J'ai le grand plaisir de vous annoncer que la deuxième soirée Dans l'ombre des studios aura lieu mardi 21 mai à 21h à L'Auguste Théâtre (Paris). François Constantin, percussionniste de grand talent, fils de Jean Constantin et Lucie Dolène, rendra hommage à son père dans son spectacle Mon manège à moi, en avant-première avant le festival d'Avignon. Un spectacle drôle, poétique, rythmé qui met à l'honneur un auteur-compositeur-interprète malheureusement un peu oublié... Ces soirées que j'organise sont une occasion à la fois de découvrir de bons spectacles, tous inédits, mais aussi de se retrouver entre amis comédiens, choristes, et passionnés de doublage et de chansons dans un lieu convivial... Venez nombreux!
Réservations ici (attention, les places partent vite!)...
(L'Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, 75011 Paris. Tél: 01.48.78.06.68)
Quelques nouvelles d'autres amis:
- Comédien, chanteur, auteur, compositeur, Michel Mella prépare en ce moment un spectacle qui sera programmé pour la troisième soirée Dans l'ombre des studios. Ce spectacle aura lieu à L'Auguste Théâtre mardi 24 septembre 2013 à 21h, avec la participation de Barbara Tissier, Hervé Rey et Patrick Vilbert. Plus d'informations cet été ...
-Roger Carel est ponctuellement sorti de sa retraite en février pour enregistrer la voix d'Astérix dans le film d'animation Le Domaine des Dieux d'Alexandre Astier. La dernière session d'enregistrement devrait avoir lieu courant mai.
-Choriste en studio et tournées pour de nombreux chanteurs (Claude François, Johnny Hallyday, Nicoletta, etc.) et spécialiste du chant gospel, Jocelyne Lacaille donnera un stage de gospel (chant, attitude scénique, etc.) à Lisieux (Calvados). Pour plus d'informations: voice.optimum@yahoo.fr
-En ce moment vous pouvez applaudir l'excellent Bernard Métraux (voix entre autres de Bill Murray, David Caruso, etc.) dans Roméo et Juliette à la Tour vagabonde (Paris), théâtre élisabéthain itinérant construit sur le modèle du Globe Theatre de Londres. Le lieu est magique, la distribution et la mise en scène éclatantes... Réservations ici
-C'était le plus joli choeur de jeunes femmes des années 60, et certaines (dont mes correspondantes Nicole Darde et Claude Chauvet) ont connu par la suite une belle carrière de choriste studio: les Djinns seront à l'honneur de l'émission Etonnez-moi Benoît samedi 27 avril à 11h sur France Musique. Benoît Duteurtre recevra à cette occasion Claudie Le Bozec, Genneviève Berno, Annie Morel et Chantal Thevenard.
-Patrice Dozier, comédien, met son talent et ses belles qualités humaines dans un nouveau projet, ComCyrano, coaching en expression orale pour comédiens, cadres, etc. Son site internet
-Cela fait ce mois-ci exactement dix ans que j'ai interviewé mon premier comédien, il s'agissait de Roger Lumont... J'étais alors au lycée, lui avais envoyé un courrier et il m'avait très gentiment appelé. Pour célébrer ces dix ans d'amour pour les artistes, j'ai concocté un petit montage fait de vidéos complètement inédites de comédiens, prises lors d'interviews, repas, etc.
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La mémoire des comédiens, chanteurs et musiciens "dans l'ombre des studios"
samedi 20 avril 2013
mardi 19 mars 2013
Le premier doublage de Blanche-Neige enfin retrouvé !
« Bonjour, je vous signale que je possède une copie de la version Française de 1938 de
« Blanche Neige et les sept Nains » en 16mm ». J’ai eu la
chance de recevoir en décembre 2012 ce message que tant de passionnés de
doublage rêveraient de recevoir au moins une fois dans leur vie, et
d’entreprendre avec la formidable aide technique de mon correspondant Greg P. (rédacteur de
l’excellent blog « Film perdu ») une numérisation de ce doublage
perdu depuis le redoublage de 1962… Blanche-Neige
et les Sept Nains est le premier film d’animation qui soit à la fois sonore
et en couleurs, il a été vu par des millions d’enfants dans le monde. Un film
mythique sur lequel bon nombre de livres très exhaustifs ont été écrits, et pour
lequel persistent pourtant de nombreux mystères sur sa ou ses premières
versions françaises. Je vous propose avant d’évoquer cette dernière découverte un
petit historique de l’évolution des théories sur le sujet …
I) Blanche-Neige et ses
trois doublages…
En 2001, Blanche-Neige
et les sept nains sort enfin en DVD, avec un nouveau doublage. François
Justamand, passionné de doublage, fondateur de La Gazette du Doublage (magazine papier qui deviendra un site
internet hébergé par le site Objectif
Cinéma), se penche sur le sujet et écrit un article pour le magazine DVD Vision n°15, qu’il reprendra ensuite dans La Gazette du Doublage en 2005 sous le titre de
« Blanche-Neige et les 7 Nains : ses trois doublages »
avec quelques compléments.
