups de fouet pendant la séance. Jean lui demande la date, et
lui dit qu’il trouvera quelqu’un. Et grosse surprise, le jour de la séance,
Jean Richard arrive avec son propre fouet. Au Studio Davout il y avait quatre
studios, on s’installe dans la petite salle. Jean Richard était debout sur un
tabouret avec son fouet, et Claude Bolling lui disait « je vais te faire
signe à chaque fois qu’il faudra que tu donnes un coup de fouet ». J’étais
tout seul à voir ça, je devais vérifier si les coups de fouet étaient bien
calés, etc. et c’était un moment trop drôle et absolument prodigieux. »
Les 27, 28
septembre et 4 octobre 1971 ont lieu les enregistrements de la plupart des
morceaux instrumentaux.
Le 27, parmi
tous les musiciens convoqués, un quintet à cordes (Lionel Gali (violon), Jean
Gaunet (violon), Gabriel Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et
Jean-Marc Rollez (contrebasse)) utilisé par exemple pour la musique des scènes d’animation de la ville.
Le 28, un
beau big band pour les morceaux jazz comme l'extraordinaire « City Life » (récit dans
lequel Joe Dalton dépeint au chef indien ce que vont devenir les terres
indiennes), dans le pur style des musiques que Claude Bolling aime faire jouer par son big band. On peut repérer dans ce morceau une courte citation du standard bebop « Hot
House ». « Le 28, Claude dirigeait. J'avais noté dans mon agenda que c'était une grosse journée, on avait fait deux quarts d'heure supplémentaires le matin, et un l'après-midi. Nous passions notre temps à courir après le minutage. Le soir nous avons avancé sur le mixage, c'était plus détendu ».
Jean Gaunet (Photo: Rémi Foutel)
Et le 4,
grand orchestre d’une soixantaine de musiciens dont les cordes et Georges Rabol
au piano, pour le pré-générique, le générique de fin, la scène de la bataille,
etc. « Il y avait le gratin, les
cordes de la Garde Républicaine, de l’Opéra de Paris et de l’Opéra-Comique, des
musiciens qu’on appelait les « requins de studio ». Les cordes
étaient convoquées par Jean Gaunet, un homme charmant et très compétent, que
j’ai fait travailler plus tard pour mes propres musiques de film» se
souvient Daniel Barda.
Parmi les morceaux
enregistrés durant ces trois jours, « Far West Choo Choo », la
musique du train. Daniel Barda : « Claude
ne savait pas trop comment faire la cloche de la locomotive, qu’on entend sur
les trois premières notes. Je lui ai demandé si je pouvais faire un
essai : j’ai pris un centre de bandes magnétiques en fer, l’ai suspendu à
une ficelle et l’ai frappé avec la grosse clé de chez moi. Et c’est ça que vous
entendez dans le film (rires) ».
Le montage
définitif du film est fait sur la musique, et le film sort sur les écrans de cinéma le
20 décembre 1971. Un 33 tours comprenant un mélange de morceaux du film et de
versions alternatives enregistrées spécialement pour le disque sort. En 1997, ces titres sont repris pour la plupart dans la compilation CD FGL/PlayTime
Lucky Luke au Cinéma.En 2016, Music Box Records, sort un triple CD (Lucky Luke: bandes originales) avec des morceaux du film jusque-là inédits en disque.
LES SÉANCES
Voici un
listing des séances, établi selon les feuilles de présence de production (Dargaud)
de l’époque, que j’ai pu retrouver (un très grand merci à Manuelle
Pefferkorn-Mazerand, Claude et David Bolling).
Quelques
remarques :
-Certaines
feuilles sont manquantes (pas de trace par exemple de Gérard Rinaldi ou de Philippe Clay, ni de certains instruments entendus dans le film comme l’orgue
de barbarie ou les ondes Martenot)
-Comme dans la
plupart des feuilles de séances de musiques de film de cette époque-là (avant,
que dans les années 80, avec la loi Lang, la déclaration à la Spedidam devienne
plus automatique, et les feuilles soient remplies plus précisément), les titres
des morceaux ne sont pas indiqués. Selon les instruments, j’ai fait des
suppositions sur les titres enregistrés.
