dimanche 15 novembre 2020

Discographie Les Blue Stars / The Blue Stars of France (1954-1959)

Suite aux très nombreuses erreurs, imprécisions, etc. que l‘on trouve sur internet à propos des groupes vocaux français, j’ai le plaisir de vous proposer sur « Dans l’ombre des studios » des discographies détaillées de plusieurs de ces groupes.

Je les ai faites à partir d’une écoute attentive de disques et archives radiophoniques (ayant acquis depuis quelques années une connaissance de ces chanteurs de groupes vocaux qui me permet d'identifier leurs voix, même au sein d'un "son de groupe"), d’un visionnage des archives télévisées (permettant de dater avec plus de précision les sorties de disques mais aussi les changements de chanteurs), des discographies préétablies par les sites Encyclopédisque et Discogs, de mes entretiens et séances d’écoutes avec les chanteurs et leurs proches, et des entretiens réalisés avant moi par mes confrères Serge Elhaïk, Jean Letellier et Eric Fardet.

Bien que quasi-exhaustives, ces discographies évolueront au fil du temps, au gré de nouvelles « découvertes ».

Aujourd’hui : Les Blue Stars (The Blue Stars of France).


Discographie des Blue Stars établie par Rémi Carémel.
Remerciements à Claudine Meunier, Franca Chevallier, Serge Elhaïk (entretiens avec Christian Chevallier et Jacques Denjean), Eric Fardet (entretiens avec Ward Swingle, Mimi Perrin et Christiane Legrand), Jean Letellier et aux contributeurs des sites Encyclopédisque et Discogs.

Supervision : Blossom Dearie puis Jean Mercadier
Style : chansons françaises ou américaines (chantées en anglais ou en français) interprétées avec une orchestration et des harmonies vocales jazz, à des degrés divers. (L’album Pardon my english, avec des arrangements jazz très modernes, préfigure Les Double Six. Tandis que quelques autres morceaux (« En 1920 », « La danse du baiser », « Mambo Italiano », etc.) n'ont rien à voir avec le jazz).
Chefs d’orchestre : Blossom Dearie, Jacques Brienne, Jean Mercadier, Eddie Barclay, Raymond Lefèvre, Quincy Jones (en première partie de Frank Sinatra au Bal de la Croix-Rouge à Monte-Carlo)
Chefs d’orchestre ayant dirigé le groupe pour l’accompagnement d’autres chanteurs : Michel Legrand, Pierre Spiers, Raymond Lefèvre, Didier Boland, Jean Mercadier, Jimmy Walter, Hubert Rostaing, Jerry Mengo, Raymond Le Pers, Jacques David, Philippe-Gérard, Wal-Berg, Mario Bua, Jany Guiraud, etc.
Arrangeurs : Blossom Dearie, Michel Legrand, Christian Chevallier, Jean Mercadier, Jo Boyer
Effectif : 8 (4F+4H) ou 6 (3F+3H) chanteurs + Orchestre. 
Chanteurs solistes : Christiane Legrand, Nadine Young, Jean Mercadier, Claudine Meunier
Chanteurs : 
Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin
Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin
Line-up n°3 (courant 1956-mi-décembre 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
Line-up n°4 (mi-décembre 1956-1957) : Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
Line-up n°5 (1958) : Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / frère de Jean Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse
Il y a certainement eu d’autres changements dans le groupe mais le manque d’archives et de témoins de cette époque ne permet pas pour le moment d’être plus précis.

Groupe créé par la chanteuse et pianiste américaine Blossom Dearie (en novembre 1954, quand elle vivait à Paris) avec le soutien de Nicole et Eddie Barclay.

Le groupe est constitué de musiciens de jazz sachant chanter et de chanteuses d’orchestre. Ces chanteurs se retrouvent pour la première fois au sein d’un groupe.

Les Blue Stars sont considérés comme le premier groupe vocal français avec des orchestrations jazz. Ils révolutionnent le son de la chanson française de l’époque et le monde des studios. 
En effet, les jeunes arrangeurs Michel Legrand et Christian Chevallier (respectivement co-arrangeur et membre du groupe) seront influencés par ce son, impulsé par Blossom Dearie et ses influences américaines, pour créer leurs propres arrangements, que ce soit pour l’accompagnement de chanteurs de variétés ou pour leurs propres groupes (les Angels (Chevallier) et les Fontana (Legrand)). 
La plupart des autres arrangeurs suivront la mode, et les chanteurs des Blue Stars/Angels/Fontana, qui jusqu’à présent n’étaient pas choristes pour des chanteurs de variété (à part peut-être Janine de Waleyne) balaieront toute la précédente génération de choristes (issus du lyrique) et s’imposeront comme choristes pour la plupart des séances d’enregistrement parisiennes (chansons, musiques de film, etc.) à partir de 1956.
En 1959, plusieurs d’entre eux se retrouveront pour créer les Double Six.

A part sur les premiers disques (premier line-up), les membres du groupe ne sont mentionnés nulle part. C’est grâce à Claudine Meunier et à l'un de mes lecteurs que j’ai retrouvé les noms de Stevie Wise et de Jean Liesse. Quant au frère de Jean Liesse, également membre du groupe, nous n’avons pour l’instant pas retrouvé son prénom. Nadine Young n’a actuellement pas répondu à mes sollicitations.

Le nom de Blossom Dearie et la photo du premier line-up figurent à tort sur certains disques (notamment les EP « Alors raconte » et « Jumping at the woodside ») alors qu’il semble que plusieurs de ses membres avaient déjà quitté le groupe : on peut facilement distinguer la voix de Christiane Legrand (soprano lead du 1er line-up) de celle de Claudine Meunier (soprano lead des line-up suivants).
D’une manière générale, dans les nombreuses compilations que l’on trouve sur les plateformes, beaucoup de titres des Blue Stars sont attribués à Blossom Dearie alors qu’elle avait quitté le groupe.

D'après Claudine Meunier, plusieurs séances d'enregistrement ont eu lieu au Studio Magellan.

Le pianiste, arrangeur et chanteur Jacques Denjean a fait des remplacements occasionnels dans le groupe, notamment au Club Saint-Germain (souvenir de Claudine Meunier). D’après Serge Elhaïk (Les arrangeurs de la chanson française), Jacques Denjean se souvenait avoir chanté sur scène « Quand je monte chez toi », donc certainement avec le line-up n°4 ou 5.

Lorsqu’il se produisait au Club Saint-Germain (où Moustache, Martial Solal et beaucoup de grands musiciens l’accompagnaient), le groupe était présenté et chorégraphié par l’acteur écossais Monte Landis. Il annonçait au public que celui-ci avait la chance de les applaudir « avant leur départ en Amérique », mais alors que les Blue Stars étaient affichés au Blue Note de New York (d’après ce que leur racontait Michel Legrand), le groupe est resté au Club Saint-Germain et n’est jamais parti aux Etats-Unis (problème de contrat ou malentendu sur les dates). 

Les Blue Stars servaient aussi de groupe d’accompagnement pour des chanteurs, et le nom du groupe figurait sur les disques. 
Ces disques comme accompagnateurs sont également listés ici, dans une deuxième partie. 

Les Blue Stars : Summertime / C'est l'été (1958, line-up n°5)
Six chanteurs, un seul micro.


Note importante pour toutes les discographies "Dans l'ombre des studios" de groupes vocaux: 
-Cette discographie mélange discographie traditionnelle et liste des émissions de télévision et de radio. Elle suit un ordre chronologique.
-Des événements importants pour le groupe sont mentionnés en gras et en italique.
-La discographie est chronologiquement découpée en plusieurs parties correspondant aux changements de chanteurs dans le groupe. Un "line-up" est une composition d'équipe: quand un membre du line-up n°2 quitte le groupe, le line-up n°3 commence à l'arrivée de son remplaçant.
-Je pourrais me contenter d'indiquer pour chaque morceau les solistes, mais comme certains (rares) morceaux sont chantés uniquement par une ou des solistes sans les autres membres du groupe, je précise "et groupe vocal" quand les autres membres du groupe sont présents (c'est à dire quasiment tout le temps). 
Le "groupe vocal" est en principe constitué, sauf mention contraire, de tous les membres du line-up en cours ("groupe vocal mixte"), ou de ses éléments féminins ou masculins.


RÉPERTOIRE DU GROUPE


Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


Bien qu’elle ait visiblement participé comme chanteuse aux séances du line-up n°1, la voix si particulière de Blossom Dearie n’est pas reconnaissable au milieu du groupe. La voix qu’on entend la plus nettement est celle de Christiane Legrand, soprano lead.


45T EP « N°1 : Légende du pays aux oiseaux » Barclay (70 004)
Sortie : 1955 (enregistré en novembre 1954)
A1 : Légende du pays aux oiseaux (Lola) (Lullaby of birdland) (J. Constantin - George Shearing) : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte dont un homme à l’accent américain
A2 : Lettre à Virginie (Constantin) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B1 : Toute ma joie (That’s my girl !) (Ray Ellington - R. Lucchesi) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B2 : Embrasse-moi bien (P. Durand - H. Contet) (arrgt Blossom Dearie) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie / Arrangements : Michel Legrand (A1 et B1) et Blossom Dearie (A2 et B2) / Au piano: Bob Dorough.
Photo au recto : Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin.
Sur « La Légende du Pays aux oiseaux » il y a un homme avec un accent américain, il se peut qu’il s’agisse du pianiste Bob Dorough ou de Ward Swingle, qui se souvenait avoir remplacé Sadi dans le groupe (a priori pas pour des enregistrements, mais…). 
La version Blue Stars de "Lullaby of Birdland" fait partie des meilleures ventes aux Etats-Unis pendant cinq mois et entre dans le top 20 en février 1956.

45T single n°1 « Embrasse-moi bien / Toute ma joie » Barclay (60 004)
45T single n°2 « Lettre à Virginie / Légende du pays aux oiseaux » Barclay (60 006)
45T single « Lullaby of Birdland / That’s my girl » Mercury  70742X45 (pays : US)

45T single n°3 « Mister l’amour / Tout bas, tout bas » Barclay (60 009)
A : Mister l’amour : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
B : Tout bas, tout bas : Jean Mercadier??? (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie

45T single n°4 « Les lavandières du Portugal / Mambo Italiano » Barclay (60 010)
A : Les lavandières du Portugal : cf. EP n°2
B : Mambo Italiano : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie

45T single n°5 « Gina / Plus je t’embrasse» Barclay (60 017)
A : Gina : Bob Dorough ??? Ward Swingle??? (soliste avec accent américain) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B : Plus je t’embrasse: cf. EP n°2
Direction : Blossom Dearie
A la fin du morceau, on entend l'une des chanteuses se tromper en chantant autre chose sur le "qu'il" de "qu'il est loin de toi".

45T single n°6 « La danse du baiser / En 1920 » Barclay (60 018)
Sortie : 1955 
A : La danse du baiser (Bernard Michel - Eddie Barclay - Michel Legrand) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B : En 1920 (Tagada-tagada) (Bernard Michel - Eddie Barclay - Philippe Gérard) : Christiane Legrand (soliste), Jean Mercadier ??? (soliste) et groupe vocal mixte 
Direction : Blossom Dearie

45T single n°7 « Déjà / Avec ces yeux-Là » Barclay ‎(60 026)
A: Déjà: cf. EP n°2
B: Avec ces yeux-là: morceau introuvable

45T EP « N°2 : Les Lavandières du Portugal » Barclay (70 017)
Sortie : 1955
A1 : Les Lavandières du Portugal : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Déjà : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Plus je t’embrasse : Nadine Young (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Amour, castagnettes et tango : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Le titre "Déjà" est trouvable sur les plateformes sous son nom anglais, "All at once", avec une erreur de crédit (Blossom Dearie à la place des Blue Stars).
Photo au recto (identique à celle de l’EP n°1): Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin.

