jeudi 17 décembre 2015

A voir à Paris avant ou pendant les fêtes...

Quelques "bons plans" de sorties pour applaudir des artistes amis de "Dans l'ombre des studios" avant ou pendant les fêtes...


-Il ne reste plus que quatre dates pour assister à la Comédie Bastille à la pièce Adolf Cohen de et avec l'ami Jean-Loup Horwitz, accompagné par la formidable Isabelle de Botton. Une magnifique fable humaniste qui raconte à la fois avec gravité et légèreté l'histoire d'un enfant juif des années 30, baptisé pendant la guerre puis militant pacifiste en Israël. 

-C'est l'une des plus merveilleuses chanteuses de comédies musicales et de doublages (Blanche Neige et les sept nains, Il était une fois, etc.), Rachel Pignot est à l'affiche dans plusieurs spectacles en ce moment, parmi lesquels:
  • Les Frangines chantent les Soeurs Etienne, dans lequel elle s'attaque avec sa soeur Rosalie Symon au répertoire frais, swing et délicieusement désuet des Soeurs Etienne, qui ont enchanté la France de l'après-guerre. Accompagnées par trois excellents musiciens, avec des harmonies et un style fidèles aux enregistrements de l'époque. Un spectacle qui fait beaucoup de bien...
  • Dans Au bar de l'Estran, Rachel revisite avec Emmanuel Depoix tout un répertoire de chansons méconnues ou oubliées rendant hommage aux marins et à la mer. Un beau et fort spectacle...
-Ténor américain incontournable des productions internationales d'opéras et de comédies musicales, Scott Emerson est également chanteur soliste du Spirit of Chicago Orchestra, orchestre dont la particularité est de reprendre des grands airs américains des années 20/30 dans leur orchestration d'époque, avec ce son si particulier. C'est incroyablement bien réalisé, et leur prochain concert présente les airs de Singin'in in the rain (dans leurs tous premiers arrangements, bien avant le film de 1952 avec Gene Kelly). Vendredi 18 décembre au Petit Journal Montparnasse.

-Singin' in the rain est justement à l'affiche du Théâtre du Châtelet actuellement dans une sublime production, et l'ami Michel Mella fait partie de la distribution (comme doublure du rôle de Roscoe Dexter), ainsi qu'Emma Scherer.

-Patrick Floersheim reprend (en alternance avec Jean-François Vlérick) avec Céline Duhamel au Théâtre du Ranelagh Le Manuscrit de Rembrandt qu'il avait créé il y a quelques mois à l'Essaïon. Un très beau spectacle sur la vie et les questionnements d'un immense artiste.

-Il a réalisé les arrangements et accompagné au piano les artistes de ma soirée Mélodie Cocktail: Hommage aux grandes voix des doublages Disney, le brillant Mathieu Serradell est actuellement dans la fosse d'orchestre de Cats au Théâtre Mogador comme clavier et directeur musical adjoint.

-Révélée par "The Voice" il y a quelques mois (mais déjà reconnue depuis plusieurs années par les amateurs de jazz, de comédies musicales et de belles voix), Mathilde chante un Noël aux rythmes swing avec l'excellent Clément Brajtman le 21 décembre à la Péniche Marcounet. 

-Les 28, 29 et 30 décembre, Mathieu Becquerelle (qui a chanté en duo avec José Germain, Michel Prud'homme et Bénédicte Lécroart lors de mon Mélodie Cocktail) chante avec le groupe Opus Jam au Vingtième Théâtre. Les grands titres de la Motown interprétés a cappella.

-Mon ami Jean-Luc Jelery, grand historien de la comédie musicale, sort la 2ème édition de son excellent livre Le Musical - Propos sur un art total. Une belle idée de cadeau pour les fêtes.

-Enfin, Broadway Melody, projet que j'ai accompagné dès ses débuts et programmé à L'Auguste Théâtre a bénéficié dimanche dernier d'un concert à la Maison de la Radio, diffusé en direct sur France Musique. Vous pouvez réécouter l'émission ici. Les oeuvres de Leonard Bernstein à l'honneur, avec la participation de Lauren Van Kempen, Scott Emerson, Christine Buffle, Maxime de Toledo et Mathieu Serradell dans une émission présentée par Laurent Valière.


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vendredi 20 novembre 2015

Adieu André Valmy...

C’est avec une certaine tristesse que j’ai appris hier par sa famille le décès d’André Valmy mercredi 18 novembre à l’âge de 96 ans. André était une grande « gueule » du cinéma et de la télévision et une inoubliable voix du doublage français (Walter Matthau, Rod Steiger, George C. Scott, etc.). Accompagné par mon amie Christine Maline (fille du regretté Georges Aminel) j’avais eu le bonheur de déjeuner chez lui à Nice l’année dernière et de l’interroger sur sa carrière.

5 août 2014. Accueillis par la famille d’André Valmy dans le salon de son appartement niçois, nous attendons l’un des grands doyens du cinéma. Il arrive en chantant du Maurice Chevalier, œil et sourire espiègles. Une fois les présentations faites (présentations qui étaient pour Christine de lointaines retrouvailles, car elle l’avait connu étant enfant, son père et lui étant très amis), André nous ouvre en continu pendant presque trois heures le livre de ses souvenirs, parfois digressifs mais toujours vifs et précis.

« Je suis né à Paris en 1919. J’étais un vrai Montmartrois.  Montmartre à l’époque  c’était la capitale du monde, dès que vous vous trouviez dans le IXème arrondissement c’était déjà la province. »
Adolescent passionné d'ébénisterie et de peinture, André étudie aux Arts Déco. C’est un copain de collège qui le traîne un jour au Cours Mihalesco, rue de Douai. André ne veut absolument pas devenir comédien, mais Mihalesco insiste et lui propose même de venir gratuitement. Il intègre ce cours et y reste deux ou trois ans, aux côtés notamment de René Arrieu.
« Je suis donc devenu comédien absolument par hasard. Mon père était concierge au Théâtre Antoine –d’où mon deuxième prénom- mais ne voulait pas de comédiens dans la famille. Gaby Morlay qui passait en vedette au théâtre lui avait proposé de m’aider mais il avait refusé ».
Lors de l’une de ses premières participations artistiques, André Dugenet change de nom. « On m’a demandé comment je m’appelais. Je trouvais que Dugenet était un nom de vieux con, alors j’ai dit au hasard « Valmy » car j’étais passionné par l’Histoire. ».  « J’ai même mon quai » ajoute-t-il avec malice.

A. Valmy, jeune élève au Cours Mihalesco
Repéré lors d’une audition du Cours Mihalesco devant des professionnels, il tourne à la piscine de la Jonquière (Paris) le rôle d’un juif assassinant un officier allemand dans le film Mein Kampf, mes crimes (1940), pamphlet anti-Hitler qui sort peu de temps avant l’invasion allemande.
Au début de la guerre, André se marie avec Lorette Gallant, jeune comédienne qui est peut-être l’une des toutes premières « speakerines » de l’histoire de la télévision française car elle présentait cette invention lors de l’Exposition universelle de 1937. « Nous nous sommes mariés sous Pétain, donc sous l’Etat Français. Cinq ou six ans plus tard, après-guerre, je suis allé voir l’adjointe au maire et lui ai dit « Je veux être marié sous la République » ».