-J’ai laissé
les noms par ordre d’apparition sur la feuille plutôt que de les regrouper par
instruments, car des musiciens pouvaient intervenir en début de séance sur un
morceau, et d’autres arriver plus tard pour un autre morceau.
-Daniel
Barda, en tant qu’assistant de Claude Bolling supervisant les enregistrements,
est indiqué sur les feuilles comme « musicien cabine ». Parfois
d’autres appellations (trombone, piano, orgue) sont indiquées, pour des raisons
de production.
-Claude
Bolling a dirigé lui-même les séances de 1970, juillet 71 et au moins une partie des trois journées de septembre/octobre 1971. Pour ces trois dernières, Pierre Chaillé (ancien directeur du studio
Barclay, et chef d’orchestre) est indiqué sur les feuilles comme chef
d’orchestre, mais Daniel Barda n’en garde aucun souvenir, et pense qu’il
pourrait s’agir d’un arrangement entre Claude Bolling et Pierre Chaillé.
-Les
feuilles de présence devaient respecter une convention très précise. Les
musiciens indiquaient clairement s’ils avaient le droit à un supplément de
salaire : solo petit (supplément de 25 ou 50%) ou grand (supplément de
100%), improvisation, instrument rare ou compliqué à transporter, dépassement
d’horaire (compté en quarts d’heure), régie (convocation des musiciens). Et
pour les chanteurs : chant en anglais, « doublage »
(re-recording), etc.
Séance du 26 février 1970
Guitare :
Tony Rallo
Banjo :
Fernand Garbasi
Contrebasse :
Alphonse Masselier
Batterie +
Washboard : Teddy Hocquemiller
Chant solo
: Nicole Croisille
Chœurs :
Danielle Licari, Anne Vassiliu, Danièle Bartoletti
Piano +
Direction : Claude Bolling
(A priori maquette de « Daisy Town
Saloon Song »)
Séance du 1er octobre 1970, 9h
Violon soliste
: Lionel Gali
Banjo +
Guitare : Michel Gesina
Btre :
Serge Bonnin
Drums :
Jean-Marie Hauser
Chant :
Anne Germain, Alice Herald, Bob Smart, Jean Stout
Guitare
basse + Contrebasse : Max Hediguer
Banjo :
William Azoulay
Washboard :
Gérard Bagot
Guitare +
Chant solo : Don Burke
Banjo :
Jean-Yves Lozac’h
Direction :
Claude Bolling
(Maquette de « I’m a poor lonesome
cowboy ». Et a priori maquette ou enregistrement définitif de l’accompagnement
de « Voilà le quadrille », comme le laisse penser la présence d’un
violon solo)
Séance du 1er octobre 1970, 13h
Batterie :
Armand Molinetti (soliste)
Percussions :
Robert Solat (tumbas), Sylvio Gualda (grosse caisse, tumba), Guy Cipriani,
Jean-Marie Hauser
Direction :
Claude Bolling
(A priori enregistrement de « Danse
indienne » et/ou « La lutte contre les indiens », en raison de
la présence d’un grand nombre de percussionnistes. Et de la nécessité
d’enregistrer la musique avant l’animation de la scène)
Séance du 13 octobre 1970, Davout
Batterie :
Serge Depannemacker
Percussions :
Michel Zalonghi, Serge Bonnin, Roger Paraboschi, Jean François, Emil
« Bonbon » Boza, Emile Serré, Robert Solat
Mandoline :
Jean-Michel Larie
Direction :
Claude Bolling
(A priori enregistrement de « Danse
indienne » et/ou « La lutte contre les indiens », en raison de
la présence d’un grand nombre de percussionnistes. Et de la nécessité
d’enregistrer la musique avant l’animation de la scène)