45T EP « B.O. Graine de violence » Barclay (70 015)
Sortie : 1956 
A1 : Graine de violence (du film) "Rock Around The Clock" - par Peter ALLEN (M.C. Freedman - Jimmy De Knight)
A2 : La danse du baiser - par Les BLUE STARS (B. Michel - E. Barclay - M. Legrand): cf. single n°6
B1 : Amour, castagnettes et tango "Hernando’s Hideaway" - par Peter ALLEN (Richard Adler- Jerry Ross)
B2 : Avec ces yeux-là - par Les BLUE STARS (Charles Aznavour - E. Barclay - Legrand) : cf. single n°7

Radio « Jeux d’orchestre » du 18 mars 1956 (enregistrée le 15/03/56)
Version du 45T ou enregistrement spécial pour l’émission ? 
« Avec ces yeux-là » : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand

45T single « Mambo Italiano / Tout bas» Mercury ‎(70808X45) (US, 1956)

33T LP «  Octuor » Barclay (80 004)
Sortie : certainement 1955 (80 002 et 80 003 sortis en 1955)
A1 : Légende du Pays Aux Oiseaux
A2 : Embrasse-moi Bien
A3 : Lettre à Virginie
A4 : Toute ma Joie
B1 : Les lavandières du Portugal
B2 : Tout bas
B3 : La danse du baiser
B4 : Mambo Italiano
Compilation avec  les quatre titres de l’EP n°1, un titre du single n°3 (Tout bas), 2 titres du single n°4 (Lavandières / Mambo Italiano) et un titre du single n°6 (La danse du baiser)
(et pressage espagnol 45T Columbia (BCGE 28 044) avec Embrasse moi bien/Virginie/Tout bas/Lavandières)


Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


La photo de ce line-up figure sur la pochette du 45T anglais Felsted ESD 3033 (sorti en octobre 1956), disque qui a visiblement bel et bien été enregistré par ce line-up. Elle figure aussi sur le 33T américain Pardon my english (sorti apparemment aux Etats-Unis en 1958 chez Mercury et en France en 1959 chez Barclay), mais pour ce disque il demeure un doute sur le line-up qui a effectué l'enregistrement. Il s'agirait vraisemblablement du line-up n°5 (1958).

Blossom Dearie quitte les Blue Stars pour rentrer aux Etats-Unis, mais garde contact avec le groupe (Jean Mercadier compose "Tout doucement" pour les Blue Stars, que Blossom Dearie enregistre ensuite en solo) et continue d'écrire des arrangements.
Le couple Jean Mercadier - Nadine Young dirige désormais le groupe.

Repérée par Jean Mercadier au Chalet du Lac (Vincennes) dont elle est la chanteuse de l'orchestre de jazz, Claudine Meunier remplace Christiane Legrand en 1ère soprano. Savoir différencier leurs timbres de voix permet de distinguer la transition entre le line-up n°1 et le 2.


Radio « Jazz aux Champs-Elysées : Emission spéciale Palais de Chaillot» du 22 mai 1956
Chant en direct « Cherokee » et « Avec ces yeux-là »: groupe vocal mixte dont Claudine Meunier (soliste)
Piano : Raymond Fol / Batterie : Mac Kac / Contrebasse : Pierre Michelot

45T EP « N°3 : Alors raconte » Barclay (70 026)
Sortie : 1956 
A1 : Alors…raconte ! (Gilbert Bécaud - J. Broussolle): Bob Martin (soliste crédité) et groupe vocal mixte
A2 : Aime-moi (M. Vidalin - J. Datin) : Nadine Young ? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : J’apprendrai (B. Michel - Gene de Paul) : Nadine Young (soliste créditée) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Cha-cha-cha de Bahia (E. Marnay - Enrique Jorrin) : groupe vocal mixte
Arrangements: Blossom Dearie (A2) et Christian Chevallier (B2) / Orchestre: Eddie Barclay (A1) et Jean Mercadier (B1).
La photo recto est la même que celle des EP 1 & 2 (Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin), mais il s’agit à l’oreille du line-up n°2.
Remarque : la voix de Nadine Young est très proche de celle que prend Janine de Waleyne dans le medium/grave.

45T « N°4 : Jumping at the woodside » (70 027)
Sortie : 1er semestre 1956
A1 : Jumpin at the woodside (Count Basie) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : C‘est la vie (Wolfson - White) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Broadway at Basin street (Al Frisch - Sid Wayne) : Claudine Meunier (vocalise solo) et groupe vocal mixte
B2 : Grapevine (Abner Silver / Roy Alfred) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Direction d‘orchestre : Blossom Dearie
(Et 45T anglais Felsted ESD 3033 sorti en octobre 56, avec « Cherokee » à la place de « C’est la vie », photo recto : même séance photo que « Pardon my english »)
La photo recto est la même que celle des EP 1 & 2 (Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin), mais il s’agit à l’oreille du line-up n°2

33T « The Blue Stars » Felsted ‎– SDL 86046
Pays : Royaume-Uni
A1 : Broadway At Basin Street
A2 : C'est La Vie
A3 : Jumpin' At The Woodside
A4 : Grapevine
A5 : All At Once
B1 : Lullaby Of Birdland
B2 : Cherokee : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B3 : Speak Low
B4 : Gina
B5 : The Portuguese Washerwomen
Cette compilation anglaise comprend un titre du 45T n°1 (Lullaby of Birdland), deux titres du 45T n°2 (All at once (Déjà), Les Lavandières du Portugal), les 4 titres du 45T n°4, 2 titres de singles (Gina, Tout bas), et un inédit en France (Cherokee).

45T single «  The Kissing Dance / Broadway at Basin Street » Mercury ‎(70877X45)
Pays: US / Sortie: 08 mai 1956
45T single « Jumpin' At The Woodside / Amour, castagnettes et tango» Mercury ‎(70924x45)
Pays: US / Sortie: 16 juillet 1956


En quittant les Blue Stars, Christian Chevallier crée son propre groupe vocal, Les Angels, avec notamment deux anciennes Blue Stars, Christiane Legrand et Janine de Waleyne. Ces dernières intègrent également à la même période Les Fontana, créés par Michel Legrand (frère de Christiane).


Line-up n°3 (courant 1956-mi-décembre 1956): Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


Chanteur et trombone dans l'orchestre de Jacques Hélian, Henri Tallourd remplace Christian Chevallier. 

Roger Guérin est remplacé par un autre trompettiste, Jean Liesse.


Emission TV « Télé-chansons » pour Télé-Luxembourg en 1956
Chant en direct ou playback spécialement enregistré pour l’émission.
« La Légende du pays aux oiseaux »
Claudine Meunier (soliste au son et à l'image), Nadine Young, Stevie Wise, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse + Rythmique

Emission TV « Trente-six chansons » du 16 décembre 1956
Chant en direct.
« Avec ces yeux-là » 
Claudine Meunier, Nadine Young, Stevie Wise, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse + Orchestre


Des enregistrements studio ont certainement été faits avec ce line-up mais il est difficile de délimiter les line-ups n°2 et 3 (il y a au moins quatre line-up qui se suivent pendant l’année 1956). 

La chanteuse de jazz canadienne Stevie Wise (de son vrai prénom Stephanie) quitte le groupe. En juillet 1958, elle arrête le métier après s'être remariée avec un membre de la haute-noblesse britannique, William Francis Hare, Comte de Listowel.


Line-up n°4 (mi-décembre 1956-1957): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


Chanteuse et pianiste de jazz, Mimi Perrin remplace Stevie Wise.


Emission TV « Sept villes, une chanson » du 21 décembre 1956
Chant en playback.
« Il est là »
Claudine Meunier, Nadine Young, Mimi Perrin, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse 

45T EP «N°5 : Tout doucement » Barclay (70 087)
Sortie : 1957 
A1 : Tout doucement (René Clausier - Jean Mercadier) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Fado (M. Vendôme - H. Decker) : Nadine Young ? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : On s’en va sous la pluie (D. Lapeyrère - J.P. Michel) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Les âmes fières (du film "The Proud One") (Lionel Newman - J. Plante) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre: Jacques Brienne
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Tallourd, Liesse, Mercadier

45T single n°8 « L’homme à la moto / La corrida » Barclay ‎(60 056)
1957
A : L’homme à la moto :  Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte
B : La corrida : Claudine Meunier (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Eddie Barclay
Arrangements: Jo Boyer.
La moto entendue dans « L’homme à la moto » est la Vespa du mari de Claudine (André Meunier). 
Après la séance, Eddie Barclay a invité tout le groupe dans son resto préféré, rue Marboeuf, où chacun a été servi d’une large portion de caviar.

45T single n°9 « Place Blanche / Quand je monte chez toi » Barclay (60 083)
1957
A : Place Blanche : cf. EP n°6
B : Quand je monte chez toi : cf. EP n°6

45T single n°10 « En écoutant mon cœur chanter / C’mot là » Barclay ‎(60 087)
1957
A : En écoutant mon cœur chanter : cf. EP n°6
B : C’mot là : cf. EP n°6

45T EP « N°6 : Place Blanche » Barclay (70 100)
Sortie : 1957 
A1 : Place Blanche (Boris Vian - Henri Salvador) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Quand je monte chez toi (Jean Broussolle - Henri Salvador) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : C’mot là (H. Roberts - Jean Constantin) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : En écoutant mon cœur chanter (Jamblan - Herpin) : Jean Mercadier ? et Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte 
Chef d’orchestre : Raymond Lefèvre / Arrangements : Jean Mercadier
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Tallourd, Liesse, Mercadier

33T LP « The Blue Stars » Barclay ‎– 80076
Sortie: 1957
A1 : Quand Je Monte Chez Toi
A2 : Place Blanche
A3 : C'mot-la (Small Talk)
A4 : En Ecoutant Mon Coeur Chanter (All Of A Sudden)
B1 : On S'en Va Sous La Pluie
B2 : Les Ames Fieres (Du Film 'Le Sherif')
B3 : Fado
B4 : Tout Doucement
Ce 33T reprend intégralement les 45T « Tout doucement » (70087) et « Place Blanche » (70100)
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Liesse, frère de Liesse, Mercadier


Line-up n°5 (1958): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / frère de Jean Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse


Nadine Young (de son vrai nom Jongen), enceinte, est remplacée par Rita Castel (de son vrai nom Castellano, pianiste et chanteuse). Il se peut qu'elle soit ponctuellement revenue dans le groupe au cours de l'année.


Emission TV « Trente-six chansons » du 9 février 1958
« Summertime / C’est l’été » (Gershwin / adapt. René Rouzaud) (jamais enregistré en disque)
Chant en direct.
Claudine Meunier (soliste), Rita Castel, Mimi Perrin, frère de Jean Liesse, Jean Mercadier (soliste), Jean Liesse + Orchestre

33T LP « Pardon My English » Mercury ‎MG 20329 (US, 1958) et Mercury 7182 (France, 1959)
Sortie: 1958 
A1 : I'll Remember April (Raye, DePaul, Johnston) 2:18 : Nadine Young (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : A Smooth One (Goodman, Royal) 2:18 : Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A3 : (All Of A Sudden) My Heart Sings (Rome, Herpin, Jamblan) 2:30: Jean Mercadier ?? et Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte 
A4 : Small Talk (Morgan, Roberts) 2:33 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A5 : I'm Lost Without You Tonight (Daniels, Greene) 2:49  : Claudine Meunier (soliste) et groupe vocal mixte
A6 : Move (Best, Walsh) 1:53 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Did You Close Your Eyes (Merrill) 2:25 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Bernie's Tune (Miller) 2:25 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B3 : Don't Be That Way (B. Goodman, Sampson, Parish) 2:37: groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B4 : Please Be Kind (Kahn, Chaplin)3:33 : Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte 
B5 : Stardust (Carmichael, Parish) 2:43: Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte 
B6 : Promises And Lies (Stock, Powell) 3:10: Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte 
Remarques : 
-« My heart sings » et « Small Talk » ont en parallèle été chantés en français dans l’EP n°6.
-Indication au verso : enregistrement en rerecording « quatre chanteurs deviennent huit chanteurs », or les Blue Stars étaient 6 ou 8 mais pas 4.
-Il est difficile de dater l’enregistrement, le disque est sorti en 1958 aux Etats-Unis (et en 1959 en France) mais la pochette représente au recto le line-up n°2 de 1956 (Nadine, Claudine, Stevie, Christian, Jean et Roger) et d’après un CD, il a été enregistré en 57 (line-up n°4)
-Au verso du 33T français, pub pour l’EP n°6 et le 33T 80076


En juin 1958, concert des Blue Stars avec Frank Sinatra au bal de la Croix-Rouge de Monte-Carlo. L’orchestre devait être dirigé par Eddie Barclay, mais à la demande de Frank Sinatra c’est Quincy Jones (qui travaillait à l'époque à Paris pour Eddie Barclay) qui assure la direction.

Suite à quelques tensions dans le groupe, les Blue Stars sont dissous, vraisemblablement en décembre 1958 ou début 1959.

Mimi Perrin, Claudine Meunier et Rita Castel se retrouvent dans la plupart des groupes vocaux créés à cette époque, et Mimi crée Les Double Six.