En 1944, il va voir René Simon et lui demande de l’aider à passer le concours d’entrée du Conservatoire qui a lieu quelques semaines plus tard, travaille L’école des femmes et Tartuffe. Il est admis comme auditeur et y reste trois mois. « On m’a proposé d’entrer au Théâtre de l’Odéon et au TNP mais j’ai refusé, pas pour rester « indépendant » mais parce que j’étais dépendant à une autre vie. »
Il fréquente le groupe Octobre : Yves Montand, Simone Signoret, et Gérard Philipe, avec qui il tourne dans la baie de Somme dans Une si jolie petite plage (1949) et qui devient l’un de ses meilleurs amis.
« Je suis venu à son chevet alors qu’il était mourant après avoir chopé sa maladie au Mexique. Quand il est mort nous nous sommes recueillis auprès de lui. Sa femme ne voulait pas qu’on sache qu’il était enterré dans le costume du Cid. Dans la chambre on avait piqué un mec qui essayait de prendre une photo, et on l’avait foutu dehors. En bas de chez lui il y avait un bar. Je vois Maurice Herzog qui me demande « Alors, il était dans le costume du Cid ?  Tu sais que si tu arrives à prendre une photo comme ça, ça vaut un million ! » Je lui ai répondu « Ne compte pas sur moi ». »

André Valmy, joue beaucoup au théâtre, pour les plus grands metteurs en scène (Raymond Rouleau, Jean-Louis Barrault, Jean Vilar).  Son meilleur souvenir : Antigone d’Anouilh au Théâtre de l’Atelier. « C’était intéressant, et puis c’est là que j’ai appris que je venais d’avoir une petite fille. »

Il se considère plutôt comme un acteur instinctif : « J’avais eu un prix, la Sirène d’or (Prix international d'interprétation), au festival de Monte-Carlo des mains de Grace Kelly et du Prince Rainier pour La Belle Nivernaise que j'avais tournée avec Rosy Varte. Le soir au théâtre, mon copain William Sabatier avait noté sur le tableau de service : « Valmy, le con d’or déplumé ». J’ai toujours eu l’air d’un con, je ne raisonnais jamais comme un acteur intelligent, une fois j’en ai parlé à Simone Signoret, elle m’a dit « Du moment que tu t’en aperçois ». »
A propos de notre ami William, André raconte : « Il avait créé Rhinocéros de Ionesco. Un jour, son imprésario l’appelle : « Dites-moi, Sabatier, vous êtes spécialiste des rôles d’animaux ? » ».

Au cinéma, il joue le patron de pêche Le Guellec dans Si tous les gars du monde (1956), tourné en studio mais aussi en bateau, au large pour ne pas qu’on voie la côte. Outre sa première réplique de tournage (« Occupe-toi de ton treuil ! ») les anecdotes ne manquent pas.
« Lorsque nous sommes partis pour la première fois en mer, un comédien qui jouait un matelot a dit « Le premier qui dégueule paye son verre »… et c’est lui qui a payé ! ». André tient bon, et c’est en rentrant qu’il a le mal de terre. « On puait tout le temps le poisson. Un jour on tournait en studio. Les marins triaient le poisson sauf qu’avec la chaleur les ventres étaient gonflés et éclataient, ils ont dû prendre du poisson  plus frais. »
Sur le bateau, les conditions sont difficiles, mais heureusement l’humour est au rendez-vous. « Un jour, l’ingénieur du son demande qu’on coupe le moteur pour capter le son des mouettes. Evidemment quand le moteur s’éteint, les mouettes se barrent. Et là on l'entend crier : « Revenez, connasses ! » »
André garde aussi un souvenir ému de la fois où ils ont hissé pour le tournage des signaux de détresse et qu’un bateau s’est détourné pour leur porter secours.

En dehors de ce rôle marquant (mais son meilleur souvenir de tournage est Les démons de l’aube avec Georges Marchal et Jacques Dynam), André enchaîne les rôles de flics et de gangsters pour la télévision et le cinéma (Mauricet dans Le Gorille vous salue bien avec Lino Ventura, Lucas dans Maigret tend un piège avec Jean Gabin). A propos de Gabin: « On attendait en studio dans une espèce de hangar et Gabin me dit « -Mais tu es marié toi ? » «- Oui » « -T’as des gosses ?» « -Deux » « -Moi aussi. Ca coûte cher » ».
André Valmy côtoie tous les grands personnages de cette époque comme Julien Carette. « Dans Une si jolie petite plage, on avait laissé Carette faire un tour lors d’une pause, et il s’était mis à faire tous les bistrots à trente kilomètres à la ronde. Il mettait un temps fou à revenir. On l’avait retrouvé en train d’embêter des religieuses « Vous allez vous faire enculer, ma sœur ! ». Il aimait faire des « tartines » aux prêtres. »

Chez André Valmy, cinéma et vie, fiction et réalité, se mélangent toujours dans ses anecdotes… Dans La Belle Nivernaise, il incarne le patron de la péniche éponyme. Habillé de façon miteuse pour le rôle, lors d'une pause pendant le tournage un autre pénichier s'approche de lui et lui dit "Toi t’es vraiment un gros dégueulasse, tu pourrais l’entretenir un peu… ta péniche crasseuse !"
Pour ce même tournage: « A la pause déjeuner, en costume, je trouve enfin un resto. Il n’y avait pas un chat. Je dis « Y a quelqu’un ? ». Le restaurateur arrive stupéfait « -C’est pourquoi ? » « -Déjeuner » «-Vous avez de l’argent ?» ».
Une autre fois, habillé en douanier belge avec son copain Yves Deniaud pour un tournage, il passe la frontière dans une 2 CV immatriculée à Paris, à la stupéfaction des vrais douaniers.
Autre souvenir : celui de ce tournage dans une authentique prison espagnole. « Je jouais le directeur de la prison, au Carcel modelo. Je me trouvais avec des lunettes noires au milieu de vrais prisonniers. A un moment on nous a dit « Ne venez pas demain matin ». Un condamné à mort allait être exécuté et pour l'accompagner tous les prisonniers faisaient du bruit avec des casseroles»

A la télévision, outre les éternels rôles de policiers (L'inspecteur Leclerc enquête), il narre Les Enigmes de l'Histoire et joue dans de nombreux téléfilms et séries historiques (La caméra explore le temps), fier d'incarner -entre autres- Georges Clémenceau. 
L'un de ses rôles préférés: Gibassier, le méchant des Mohicans de Paris (et sa suite Salvator et les Mohicans de Paris). Les enfants dans la rue jouaient à l'époque à Salvator contre Gibassier.