Séance datant certainement d’octobre 70, et
diffusée dans un documentaire télévisé le 19 décembre 1970
Musiciens
vus à l’image :
Chant
solo : Nicole Croisille
Chœurs :
Anne Vassiliu, Françoise Walle, Danièle Bartoletti
Direction +
Piano : Claude Bolling
Contrebasse :
Max Hediguer
Banjo :
William Azoulay
Washboard :
Gérard Bagot
(Enregistrement de « Daisy Town Saloon
Song ». Version définitive ? Ou mise en scène pour la
télévision ? On entend une voix en off, qui est certainement celle de Jean
Stout)
(Certainement la version définitive de
« Voilà la quadrille », rythmique de « I’m a poor lonesome
cowboy » et autres musiques)
Séance du 2 juillet 1971, 17h-20h, Davout
Basse
acoustique : Max Hediguer
Chant
solo : Pat Woods
Chœurs :
Jean Stout (basse profonde solo), Janine de Waleyne (et convocation des
chœurs), Danièle Bartoletti, Mary Rhoads, Charles Pfluger, Beryl Bryden, Don
Burke, Anne Vassiliu, Claudine Meunier, Roger Mason, Stella Felix, John Wright,
Henri Tallourd, Anne Germain, Claude Germain, Vincent Munro
Musicien
cabine : Daniel Barda
Direction :
Claude Bolling
(Enregistrement des chœurs de « I’m a
poor lonesome cowboy » (découpé en plusieurs parties dans le film) et de
ses déclinaisons)
Séance du 12 juillet 1971
Mandoline soliste:
Jean-Michel Larie
Séance du 26 septembre 1971, 17h
Chant
solo : Jean Stout
(A priori chant solo du « Dalton
Theme »)
Séance du 27 septembre 1971, 9h-12h, Davout
(studio A)
Quintet à
cordes : Lionel Gali (violon), Jean Gaunet (violon et régie), Gabriel
Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et Jean-Marc Rollez (contrebasse)
Harpe :
Jean-Claude Dubois
Harmonica :
René Gary (solo)
Guitare
électrique : Michel Gesina (et banjo), Pierre Cullaz
Batterie :
Armand Cavallaro
Basse
électrique + Contrebasse : Max Hediguer
Percussions :
Michel Lorin (xylo, vibra, marimba, glock, c. claire), Sylvio Gualda (trois timb.
chro)
Flûte :
Raymond Guiot (et piccolo)
Trombone
basse : Gabriel Vilain
Trompette :
Pierre Sellin (et bugle)
Hautbois :
Claude Maisonneuve (et hautbois d’amour, cor anglais)
Cor :
Daniel Dubar
Direction :
Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
Piano :
Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
(Certainement enregistrement des versions
film et disque de « La fondation de Daisy Town » et « Daisy Town
Theme », et « Animation de la ville », comme le laisse penser la
présence du quintet à cordes)
Séance du 27 septembre 1971, 13h30-16h30,
Davout (studio A)
Quintet à
cordes : Lionel Gali (violon), Jean Gaunet (violon et régie), Gabriel
Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et Jean-Marc Rollez
(contrebasse)
Harmonica :
René Gary (solo)
Percussions :
Michel Lorin (xylo, vibra, marimba, glock, bongo), Sylvio Gualda (timb+claire,
marimba et P Mat Grey)
Trombone
basse : Gabriel Vilain (solo)
Trompette :
Pierre Sellin (et bugle)
Cor :
Daniel Dubar
Batterie :
Armand Cavallaro
Flûte :
Yanet Puech (flûte en sol)
Hautbois :
Claude Maisonneuve (solo)
Guitare :
Pierre Cullaz (et banjo)
Guitare
électrique : Fernand Garbasi
Basse
électrique: Max Hediguer
Direction :
Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
Orgue :
Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
(Certainement enregistrement des versions
film et disque de « La fondation de Daisy Town » et « Daisy Town
Theme », et « Animation de la ville », comme le laisse penser la
présence du quintet à cordes)
Séance du 28 septembre 1971, 9h-12h25
Tuba
contrebasse : Elie Raynaud
Tuba :
Raphaël Desmet
Percussions :
Michel Lorin, Guy Cipriani
Orgue :
Maurice Vander
Saxophone
soprano + Saxophone alto + Clarinette : Pierre Gossez
Trombone :
Raymond Katarzynski (1er trombone), Francis Lussiez
Batterie :
Marcel Sabiani (solo)
Percussions :
Gérard Perotin (vibraphone), Michel Zanlonghi
Guitare
électrique : Michel Gesina (12 cordes)
Basse
électrique : Max Hediguer
Guitare :
Fernand Garbasi (12 cordes)
Trombone :
Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
Direction :
Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
Séance du 4 octobre 1971, 9h-12h, Davout
Contrebasse :
Max Hediguer
Harpe :
Bernard Galais
Flûte+
Piccolo : Raymond Guiot, Michel Plockyn
Hautbois :
Claude Maisonneuve (et cor anglais, solo)
Basson :
Paul Hongne
Clarinette :
Jacques Di Donato
Clarinette
basse : Jacques Noureddine
Cor :
Paul Mink (solo), Xavier Delwarde
Trompette :
Pierre Thibaud (solo), Pierre Sellin, Maurice Thomas
Trombone :
Christian Guizien, Francis Lussiez
Trombone
basse : Camille Verdier
Tuba
contrebasse : Elie Raynaud
Guitare :
Pierre Cullaz, Fernand Garbasi
Percussions :
Michel Lorin (glockenspiel, caisse claire, xylophone, 2 timbales chrom., tam
tam), Guy Cipriani (timbales)
Piano :
Georges Rabol
Violon :
Lionel Gali (et solo), André Barthelemy, Lucien Perotin, Maurice Elkan,
Christian Gentis, Pierre Simon, Jacques Charrier, Michel Ganot, Pepito Sanchez,
Paulette Pinchinat, Maurice Caron, Paul Benedetti, Pierre Defay, Frédéric
Geyre, Léon Locatelli, André Karren, Didier Saint-Aulaire, Pierre Couzinier, Jean
Gaunet (et régie)
Alto :
Gabriel Beauvais, Stéphane Wiener, Pierre Cheval, René Brisset, Michel Varron,
Richard Postel
Violoncelle :
Robert Bex, Louis Bourcier, Jean Lamy, Fernand Benedetti, Georges Raffault,
Robert Dupuis
Contrebasse :
Jean-Marc Rollez, Willy Lockwood
Trombone :
Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
Direction :
Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
(A priori tous les enregistrements avec
grand orchestre (et notamment cordes) comme « Daisy Town »
(pré-générique), « Bandits », « La traversée de l’ouest »,
« Duel », « Les Dalton dans le désert», « La poursuite de
Lucky Luke », « Bataille » et « I’m a poor lonesome
cowboy » (pour ce titre, chant solo, chœurs et rythmique déjà
enregistrés))
Séance du 4 octobre 1971, 13h30-16h30,
Davout
Contrebasse :
Max Hediguer
Harpe :
Bernard Galais
Flûte :
Raymond Guiot (et flûte G, piccolo), Michel Plockyn (et piccolo)
Hautbois :
Emile Mayousse
Basson :
Paul Hongne
Clarinette :
Jacques Di Donato, Jacques Noureddine
Cor :
Paul Mink (solo), Xavier Delwarde
Trompette :
Pierre Thibaud (solo), Pierre Sellin, Maurice Thomas
Trombone :
Francis Lussiez (solo), Pierre Vandomber
Trombone