Dans cet article, il nous révèle :
-Qu’Eliane Celys a connu beaucoup de succès en France avec
son disque d’« Un jour mon prince viendra », mais qu’elle n’a pas,
contrairement à ce que beaucoup pensent, participé au premier doublage (1938). D’après
Lucie Dolène, c’est Lucienne Dugard qui prêtait sa voix à Blanche-Neige.
Affirmation basée, comme me le racontera Lucie en 2009, sur une anecdote qui lui avait été rapportée par Colette Brosset, et que la découverte d’un disque de
l’histoire de Blanche-Neige contée par Lucienne Dugard semble confirmer.
-Que le deuxième doublage (avec Lucie Dolène) que beaucoup
d’entre nous connaissent date de 1962 (date trouvée grâce aux archives de
l’INA). François détaille la distribution (que chacun peut retrouver dans le
générique de la VHS). Pour ce 2ème doublage, François identifiera
des années plus tard André Valmy sur le chasseur et Serge Nadaud sur le miroir
magique (non crédités au générique), et j’apporterai quant à moi grâce aux
souvenirs des chanteurs Jean Cussac et Anne Germain le nom d’André Theurer
(directeur musical) et plusieurs noms de choristes doublant les nains dans les
chansons.
-Que le troisième doublage (avec Valérie Siclay et Rachel
Pignot) a certainement été réalisé en 2001 pour des problèmes de droits, en raison du
procès intenté par Lucie Dolène à Disney. L’information, donnée par plusieurs
professionnels (qui tiendront à rester anonymes) et suggérée par Lucie Dolène
elle-même, sera suivie d’un démenti catégorique de Disney, invoquant un simple
souhait de rajeunissement des voix. Un démenti peu convaincant car ce troisième doublage est très fidèle au deuxième.
![]() |
| Lucie Dolène |
-Que pour ce troisième doublage, Disney a pensé
pendant un moment à des « people » pour prêter leurs voix aux personnages de ce film
éternel avant de se rabattre sur une distribution plus "classique". François y évoque un sondage lancé par Disney pour savoir quelle
personnalité doublerait idéalement Blanche-Neige (résultats : Laetitia
Casta, Alizée, etc.). De mon côté, plusieurs acteurs ayant participé à ce
troisième doublage m’apprendront que le marketing Disney a songé le plus sérieusement du monde à faire doubler les nains… par l’Equipe de
France de football !
II) Deux premiers
doublages : un réalisé à Paris, et l’autre aux Etats-Unis ?
Les années passent et les informations publiées par François
sont copiées sur de nombreux sites internet et même dans l’excellent ouvrage de
Pierre Lambert sans jamais être contredites. En 2009, Olikos, webmaster du site
« Grandsclassiques.fr » consacré à l’époque exclusivement aux films
Disney, déniche une bobine super 8 contenant un extrait de Blanche-Neige dans
un doublage inconnu. Les voix sont datées, ce qui nous laisse penser qu’il
s’agit du premier doublage. Seul problème : les comédiens ont un petit
accent étrange, peut-être québécois.
François effectue de nouvelles recherches qui l’amènent
en novembre 2009 à publier un deuxième article : « Le Mystère Blanche-Neige : La VF de 1938 » .
Il nous dévoile :
-Que des salaires ont été versés par Disney en 1938 à des
acteurs français vivant aux Etats-Unis pour doubler Blanche-Neige à Hollywood, notamment à Christiane Tourneur (voix
parlée de Blanche-Neige), Beatrice Hagen (voix chantée), et plusieurs comédiens
français connus pour jouer principalement des maîtres d’hôtel et serveurs
français dans les films hollywoodiens des années 30. Il s’agirait donc de la
version dont nous avons trouvé un extrait super 8 (scène du bain), et dont
il existe aussi un autre extrait (scène de la danse) diffusé dans des émissions
de Noël Disney des années 70.