Montage des voix d'André Valmy (réalisé par Le Monde du Doublage Français)


C’est par son ami comédien Jean Brochard qu’André Valmy se lance dans le doublage au début des années 50. « A l’époque, on faisait du doublage avec du gasoil » blague-t-il.
Walter Matthau
On lui confie des premiers rôles ou des grands seconds rôles, pour des personnages souvent durs et autoritaires, mais non dénués de fantaisie. Il prête sa voix grave et rocailleuse  à Walter Matthau (qu'il a adoré doubler dans une quinzaine de films dont Drôle de couple, et L’amour en équation où il emploie un accent juif plein de subtilité pour doubler Albert Einstein), George C. Scott (qu’il a un jour retrouvé sur un tournage), Rod Steiger (Il était une fois la révolution), Karl Malden (La Conquête de l’Ouest), Robert Shaw (Les dents de la mer), Alberto Sordi (« acteur difficile à doubler »), et ponctuellement à Laurence Olivier (Marathon Man), Robert Mitchum, Burt Lancaster, Dean Martin, Lee Van Cleef, etc.

Il garde un souvenir particulier de cette scène du Bon, la brute et le truand (1966) dans lequel il double le Capitaine (Aldo Giuffrè) qui veut voir sauter le pont avant de mourir. « C’est énorme que vous soyez assis à ma table alors que je fais sauter des ponts ! »
André double également Anthony Quinn dans plusieurs films. « Pour La Bataille de San Sebastian, Jacques Willemetz qui dirigeait le doublage me dit « Je ne veux absolument pas de Djanik ». Je téléphone à Djanik, qui me dit « Fais ce que tu veux ». J’accepte après avoir négocié mon cachet et re-demandé l'avis de Djanik. Et pendant tout le doublage le metteur en scène du film, Henri Verneuil, faisait la gueule car il voulait Henry Djanik qui était arménien comme lui. »

André Valmy se souvient des directeurs artistiques de doublage de sa génération: Richard Heinz (qu'il aimait beaucoup), Maurice Dorléac (« Le père de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Chiant comme la pluie, il disait tout le temps « ferme le sens ». ») ou encore Gérald Castrix qui le dirigeait dans Bons baisers de Russie (1963): « Il s’absentait souvent en urgence pour envoyer des courriers, tout le monde le soupçonnait de travailler pour les renseignements Russes. ». Preuve une fois de plus que dans la vie d’André Valmy, la réalité et la fiction n’ont jamais cessé de se croiser.

Même s’il prête sa voix à plusieurs personnages de dessins animés (le Chasseur dans Blanche Neige et les sept nains (doublage de 1962), le Morse dans Alice au pays des merveilles (doublage de 1974), McLeach dans Bernard et Bianca au pays des kangourous (1990), etc.), ce type de doublage l’intéresse moins, et il préfère rendre hommage au maître en la matière, à savoir Roger Carel. « Un jour j’ai fait un doublage au milieu de Roger et d’un autre comédien qui prenaient l’accent chinois, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire. »

Quand on lui demande ce qui lui a apporté le doublage : « Je ne m’embêtais pas au doublage, j’avais des rôles intéressants. J’obéissais complètement au jeu de l’acteur que je doublais, en essayant techniquement de lire à chaque fois à l’avance les répliques pour que ça s’enchaîne. Ma carrière c’est à peu près 70% de doublage, 20% de théâtre et 10% de cinéma/télévision ».
A propos des acteurs et du doublage: « Un jour, je parle de doublage à Michel Bouquet, comédien extraordinaire, que j’ai vu applaudi par toute une salle  alors qu’il apparaissait en officier SS. Il est entré avec moi dans un studio de doublage, a regardé comment ça se passait, et m’a dit « non je ne ferai jamais ça » ».

En cinquante ans d’activité (« A mes début au Syndicat des acteurs, on n’était que dix »), il a vu le métier évoluer, les conditions d’enregistrement se détériorer « Avant on mettait au moins une semaine pour doubler un film, maintenant c’est de plus en plus court ». Quand j’évoque avec lui l’existence d’ « écoles du doublage » (et notamment celle de Jenny Gerard), il se souvient que l’exploitation de jeunes comédiens a toujours existé. « Un jour en arrivant au studio d’Epinay je vois au moins trente inconnus dans la salle d’attente, des jeunes des vieux. Je vois sortir Jean Droze de l’auditorium « Vous ! vous ! vous !-ah non, pas toi, Valmy- Vous ! » et désigner au hasard des acteurs pour faire des ambiances. Ils étaient traités comme des chiens, venus dès 9h du matin tout en n’étant même pas sûr de toucher le moindre cacheton dans la journée »

Fin des années 90, André Valmy arrête progressivement le doublage, de moins en moins sollicité et souffrant de problèmes de vue de plus en plus importants. Il se retire à Nice auprès de sa fille Jane.

C’est à elle, ainsi qu’à Pierre, Marie-Frédérique, Sébastien et toute la famille que je pense en ces moments difficiles.


Votre serviteur avec André Valmy
(Nice, août 2014)
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lundi 16 novembre 2015

12ème Salon des Séries et du Doublage (samedi 21 novembre 2015)

Faute de temps, je ne co-organise pas cet événement cette année, en revanche j'ai arrangé la venue de mon amie Béatrice Delfe et serai présent sur place comme bénévole. Voici le programme:


Le Salon des Séries et du Doublage  fait cette année sa 12ème édition ! Samedi 21 novembre 2015 à la Maison des Mines (Paris Vème), les fans clubs (Friends, Les Mystères de l’Ouest, Star Trek, etc.) se réuniront en nombre pour présenter sur leurs stands ou lors de rencontres conviviales leurs séries préférées au grand public.


INFOS PRATIQUES :

Lieu : Maison des mines, 270 rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Accès : RER Luxembourg ou Port-Royal, lignes de bus 21, 27 (arrêt Feuillantines) et 38 (arrêt Val de Grâce)
Horaires d’ouverture : Samedi 21 novembre 2015, de 10h à 18h
Prix : 3,50€ par débat
Renseignements : 06 33 69 35 45 ou www.serialement-votre.fr


PROGRAMME DES DEBATS :

-La Demoiselle d’Avignon (11h-12h30) avec le comédien Louis Velle (François Fonsalette), Frédérique Hébrard (scénariste de la série) et Michel Wyn (réalisateur de la série)

-Histoire du doublage : Apollo 13 (11h-12h30) avec le comédien Jean-Philippe Puymartin (voix de Tom Hanks), Claudio Ventura (directeur artistique) et Pierre Davanture (ingénieur du son)

- Actualités James Bond (14h-15h30) avec Philippe Lombard (Le Petit Livre de James Bond, éd. First)

-Doublage : les voix de vos séries « cultes » (14h-15h30) avec les comédiens Laëtitia Lefebvre (voix de Diane Neal dans New York, unité spéciale), Nicolas Marié (voix de Michael T. Weiss dans Le Caméléon), Patrick Messe (voix de John Noble dans Fringe) et Patrick Noérie (voix de George Clooney dans Urgences)

-Séries d’aventures françaises (16h-17h30) avec les comédiens Edward Meeks (Bob dans Les Globe-Trotters), Alain Mottet (Toussaint dans Les Compagnons de Jéhu) et Bernard Tiphaine (Adler dans Les Compagnons de Jéhu)

-Légendes du doublage (16h-17h30) avec les comédiens Michèle Bardollet (voix de Barbra Streisand, Claudia Cardinale, Bette Midler), Béatrice Delfe (voix de Susan Sarandon, Diane Keaton, Farah Fawcett) et Dominique Paturel (voix de Michael Caine, Larry Hagman, Robert Wagner)


-Invités présents sous réserve. Accès aux rencontres dans la limite des places disponibles.
-Les rencontres sont animées par Vincent Chenille (Sérialement Vôtre) et François Justamand (La Gazette du Doublage)
-Chaque rencontre sera suivie d’une séance de dédicaces d’une vingtaine de minutes.