ACCOMPAGNEMENT DE CHANTEURS


Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin

Radio « Jeux d’orchestre » du 29 janvier 1956 (enregistrée le 23)
Enregistrement du générique: groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Chef d'orchestre: Michel Legrand

45T EP Dario Moreno ‎& Les Blue Stars « N°5 : Le grand tour de l'amour » Philips ‎(432.057 NE)
Sortie: 1956
A1 : Le Grand Tour De L'amour (Alteman, F. Bonifay, Reid) : Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Corps A Corps (M. Veldi, P. Liberal) : Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : L’étranger Au Paradis (Stranger In Paradise) (F. Blanche, G. Forrest, R. Wright) : Dario Moreno (soliste), Christiane Legrand (vocalise solo) et groupe vocal mixte
B2 : La Fête Brésilienne du film « Samba Fantastique » (E. Marnay, J. Manzon, J. Toledo, L. Autuori): Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Michel Legrand
(45T single 372.312 « Le grand tour de l’amour / Corps à corps » et 372.313 « L’étranger au paradis / La fête brésilienne »)

45T EP Jacqueline François & Les Blue Stars « N°5 : Je t’aime encore plus » Philips ‎(432.082 NE)
Sortie: 1956
A1 : Je t’aime encore plus (A. Mickey) : Jacqueline François (soliste) et peut-être un groupe vocal d’hommes à un moment
A2 : Le Ciel (Varel & Bailly) : Jacqueline François (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B1 : La Jeunesse (H. Giraud, J. Drejac) : Jacqueline François (soliste) et re-recording
B2 : Accusée, levez-vous (Ch. Aznavour, P. Dorsay) : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Michel Legrand

45T EP Francis Lemarque & Les Blue Stars «N°3 : Paris se regarde » Fontana (460.506 ME)
Sortie: Juin 1956
A1 : Paris se segarde : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Le Chemineau : Pas de choeurs
B1 : Seul un homme peut faire ça : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B2 : Le Petit Môme : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Michel Legrand

Emission TV « La joie de vivre » du 3 avril 1956
Chant en direct.
« Samba fantastique » en accompagnement de Jacqueline François.
A priori 3 femmes (Christiane Legrand, Nadine Young, Janine de Waleyne) et 2 ou 3 hommes (dont Christian Chevallier)


Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


45T single Tino Rossi & Les Blue Stars « Amoureux / Gervaise » Columbia SCVF 1043
Sortie du film : septembre 1956
A : Amoureux (R. Desbois, Tito Fuggi) : Tino Rossi (soliste) et groupe vocal mixte
B : Gervaise (R. Queneau, G. Auric) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Pierre Spiers


Line-up n°3 (courant 1956-mi-décembre 1956): Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
&
Line-up n°4 (mi-décembre 1956-1957): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


45T EP Eddie Constantine & Les Blue Stars « N°13 : Cigarettes, whisky et p’tites pépées » Barclay (70 072)
Sortie : mai 1957 
A1 : Cigarettes, whisky et p’tites pépées (du film) "Cigarettes, Whisky And Wild, Wild Women" (J. Soumet - F. Llenas - Tim Spencer) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier et Mimi Perrin
A2 : Mon bon vieux phono (F. Bonifay - J. Bourdeaux - J. Claudric) : Pas de choeurs
B1 : Laisse tomber (B. Michel - E. Barclay - R. Le Sénéchal) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Le grand bluff (du film) (Moustache - M. Legrand) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre: Raymond Lefèvre 

45T EP Renée Lebas & Les Blue Stars « S’aimer d’amour » Barclay (70 075)
Sortie : 1957 
A1 : S’aimer d’amour (E. Marnay - E. Stern) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Les fleurs et l’amour (F. Lemarque - D. Modugno) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont certainement Mimi Perrin
B1 : Giovinella (E. Marnay - Leo Poll) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Les lilas blancs (E. Marnay - F. Doelle) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Wal-Berg 
(et single 60078  « Giovinella / Les fleurs et l’amour » 1957)

45T single Eddie Constantine & Les Blue Stars « Quand les hommes vivront d’amour / Hop digui-di » Barclay 60 067
1957
A : Quand les hommes vivront d’amour : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
B : Hop digui-di : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Raymond Lefèvre

45T EP Eddie Constantine & Les Blue Stars « Ronde, ronde » Barclay (70 095)
Sortie : 1957
A1 : Ronde ronde : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Pour garder le tempo : Pas de choeurs
B1 : Mon amour : Pas de choeurs
B2 : Le tendre piège: Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Raymond Lefèvre 

45T EP Manou Roblin & Les Blue Stars « N°2 : Chants de Noël » Barclay (70 106)
Sortie : 1957 
A1 : La valse de Noël (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte 
A2 : Quel beau Noël (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : C’est Noël, joie du ciel (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Pour mon Noël (Georges Liferman) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre: Didier Boland 

45T EP Jacqueline Néro & Les Blue Stars « N°4 : Le jour où la pluie viendra » Barclay ‎(70 128)
Sortie: 1957
A1 : Le jour où la pluie viendra : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
A2 : J'en appelle: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
B1 : A fleur de peau: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
B2 : Les mains des gens: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
Chef d’orchestre: Jean Mercadier

45T EP Jimmy Walter et son Orchestre & Les Blue Stars « Cha Cha Cha de Paris » Barclay (72 038)
1957
A1 : La Mère Michel : groupe vocal mixte
A2 : Fascination : groupe vocal mixte
B1 : A la Martinique: groupe vocal mixte dont Mimi Perrin
B2 : La Java: Pas de choeurs
Et pressage anglais Felsted ESD 3039 en novembre 56.

45T EP Betty Reilly & Les Blue Stars ‎ « Rain, Rain, Rain » Vega ‎– V 45 P 1572
Sortie: 1957
A1 : Rain, Rain, Rain (J. Mc. Conologue) : Betty Reilly (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Tierra va tembla (M. Merceron) : Betty Reilly (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Je vous aime (Henri Salvador) : Pas de choeurs
B2 : Et je t'Aime comme ça (C. Aznavour, J. Davis) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Jacques David

45T EP Eddy Marnay & Les Blue Stars « Giovinella » Vega V 45 P 1811
1957
A1 : Giovinella : Eddy Marnay (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Capitaine d’Aquitaine : Eddy Marnay (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : La fontaine endormie : Pas de choeurs
B2 : Les deux tourterelles : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Wal-Berg (A1, A2, B1) et Raymond Lefèvre (B1)

45T EP André Dassary & Les Blue Stars « Bambino » Véga (V 45 P 1814)
Sortie : 1957 
A1 : Bambino (G.Fanciulli - Jacques Larue) : André Dassary et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Pour ton retour (G.Hourdeaux -Fernand Bonifay - Washington - St lewis) : Pas de choeurs
B1 : Sa jeunesse (Charles Aznavour) : Pas de choeurs
B2 : Des pays merveilleux (Cl.Valéry - Raymond Asso) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Hubert Rostaing

45T EP Bachir Touré ‎& Les Blue Stars « Day o ! » Vega ‎– V 45 P 1852, Vega ‎– 45 BVG 1721
Sortie: 1957
A1 : Day O !! (E.Darling - B.Carey - A.Arkin) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Oh Choucoun (A.Arkin - E.Darling - J.Airel) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Tam Tam Télé (G.de Crance - Richemont) : Pas de choeurs
B2 : Le Puparu (Le Bonhomme aux Marionnettes) (D.Modungo - J.Larue) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Jerry Mengo 

45T EP Michelle Verneuil ‎& Les Blue Stars « Marianne » Vega ‎– V 45 P 1863
Sortie: 1957
A1 : Marianne (Dehr, Gilkyson, Jacques Larue, Miller) : Michelle Verneuil (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin et Claudine Meunier
A2 : Buenas Noches Mi Amor (Hubert Giraud, Marc Fontenoy) : Pas de choeurs
B1 : Day O ! (A. Arkin, B. Carey, E. Darling) : Michelle Verneuil (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin et Claudine Meunier
B2 : Demain "Un Filo Di Speranza" (André Salvet, Hubert Ithier, Saverio Seracini) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Jerry Mengo 

45T EP Georges Ulmer et Élise Vallée ‎ & Les Blue Stars « Quelle Soirée ! » Vega ‎– V 45 P 1867
Sortie: 1957
A1 : Sois Pas Cruelle (Don't Be Cruel) : Georges Ulmer (soliste) et groupe vocal d’hommes
A2 : Méfie-Toi Des Filles : Georges Ulmer (soliste) et Moustache (soliste) et peut-être d’autres hommes
B1 : Quelle Soirée ! : Georges Ulmer (soliste), Elise Vallée (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Per-Sonne : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Raymond Le Pers (A1), Moustache (A2), Hubert Rostaing (B1, B2)

45T EP Loris Velli & Les Blue Stars « Soudain une vallée » Ducretet-Thomson 460 V 359
Sortie: 1958
A1 : Soudain une vallée : Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte dont certainement Christiane Legrand (!)
A2 : Escale: Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Les sept merveilles du monde : Loris Velli (soliste), Claudine Meunier ou Janine de Waleyne ?? (soprano soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Au coin du feu: Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier et peut-être Christiane Legrand
Chef d’orchestre : Jerry Mengo

45T EP Lys Assia & Les Blue Stars « Histoire d’un amour » Ducretet Thomson ‎– 460 V 370
Sortie: 1957
A1 : Histoire d'un amour : Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : L'Enfant que j'Étais: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Buenas Noches Mi Amor: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Scusami: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Jerry Mengo


Line-up n°5 (1958): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / frère de Jean Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse


45T EP Jeff Lawrence & Les Blue Stars « Un Petit Enfant » Vega ‎– V 45 P 1885
Sortie: 1958
A1 : Un petit enfant : Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin
A2 : C'est toi, toujours toi: Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal de femmes
B1 : Malheur aux Don Juan: Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal de femmes
B2 : Je vous retrouveral : Pas de choeurs
Track A1: Grand Prix du Disque de Bonheur 1958
Chef d’orchestre : Raymond Le Pers

45T EP Jeff Lawrence & Les Blue Stars « Le tendre piège » Vega V 45 P 1886
Sortie: 1958
A1 : Le tendre piège : Pas de choeurs
A2 : Si j’t’avais pas : Pas de choeurs
B1 : Amour, jeune amour : Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : La chanson de Lima : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Raymond Le Pers (A1, B1) et Philippe-Gérard (A2, B2)

45T EP Torre Bruno & Les Blue Stars « Mille fois merci » Ducretet-Thomson 460 V 385
Sortie: 1958
A1 : Mille fois merci : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Parigi Roma : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Gwendolina : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Refrain tyrolien: Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Jerry Mengo

45T EP Claude Piron & Les Blue Stars « Viens » Ducretet-Thomson (460 V 429)
Sortie : septembre 1958 
A1 : Viens ("When") (P. Evans - Reardon / A. Salvet) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Le docteur Miracle ("Witch Doctor") (Ross Bagdassarain / H. Ithier) : Claude Piron (soliste) et voix trafiquée
B1 : Hé ! Youla (A. North - G. Aber) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal d’hommes ou mixte
B2 : D’où reviens-tu, Billie Boy ? (R. Scott / Boris Vian) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Jany Guiraud 

45T EP Jacqueline Néro & Les Blue Stars « N°5 : Ouragan » Barclay ‎(70 167)
Sortie: 1958
A1 : Ouragan : Pas de choeurs
A2 : Un Amour Dans La Ville : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Le Mur (G. Bécaud, M. Vidalin) : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Je ne sais pas pourquoi (Jacques Brel) : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Mario Bua

45T EP Bob Martin & Les Blue Stars « Noël » Barclay (70 195)
Sortie : décembre 1958 
A1 : Jour de l’an : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Belle nuit, sainte nuit : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Il est né le divin enfant : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Minuit, chrétiens: Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Gérard Levecque
Photo de couverture : Liesse (ou Jacques Denjean ?) et frère, Mercadier, Claudine, Mimi, Rita Castel

Pour écouter "Les Blue Stars":

Mon "top 5" personnel, dans différents styles:
L'homme à la moto: https://www.youtube.com/watch?v=qBnutF4ZItE

La plupart des titres peuvent être téléchargés ou écoutés sur toutes les plateformes de téléchargement légal et de streaming comme Qobuz, Deezer, etc.:

Les titres "All at once (Déjà)" et "Cherokee" peuvent être écoutés sur cet album mais ne sont provisoirement plus disponibles en téléchargement: https://www.deezer.com/fr/album/7356593

La version studio de "Avec ces yeux-là" n'a jamais été numérisée.