![]() |
| Irène Hilda |
-Que la revue Pour
vous du 29 juin 1938 indique que la chanteuse Irène Hilda a doublé
Blanche-Neige à Hollywood. La chanteuse, née en 1920 confirme avoir doublé
Blanche-Neige, mais à Paris.
-Que Lita Recio se souvenait avoir doublé la Reine en tandem
avec Marcelle Praince sur la sorcière.
-Qu’à la mort de la comédienne Claude Marcy, la presse avait
annoncé qu’elle avait doublé Blanche-Neige.
-Autre élément non révélé : la famille de l’adaptateur
Louis Sauvat a déclaré à mon correspondant Gilles Hané qu’en plus du doublage
de 1962, celui-ci aurait participé au doublage original.
A partir de ces nouveaux faits, François Justamand propose
deux scénarios :
1) Un doublage a bien été fait dans l’urgence à
Hollywood pour la sortie du film au Quebec, et un deuxième a été réalisé
rapidement après en France (avec Irène Hilda en voix chantée de Blanche-Neige,
et peut-être Claude Marcy, Lita Recio, Marcelle Praince, etc.).
2) Les archives de Disney (Burbank) se trompent sur la date de 1938
pour les salaires des expatriés français. Le premier doublage a bien été fait
en France, et il y aurait eu un doublage hollywoodien fait non pas en 1938 mais
pendant la guerre, alors que les copies de la VF originale de Blanche-Neige
étaient inaccessibles ou détruites.
Le fait que les rares extraits dont nous disposons soient visiblement
issus de la VF d’Hollywood nous laisse alors penser que celle-ci a été faite
après le doublage réalisé en France, et que la deuxième hypothèse est certainement la bonne…
III) Un seul premier
doublage : le doublage hollywoodien ?
En octobre 2012, JB Kaufman publie The fairest one of all, livre très documenté sur la réalisation de
Blanche-Neige. Il écrit que malgré la loi française obligeant les majors à effectuer leurs doublages en
France, Disney avait pu obtenir une dérogation spéciale pour doubler Blanche-Neige dans l’urgence en
février/mars en 1938 à Hollywood, sous la direction du producteur et comédien
multilingue Marcel Ventura (qui doublait selon lui le Prince) et la supervision
de Stuart Buchanan (qui doublait le Chasseur dans la Version Originale). C’est cette
version qui a été projetée au Cinéma Marignan pour la sortie officielle de Blanche-Neige. J.B Kaufman révèle par
ailleurs que si le public était très content du doublage, David Hand et les
distributeurs étaient en revanche déçus par les voix chantées.
En plus des révélations de J.B Kaufman, Greg P., rédacteur
de l’excellent blog « Film perdu » (consacré aux films perdus, scènes
coupées, etc.) et grand passionné de Blanche-Neige, retrouve un entrefilet
(« Notules de la colonie française », 1938) : « Christiane Tourneur , qui n’est pas
inconnue dans le cinéma français, mais qui s’est bornée, depuis sa venue à
Hollywood, à être Madame Jacques Tourneur, espère qu’à la suite de Blanche
Neige, où elle a doublé, avec le talent que l’on sait, le personnage principal,
elle arrivera à percer dans les films américains. » et un article
(magazine Pour vous, 11 mai
1938) indiquant que le doublage a bien été fait dans les studios de Walt
Disney. Il mentionne ses découvertes dans deux articles,
« Blanche Neige dans la presse française » et « Blanche Neige et sa première de gala parisienne » .
Ces nouveaux éléments mettent donc à mal l’hypothèse d’un
doublage effectué aux Etats-Unis pendant la guerre. Le premier doublage a bien
eu lieu aux Etats-Unis mais en 1938, avec Christiane Tourneur.