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dimanche 25 octobre 2015

Décès de Charles Level

Je viens d'apprendre avec tristesse par un ami musicien le décès de Charles Level le 23 octobre à l'âge de 81 ans.

Malgré une relative médiatisation à l'époque "yéyé" puis plus tard dans les années 80, les informations publiques sur la vie et le parcours de Charles Level (né Leveel) sont quasi-inexistantes. On sait qu'il est né à Cherbourg et qu'il passe (apparemment à partir de la rentrée 1960) dans le Petit Conservatoire de Mireille, mais il paraît plus âgé que ses camarades et avoir déjà une expérience de la scène. 

Daniel Beretta (comédien, chanteur, voix française d'Arnold Schwarzenegger) me le confirme: "Il est arrivé un peu avant moi au Petit Conservatoire, c'était un très bon imitateur et il écrivait beaucoup de parodies. Mireille aimait qu'on fasse des parodies de Mozart, Tchaïkovsky, etc. donc avec Pascal Sevran et Claude Lemesle ils en ont écrit beaucoup. Avec Charles on a souvent chanté en duo ou trio. Une anecdote assez drôle: lorsqu'on faisait une émission de télévision, très souvent il y avait sa photo à la place de la mienne, et la mienne à la place de la sienne. On devait se ressembler tous les deux. Il a écrit des chansons pour beaucoup de chanteurs de l'époque et c'était un mec très gentil et plein de talent. Il avait au moins dix ans de plus que nous donc c'était un peu le "patron" après Mireille. On s'est par la suite recroisé plusieurs fois aux fêtes de Mireille qui l'aimait beaucoup".



Belle gueule, semblant assez fier de lui, il charme l'auditoire avec une voix de crooner et des textes intéressants, mais déjà, dans cet extrait où il chante une version française de "Georgia on my mind", Mireille pointe un défaut: trop de dons, et du coup une dispersion qui par la suite desservira certainement sa carrière (on peut mettre en parallèle ce problème avec celui de José Bartel).

Sous le nom de "Charlie Level et les Carnaval's" il enregistre de nombreux disques de reprises dans les années 60. Il fait également du cabaret en tant que chansonnier. A partir de 1968, il écrit plus de deux mille chansons pour Dalida, Sacha Distel, Sylvie Vartan, Michel Delpech, Annie Cordy, les Compagnons de la Chanson, Mireille Mathieu, les Costa, Thierry Le Luron... Il écrit également des chansons pour la télévision (Chapi Chapo, musique François de Roubaix), le théâtre (Le voyage de Monsieur Perrichon, La Célestine, Madame Sans-gêne) et le music-hall (Casino de Paris, Folies-Bergère, Paradis Latin). 
Son ami Jacques Martin l'intègre au début des années 80 dans plusieurs émissions: à la radio dans Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard, où Level, avec sa guitare, improvise des chansons et fait des imitations. Et à la télévision dans Thé dansant où il reprend des anciens succès de la chanson française, accompagné par l'orchestre de Bob Quibel.
"Au pays de Candy" chanté par Dominique Poulain (paroles Charles Level)

Dans les années 80, Charles Level s'impose également comme un adaptateur de chansons pour des comédies musicales (Barnum au Cirque d'hiver), des doublages (La Belle et le Clochard, Basil détective privé, Oliver et Compagnie, Winnie l'ourson, etc.) et surtout, pour des dizaines de génériques qui deviendront "cultes": Les aventures de Candy, Rémi sans famille, La Bande à Picsou et la plupart des génériques de la Cinq (Olive et Tom, Le Petit Lord, Embrasse-moi Lucile, Sous le signe des mousquetaires, etc.). Il est possible d'après mon ami Jean Cussac (choriste, et directeur musical de doublage dans les années 80) qu'il ait également fait du doublage en tant que chanteur.


"Le Petit Lord" chanté par Claude Lombard (paroles Charles Level)

Claude Lombard, interprète soliste de la plupart des génériques de dessins animés de la Cinq, se souvient de sa collaboration avec Charles Level: "Je l'ai connu au moment des génériques de la Cinq. Nous recevions les playbacks orchestraux, la version italienne, un synopsis du dessin animé et les textes en italien quelques jours avant. Charles adaptait en français six ou sept chansons en deux jours, ou même parfois en une journée. C'était un homme charmant qui avait beaucoup de talent, connaissait son métier, écrivait vite et bien. Je tiens à le préciser car je lis parfois des critiques sur internet de personnes qui disent "Tu te rends compte, ils ont écrit ou enregistré ça en une journée, c'est du travail bâclé" car c'est faux. Les gens qui travaillent vite, comme Charles Level, ou comme Olivier Constantin ou Michel Barouille qui déchiffrent une partition en cinq minutes et enregistrent en une seule prise, travaillent vite car ils ont tout simplement du talent. Ce ne sont pas des gens laborieux, qui mettent deux ou trois jours pour apprendre une chanson et la chanter à moitié bien. Pour en revenir à Charles Level, il m'envoyait ses textes par fax en me disant de revenir vers lui si quelque chose ne fonctionnait pas et je l'appelais quand il y avait un problème sur une phrase, mais ça se passait très simplement, sans prise de tête. Il était venu aux premiers enregistrements pour voir comment ça se passait. C'était un gros nounours, un peu bourru, avec son cigare. Ca se faisait très vite, on enregistrait six ou sept titres en une journée avec le producteur italien dans un studio rue de l'abbé Grégoire."

On m'avait donné les coordonnées de Charles Level mais je n'avais jamais eu ou pris le temps de le contacter, impuissant devant la course folle du temps et le "grand départ" de nombreux artistes de l'ombre qui n'ont jamais eu l'occasion de se confier sur leur carrière dans une interview. Je le regrette car il devait être un artiste passionnant. 

Ses obsèques auront lieu mercredi à 15h15 au cimetière de Bagneux.

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jeudi 8 octobre 2015

Décès d'Yves Barsacq

Nous venons d'apprendre par des journaux régionaux italiens (La Stampa Savona, etc.) qu'Yves Barsacq nous a quittés dimanche 4 octobre. L'acteur vivait une grande partie de l'année à Albenga, sur le littoral de la Riviera ligure.