"Les Blue Stars" sur Dans l'ombre des studios :

Interview de Claudine Meunier:
http://danslombredesstudios.blogspot.com/2014/04/joyeux-anniversaire-claudine-meunier.html

Interview radiophonique de Claudine Meunier, Jean-Claude Briodin et moi-même ("Etonnez-moi Benoît" par Benoît Duteurtre, France Musique, enregistrement le 6/03/2020):
https://www.francemusique.fr/emissions/etonnez-moi-benoit/groupes-vocaux-francais-d-hier-et-d-aujourd-hui-avec-remi-caremel-claudine-meunier-jean-claude-briodin-81374

Autres lectures conseillées:

Vocal jazz groups, scat & vocalese
 (Eric Fardet, éditions Connaissances et Savoir, 2018)

Les arrangeurs de la chanson française
 (Serge Elhaïk, éditions Textuel, 2018)


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dimanche 8 novembre 2020

Discographie Les Double Six / The Double Six of Paris (1959-1966)

Suite aux très nombreuses erreurs, imprécisions, etc. que l‘on trouve sur internet à propos des groupes vocaux français, j’ai le plaisir de vous proposer sur « Dans l’ombre des studios » des discographies détaillées de plusieurs de ces groupes.

Je les ai faites à partir d’une écoute attentive de disques et archives radiophoniques (ayant acquis depuis quelques années une connaissance de ces chanteurs de groupes vocaux qui me permet d'identifier leurs voix, même au sein d'un "son de groupe"), d’un visionnage des archives télévisées (permettant de dater avec plus de précision les sorties de disques mais aussi les changements de chanteurs), des discographies préétablies par les sites Encyclopédisque et Discogs, de mes entretiens et séances d’écoutes avec les chanteurs et leurs proches, et des entretiens réalisés avant moi par mes confrères Serge Elhaïk, Jean Letellier et Eric Fardet.

Bien que quasi-exhaustives, ces discographies évolueront au fil du temps, au gré de nouvelles « découvertes ».

Aujourd’hui : Les Double Six (ou The Double Six of Paris).



Discographie des Double Six établie par Rémi Carémel.
Remerciements à Claudine Meunier, Hélène Pedersen-Devos, Monique Aldebert, Anne Germain, Jean-Claude Briodin, Bob Smart, Isabelle Perrin, Serge Elhaïk (entretiens avec Christian Chevallier et Jacques Denjean), Eric Fardet (entretiens avec Ward Swingle, Mimi Perrin et Christiane Legrand), Jean Letellier et aux contributeurs des sites Encyclopédisque et Discogs.

Supervision : Mimi Perrin
Style : Style vocalese, c’est-à-dire transcriptions jazz pour voix (Cf. Vocal jazz groups, scat et vocalese, Eric Fardet), technique partagée avec le trio vocal américain Lambert, Hendricks & Ross. Les paroles sont écrites par Mimi Perrin.
(Exception : l’album The Double Six sing Ray Charles dont les titres existaient déjà pour la plupart sous la forme de chansons)
Chefs d’orchestre : Christian Chevallier sur certains titres (source : S. Elhaïk)
Arrangeurs : Arrangements de big bands relevés par Quincy Jones, Mimi Perrin et Christian Chevallier (« Boplicity » et « Fascinating Rhythm », source : S. Elhaïk). Arrangements créés spécialement pour le groupe par Lalo Schifrin (album Dizzy Gillespie), Billy Byers & Melba Liston (album Ray Charles) et Jean-Pierre Landreau (titres "Blue Moon" et "My funny Valentine" chantés lors de concerts).
Pour les concerts, les membres du groupe faisaient leurs propres réductions (pas de re-recording, donc moins de voix).
Effectif : 6 (3F+3H ou 2F+4H) ou 7 (3F+4H) chanteurs + Rythmique ou orchestre.
Chanteurs solistes : tous les membres du groupe et quelques guests (Dizzy Gillespie)
Chanteurs :
Line-up n°1 (fin 1959) : Monique Aldebert, Mimi Perrin / Jean-Louis Conrozier, Louis Aldebert, Ward Swingle, Roger Guérin
Line-up n°2 (début 1960) : Christiane Legrand, Mimi Perrin / Claude Germain, Ward Swingle, Jacques Denjean, Jean-Claude Briodin
Line-up n°3 (fin 1960-c. août 1961) : Monique Aldebert, Mimi Perrin / Eddy Louiss, Claude Germain, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin
Line-up n°4 (fin 1961-1962): Claudine Meunier, Mimi Perrin / Eddy Louiss, Claude Germain, Ward Swingle, Jean-Claude Briodin
Line-up n°5 (1963) : Claudine Meunier, Christiane Legrand, Mimi Perrin / Bob Smart, Eddy Louiss, Ward Swingle, Jean-Claude Briodin
Line-up n°6 (1964-juin 1965) : Claudine Meunier, Monique Aldebert, Mimi Perrin / Bob Smart, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin
Line-up n°7 dit « Les Nouveaux Double Six » (automne 1965-1966) : Hélène Devos, Anne Vassiliu, Mimi Perrin / Bernard Lubat, Jef Gilson, Gaëtan Dupenher

Groupe créé par Mimi Perrin, constitué de choristes et musiciens (de jazz et studio) sachant chanter. La plupart d'entre eux ont précédemment fait partie des Blue Stars of France (1954-1959) et/ou des Angels (1956-1959) et/ou des Fontana (1956-1959).

Le nom de « Double Six » signifie six chanteurs enregistrant en re-recording afin de reproduire les douze instruments (hors rythmique) d’un big-band.

A propos de re-recording, la prise de son (sur du deux, puis trois pistes) relevait à l'époque de l'exploit technique. Jean-Michel Pou-Dubois fut l'ingénieur du son principal du groupe. Yves Chamberland y a également contribué (en créant une console trois pistes), et Claude Battistini-Ermelin a participé au montage de plusieurs séances.

Le premier album est consacré aux compositions de Quincy Jones, qui vivait et travaillait à Paris à l’époque.

Claudine Meunier est créditée sous son nom de jeune fille (Claudine Barge), alors qu'elle était déjà mariée et qu'elle utilisait son nom d'épouse depuis quelques années. 
Monique Aldebert porte au début du groupe le nom de son précédent mari (Guérin).

Le groupe n’a pas vocation à accompagner des chanteurs de variétés, néanmoins pour des Olympia ils chantent le répertoire des Double Six en première partie, puis accompagnent ensuite la vedette (Richard Anthony, etc.) comme choristes.

Nomination aux Grammy Awards de 1964 pour l’album The Double Six sing Ray Charles (catégorie : best performance by a vocal group). Prix Revue Down Beat 1965 et 1966.

Les Double Six: Boplicity (line-up n°2, 1960)



Note importante pour toutes les discographies "Dans l'ombre des studios" de groupes vocaux: 
-Cette discographie mélange discographie traditionnelle et liste des émissions de télévision et de radio. Elle suit un ordre chronologique.
-Des événements importants pour le groupe sont mentionnés en gras et en italique.
-La discographie est chronologiquement découpée en plusieurs parties correspondant aux changements de chanteurs dans le groupe. Un "line-up" est une composition d'équipe: quand un membre du line-up n°2 quitte le groupe, le line-up n°3 commence à l'arrivée de son remplaçant.
-Je pourrais me contenter d'indiquer pour chaque morceau les solistes, mais comme certains (rares) morceaux sont chantés uniquement par une ou des solistes sans les autres membres du groupe, je précise "et groupe vocal" quand les autres membres du groupe sont présents (c'est à dire quasiment tout le temps). 
Le "groupe vocal" est en principe constitué, sauf mention contraire, de tous les membres du line-up en cours ("groupe vocal mixte"), ou de ses éléments féminins ou masculins.


Line-up n°1 (fin 1959) : Monique Aldebert, Mimi Perrin / Jean-Louis Conrozier, Louis Aldebert, Ward Swingle, Roger Guérin


33T LP « Les Double Six meet Quincy Jones » : 1ère séance (fin 1959)
-Evening in Paris / Il y a fort longtemps (Quincy Jones) : Mimi Perrin (soliste), Jean-Louis Conrozier (soliste, d’après solo de sax ténor de Zoot Sims), Monique Aldebert (soliste, d’après solo de trompette d’Art Farmer) et groupe vocal mixte
-Count’em / T’as foutu l’camp (Quincy Jones) : Monique Aldebert (soliste, d’après solo de trompette de Bengt-Arne Wallin) et groupe vocal mixte
-Walkin’ / Un tour au bois (Richard Carpenter) : Roger Guerin (soliste, d’après solo de contrebasse de Paul Chambers), Monique Aldebert (soliste, d’après solo de trompette d’Art Farmer), Louis Aldebert (soliste, d’après solo de sax ténor de Lucky Thompson), Ward Swingle (soliste, d’après solo de trombone de Urbie Green et Frank Reak), Jean-Louis Conrozier (soliste, d’après solo de trombone de Jimmy Cleveland), Mimi Perrin & Jean-Louis Conrozier (solistes, d’après solo des Trombone Fours), Mimi Perrin (soliste, basée sur le solo de sax alto de Phil Woods) et groupe vocal mixte
Art Simmons (p) / Pierre Michelot (b) / Kenny Clarke (dms)
« Evening in Paris » et « Count’em » resteront inédits jusqu’à la sortie du 33T.
« Walkin’ » restera inédit jusqu’à la sortie du CD.



Line-up n°2 (début 1960) : Christiane Legrand, Mimi Perrin / Claude Germain, Ward Swingle, Jacques Denjean, Jean-Claude Briodin


Jean-Louis Conrozier a quitté le groupe pour faire son service militaire.


33T LP « Les Double Six meet Quincy Jones » : 2ème séance (début 1960)
-Stockholm Sweetnin’ / Un coin merveilleux (Quincy Jones) : Christiane Legrand (soliste, d’après solo trompette d’Art Farmer), Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax alto de Phil Woods) et groupe vocal mixte
-Boo’s Bloos / Au temps des indiens (Quincy Jones) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax alto de Phil Woods, trombone Henry Coker, contrebasse Charlie Mingus), Christiane Legrand (soliste, d’après solo flûte de Herbie Mann et trompette solo d’Art Farmer), Jean-Louis Conrozier (soliste, d’après sax ténor solo de Lucky Thompson) et groupe vocal mixte
-Doodlin’ / Tout en dodelinant (Horace Silver) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo trompette de Benny Bailey) et groupe vocal mixte
Art Simmons (p) / Michel Gaudry (b) / Christian Garros (dms)
Jean-Louis Conrozier avait quitté le groupe, mais d’après la pochette du CD, c’est lui qui faisait le solo dans « Boo’s Bloos ».
D'après Jean-Claude Briodin, les enregistrements ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste).


Dans l’émission de radio « Vive le jazz » du 16 avril 1960 (enregistrée le 3 avril 1960), diffusion des enregistrements studio d’ « Un coin merveilleux » et « Dodelinant ». Le groupe n’a pas encore de nom, le journaliste interviewant Mimi Perrin propose aux auditeurs d’envoyer leurs suggestions.


33T LP « Les Double Six meet Quincy Jones » : 3ème séance (début 1960)
-For Lena and Lennie / En flânant dans Paris (Quincy Jones) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo trompette de Jo Newman) et groupe vocal mixte
-Rat Race / La course au rat (Quincy Jones) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax tenor de Billy Mitchell) et groupe vocal mixte
-Meet Benny Bailey / Au bout du fil (Quincy Jones) : Christiane Legrand (soliste, d’après solo flûte de Frank Wess), Mimi Perrin (soliste, d’après solo trombone de Henry Coker) et groupe vocal mixte
Art Simmons (p) / Michel Gaudry (b) / Daniel Humair (dms) / Elek Bacsik (g)
D'après Jean-Claude Briodin, les enregistrements ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste).


De juillet à septembre 1960, diffusion radio des enregistrements studio « Lenna and Lennie », « Meet Benny Bailey », etc.


45T EP « The Double Six meet Quincy Jones » Columbia ‎– SEG 8088
Pays: Royaume-Uni
Sortie: 1960
A1 : Meet Benny Bailey (Au Bout Du Fil)
A2 : Rat Race (La Course Au Rat)
B : Doodelin' (Tout En Dodelinant)

33T LP « Les Double Six ‎ : Meet Quincy Jones » Columbia ‎– FPX 188
Sortie: 1960
A1 : For Lena (En Flânant Dans Paris)
A2 : Rat Race (La Course Au Rat)
A3 : Stockholm Sweetin' (Un Coin Merveilleux)
A4 : Boo's Bloos (Au Temps Des Indiens)
B1 : Doodlin' (Tout En Dodelinant)
B2 : Meet Benny Bailey (Au Bout Du Fil)
B3 : Evening In Paris (Il Y A Fort Longtemps)
B4 : Count'em (T'as F.... L'Camp)
Enregistré au Théâtre des Champs-Élysées
(Ce 33T regroupe les trois premières séances. Il manque uniquement le titre « Walkin’ ».)