Qu’en est-il alors de l’idée d’un doublage réalisé en
France ? A-t-il vraiment eu lieu, et
si oui quand ? Lita Recio et Irène Hilda, nonagénaires au moment de leur
interview, ont-elles confondu avec un enregistrement de disque ? Peut-être
ont-elles seulement passé des essais pour un éventuel redoublage ? Le
mystère demeure encore sur ce point…
IV) La découverte du
premier doublage
Début décembre 2012, je suis contacté par un collectionneur,
Jean-Pierre P., qui m’annonce avoir en sa possession depuis quelques mois une
bobine 16 mm contenant l’intégralité du premier doublage de Blanche-Neige, une copie qu’il a
restaurée et qui aurait appartenu à une époque à un présentateur et réalisateur bien connu qui avait déjà
effectué un premier travail de restauration. Plutôt sceptique, je lui demande de m’en
faire écouter un extrait par téléphone… Surprise, il s’agit bien du doublage hollywoodien,
complètement disparu depuis le redoublage de 1962 ! Passionné par les vieilles
bobines et opposé au numérique, Jean-Pierre refuse de confier cette bobine à un
laboratoire, mais m’autorise en revanche à venir chez lui pour la numériser
avec les moyens du bord. Greg (du blog « Film perdu ») répond à mon
appel à l’aide lancé sur Facebok et me propose son aide technique : filmer
l’écran avec une caméra HD, et prélever le son en reliant la sortie son du
projecteur à son ordinateur.
C’est avec une immense émotion que Greg et moi découvrons ce
trésor, qui commence par un générique contenant les noms de Marcel Ventura (directeur
artistique), « assisté d’Alfred A. Fatio » (quelle était sa
fonction ? Adaptateur des dialogues ? Opérateur-son ? A-t-il
également, comme Ventura, prêté sa voix à l’un des personnages ?), sous la
supervision de Stuart Buchanan… La bobine étant en très bon état, nous
découvrons dans d’excellentes conditions les voix du film (dont celle de la
Reine, très théâtrale et impressionnante), ainsi que des inserts français qui
ne se sont ensuite pas retrouvés dans la VHS du doublage de 62 (notamment la
scène où Blanche-Neige inscrit « Grincheux » sur le gâteau qu’elle
prépare).
Greg effectue chez lui une restauration minutieuse du
film : il utilise l’image du DVD américain (en 24 images/secondes) y
intègre les inserts de la première version. Pour ce qui est du son, il enlève le "souffle" commun aux bandes sonores de l'époque. Le film
ayant quelques micro-coupures (principalement pendant les chansons) à cause de précédentes cassures de pellicule, il
effectue des repiquages discrets sur d’autres supports et se paye même le luxe
de mettre le tout en 5.1.
Après de longues recherches pour retrouver des extraits de
films dans lesquels apparaissent les comédiens de la première version (tâche
ardue, car ces comédiens avaient des tous petits rôles, et parlaient peu), il
compare leurs voix et arrive à identifier avec plus ou moins de certitude
« qui double qui ».
Ces recherches sont détaillées dans son article "Blanche Neige et les sept nains, la version française de 1938" (publié
simultanément au mien), dans lequel il évoque également les différences
visuelles et sonores de ce premier doublage par rapport aux autres versions qui
ont suivi.
Avec l’autorisation de Jean-Pierre P., qui a eu la
générosité de nous offrir l’accès à cette fameuse bobine (alors que tant d'autres collectionneurs gardent leurs trésors pour eux), nous avons le plaisir
de vous proposer un visionnage du film (dans un format compressé, en plusieurs parties), qui sera
retiré rapidement pour des raisons de droit. Disney ayant définitivement mis au
placard les anciens doublages de ses films (cela fait maintenant des années que
nous espérons les retrouver dans des sorties DVD), cette diffusion non commerciale n’a pour but
que de vous faire découvrir un trésor perdu depuis cinquante ans :
Partie 1, Partie 2, Partie 3, Partie 4, Partie 5, Partie 6
(Ces vidéos seront retirées jeudi 21 mars à 18h et ne seront pas remises en ligne. Aucune copie ne sera faite)
Vous trouverez également ci-dessous le carton actualisé du
premier doublage (pour les redoublages, cliquez ici). Un immense remerciement et bravo à tous les « acteurs » de cette enquête, principalement Jean-Pierre P., François
Justamand (La Gazette du Doublage), Greg P. (Film perdu) et Olikos
(Grandsclassiques).