Il était né en 1931 dans un environnement artistique, fils de Léon Barsacq (grand décorateur pour le cinéma et le théâtre, nommé aux Oscars pour Le Jour le plus long) et neveu d'André Barsacq (illustre metteur en scène, scénographe et directeur de théâtre). Yves suit des cours à l'Institut Lumière et à l'Idhec, et fait ses débuts comme assistant prise de vue au cinéma, puis cameraman à la télévision. En parallèle, il prend des cours de théâtre et devient comédien. Il est ce qu'on peut appeler un "troisième couteau" et joue des petits rôles dans au moins une centaine de films, alternant souvent flics et gangsters (de la série des Gendarmes avec Louis de Funès, à PlayTime de Jacques Tati). Des personnages peu bavards et parfois un peu niais, contrastant avec l'homme érudit et drôle qu'il était dans la vie.

En doublage, on lui confie plus volontiers des rôles d'autorité, vifs et volubiles, à l'articulation parfaite: l'extraordinaire Alan Arkin (le producteur Siegel, que Barsacq aurait très bien pu jouer lui-même tant l'association entre les deux acteurs est naturelle) dans Argo, Pat Hingle (Commissaire Gordon) dans  Batman de Tim Burton, Jack Weston (Kellerman) dans Dirty Dancing, Colin Blakely (Sir Horace Blatt, milliardaire "enfumé" par la belle Diana Rigg) dans Meurtre au soleil, Walter Gotell (Général Gogol) dans L'espion qui m'aimait et Moonraker, et occasionnellement Gene Hackman, Donald Pleasence, etc. 
En dessins animés, on lui doit Dupont ("avec un T") et de nombreux personnages secondaires dans la série d'animation Tintin des années 90, mais encore le "Pépé" de Cédric. (Montage d'extraits de ses doublages par "Le Monde du Doublage Français" ici)

Yves Barsacq (qui en tant que spectateur ne regardait jamais de films doublés) s'amusait des petits rôles qu'on lui confiait. Un jour, sur un plateau doublage, il raconte devant des camarades de micro hilares (dont Frédéric Pieretti, à qui je dois cette anecdote): "Pendant mes vacances à Hollywood, je suis allé voir Old Chinese, Bartender, Cop 1 et Cop 2 et je leur ai dit : "En Français, c'est moi qui vous double !""
Autre anecdote, racontée par mon amie Hélène Otternaud: "Je me souviens de lui en studio jouant la plus profonde concentration et demandant le silence avant d'annoncer sentencieusement :  " J'entre en barre"..."
"Trait d'esprit" relaté par Michel Paulin: " C'est plus facile de sortir de la SPA avec un chien que de la SPS avec un chèque !" (SPS: grande société de doublage, ndlr).

Une interview qu'il a donnée il y a quelques mois pour FilmoTV nous offre un aperçu de l'humour, l'intelligence et la vie passionnante du comédien (à voir ici; la vidéo ne semble pas s'ouvrir sur tous les navigateurs. Préférer Firefox).
Ne pas avoir eu l'occasion ou le temps de le rencontrer et partager ses souvenirs est et restera certainement l'un de mes grands regrets.



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vendredi 17 juillet 2015

Hommage à Jacques Thébault, voix française de Steve McQueen

J'ai appris avec tristesse par l'association James West (fan-club des Mystères de l'Ouest) le décès du comédien Jacques Thébault. Un mois à peine après Guy Piérauld, c'est une autre immense légende du doublage qui nous quitte. Si Guy était spécialiste des seconds rôles comiques et personnages de dessins animés, Jacques Thébault excellait lui dans le doublage des héros du petit ou du grand écran (Steve McQueen, Clint Eastwood, Patrick McGoohan, Robert Conrad, etc.). 
Je l'avais interviewé chez lui il y a deux ans, mais n'avais pas encore trouvé le temps d'en faire la retranscription. Voilà qui est fait, en hommage à un grand comédien, et à un homme intelligent et complexe, qui portait un regard sarcastique et lucide sur ce métier.

"Venir en Normandie un dimanche matin par mauvais temps pour voir un vieux, il en faut du courage...". C'est par ces mots que Jacques nous ouvre la porte de sa maison normande le 3 février 2013. Je suis accompagné par mon ami Nicolas Barral, talentueux dessinateur de bandes dessinées (Les Aventures de Philip et Francis, Nestor Burma, Baker Street, etc.), passionné de doublage et ami de Jacques depuis 1999. Je lui dois d'avoir arrangé cette rencontre.

Jacques Thébault est né le 4 décembre 1924. Son père aurait voulu être comédien, mais il s'était marié trop jeune et avait déjà deux enfants. "Il a joué une pièce au Théâtre de l'Oeuvre mais il n'a pas continué." se souvient Jacques.
Son père ne s'oppose pas à ce qu'il suive une voie artistique. "Je travaillais à l'usine de 6h à 13h, et à 15h je prenais mes cours chez Charles Dullin au Théâtre de la Cité (ex Théâtre Sarah Bernhardt, devenu Théâtre de la Ville, ndlr). Et le week-end je faisais projectionniste au cinéma de Saint-Gratien pour payer mes cours." 

Charles Dullin
Comment ne pas évoquer avec lui le grand Charles Dullin... "Il avait du génie. Ce n'était pas un professeur, c'était un phare. Il nous parlait toujours gentiment, et encore plus si on lui payait un petit coup de boire, car il n'avait pas de sous. C'était un grand ami de Louis Jouvet, mais ils s'engueulaient tout le temps alors qu'ils avaient pourtant la même méthode."

Au Cours, il se retrouve avec Roger Vadim (avec qui il fréquente les cabarets rive gauche), mais également Edmond Tamiz. Il tente le concours d'entrée du Conservatoire mais n'est admis que comme auditeur.

Jacques joue dans plusieurs pièces, notamment dans Poppi avec Louis de Funès qu'il admire beaucoup mais n'apprécie guère dans le travail. Dans cette pièce, Jacques chante en s'accompagnant à la guitare, sans en connaître une note. 
Son meilleur souvenir de théâtre? ""La Brise-l'âme" une pièce que j'ai jouée au Théâtre de l'Oeuvre. La critique et mes amis détestaient, on se faisait insulter par le public, mais ça m'amusait beaucoup. C'était écrit dans un langage spécial, une novlangue. J'avais mis ma copine Paule Dehelly dans le coup, très grande comédienne, qui était déjà une vedette au moment où je suis entré chez Dullin, et qui a suivi Jouvet pendant la guerre. Elle avait une fiasque de scotch qu'elle mettait le long d'un portant, et moi je la lui planquais. Quand elle sortait de scène elle la cherchait partout (rires)." 


Au théâtre, Jacques n'appartient pas à une "troupe" en particulier, mais retrouve en revanche une sorte de famille à la radio, au célèbre "club d'essai". "On travaillait avec des auteurs formidables, que j'ai retrouvés plus tard à la télé. Ils écrivaient des trucs qu'ils nous faisaient jouer de différentes façons: tragique, comique, etc. C'était très brillant."

Il a également fait une brève carrière de chanteur "rive gauche" comme en témoignent deux passages à la télévision dans L'école des vedettes en 1959, parrainé par Juliette Greco et Annie Cordy. Jacques se trouvait assez mauvais comme chanteur mais certainement par fausse modestie, car son travail était plus qu'honorable.




Il tourne au cinéma dans Le Triporteur (1957) avec Darry Cowl, un bon souvenir car son fils naît pendant le tournage. "Au cinéma: je n'ai fait que des bricoles. Si vous n'avez pas un rôle important ça n'a aucun intérêt."