basse : Camille Verdier
Tuba
contrebasse : Elie Raynaud
Percussions :
Michel Lorin (timbales, xylophone, glockenspiel), Jean Garron (caisse claire),
Michel Zanlonghi (glockenspiel), Jean François
Violon :
Lionel Gali (et solo), Michel Cron, Roger Berthier, André Barthelemy, Lucien
Perotin, Maurice Elkan, Christian Gentis, Pierre Simon, Jacques Charrier,
Michel Ganot, Paulette Pinchinat, Maurice Caron, Pierre Defay, Frédéric Geyre,
Léon Locatelli, André Karren, Didier Saint-Aulaire, Pierre Couzinier, Jean
Gaunet (et régie)
Alto :
Gabriel Beauvais, Stéphane Wiener, Claude Naveau, René Brisset, Christian
Lormand, Richard Postel
Violoncelle :
Jean Huchot, Louis Bourcier, Jean Lamy, Fernand Benedetti, Georges Raffault,
Robert Dupuis
Contrebasse :
Jean-Marc Rollez, Yves Chabert
Musicien
cabine : Daniel Barda
Direction :
Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
(A priori tous les enregistrements avec
grand orchestre (et notamment cordes) comme « Daisy Town »
(pré-générique), « Bandits », « La traversée de l’ouest »,
« Duel », « Les Dalton dans le désert», « La poursuite de
Lucky Luke », « Bataille » et « I’m a poor lonesome
cowboy » (pour ce titre, chant solo, chœurs et rythmique déjà
enregistrés))
Séance du 4 octobre 1971, 17h
Chant
solo : Don Burke
(A priori chant solo « Stamp your
feet »)
Séance du 12 octobre (1970 ou 1971 ?),
18h, Boulogne
Trombone :
Daniel Barda
Clarinette
basse : Jean Aldegon
Percussions :
Jean Garron, Michel Lorin
Batterie :
Marcel Sabiani
Sortie du film le 20 décembre 1971
NOTRE REPRISE « CONFINÉE »
Ca faisait
longtemps que je rêvais de monter « I’m a poor lonesome cowoy » sur
scène (à l’occasion d’une soirée « Dans l’ombre des studios »),
j’avais même pu récupérer il y a un an et demi une copie des partitions
originales.
J’ai profité
du confinement pour réunir à distance quelques talentueux amis, un grand merci
à eux.
Chant solo
confiné : Vincent Gilliéron (basse profonde soliste & chant 3ème
couplet), Devon Graves (chant 1er couplet) et Edouard Thiébaut
(chant 2ème couplet).
Accompagnement
musical confiné : Mathieu Serradell (claviers, accordéon) et Vincent
Gilliéron (guitare).
Choeurs
confinés : Stéphane Bonduel, Quentin Bruno, Rémi Carémel, Miranda Crispin,
Anthony Fabien, Sophie Faguin, Vincent Gilliéron, Devon Graves, Lexie Kendrick,
Lucie Louvrier, Julien Mior, Rachel Pignot, Olivier Podesta, Manon Taris et
Edouard Thiébaut.
Idée
originale, distribution artistique et coordination confinées : Rémi
Carémel(Dans l’ombre des studios).
Arrangements
et direction musicale confinés : Mathieu Serradell (d’après les
arrangements originaux de Claude Bolling).
Montage
vidéo confiné : Grégoire Philibert.
Mixage
confiné : Stéphane Bonduel.
« I’m a
poor lonesome cowboy » du film d’animation « Lucky Luke : Daisy
Town » (1971) :
Musique :
Claude Bolling / Paroles : Jack Fishman / Interprète original : Pat
Woods / Éditions musicales : Dargaud Music et United Artists Music.
Remerciements
à Claude Bolling et Manuelle Pefferkorn-Mazerand. Suivez toute l'actualité de "Dans l'ombre des studios" en cliquant sur "j'aime" sur la page Facebook.