Je rappelle par ailleurs que d'autres doublages sont encore introuvables: Pinocchio (doublage hollywoodien ou québécois d'époque, et doublage français d'après-guerre), Bambi (premier doublage), La Belle au Bois Dormant (premier doublage)... Vous possédez des bobines ou autres supports pouvant contenir l'intégralité ou des extraits de ces doublages? N'hésitez pas à me contacter (danslombredesstudios@gmail.com)
Doublage français d'origine (février-mars 1938) :
Société : Studios Disney (Hollywood) 2
Blanche-Neige : Christiane Tourneur 3 (Dialogues)
Direction artistique : Marcel Ventura 2
Assistant : Alfred A. Fatio 2
Superviseur : Stuart Buchanan 2
Blanche-Neige : Christiane Tourneur 3 (Dialogues)
Blanche-Neige : Béatrice Hagen 3 (Chant)
Le prince : Marcel Ventura 3 (Dialogues et/ou chant ?)
Le chasseur: André Cheron 4
Le miroir magique ?: Jean de Briac 4
La Reine : Adrienne d'Ambricourt 3
Le chasseur: André Cheron 4
Le miroir magique ?: Jean de Briac 4
La Reine : Adrienne d'Ambricourt 3
La sorcière : Adrienne d'Ambricourt 3
Prof : Eugène Borden 4
Grincheux : André Cheron 4
Grincheux : André Cheron 4
Joyeux : Charles de Ravenne 4
Dormeur ? : Roger Valmy 4
Timide ? : Louis Mercier 4
Atchoum ? : Roger Valmy 4
Fiches voxographiques
de Blanche-Neige et les Sept Nains
réalisées par Olivier Kosinski (Les Grands Classiques), François Justamand
(La Gazette du Doublage) et Rémi C. (Dans l’ombre des studios). Ces fiches ont
été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs.
Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien ou
celui-ci.
Sources:
1Chrisis2001 /
Disney Central Plaza,
2Crédits bobine 16 mm (numérisée par Greg P. et Rémi C.),
3F. Justamand / La gazette du doublage (Remerciements à François Senesi, Gérard Roig, Marcel Colin, Olivier Kosinski, Daniel Sicard, Irène Hilda et Disney Consumer Products),
4Greg P./Film perdu (Grâce aux noms donnés par François Justamand)
5Carton VHS/DVD/Blu-Ray (Remerciements à Philippe Copin et Laurent Girard/Voxofilm),
2Crédits bobine 16 mm (numérisée par Greg P. et Rémi C.),
3F. Justamand / La gazette du doublage (Remerciements à François Senesi, Gérard Roig, Marcel Colin, Olivier Kosinski, Daniel Sicard, Irène Hilda et Disney Consumer Products),
4Greg P./Film perdu (Grâce aux noms donnés par François Justamand)
5Carton VHS/DVD/Blu-Ray (Remerciements à Philippe Copin et Laurent Girard/Voxofilm),
6Rémi / Dans
l'ombre des studios (Remerciements à
Anne Germain, Jean Cussac et Gilles Hané)
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lundi 28 janvier 2013
Décès de Bernard Dhéran
Après Daniel Gall, Jean Topart et Perrette Pradier, c'est une autre "légende" du doublage qui nous quitte: Bernard Dhéran est décédé hier matin à 86 ans à Marrakech où il avait une résidence secondaire.
Ancien sociétaire de la Comédie-Française, Bernard Dhéran était une figure du théâtre classique, mais aussi du boulevard. Souvent "casté" dans des rôles d'aristocrates péremptoires, il aimait beaucoup surprendre son public, comme en acceptant il y a quelques années de jouer dans Toc Toc de Laurent Baffie un homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette. La pièce connut un immense succès, jouée plusieurs fois à Paris et télédiffusée.
Au doublage, sa voix chaude et élégante faisait merveille sur des acteurs de grande classe, pour la plupart britanniques: David Niven (Bonjour Tristesse), Michael Caine (Un pont trop loin), Anthony Hopkins (dans ses films en costume comme Le Masque de Zorro), Christopher Plummer (Le Nouveau Monde), Ian McKellen (X-Men), Christopher Lee (Star Wars). Depuis quelques années il avait aussi repris le doublage de la plupart des acteurs autrefois doublés par Jean-Claude Michel comme Sean Connery (A la rencontre de Forrester) ou Leslie Nielsen (Scary Movie 3 et 4).
Il avait écrit une autiobiographie au titre particulièrement long, Je vais avoir l'honneur et l'ineffable jouissance, chers vieux abonnés de la Comédie-Française, chers lecteurs, d'aiguiser ma plume d'oie et de vous asséner avec tendresse quelques truculentes histoires vécues au cours des tribulations d'un comédien ordinaire du roy et de la république, pleine de souvenirs réjouissants, et illustrée par de nombreuses photographies.