Les années 50 marquent aussi la grande époque des "dramatiques" (téléfilms tournés en direct) de Stellio Lorenzi, Claude Barma, Marcel Bluwal, etc. "Mon ami Roger Crouzet leur a sauvé des coups, il leur a tout joué, des lignes et des lignes en direct, ils ont triomphé grâce à lui, ils l'ont pressé comme un citron et ensuite n'en voulaient plus. Tout le monde peut être metteur en scène, mais pas comédien."

Serge Luguen et Alfred Kirschner qui s'occupaient alors des doublages Universal lancent Jacques Thébault dans le doublage en 1948. Jacques se souviendra toujours avec amusement de sa première réplique: "Le ventilateur est cassé!".

Quand on lui demande s'il avait des modèles à ses débuts dans le doublage, Jacques Thébault évoque Claude Péran (voix française d'Humphrey Bogart et d'Henry Fonda), qu'il aimait beaucoup. "On m'a demandé de redoubler "Casablanca" car le son d'époque était inutilisable mais ça ne m'avait pas beaucoup emballé car on m'avait demandé de "copier" le travail de Claude."


Marc Valbel
Claude était présent en 1948 à l'une de ses premières séances de doublage."J'étais à la barre entouré par Marc Valbel et Claude Péran. Ils se sont regardés "Il est syndiqué, ce jeune?" et je leur dis "Je débute, et pour être syndiqué, il faut que j'aie des heures d'enregistrement ou des années d'ancienneté, non?". Ils m'ont dit que ce n'était pas le peine, et m'ont accompagné rue Monsigny, où je me suis inscrit à la CGT Spectacles. Puis j'ai pris des responsabilités dans le syndicat, et j'ai toujours été engagé syndicalement." Un engagement syndical qui s'est perdu chez les nouvelles générations. Il s'en est rendu compte lors des des derniers doublages qu'il a faits, pour la série The Cosby Show. "Il y avait plein de jeunes mal payés, qui attendaient leur chèque. Je leur demande "Mais vous n'êtes pas syndiqués?" "-Non..."".

Claude Péran, Marc Valbel, une "caste" de comédiens habitués des plateaux de doublage. Etait-ce difficile de s'y intégrer? "A mes débuts au doublage, tout le monde était charmant avec moi, même Maurice Dorléac  qui avait une réputation désagréable. Je m'entendais très bien avec lui, je connaissais bien ses deux filles (Françoise Dorléac et Catherine Deneuve, ndlr). Jacques Ferrière m'emmerdait toujours en me parlant de Dorléac, du coup un jour pour un doublage je convoque pour une même séance Dorléac et le duo Jacques Ferrière-Michel Muller et je leur dis "Vous voyez , vous qui me réclamiez de rencontrer Maurice Dorléac...". Ils ne savaient plus où se mettre. J'adorais faire des petites blagues comme ça."

Je lui raconte que quand des jeunes comédiens dans les années 80 se plaignaient de Jacques Willemetz les anciens leur répondaient "Ne vous plaignez pas, vous n'avez pas connu Maurice Dorléac", Jacques sourit, et se souvient de Willemetz. "Comme le studio était loin de chez moi, on était parti à l'aube avec Marcel Bozzuffi pour un doublage qu'il dirigeait. On était mal réveillé, et de mauvaise humeur.  Willemetz nous présente le metteur en scène italien qui était venu superviser le doublage de son film. Celui-ci nous dit: "Oh moi, j'ai pris des vrais mineurs pour jouer dans mon film". Il avait pris des amateurs, ça commençait bien. Et puis il s'en va. Willemetz commence à nous faire travailler et ça ne va pas très bien, ni pour Bozzu ni pour moi. Willemetz nous dit "Mes enfants, ça ne va pas très bien, si vous dormez ce n'est pas la peine de venir, vous n'avez qu'à rentrer chez vous!". Bozzu le regarde et lui dit "C'est pas con ce que tu viens de dire", il prend sa veste, je prends la mienne, et on s'en va tous les deux."



"Compilation" des doublages de J. Thébault par "Le monde du doublage français"

Dans les années 60, Jacques double à peu près tous les plus grands acteurs du moment pour le cinéma et la télévision, à commencer par Steve McQueen. "Pour Steve McQueen je demandais plus d'argent car il ne parlait pas." s'amuse-t-il. Il le double dans la série Au nom de la loi, et la plupart de ses films: Bullitt, Nevada Smith, PapillonL'affaire Thomas Crown, etc.
Les principales exceptions sont Les Sept mercenaires et La Grande évasion (où Henry Djanik m'avait raconté avoir demandé l'autorisation de Jacques à l'époque pour le faire)... ou La canonnière du Yang-Tsé. Au sujet de ce film, j'emprunte à Stéphane Lerouge une anecdote qu'il lui avait racontée (Génération Séries, 2ème trimestre 1996) "Le responsable du doublage, un homme d'une rare intelligence a déclaré : "Steve McQueen est blond, il me faut donc un comédien blond pour le doubler!". C'est d'une logique implacable, non? Comme mes cheveux étaient bruns, je n'avais évidemment aucune chance et ils ont engagé Jacques Deschamps, qui, le veinard, avait sur moi l'avantage d'être châtain clair! On peut se demander comment, malgré nos différences capillaires, j'ai été choisi pour prêter ma voix à Cosby dans le "Cosby Show"!"

Autre souvenir raconté par Francis Lax (émission Bas les masques, 14/02/96): "Un jour, Steve McQueen est mort, c'était bien triste, et comme les comédiens ont un humour désespéré on dit à Jacques Thébault au studio d'Epinay "Alors, tu ne pourras plus construire maintenant, il va falloir arrêter les maçons". Plaisanterie de mauvais goût. Et puis au moment du déjeuner "Alors, toi, c'est soit fromage, soit dessert, car depuis que Steve McQueen est mort...". Et tout à coup j'entends "Il n'est pas mort parce que je vous entends". C'était un non-voyant de naissance, avec sa femme, derrière nous, qui entendait Jacques Thébault. Je ne connais pas de plus belle histoire que ça sur notre métier"



Mais Steve Mc Queen (qu'il a rencontré à Paris) n'arrive que troisième dans les acteurs que Jacques préfère doubler, derrière John Cassavetes (Rosemary's Baby, Furie) et Patrick McGoohan (Destination DangerLe Prisonnier). Pour ce dernier, il inventera spontanément, en plein doublage, le "Bonjour chez vous" du Prisonnier, afin de traduire "Be seeing you". L'expression restera dans les annales des passionnés de séries.

Il double aussi des acteurs très populaires mais qu'il trouve moins intéressants comme Audie Murphy ("Il était devenu star parce qu'il avait fait la guerre et était l'acteur le plus décoré des Etats-Unis, mais il manquait de charisme") ou Robert Conrad dans la mythique série Les Mystères de l'Ouest. "J'ai bien aimé doubler cette série, qui avait du rythme. Le personnage ne m'avait pas passionné sur le plan de la comédie et Robert Conrad n'était pas un immense acteur mais il s'est amélioré plus tard dans "Les Têtes Brûlées", que j'ai doublée également."