Line-up n°3 (fin 1960-c. août 1961) : Monique Aldebert, Mimi Perrin / Eddy Louiss, Claude Germain, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin


33T LP « Les Double Six » : 1ère séance (fin 1960)
-Boplicity / La légende du troubadour (Cleo Henry) : Jean-Claude Briodin (soliste, d’après solo sax baryton de Gerry Mulligan) et Monique Aldebert (soliste, d’après solo trompette de Miles Davis) et groupe vocal mixte
-Fascinating rhythm / Le pas qui plaira (Gershwin) : Claude Germain (soliste, d’après trombone solo de Frank Rosolino), Eddy Louiss (soliste, d’après solo sax ténor de Bill Holman), Mimi Perrin & Louis Aldebert (solistes, d’après solo sax ténor de Bill Perkins) et groupe vocal mixte
René Urtreger (p) / Michel Gaudry (b) / Daniel Humair (dms)
Dans « Fascinating Rhythm », Monique Aldebert a des difficultés en studio sur certaines notes aigues. Mimi fait des essais avec son fils Gilles Perrin. C’est finalement Anne Germain, de passage au studio pour rejoindre son mari, qui enregistre les quelques notes problématiques. (Anecdote qui m'avait été racontée par Anne Germain, confirmée par Jean-Claude Briodin).
D'après Jean-Claude Briodin et Claudine Meunier, les enregistrements de ce disque ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste) et dans la maison de Jean-Michel Pou-Dubois (studio d'enregistrement construit sur plusieurs étages, vers Place d'Italie).

TV « A recording date » du 17 décembre 1960
Chant en direct.
« Meet Benny Bailey », « Boplicity » et « Rat Race ».
Chanteurs: Monique Aldebert (soliste « Meet Benny Bailey », « Boplicity »), Mimi Perrin (soliste « Rat Race »), Eddy Louiss (soliste « Meet Benny Bailey »), Claude Germain, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin (soliste « Boplicity »).
Georges Arvanitas (p) / Michel Gaudry (b) / Daniel Humair (dms)

33T LP « Les Double Six » : 2ème séance (fin 1960)
Early Autumn / Finalement l’automne est arrivé (Ralph Burns & Woody Herman) : Monique Aldebert (soliste, d’après solo trompette de Woody Herman), Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax ténor de Stan Getz) et groupe vocal mixte
Moanin’ / La complainte du bagnard (Bobby Timmons) : Monique Aldebert (soliste, d’après solo trompette de Clark Terry) et groupe vocal mixte
Georges Arvanitas (p) / Michel Gaudry (b) / Daniel Humair (dms)
Et Eddy Louiss au vibraphone sur « Early Autumn ».
D'après Jean-Claude Briodin et Claudine Meunier, les enregistrements de ce disque ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste) et dans la maison de Jean-Michel Pou-Dubois (studio d'enregistrement construit sur plusieurs étages, vers Place d'Italie).

45T EP « Les Double Six » Columbia / Pathé-Marconi (ESDF 1350)
Sortie : printemps 1961
A1 : Boplicity
A2 : Early autumn
B1 : Fascinating rhythm
B2 : Moanin’


D'après Jean-Claude Briodin, Jean-Pierre Landreau (pianiste et arrangeur au Lido, où Jean-Claude était saxophoniste) a écrit deux arrangements chantés en concerts par le line-up n°3 (période fin 1960-août 1961), mais jamais enregistrés en studio: "My funny Valentine" et "Blue Moon". Ce dernier a notamment été chanté en rappel à l'Olympia, où Les Double Six ont coupé l'herbe sous le pied de l'orchestre (qui s'apprêtait à faire une blague, comme c'était la tradition pour les dernières) en chantant ce morceau a cappella.
"Blue Moon" a également été chanté, avec d'autres titres (dont un "Evening in Paris" avec un superbe duo Eddy Louiss-Monique Adebert) pour une émission de télévision canadienne (enregistrement dans un studio, chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal), prestation superbe malgré une légère fausseté sur un contre-fa de Monique. 
Jean-Claude avait récupéré les bandes de cette émission (un playback avait été enregistré spécialement) et les avait confiées à la famille Perrin. On espère qu'une édition CD verra le jour.  


TV « Discorama » du 12 mai 1961
Chant en playback.
« Moanin »
Chanteurs à l’image : Monique Aldebert (soliste son+image), Mimi Perrin, Eddy Louiss (à confirmer, car quasi caché), Claude Germain, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin.
La pochette du 45T ESDF 1350 est présentée.

TV « Chansons d’été et de printemps » du 21 juin 1961
Chant en playback
« Rat race »
Chanteurs à l’image : Monique Aldebert, Mimi Perrin (soliste son+image), Eddy Louiss, Claude Germain, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin.
Et un batteur (pas de plan sur le visage).

TV « Musique en 819 lignes » du 24 août 1961
Chant en playback.
« Fascinating Rhythm / Le pas qui plaira »
Chanteurs à l’image : Monique Aldebert (soliste son+image), Mimi Perrin (soliste son+image), Eddy Louiss (soliste son+image), Claude Germain, Louis Aldebert (soliste son+image), Jean-Claude Briodin.


Concerts à Montréal (Théâtre de la Comédie-Canadienne) les 28 et 31 août 1961.


Line-up n°4 (fin 1961-1962): Claudine Meunier, Mimi Perrin / Eddy Louiss, Claude Germain, Ward Swingle, Jean-Claude Briodin


33T LP « Les Double Six » : 3ème séance (fin 1961)
-Tickle Toe / Le racket et les balles (Lester Young) : Eddy Louiss (soliste, d’après solo sax ténor de Frank Foster), Claudine Meunier (soliste, d’après solo trompette de Joe Newman) et groupe vocal mixte
-Sweets / Les quatre de l’opéra (Bill Russo) : Jean-Claude Briodin (soliste, d’après solo sax baryton de Jimmy Giuffre), Claude Germain (soliste, d’après solo trombone de Bob Enevoldsen), Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax alto de Bud Shank) et Eddy Louiss (soliste, d’après sax ténor de Bob Cooper)
-Naima (John Coltrane) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax ténor de John Coltrane et piano solo de Winton Kelly)
-A night in Tunisia / Le tapis volant (Frank Paparelli & Dizzy Gillespie) : Claude Germain (soliste, d’après solo trombone de J.J. Johnson) et groupe vocal mixte
Georges Arvanitas (p) / Michel Gaudry (b) / Daniel Humair (dms)
Et Paul Piguilhem (g) sur « Tickle Toe » et Jean-Pierre Drouet (bongos) sur « A night in Tunisia »
D'après Jean-Claude Briodin et Claudine Meunier, les enregistrements de ce disque ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste) et dans la maison de Jean-Michel Pou-Dubois (studio d'enregistrement construit sur plusieurs étages, vers Place d'Italie).

TV canadienne
« Quest » (CBC Television) du 31 décembre 1961
Avec le Wray Downes Trio. Contenu de l'émission inconnu.

33T LP « Les Double Six » : 4ème séance (début 1962)
-Westwood Walk / Histoire de Baryton (Gerry Mulligan) : Claudine Meunier (soliste, d’après trompette solo de Chet Baker), Jean-Claude Briodin (soliste, d’après solo sax baryton de Gerry Mulligan) et groupe vocal mixte
-A ballad / Une ballade : Ward Swingle (soliste, d’après solo sax baryton de Gerry Mulligan) et groupe vocal mixte
-Scrapple from the apple / A bâtons rompus (Charlie Parker) : Mimi Perrin (soliste, d’après solo sax alto de Charlie Parker) et Claudine Meunier (soliste, d’après solo trompette de Miles Davis)
Pierre Michelot (b) / Christian Garros (dms)
Et Georges Arvanitas (p) sur « Scapple from Apples »
D'après Jean-Claude Briodin et Claudine Meunier, les enregistrements de ce disque ont eu lieu dans un studio boulevard Berthier (appartenant à un musicien qui était peut-être organiste) et dans la maison de Jean-Michel Pou-Dubois (studio d'enregistrement construit sur plusieurs étages, vers Place d'Italie).

33T "Les Double Six" ‎Columbia ‎– SGXF 108
Sortie: 1962
A1 : Tickle-Toe (Le Racket Et Les Balles)
A2 : Early Autumn (Finalement L'automne Est Arrivé)
A3 : Sweets (Les Quatre De L'opéra)
A4 : Naima
A5 : Westwood Walk (Histoire De Baryton)
B1 : A Night In Tunisia (Le Tapis Volant)
B2 : A Ballad (Une Ballade)
B3 : Scrapple From The Apple (À Bâtons Rompus)
B4 : Boplicity (La Légende Du Troubadour)
B5 : Moanin' (La Complainte Du Bagnard)
B6 : Fascinating Rhythm (Le Pas Qui Plaira)
(Ce 33T regroupe les 4 séances précédemment citées)

TV « Discorama » du 20 mai 1962
Chant en playback.
« Moanin » (extrait) et « Tickle Toe »
Chanteurs à l’image : Claudine Meunier (soliste son + image « Tickle Toe »), Mimi Perrin, Eddy Louiss (soliste son + image « Tickle Toe »), Claude Germain, Ward Swingle, Jean-Claude Briodin
(« L’année dernière vous aviez un 45T et là un 33T ». Présentation du 33T SGXF 108)


Line-up n°5 (1963) : Claudine Meunier, Christiane Legrand, Mimi Perrin / Bob Smart, Eddy Louiss, Ward Swingle, Jean-Claude Briodin


Christiane Legrand réintègre le groupe pour ce disque, mais en tant que 2ème soprano. C'est la voix de Claudine Meunier, 1ère soprano, qu'on perçoit le plus notamment dans les ensembles de ce disque (la situation est assez rare, car Christiane Legrand avait l'habitude d'avoir le "lead"). 


33T LP « Dizzy Gillespie et Les Double Six » Philips ‎– 652.038 PL
Sortie: 1963
A1 : Ow (L'Epée de Rhiannon) (Gillespie) 2:45 : groupe vocal mixte
A2 : The Champ (Robie Le Robot) (Dizzy Gillespie) 3:35 : Dizzy Gillespie (soliste) et groupe vocal mixte
A3 : Emanon (Pourquoi T'as Pas D'nom) (Dizzy Gillespie, Milt Shaw) 3:40 : Mimi Perrin (soliste) et groupe vocal mixte
A4 : Anthropology (Le Bonnet De Dizzy) (Charles Parker, Dizzy Gillespie) 2:41 : duo Mimi Perrin et Claudine Meunier
A5 : Tin Tin Deo (Rites Du Vaudou) (Chano Pozo Gonzales, Walter "Gil" Fuller) : 4:09 : groupe vocal mixte
A6 : One Bass Hit (Pierre Dans L'espace) (Dizzy Gillespie, Raymond Brown) 3:23 : groupe vocal mixte
B1 : Two Bass Hit (Tout A Coup T'as Peur) (Dizzy Gillespie, John Lewis) 3:29 : groupe vocal mixte
B2 : Groovin' High (La Vallée Des Dieux) (Dizzy Gillespie) 2:23 : Mimi Perrin (soliste) et groupe vocal mixte
B3 : Oo-Shoo-Be-Doo-Be (Billy Graham, Joe Carroll) 3:01 : Dizzy Gillespie (soliste) et groupe vocal mixte
B4 : Hot House (Le Manoir Du Loup Garou) (Ted Dameron) 2:55 : Mimi Perrin (soliste) et groupe vocal mixte
B5 : Con Alma (Le Temple Des Cariatides) (Dizzy Gillespie) 3:32 : groupe vocal mixte
B6 : Blue N' Boogie (Le Monde Vert) (Dizzy Gillespie) 3:21 : groupe vocal mixte
Arrangements : Lalo Schifrin
Trompette : Dizzy Gillespie
Saxophone ténor : James Moody (B3, B5)
Piano : Bud Powell (A1 à B2, B4, B6), Kenny Barron (B3, B5)
Contrebasse : Chris White (B3, B5), Pierre Michelot (A1 à B2, B4, B6)
Batterie : Kenny Clark (A1 à B2, B4, B6), Rudy Collins (B3, B5)
Son : Jean-Michel Pou-Dubois
Enregistré à New York, Chicago & Paris en 1963. 
D'après Claudine et Jean-Claude, leurs séances de voix et de rythmique (avec Clarke/Michelot/Powell) ont eu lieu à Paris (studio Charcot), et Dizzy Gillespie a enregistré de son côté aux Etats-Unis.