En hommage, je vous propose trois liens:
L'excellent hommage de la critique de théâtre du Figaro Armelle Héliot:
http://www.lefigaro.fr/culture/2013/01/27/03004-20130127ARTFIG00143-bernard-dheran-l-elegance-du-comedien.php
Une interview de Bernard Dhéran que j'avais réalisée il y a quatre ans avec François Justamand pour La Gazette du Doublage:
http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5177
Une compilation de voix réalisée par Le Monde du Doublage Français:
https://www.facebook.com/photo.php?v=1536787914970
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Ancien sociétaire de la Comédie-Française, Bernard Dhéran était une figure du théâtre classique, mais aussi du boulevard. Souvent "casté" dans des rôles d'aristocrates péremptoires, il aimait beaucoup surprendre son public, comme en acceptant il y a quelques années de jouer dans Toc Toc de Laurent Baffie un homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette. La pièce connut un immense succès, jouée plusieurs fois à Paris et télédiffusée.
Au doublage, sa voix chaude et élégante faisait merveille sur des acteurs de grande classe, pour la plupart britanniques: David Niven (Bonjour Tristesse), Michael Caine (Un pont trop loin), Anthony Hopkins (dans ses films en costume comme Le Masque de Zorro), Christopher Plummer (Le Nouveau Monde), Ian McKellen (X-Men), Christopher Lee (Star Wars). Depuis quelques années il avait aussi repris le doublage de la plupart des acteurs autrefois doublés par Jean-Claude Michel comme Sean Connery (A la rencontre de Forrester) ou Leslie Nielsen (Scary Movie 3 et 4).
Il avait écrit une autiobiographie au titre particulièrement long, Je vais avoir l'honneur et l'ineffable jouissance, chers vieux abonnés de la Comédie-Française, chers lecteurs, d'aiguiser ma plume d'oie et de vous asséner avec tendresse quelques truculentes histoires vécues au cours des tribulations d'un comédien ordinaire du roy et de la république, pleine de souvenirs réjouissants, et illustrée par de nombreuses photographies.
En hommage, je vous propose trois liens:
L'excellent hommage de la critique de théâtre du Figaro Armelle Héliot:
http://www.lefigaro.fr/culture/2013/01/27/03004-20130127ARTFIG00143-bernard-dheran-l-elegance-du-comedien.php
Une interview de Bernard Dhéran que j'avais réalisée il y a quatre ans avec François Justamand pour La Gazette du Doublage:
http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5177
Une compilation de voix réalisée par Le Monde du Doublage Français:
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dimanche 20 janvier 2013
Décès de Perrette Pradier
Perrette Pradier nous a quittés dans la nuit de mardi à mercredi à 74 ans des suites d'une crise cardiaque a-t-on appris par l'AFP. Une figure incontournable pour les téléspectateurs des années 60-80, la terrorisante voix de Madame Medusa et de nombreuses autres "sorcières" animées pour plusieurs générations d'enfants, ou simplement "P.P." pour ses amis, nombreux à lui rendre hommage sur les réseaux sociaux. Des fleurs jaunes, ses préférées, en hommage à une comédienne hors du commun...
Perrette Pradier naît le 17 avril 1938 à Hanoï (Indochine). Après avoir suivi des cours d'esthétique et de manucure, elle s'inscrit à un cours de théâtre puis étudie au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique (après avoir réussi le concours d'entrée), où elle participe à une tournée de la Comédie-Française. L'une des premières pièces qu'elle joue sur les boulevards, Boeing Boeing de Marc Camoletti, rencontre un succès phénoménal et sera adaptée dans de nombreux pays (il s'agit de la pièce française la plus jouée dans le monde) et au cinéma (avec Jerry Lewis et Tony Curtis). Remarquée pour sa beauté éblouissante et son talent, elle devient rapidement une jeune première à la mode, interprétant aussi bien des rôles de soubrettes ingénues que de femmes fatales. Au cinéma, Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (la belle Constance Bonacieux), La Chambre ardente de Duvivier (avec Jean-Claude Brialy), Furia à Bahia pour OSS117 d'André Hunebelle, etc. Au théâtre: principalement des classiques avec une collaboration fidèle avec le metteur en scène et comédien Jean Meyer. A la télévision, beaucoup de "dramatiques", feuilletons, et bien sûr les émissions Au théâtre ce soir dont elle est l'une des principales "sociétaires". Par son statut de "starlette", elle est régulièrement interviewée par la télévision ou la presse, parfois pour parler de tout (couture, animaux) sauf de son métier de comédienne. Surfant sur son succès, Philips sort même un disque Danse Party chez Perrette Pradier, compilation de chansons et instrumentaux qu'elle recommande pour des soirées dansantes.