Jacques Thébault et Serge Sauvion interviewés à la télévision

Pour certains acteurs, on lui demande d'épurer un peu le jeu comme pour Jeremy Brett dans la série des Sherlock Holmes. "Il était très "maniéré" dans la Version Originale, mais c'était un acteur intelligent." 

Dans Docteur Jivago (1965), il double tout d'abord Klaus Kinski, puis le comédien qui devait doubler Alec Guinness ne faisant pas l'affaire, on l'appelle également pour doubler Guinness. Autre classique: Zorba le grec (1964) où il double Alan Bates sous la direction du réalisateur Michael Cacoyannis.

Jacques double en outre régulièrement ou ponctuellement Paul Newman (Le Gaucher), Clint Eastwood (Un shérif à New York), Roy Scheider (Les Dents de la mer), George Chakiris (West Side Story), Anthony Hopkins (Le Bounty), Christopher Lee (L'homme au pistolet d'or), Elvis Presley (Le shérif de ces dames), Christopher Plummer (La nuit des généraux), etc. Des personnages en général assez froids, à laquelle sa voix colle parfaitement.


Dédicace de Nicolas Barral (2009)
Tous ces acteurs (McGoohan, Conrad, Cassavetes, etc.) il les retrouve dans la série Columbo dans des rôles d'assassins, à tel point qu'on pouvait en entendant sa voix, deviner aussitôt qui allait être le "méchant" de l'épisode.

Il prête sa voix régulièrement à des voix-off de films (Le Bal des Vampires, Massacre à la tronçonneuse) ou de séries (dernière saison des Brigades du Tigre). Sa prestation la plus marquante est certainement la narration des Incorruptibles.
Cela lui amène de nombreux revenus car les marques s'arrachent la voix-off des Incorruptibles pour leurs publicités. "On m'a sollicité pour la marque Canada Dry, des pubs tournées par Edouard Molinaro. On me demande au téléphone  quels sont mes tarifs, j'annonce un chiffre. Le producteur me dit "Vous n'allez pas me demander ça?" je lui réponds "Je ne vais pas vous le demander puisque je VIENS de vous le demander". Il accepte mais sans m'envoyer le contrat. Je me rends au studio, et quelques minutes avant l'enregistrement, je le lui fais remarquer, il me dit "-Oh, je n'ai pas eu le temps" "-Mais on a le temps maintenant". Et il a été obligé d'écrire le contrat avec ce qu'il avait sous la main, un papier en-tête. L'ingénieur du son à la fin de l'enregistrement dit "C'est parfait" et le producteur répond "Au prix où je le paye, ça peut être parfait" (rires)."

La publicité l'ennuyait énormément. "Ils sont dix dans l'aquarium et il y en a toujours un qui n'est pas d'accord, la seule fois où cela ne m'a pas dérangé c'était pour Téléstar où j'enregistrais toutes les semaines une publicité, je travaillais directement avec l'ingénieur du son et c'était beaucoup plus simple."

Parmi les figures de la publicité à l'époque, Pierre Bellemare, qui vient de lancer un studio d'enregistrement Place Beauvau. "Pierre Bellemare m'a fait un drôle de coup: je doublais Steve McQueen dans "L'Affaire Thomas Crown" à la SPS, il me téléphone et me demande "Vous êtes où?" "-Je suis en train d'enregistrer à la SPS" "-Passez moi le directeur!" "-Pourquoi?" "-J'ai un truc à vous faire enregistrer ce soir"
Et le soir il est venu au studio avec tout l'aéropage d'Unilever pour une publicité pour de la lessive. Il ne forçait pas les choses (rires)"

Jacques est peu sollicité pour doubler des dessins animés. Il prête quand même sa voix à un célèbre personnage, Lucky Luke, dans la série éponyme, succédant ainsi à Marcel Bozzuffi (Daisy Town) et Daniel Ceccaldi (La Ballade des Dalton) : "Les épisodes étaient adaptés par Philippe Landrot de chez Dargaud, et c'est Pierre Tchernia qui dirigeait les doublages. Enfin... il ne me donnait jamais d'indications à tel point qu'un jour j'en ai eu marre, je suis allé le voir et il m'a dit "Non, ça va, mon vieux, ça va". Après, ça a changé de studio et il ne restait plus que Tornade et moi". 
Il double également dans Le vent dans les saules les dialogues et les chansons sous la direction de Vincent Grass, avec la participation de Claude Lombard.

Jacques Thébault dirige aussi des doublages. C'est Jacques Barclay qui lui met le pied à l'étrier à Gennevilliers sur la série Daktari. Puis la Paramount, représentée par Isy Pront, décide de remplacer en même temps tous ses directeurs artistiques (Maurice Dorléac, Serge Nadaud) et choisit pour prendre la relève Marc Cassot, Jean Lagache et Jacques. "Diriger des comédiens n'est pas toujours évident, par contre quand vous dirigez Romy Schneider, Michel Serrault ou George Wilson, c'est une chance. Mais il faut éviter d'être impressionné... Quand je vois Romy Schneider, je suis déstabilisé. Encore plus quand son chauffeur vient m'apporter de sa part une bouteille de scotch dans la journée. On avait doublé un film avec elle et Maurice Ronet, et on avait déjeuné tous les trois, un beau souvenir."

Jacques Thébault arrête progressivement le doublage dans les années 90, après s'être retiré en Normandie: "Ca s'est arrêté petit à petit, j'ai continué les Cosby pendant trois ou quatre ans. Je faisais des aller-retour à Aubervilliers, j'étais payé à la ligne, je demandais seulement à ce qu'on me garde une place de parking car Deschamps s'était fait ouvrir sa voiture. Puis je n'ai plus eu l'envie car je ne connaissais plus personne à part les rôles récurrents."

Jean-Pierre Jeunet le sollicite pour faire la voix-off de son film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. "Il avait été très flatteur au moment de l'enregistrement, et finalement sans prendre la peine de m'appeler, il a pris André Dussollier." Jean-Pierre Jeunet en parlera de façon peu élégante dans le bonus du DVD.

Il reçoit aujourd'hui des droits Adami sur le doublage des films européens, l'un des combats de la grève. Pour les films américains, les comédiens ont uniquement reçu un forfait, en fonction de leurs fiches de paie. "Le gars qui m'a reçu n'a pas eu de bol, car il a eu dans la même journée Jean-Claude Michel avec trois valises de fiches de paie et moi avec une valise et demi."

L'auto-dérision de Jacques Thébault:
photo avec sa poubelle
A l'exception de Nicolas Barral (qui a raconté son admiration pour Jacques Thébault dans l'album A vous, Cognacq-Jay aux éditions Delcourt et glisse régulièrement des clins d'oeil au doublage dans ses albums) et de quelques comédiens comme Roland Ménard et Paule Emanuèle, avec qui il était en contact régulier Jacques s'était volontairement coupé du métier et des voxophiles depuis quelques années, jusqu'à ce qu'il se décide à 88 ans, quelques semaines avant notre entretien, à s'inscrire sur Facebook, à voir du monde, répondre à ses "fans", etc. "Je suis un curieux bonhomme. J'ai eu l'année dernière une opération assez grave qui m'a fait voir les choses sous un autre angle. Je me suis dit: je vais bientôt mourir, avant de partir j'aimerais bien découvrir internet. Je me suis fait installer un ordinateur et Facebook. Mais je ne parle pas beaucoup sur Facebook, car quand on parle on dit des bêtises!".