Line-up n°6 (1964-été 1965) : Claudine Meunier, Monique Aldebert, Mimi Perrin / Bob Smart, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin


Parmi les dates de concert mémorables effectuées à cette période, Bob Smart se souvient d'un concert dans une boîte au Canada où Duke Ellington jouait juste avant le groupe.


Radio « Concert de soutien à Bud Powell » (enregistrée le 13 mars 1964)
Chant en direct.
« Moanin » « Sherry » et « Tickle Toe »
Eddy Louiss (p) / Luigi Trussardi (b) / René Nand (dms)
« Sherry » est chantée « en avant-première ».

33T LP « The Double Six of Paris sing Ray Charles » Philips ‎– 652 054 BL, Philips ‎– BL.7638, Philips ‎– B 652.054 L
Sortie: 1964
A1 : One Mint Julep (R. Toombs) 2:55 : groupe vocal mixte
A2 : Yes, Indeed (S. Oliver) 2:21 : groupe vocal mixte
A3 : Georgia On My Mind (H. Carmichael, S. Gorrell) 2:20 : groupe vocal mixte
A4 : Lonely Avenue (D. Pomus) 2:54 : groupe vocal mixte
A5 : Sherry (B.R. Crawford Jr.) 2:50 : groupe vocal mixte
A6 : Let The Good Times Roll (F. Moore, S. Theard) 2:39 : groupe vocal mixte
B1 : Hallelujah, I Love Her So (R. Charles) 2:34 : Louis Aldebert (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Hit The Road, Jack (P. Mayfield) 2:16 : groupe vocal mixte
B3 : Ruby (H. Roemheld, M. Parish) 2:52 : groupe vocal mixte
B4 : From The Heart (R. Charles) 3:05 : groupe vocal mixte
B5 : Stompin' Room Only (H. Marks) 3:13 : groupe vocal mixte
Accompagnement : The Jerome Richardson Quartet
Arrangements : Billy Byers & Melba Liston
Studio : d'après Claudine, New York (orchestre pour tous les titres + voix de deux titres) et studio Charcot à Paris (voix de neuf titres).
Bob Smart se souvient quant à lui que les voix des 11 titres ont été enregistrées à Charcot.
Nomination aux Grammy Awards 1964 (best performance by a vocal group).


Le 10 mai 1964, Les Double Six font la première partie de Woody Herman au Town Hall de New York. Jean-Claude se souvient avoir bafouillé en présentant en anglais un morceau. Par ailleurs, en complicité avec Woody Herman, Les Double Six chantent en première partie "Early Autumn"... que Woody Herman joue à son tour dans la deuxième partie.
Le critique du New York Times écrit le lendemain: "Monsieur Herman a partagé le programme de la soirée avec les Double Six, trois hommes et trois femmes qui chantent des versions vocales d'arrangements orchestraux provenant des répertoires de Count Basie, Gerry Mulligan, Ray Charles, Quincy Jones et Herman.
Le style est le même que celui de leurs prédécesseurs, Lambert, Hendricks and Ross. Mais avec six voix -et de meilleures voix que celles qu'avaient le trio américain- les Double Six sont capables de reproduire les arrangements avec une plus grande profondeur, et plus de variété que ce que ne faisait leur trio modèle."



TV « Festival de Jazz à Juan les pins » du 24 juillet 1964
Chant en direct.
« Moanin » (diff le 28/07/64), « Dodelinant » (diff le 6/09/64), « Rat Race » (diff le 6/09/64) et « Tickle Toe » (diff le 5/12/64)
Chanteurs à l’image : Monique Aldebert (soliste « Moanin »), Claudine Meunier (soliste « Tickle Toe »), Mimi Perrin (soliste « Dodelinant » et « Rat Race »), Bob Smart, Louis Aldebert (soliste « Tickle Toe »), Jean-Claude Briodin
Georges Arvanitas (p) / Guy Pedersen (b) / Daniel Humair (dms)
« Tickle Toe » sera également diffusé à la radio le 24/07/64.

TV « Ni figue ni raisin » du 11 janvier 1965
Chant en playback.
« Meet Benny Bailey »
Chanteurs à l’image : Monique Aldebert (soliste image (son : Christiane Legrand)), Claudine Meunier, Mimi Perrin (soliste image (son : Christiane Legrand)), Bob Smart, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin

TV « Journal de Paris » du 11 février 1965
Chant en direct.
Répétition dans un appartement de « Westwood Walk/Histoire de baryton »
Chanteurs : Monique Aldebert, Claudine Meunier (soliste), Mimi Perrin, Bob Smart, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin (soliste).
René Urtreger (p) / Guy Pedersen (b) / Daniel Humair (dms)

Radio « Jazz sur scène » du 17 février 1965 : Concert à la Maison de la Radio (enregistré le 13 février 1965)
Chant en direct.
« Moanin », « Early Autumn », « Blues in hoss flat » (inédit en disque), « Hot House », « Ow », « A ballad », « Rat race », « Westwood Walk ».
Chanteurs : Monique Aldebert (présentation « A Ballad », soliste « Moanin », « Early Autumn », « Ow »), Claudine Meunier (présentation « Early Autumn », soliste « Blues in hoss flat », « Westwood Walk »), Mimi Perrin (présentation « Ow », soliste « Early Autumn », « Hot House », « Rat Race »), Bob Smart (présentation « Blues in hoss flat », soliste « Moanin », « A Ballad »), Louis Aldebert (soliste « Blues in hoss flat », « Hot House »), Jean-Claude Briodin (présentation « Hot House », soliste « Westwood Walk »).
René Urtreger (p) / Guy Pedersen (b) / Daniel Humair (dms)
- « Westwood Walk » n’est pas diffusé dans l’émission retransmettant le concert, mais passe dans « Un dimanche pour tous »
-Fou rire de Claudine, Monique et Mimi pendant que Jean-Claude présente « Hot House »



Le 15 février 1965, Mimi Perrin, Louis et Monique Aldebert sont interviewés à la radio à propos du décès de Nat King Cole.


Radio « Concert de Jef Gilson et des Double Six » du 8 mars 1966 (date d’enregistrement inconnue (a priori printemps 1965))
Chant en direct.
« Sherry », « Groovin’ high », « Emanon », « Blues in hoss flat » (inédit en disque), « A Ballad », « Hot House », « Rat Race ».
Chanteurs : Monique Aldebert (soliste « A Ballad »), Claudine Meunier (soliste « Groovin’ high », « Blues in hoss flat »), Mimi Perrin (soliste « Groovin’ high », « Emanon », « Hot House », « Rat Race »), Bob Smart (soliste « Groovin’ high », « A Ballad »), Louis Aldebert (soliste « Blues in hoss flat », « Hot House »), Jean-Claude Briodin.
René Urtreger (p) / Pierre Michelot (b) / Jean-Louis Viale (dms)


En raison des problèmes de santé de Mimi Perrin, les Double Six donnent relativement peu de concerts (par rapport au temps important imparti aux répétitions), ce qui entraîne depuis quelques mois une frustration de la plupart des membres du groupe.
Alors qu'ils ont une proposition d'engagement dans une boîte en Espagne pour l'été 1965, que Mimi préfère décliner pour privilégier des vacances, les chanteurs décident de quitter le groupe.


Line-up n°7 dit « Les Nouveaux Double Six » (automne 1965-1966) : Hélène Devos, Anne Vassiliu, Mimi Perrin / Bernard Lubat, Jef Gilson, Gaëtan Dupenher


Quelques mois après la dissolution de l’ancien groupe, Mimi Perrin remonte un nouveau groupe avec, à part elle, une équipe de chanteurs complètement renouvelée.

De nouveaux enregistrements (tels que « Blues in hoss flat » chanté en concert par le line-up n°6 mais jamais enregistré en studio) sont faits, mais ils ne seront jamais commercialisés.

Pour ce qui est du répertoire habituel du groupe, les remplacements se font ainsi :
Claudine Meunier ==> Hélène Devos
Monique Aldebert ==> Anne Vassiliu
Bob Smart ==> Bernard Lubat
Louis Aldebert ==> Jef Gilson
Jean-Claude Briodin ==> Gaëtan Dupenher

Anecdote : lors de l’émission de radio « Jazz vivant » du 6 novembre 1965, Jef Gilson crée avec son orchestre sa « Suite pour les Double Six » (apparemment composée pour une musique de film), en quatre mouvements : « Blues pour Mimi », « Valse pour Hélène », « Le temps qui passe » et « Volubilis ». (Bernard Lubat est au vibraphone, et Gaëtan Dupenher à la batterie).



TV allemande (au Studio Rolf Liebermann, NDR Hamburg) du 26 novembre 1965
Chant en playback ou direct.
« Four Brothers » et « Moanin ».
Chanteurs : Hélène Devos, Anne Vassiliu (soliste « Four Brothers » et « Moanin »), Mimi Perrin (soliste « Four Brothers »), Bernard Lubat (soliste « Four Brothers » et « Moanin »), Jef Gilson (soliste « Four Brothers »), Gaëtan Dupenher (soliste « Four Brothers »)
Musiciens peu visibles mais a priori René Urtreger (p), Jimmy Woode (b) et Jean-Louis Viale (dms).

Séances d'enregistrement pour un 33T
"Blues in hoss' flat" et plusieurs autres titres (liste inconnue).
Disque jamais publié.
Son: Jean-Michel Pou-Dubois.

TV « Deux voix par tête » du 25 mars 1966
Répétition et enregistrement de « Blues in hoss' flat » et chant live de « Four Brothers»
Chanteurs : Hélène Devos, Anne Vassiliu (soliste « Blues in hoss flat » et « Four Brothers »), Mimi Perrin (soliste « Four Brothers »), Bernard Lubat (soliste « Four Brothers »), Jef Gilson (soliste « Blues in hoss flat » et « Four Brothers »), Gaëtan Dupenher (soliste « Four Brothers »)
Musiciens peu visibles.

TV « La vie quotidienne » du 18 juin 1966
Chant en playback (mais titre « Four Brothers » inédit en disque, et « Ow » inédit avec ce line-up)
« Ow (L'Epée de Rhiannon) » et « Four Brothers »
Chanteurs : Hélène Devos (soliste « Ow »), Anne Vassiliu (soliste « Four Brothers »), Mimi Perrin (soliste « Four Brothers »), Bernard Lubat (soliste « Four Brothers »), Jef Gilson (soliste « Four Brothers »), Gaëtan Dupenher (soliste « Four Brothers »).
Et un pianiste (non-identifié) à l’image.


Dissolution du nouveau groupe courant 1966.


Pour écouter "Les Double Six":


Les 33T "Meet Quincy Jones" et "Les Double Six" sont sortis dans un même CD en 1999. L'album physique peut être acheté, ou téléchargé ou écouté sur toutes les plateformes de téléchargement légal et de streaming comme Qobuz, Deezer, etc.:

Les 33T "Dizzy Gillespie and Les Double Six" et "Sing Ray Charles" sont sortis en CD à l'étranger mais ne sont pas disponibles sur les plateformes.


"Les Double Six" sur Dans l'ombre des studios :


Interview de Claudine Meunier:

Interview de Jean-Claude Briodin ("Entretien avec un Troubadour"): 

Interview de Bob Smart ("Un Américain à Paris"):

Hommage à Louis Aldebert:

Interview radiophonique de Claudine Meunier, Jean-Claude Briodin et moi-même ("Etonnez-moi Benoît" par Benoît Duteurtre, France Musique, enregistrement le 6/03/2020):


Autres lectures conseillées:


Vocal jazz groups, scat & vocalese (Eric Fardet, éditions Connaissances et Savoir, 2018)

Les arrangeurs de la chanson française (Serge Elhaïk, éditions Textuel, 2018)



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samedi 24 octobre 2020

Hommage à Roger Carel

C'est avec une infinie tristesse que nous avons appris le mois dernier le départ de notre cher Roger Carel pour une galaxie lointaine, très lointaine. Par ses talents d'acteur, Roger était une figure populaire du théâtre, du cinéma et de la télévision, mais c'est grâce au doublage qu'il a émerveillé plusieurs générations de spectateurs. Avec lui, c'est une part de notre enfance qui s'en est allée, et des milliers de personnages (Astérix, Winnie l'ourson, C3PO, Kaa, Alf, Kermit, Hercule Poirot, Maestro, Jiminy Cricket, etc.) auxquels il a donné tant d'humanité, qui en sont restés sans voix. 
Roger faisait l'unanimité autour de lui. Avec gentillesse, humour, simplicité, intégrité, humilité, générosité, il rendait heureux toutes celles et ceux qui croisaient son chemin: famille, amis, camarades de jeu (théâtre, cinéma, télévision, doublage, radio, disque, publicité), qu'ils soient débutants ou confirmés, réalisateurs, techniciens, admirateurs. 
Synthétiser une carrière aussi vaste que celle de Roger est déjà difficile. Evoquer sa personnalité tout en essayant de garder une certaine distance, alors qu'on a eu la chance de faire partie de ses amis proches, est tout aussi compliqué. J’avais commencé à écrire cet hommage le 13 septembre (quelques jours avant l’article du Parisien), mais je l’ai abandonné pendant plus d'un mois, ayant besoin d’un peu de recul. 
Mes remerciements à Nicolas Barral pour son dessin, et à Dominique Paturel, Patrick Préjean, Philippe Sisbane et Barbara Tissier pour leurs témoignages. Toutes les autres anecdotes et citations sont, sauf mentions contraires, extraites de mes interviews ou discussions avec Roger et Liliane Carel, Jean-Claude Donda, Lucie Dolène, Michel Plessix, William Sabatier et Evelyn Selena. 