En dehors des planches et des plateaux de tournage, Perrette Pradier est remarquée dans la vie de tous les jours pour son humour et son sens de la répartie, capable de raconter les pires horreurs avec un naturel déconcertant. Ces qualités vont lui permettre d'être invitée dans de nombreuses émissions de divertissement en direct comme Les Jeux de 20 heures dans les années 70 ou L'Académie des 9 dans les années 80, où elle est remarquée par le grand public.
![]() |
| P. Pradier et B. Woringer dans Les amours de Paris |
Perrette Pradier double dans des dessins animés toute une galerie de personnages particulièrement extravagants : reines pompeuses ou dames patronnesses (la reine des souris dans Basil détective privé, Gussie Sourisfeller dans Fievel et le Nouveau Monde), méchantes hystériques (Medusa dans Les Aventures de Bernard et Bianca), vieilles sorcières gâteuses (Taram et le chaudron magique, Hercule). Dans ces personnages délirants Perrette Pradier s'épanouit pleinement, l'enregistrement est un spectacle à lui tout seul car elle reproduit la gestuelle et les grimaces des personnages. "Je crois que la belle fille très précieuse ce n'est pas trop pour moi, je pense qu'il faut y aller à la générosité" témoignait-elle pour le bonus DVD de Bernard et Bianca. En 2002, dans la continuité de ces "voix de sorcières", c'est elle qu'on choisit pour redoubler E.T dans le chef d'oeuvre de Spielberg. Il y a deux ans, Perrette Pradier participe avec Lucie Dolène et Jacques Ciron à l'enregistrement de voix de Citrouilles et vieilles dentelles, superbe court-métrage animé, primé dans plusieurs festivals, dont l'action se passe dans une maison de retraite pour personnages de contes de fées. Juliette Loubières, la réalisatrice, se souvient: "Quand je l'ai contactée par téléphone elle a été très directe:
"Oui mon p'tit, et bien quoi ? Vous cherchez une voix de vieille folle
dingue c'est ça ?" On devait lui demander l'exercice souvent..."
En 1990, Perrette Pradier devient directrice artistique de doublage sur des séries (Les Craquantes), séries d'animation (Dilbert, Bob et Bobette) et téléfilms tout d'abord. Puis de beaux films d'animation comme Aladdin, Le Roi Lion, Hercule, Mulan... où elle n'oublie pas de se "caster" occasionnellement sur des petits rôles. En directrice artistique, par son métier et un caractère parfois rude sans être méchant, elle impressionne beaucoup les nouvelles générations. La comédienne Marie-Frédérique Habert qui a travaillé avec Perrette sur les séries The Big C et Alerte à Hawaii en témoigne: "J'ai eu un trac fou la première fois que j'ai travaillé avec elle mais elle m'a fait rire pour me détendre un peu. Elle dirigeait vraiment bien, et j'avais plus l'impression de faire du théâtre que du doublage, car elle travaillait comme au théâtre, avec les intentions et les ruptures. Elle était une vraie comédienne, et quand nous lui avons proposé de jouer dans une pièce elle a dit oui tout de suite." Dans un reportage de Télérama réalisé en 2002 à Dubbing Brothers, la journaliste raconte ces "moments de travail" et semble fascinée par "P.P" dont elle relate les indications gouailleuses. En une rencontre, le doublage a certainement gagné une "partisane" pourtant issue du plus "anti-doublage" des magazines de télévision.![]() |
| E. Constantine et P. Pradier, Des frissons partout |
Ces dernières années, Perrette Pradier dirigeait les doublages de deux excellentes séries, The Tudors et Ugly Betty. Elle nous a quittés beaucoup trop tôt.
(Remerciements à Roger Carel, Laurence Fattelay, Marie-Frédérique Habert et Juliette Loubières. Voxographie sélective et vérifiée de Pascal Laffitte sur La Gazette du Doublage)
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