Il retrouve sur ce média sa vieille copine Perrette Pradier, et suit l'actualité du métier. "J'ai vu qu'il y a maintenant des "écoles du doublage", je rêve! Remarquez, quand j'étais en activité j'ai vu des danseuses nues faire du doublage... mais elles étaient habillées!". Il apprend également le décès de ses camarades, comme Bernard Dhéran, quelques jours avant notre rencontre: "Il avait un certain talent mais était très snob. Un après-midi on répétait le tournage d'un feuilleton pour la télé et j'avais une sciatique qui me faisait tenir accroupi. C'était une grosse journée car le matin je doublais Les Incorruptibles et le soir je jouais au théâtre. Dhéran arrive et me fait "Oh je vois ce que c'est. Mais moi j'ai attrapé ça de manière plus glorieuse, je l'ai eue au tennis"." 

La sympathie des fans le touche et l'amuse, de même que les informations qu'on peut trouver sur internet. "Quand j'ai eu ma lourde opération, juste avant d'être endormi je demande "-Faites attention à mes cordes vocales!" "-Pourquoi, vous êtes chanteur?" "-Non, comédien". Et à mon réveil, le chirurgien me dit "Vous auriez pu me dire avant tout ce que vous avez fait!". Pendant mon sommeil il était allé voir ma page sur Wikipedia!"



Profitant de cette marque d'"ouverture" à son public, je lui propose, non sans culot, de participer à notre 10ème "Salon des Séries et du Doublage" qui se tient quelques mois plus tard (16 novembre 2013). Il est assez hésitant, ne sait pas ce qu'il va dire (ayant perdu l'habitude de parler), se demande si les gens vont être intéressés, puis finalement se laisse convaincre, avec l'appui du fan-club des "Mystères de l'Ouest". Sur place, il est d'une grande disponibilité auprès de son public, signant des autographes, se laissant prendre en photo ("J'ai l'impression d'être un panda dans un zoo" me glisse-t-il alors dans l'oreille) et participant avec Guy Piérauld et Paule Emanuèle à la conférence "Légendes du doublage" animée par François Justamand. 

Jacques s'est éteint le 15 juillet dans sa Normandie. Sa voix reste omniprésente dans nos souvenirs, et à la télévision, comme il y a encore quelques années où TMC nous proposait des après-midis avec en file indienne "Au nom de la loi", "Sherlock Holmes", "Les Mystères de l'Ouest" et "Kojak".

En faisant un bilan de sa carrière, il la résumait ainsi: "Radio, synchro, télévision, c'est déjà pas mal!", en ajoutant avec malice "Et maintenant, Facebook!". Adieu, Monsieur Thébault... Et "bonjour chez vous".


Dessin hommage de Nicolas Barral à Jacques Thébault, 
réalisé pour "Dans l'ombre des studios"


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samedi 11 juillet 2015

Actualités estivales

Actualité de quelques amis de "Dans l'ombre des studios"...



La comédienne et chanteuse Rachel Pignot, merveilleuse voix chantée de Blanche-Neige dans le doublage de 2001, est en ce moment au festival d'Avignon à l'affiche de Naturellement belle (au Théâtre des Béliers, tous le jours à 13h50), la comédie musicale qu'elle a co-écrite avec Raphaël Callandreau. Un très joli spectacle qui traite avec humour de la dictature de l'apparence dans nos sociétés modernes.
A la rentrée, Rachel investira la scène du Théâtre Essaïon (Paris) pour deux spectacles: Les Frangines chantent Les sœurs Etienne (tous les lundis et mardis à 21h30, à partir du 28 septembre) et Au bar de l'Estran (spectacle de chansons autour de la mer et des marins, tous les jeudis, vendredi et samedis à 19h45 à partir du 1er octobre).

Dans ce doublage de Blanche-Neige, on peut également entendre Joyeux avec la voix de Jean-Loup Horwitz, cet excellent comédien que l'on voit régulièrement sur les plus belles scènes de théâtres. Jean-Loup a écrit une pièce, Adolf Cohen, qu'il interprète en ce moment en Avignon avec Isabelle de Botton (tous les jours à 14h20 au Théâtre Au coin de la lune). Critique ici

Il n'y a pas qu'Avignon cet été, l'ami Patrice Dozier (Dormeur dans Blanche Neige...Non, je vous assure, ce n'est pas une obsession!) tourne en ce moment dans toute la France la pièce L'homme et la femme de Sacha Guitry, dans une mise en scène de Jean-Christophe Barc. Il sera demain (dimanche 12 juillet) à Cast près de Quimper, puis fin juillet au festival de Rocamadour.

Michel Mella (Timide dans..., enfin, vous savez...) a écrit un texte publié chez Alna Editeur dans le recueil Charlie forever: dix-neuf auteurs s'engagent pour la liberté d'expression.

Côté disques, je suis fier d'avoir été à l'initiative de la sortie d'une compilation de Danielle Licari chez Marianne Mélodie. Cela faisait des années qu'il n'existait plus de compilations de Danielle dans le commerce (à part quelques pressages japonais ou canadiens illégaux), j'ai proposé à Danielle de lui trouver une maison de disques et contacté Mathieu Moulin, qui avec ses équipes de "Marianne Mélodie" (et l'aide iconographique de mon ami Gilles Hané) a fait du très bon travail. Un objet indispensable pour redécouvrir la talentueuse interprète du "Concerto pour une voix" qui a également participé à de nombreux choeurs, doublages (Aurore dans La Belle au Bois dormant), musiques de films (Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg), etc.

Toujours chez Marianne Mélodie, c'est le regretté Jean Constantin qui est à l'honneur avec un double CD qui comprend de nombreux inédits en CD, parmi lesquels les titres orchestraux qu'il avait enregistrés sous le nom de Big Cesar. Je n'ai pas eu la chance de connaître l'auteur de "Mon manège à moi", mais sa veuve (Lucie Dolène) et ses trois enfants (Olivier, François et Virginia) sont tous des amis de grand talent.
A ce propos, Olivier Constantin sera à partir du 4 septembre à l'affiche de la comédie musicale Gospel sur la colline aux Folies Bergère. Olivier est un "homme de l'ombre", choriste pour de nombreux chanteurs. Il avait pu nous montrer tous ses talents de comédien en doublant les dialogues et chansons de Jack dans L'étrange Noël de Monsieur Jack. Heureux de le voir enfin jouer et chanter "en chair et en os" dans une grosse production.

Enfin, j'ai créé pour Jacques Ciron une page Facebook pour laquelle Jacques me transmettra de temps en temps des photos, anecdotes, hommages, coups de coeur théâtraux, etc. Rejoignez vite la page de ce formidable comédien.


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