Au début des années 2000, dans ses interviews, Roger Carel aimait raconter avoir été récemment abordé par un monsieur aux cheveux blancs venu lui dire « Ah, Monsieur Carel… Toute ma jeunesse ! ». Se sentant soudainement vieilli par cette remarque, Roger avait réalisé qu’il avait débuté son métier en 1947, et que les jeunes d’hier… ne l’étaient plus. De 1947 à 2013 : 66 ans au service du public. 

Il est né Roger Bancharel le 14 août 1927 à Paris, d’une famille originaire de Salers (Auvergne). Son père est fonctionnaire à la C.M.P. (ancêtre de la R.A.T.P.) et sa mère femme au foyer. Leur activité de résistants pendant la guerre restera pour toujours une grande fierté pour Roger. 
Communion de Roger
Il fait son collège en pensionnat à l’Institut Saint-Nicolas (Issy-les-Moulineaux). Comme il l’écrivait dans ses mémoires : « Aujourd’hui, on le considérerait comme un bagne d’enfants. Mais nous n’en avions pas conscience ». Face à la sévérité extrême et à une forme de sadisme de certains frères, Roger est obligé de ruser constamment, et développe quelques talents pour faire rire ses camarades, imitant ses professeurs, se livrant à des interprétations débridées de fables de La Fontaine en classe, ou participant à des spectacles d’élèves qui lui donnent le goût de la comédie. 
Au contact d’un aumônier bienveillant, Roger souhaite entrer dans la prêtrise, et effectue même une année au petit séminaire. Bien qu’ayant plus tard complètement changé de voie, Roger gardera des souvenirs très précis de son enfance religieuse, qui lui permettront de jouer avec beaucoup de vérité des prêtres, et même d’être en quelque sorte « conseiller technique » pour des scènes de messe. 

Après une année à Centrale (pour devenir ingénieur dans les transports ferroviaires et faire la fierté de son père) qui ne le passionne pas, Roger, grâce à sa tante, rencontre le comédien et metteur en scène Jean Marchat, qui lui conseille de s’inscrire à un cours de théâtre. 
Roger posant
pour un roman-photo

Roger s’inscrit au Cours Andrée Bauer-Therond (à l’origine de son changement de nom, de Bancharel en Carel) en compagnie de Michel Piccoli et Anouk Aimée puis au Cours Simon, rejoignant ses amis Pierre Mondy et Jacqueline Maillan. 
En parallèle de ses cours, Roger pose pour des romans photos sentimentaux, et fait ses débuts au théâtre (sa mère lui offre pour sa première pièce une peluche de Pluto (le chien de Mickey, dont Roger sera l’une des voix), qui deviendra son porte-bonheur), comme par exemple un spectacle du Livre de la Jungle (avec Linette Lemercier et Sophie Leclair) où la troupe est payée… en bananes, ou Andromaque dans laquelle il joue le vieux précepteur Phoenix, avec un visage grimé comme un vieillard… et les jambes nues d’un jeune homme de dix-neuf ans, provoquant l’hilarité du public. 

Parmi les premières pièces de sa carrière, une tournée en Afrique du Nord du Petit Café de Tristan Bernard avec en tête d’affiche le grand Albert Préjean. Roger sympathise avec Albert, « d’une gentillesse et d’une générosité peu communes » d’après ses propres mots, et rencontre son jeune fils, Patrick, qui deviendra par la suite l’un de ses meilleurs amis. « Avec Roger, c’est une histoire familiale. Roger a très bien connu mon père, lui et moi avons ensuite énormément travaillé ensemble, et il a aussi fait beaucoup de doublage avec ma fille Laura à qui il disait « Tu vas vite nous faire un petit bébé, parce que travailler avec une quatrième génération de Préjean ça serait formidable ! » (rires), c’était tellement tendre et plein d’humour. Quand ma fille était petite il l’avait surnommée « Hou le loup » après qu’elle lui ait dit « Hou ! Le loup ! » et ce surnom mignon comme tout est resté. » se souvient avec émotion Patrick. 

Sur les conseils de Michel Piccoli, Roger passe une audition pour entrer dans la Compagnie Grenier-Hussenot, et il intègre cette superbe troupe, qui alterne théâtre et cabaret littéraire (notamment à La Fontaine des Quatre Saisons, tenu par Jacques et Pierre Prévert). Roger y reste sept ans, en compagnie notamment de Hubert Deschamps (avec lequel il forme un duo. Deschamps lui donnera le surnom de « Gegers » (employé par pas mal d’amis de Roger) car il trouvait que Roger écarquillait les yeux comme le fantaisiste Rogers), George Wilson, Michel Piccoli, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Rosy Varte, Yves Robert, Paul Crauchet, Serge Reggiani, Micheline Dax, Jean-Roger Caussimon, Henri Virlojeux, Les Frères Jacques et Les Quat' Jeudis. 
Avec Hubert Deschamps
Il joue L’amour des quatre colonels pendant cinq ans (1800 représentations), et devient un grand ami de son auteur, Peter Ustinov. Pour jouer la production des Trois Mousquetaires de Grenier-Hussenot (où Jean-Pierre Grenier sera gravement blessé à l’œil par l’épée de Serge Reggiani au cours d’une représentation), Roger prend des cours d’escrime chez l’un des frères Gardère, avec parmi les autres élèves Claude Carliez et Raoul Billerey, futurs grands maîtres d’armes. A cette occasion, on le recrute comme cascadeur dans le film de cape et d’épée Le fils de Lagardère (1952) : sa première expérience cinématographique sera d’être poussé dans des escaliers et d’être jeté à l’eau, pendant une journée de tournage. 

Extrait de Champignol malgré lui de Feydeau
 tourné spécialement pour la télévision (1959) 
avec Roger Carel et Jean Rochefort

Il quitte ensuite la Compagnie Grenier-Hussenot, joue Gog et Magog au théâtre avec François Périer, l’un de ses meilleurs souvenirs scéniques et extra-scéniques. On rêverait de prendre une machine à remonter le temps et d’assister, en petite souris, à une fête costumée déjantée (dont on retrouve des témoignages dans les livres de souvenirs de plusieurs des participants) organisée par François Périer avec entre autres Bernard Blier, Maurice Biraud, Jean Carmet, Pierre Mondy et Roger. 

Roger fait une grande tournée avec la Compagnie Renaud-Barrault, puis participe à de nombreuses pièces ou opérettes avec Michel Serrault, Jean Poiret, Michel Roux et Jacqueline Maillan, qui constituent l’une de ses principales familles de théâtre. 
Roux, Maillan, Desmarets et Carel
A propos de Michel Roux et de Roger, une anecdote qui m’avait été racontée par Lucie Dolène : Michel Roux avait mis une véritable séparation entre sa vie professionnelle et sa vie privée, et ses camarades étaient frustrés de n’avoir jamais été invités chez lui, de ne pas connaître son épouse, etc. Un jour où Michel Roux et Roger rentrent ensemble après une pièce, Roger simule un petit malaise devant chez Michel Roux pour que ce dernier le fasse entrer chez lui. Mais tout ne se passe pas comme prévu : Michel Roux laisse Roger sur le trottoir, rentre chez lui… et en ressort avec un verre d’eau. 

Roger arrête le théâtre au début des années 80, afin de trouver une vie familiale plus paisible. 

La carrière de Roger est un peu plus discrète au cinéma. On lui confie des seconds rôles dans quelques films à succès, que ce soit des drames (le fils de Michel Simon dans Le vieil homme et l’enfant de Claude Berri, le garagiste employeur d’Alain Souchon dans L’été meurtrier de Jean Becker) ou des comédies (le paysan pourchassant Darry Cowl dans Le triporteur, le mafieux qui prépare le parapluie pour Pierre Richard dans Le coup de parapluie, le Général Müller victime de Super Résistant (le mur de sa chambre tagué d’un superbe « Casse-toi, gros cul ») dans Papy fait de la résistance). 
Dans Les Mille et une Nuits (1990) de Philippe de Broca, il joue le sultan qui « achète » la jeune et sublime Catherine Zeta-Jones, dont c’est le premier film. Les scènes sont tournées en français et en anglais, et Roger étouffe sous son costume imposant, à 40° à l’ombre. 

Roger Carel et Pierre Richard dans Le coup de parapluie (1980)

Et des rôles plus importants dans des films plus confidentiels (notamment la sympathique comédie Les Grands Moyens (1976) d’Hubert Cornfield, où il interprète un commissaire enquêtant sur une vendetta commise par trois grands-mères corses) ou des nanars dans lesquels il retrouve souvent ses bons copains Michel Galabru, Marco Perrin, Paul Préboist, Gérard Hernandez et Pierre Tornade. 

A propos de nanars, Roger m’avait raconté une anecdote concernant la comédie érotique Le Diable Rose, dans laquelle il interprète un général allemand installé dans une maison close pendant la guerre. Pour le tournage d’une scène, une comédienne est censée lui simuler… une gâterie. Roger, très gêné et prévenant (attitude élégante qui paraît évidente aujourd’hui, mais assez inhabituelle en 1988, trente ans avant #MeToo) dit à l’actrice « Ca m’embête ce qu’on vous demande de faire, si cela vous gêne, surtout, dites-le moi, et je dis au réalisateur que je refuse de tourner cette scène ». La comédienne semble très étonnée pour ne pas dire stupéfaite par ces égards. Pierre Doris prend alors Roger à part et lui dit « Tu ne l’as pas reconnue ? C’est Brigitte Lahaie ! ».  

R. Carel et P. Sisbane
Tournage du Coma des Mortels
Dans les années 1990-2000, le réalisateur Philippe Sisbane lui confie de très beaux rôles dramatiques dans ses courts-métrage Doudou perdu, Post-scriptum et Le coma des mortels. Roger prend énormément de plaisir à tourner ces trois films, qui le font sortir des sentiers battus. (A ma demande, Philippe a gentiment accepté d’écrire un petit texte en hommage à Roger, que vous retrouverez en fin d’article). 

Carrière relativement discrète au cinéma, donc, mais par contre très prolifique à la télévision. Il enchaîne les rôles importants dans des séries comme le Commissaire Guerchard (ennemi d’Arsène Lupin) dans Arsène Lupin ou Hammel dans Schulmeister, l’espion de l’empereur. En jouant Fix dans Le tour du monde en 80 jours, il retrouve l’un de ses plus proches amis, Pierre Trabaud. « Pierre était capable de la plus grande fantaisie, il suffisait que lors d’un repas ma femme dise qu’elle aime l’andouillette, pour que le lendemain il vienne sonner chez nous avec des andouillettes emballées dans un bouquet de fleurs » m’avait-il un jour raconté.
Autre grand souvenir : La Nouvelle Malle des Indes, avec Patrick Préjean, qui se souvient du tournage : « Christian-Jacque nous a contactés pour jouer deux policiers intellectuellement un peu courts dans « La Nouvelle Malle des Indes » (1982), série qui a eu beaucoup de succès. On est parti tourner pendant huit mois dans le monde entier, en Inde, en Allemagne, en Egypte, en Tunisie, en Italie, etc. En plus d’un voyage merveilleux et très constructif sur le plan des sensations et de l’intellect, Roger et moi nous sommes entendus comme larrons en foire. Alors qu’il était très pudique, on partageait parfois la même chambre quand il y avait des problèmes d’hôtel. Je me souviens d’une anecdote en Inde, au Rajasthan. Pour les scènes qui se passaient sur l’eau, on en profitait pour tourner aussi les scènes nautiques censées se passer en Egypte sur un boutre, un bateau égyptien. Un jour, on arrive sur le bateau à 9h du matin, on rencontre les figurants locaux, avec qui on sympathise. L’un d’entre eux vomit dans la rigole pleine d’eau, qui se trouve à l’intérieur de la coque. Ce n’était déjà pas ragoûtant. Et là le deuxième assistant nous demande en anglais si on veut un thé, et nous prépare un thé… avec l’eau qui se trouve dans la rigole ! On était à la fois écœurés et hilares. » 

Roger joue des sketchs dans de nombreuses émissions télévisées (aux côtés de ses amis Michel Roux, Jacqueline Maillan, etc.) notamment pour les Carpentier, fait figure de « bon client » pour les émissions de jeux telle que Les Jeux de 20 heures ou L’académie des neuf, et participe à quelques très beaux téléfilms, qui vont des « dramatiques » tournés en direct principalement pour l’émission La caméra explore le temps (riches en anecdotes d’incidents techniques ou de rencontres étonnantes, comme l’acteur Jean Paqui, comte d’Orgeix, qui venait sur les plateaux de tournage avec sa panthère), jusqu’aux belles créations de Pierre Tchernia basées sur des histoires de Marcel Aymé. 

M. Dax et R. Carel
enregistrant Astérix et Cléopâtre

Roger fait justement partie de la « bande » à Tchernia. Devenu au milieu des années 60 la voix d’Astérix dès le feuilleton radiophonique de France Inter (Guy Piérauld avait créé la voix du personnage quelques temps plus tôt pour Radio Luxembourg), il retrouve Tchernia (comme scénariste ou voix) sur la plupart des films d’animation Astérix, puis collabore à de nombreux projets avec lui : films, téléfilms, etc. Si Roger n’apparaît pas à l’image dans Le Viager (1972), c’est lui qu’on entend commenter les actualités mondiales présentes dans le film, imitant parfaitement le ton des speakers des années 50 : « C’est un peu de printemps qui entre à l’Elysée… »

La voix de Roger dans Le Viager (1972)

La carrière radiophonique et discographique de Roger est énorme. On l’entend dans de nombreux feuilletons radiophoniques comme Signé Furax aux côtés de Maurice Biraud et de l’extraordinaire Francis Blanche. Roger prêtera sa voix à ce dernier (décédé avant de pouvoir se post-synchroniser) dans Un linceul n’a pas de poches (1974) de Jean-Pierre Mocky. Pour la radio, il participe aussi à des émissions de divertissement comme Les Grosses Têtes (qu’il quitte au bout de quelques années, un peu lassé par la tournure trop grivoise apportée par Jean Lefebvre). On entend en outre Roger dans pléthore de disques pour enfants (notamment pour la marque «Le Petit Ménestrel » de Lucien Adès) contant l’histoire, incarnant une multitude de personnages. Il fait même les aboiements du « petit chien dans la vitrine » dans la célèbre chanson interprétée par Line Renaud. Sa voix est aussi très souvent utilisée pour la publicité. 

La Belle de Moscou
Ce qui caractérise la carrière de Roger au théâtre, au cinéma, à la télévision, au disque, à la radio, c’est le plaisir immense de jouer, tout le temps, et d’incarner des personnages très différents, où il peut donner libre cours à sa fantaisie et prendre des voix, des accents. C’est ce talent là qu’il exploite au doublage et qui en fait la "star" incontestée de cette activité en France. 
En octobre 1957, voyant et surtout entendant Roger jouer un colonel russe dans la pièce L’amour des quatre colonels, Gérald Devriès, auteur et directeur artistique de doublages pour la MGM, a l’idée de lui faire doubler le grand Peter Lorre, jouant un officiel soviétique dans le film musical La Belle de Moscou (1957), remake musical de Ninotchka. Roger commence donc sa carrière dans le doublage par un rôle important, sans passer par la case « petits rôles et ambiances ». 

Roger doublant Charlie Chaplin dans Le Dictateur (doublage de 1968)

Parmi les premiers acteurs qu’il double : Jack Lemmon, dont le physique, l’œil vif, les expressions de visage, et le tempérament sont assez proches de lui : Certains l’aiment chaud (1959, où l’on confie curieusement les dialogues en voix de tête à Roger Rudel, alors que Roger Carel aurait pu faire les deux), La Garçonnière (1960), Irma la douce (1963), etc. 
Avec Benny Hill
(ambassade du Royaume-Uni)

Mais aussi Peter Sellers (dans le premier La Panthère rose (1963), Docteur Folamour (1964), Bienvenue, Mister Chance (1979), etc.), Charlie Chaplin (qu’il redouble en 1968 dans Le Dictateur, choisi sur essais par l’acteur lui-même), Anthony Daniels (C3PO dans les six premiers films Star Wars), son ami Peter Ustinov (lorsqu’il ne se double pas lui-même), Benny Hill (dont les yeux, le sourire, les accents, sont très proches de Roger). Ce dernier rencontre Roger à plusieurs reprises lors de passages à Paris. 

Puis, des années plus tard, David Suchet dans la série des Hercule Poirot. Fait amusant, la voix naturelle de Suchet est très grave, et quand il incarne Poirot, il semble imiter… Roger Carel. Parmi les meilleurs souvenirs de doublage de Roger : la série Hello Einstein dans laquelle il doublait le rôle-titre, joué par Ronald Pickup. 

Si la carrière de Roger Carel dans le doublage d’acteurs « en chair et en os » est très importante, celle dans celui de dessins animés l’est encore plus. Le dessin animé est une aire de jeux pour Roger, où il double parfois une dizaine de personnages différents dans un même film d’animation, enchaînant les voix (certaines étant inspirées d’autres acteurs, comme Jean Temerson, quand il fait la voix du croque-mort de Lucky Luke) et accents. Par sa façon si particulière de donner de l’humanité à ces personnages et de nous toucher, l’immense talent de comédien de Roger est une évidence. « Il y a des comédiens qui, dans un studio de doublage, parlent à un micro. Roger, lui, parle directement au cœur des gens » m’a dit un jour la comédienne Evelyn Selena. 

De 1961 à 1986, il participe à la quasi-totalité des doublages ou redoublages de films d’animation Disney (dialogues, et généralement chant), et suit dans les années 1990-2000 fidèlement ses personnages dans leurs nouvelles aventures. Pongo (Les 101 Dalmatiens), le Chat de Chester (Alice au Pays des Merveilles), Mickey (dans les années 70), Kaa le serpent (Le Livre de la Jungle), Jiminy Cricket (Pinocchio, Coquin de Printemps, shows de Noël), Bernard (Les Aventures de Bernard et Bianca, Bernard et Bianca au Pays des Kangourous), Timothée (Dumbo), le Roi Hubert (La Belle au Bois dormant), Donald Dingue (divers cartoons Disney), Basil (Basil détective privé), etc. 

Philippe Dumat (Prince Jean) et Roger Carel (Triste Sire) dans Robin des Bois (1973)

Lafayette
Dans
Robin des Bois (1973), en Triste Sire, serpent siffleur et persifleur, son duo avec Philippe Dumat (le méchant mais ridicule Prince Jean) est un feu d’artifice de folie. On est au théâtre, presque devant Albin et Renato de La Cage aux Folles, et on ressent la complicité et l’immense plaisir de jouer de ces deux merveilleux comédiens. « Je me souviens d’un déjeuner à la maison avec Philippe, où il nous avait raconté ses souvenirs de jeunesse comme vendeur de chaussures. Liliane et moi étions pliés de rire, je crois que parmi tous mes amis comédiens, c’est celui qui a fait le plus rire ma femme » m’a dit un jour Roger. 
Autre formidable duo : dans Les Aristochats (1970), où en plus de la petite souris Roquefort, Roger prête sa voix au sympathique chien Lafayette au côté d’un autre grand, Jacques Dynam (le bougon Napoléon). 

Parmi les personnages qu’il a le plus longtemps suivi chez Disney : Winnie l’ourson, Coco Lapin et Porcinet à partir des années 60 jusqu’à la fin des années 2000 (sauf Porcinet, remplacé par Hervé Rey un peu avant). Dans les dernières séances de son vieux copain Guy Piérauld (voix de la taupe Grignotin), qui perdant la vue ne peut plus lire la bande rythmo, Roger lui tapote affectueusement sur l’épaule quand c’est à lui de parler. En 1996, interviewé par Stéphane Lerouge pour le magazine Génération Séries, Henry Djanik s’amusait de devoir à 70 printemps passés doubler le pauvre Bourriquet qui « perdait tout le temps sa queue ». Que dire de Roger, qui en 2007 pour la série d’animation 3D Mes amis Tigrou et Winnie a dû faire tout un épisode avec la petite Darby « qui voudrait une queue comme ses amis », provoquant un fou-rire en plateau de toute l’équipe artistique et technique. 

Lily Caruso (Darby) et Roger Carel (Winnie l'ourson) : "Si j'avais une queue"


Crapaud par Michel Plessix
Autre personnage, Crapaud dans La mare aux grenouilles de Disney (compilé en vidéo sous le titre Le Crapaud et le Maître d’Ecole avec un autre moyen-métrage, La légende du cavalier sans tête) inspiré du roman britannique Le Vent dans les Saules. Le grand dessinateur Michel Plessix, qui dans les années 1990-2000 créera une adaptation en bande dessinée du Vent dans les Saules acclamée par la critique et le public, m’avait raconté avoir été tellement marqué par la voix de Roger dans ce rôle, qu’en créant ses personnages il les avait imaginés avec les voix de Roger (Crapaud), Philippe Noiret (Taupe) et Jean Rochefort (Rat). 

Roger est également très présent dans les dessins animés Hanna-Barbera (Capitaine Caverne, Fred Pierrafeu, Roquet Belles Oreilles, ou bien encore Wally Gator, personnage pour lequel il a passé les essais très enrhumé, et dont on lui a demandé par la suite de continuer à prendre cette voix). 

Sur le doublage du Muppet Show (1978)

Dans le Muppet Show, il double Kermit la Grenouille et une kyrielle d’autres personnages invraisemblables. Les enregistrements se font en grande partie dans les studios de la rue Mermoz, loués à la fois par la SOFI (société qui double principalement des programmes pour la télévision, dont les Muppets) et par Lingua-Synchrone (société de Richard Heinz doublant principalement pour le cinéma). Les comédiens du second studio viennent assister pendant leur pause au doublage du Muppet Show, tant le spectacle de ces grands enfants (Roger Carel, Gérard Hernandez, Micheline Dax, Pierre Tornade, Francis Lax) en plein travail est exceptionnel. Ses amis (notamment Jacques Ferrière) et fans lui offrent toute une collection de figurines de grenouilles, qui devient de plus en plus envahissante. 

On le retrouve bien évidemment dans les productions de dessins animés francophones comme les films d’animation de Picha (Tarzoon: la honte de la jungle, Le chaînon manquant, Le Big Bang), de Goscinny (les Astérix, Lucky Luke, etc.) ou les Il était une fois… (Maestro, le conteur à la longue barbe blanche), dont le créateur, Albert Barillet, disait de Roger dans une interview « qu’il était la définition même de ce que Brassens appelait un honnête homme » (Vos plus belles années, RTL). 

Première rencontre (en 2005)
Je voudrais lier maintenant des souvenirs personnels avec les quinze dernières années de la vie de Roger, qui vont me permettre d’évoquer sa personnalité, avec l'aide de témoignages de quelques-uns de nos amis communs. C’est grâce à Philippe Dumat que je le rencontre pour la première fois, au printemps 2005. Roger m’invite sur le doublage des Pierrafeu à Sonodi, en compagnie de son vieux complice Gérard Hernandez. De jeune « fan » j’ai la chance que la grande affection que je lui porte devienne réciproque, et de devenir au fil du temps l’un de ses plus fidèles amis. 

Roger m’invite régulièrement à assister à ses doublages (redoublage de films Laurel et Hardy, série d’animation Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, film Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, etc.), dans lesquels je constate à chaque fois son grand professionnalisme (toujours en avance en studio, et très à l’écoute), son humilité (restant parfois toute une journée en plateau pour quelques lignes, sans jamais demander d’aménagement d'horaires au nom de sa stature ou de son âge), sa bonne humeur (toujours souriant et sifflotant, même dans les mauvais moments) et sa grande gentillesse envers les professionnels qui l’entourent : directeur artistique, ingénieur de son, comédiens débutants ou confirmés. 

J’ai demandé à mon amie directrice artistique et comédienne Barbara Tissier de bien vouloir évoquer la gentillesse de Roger et tout ce qu’il représentait pour sa génération : 
Basil (R. Carel) et Olivia (B. Tissier)
dans Basil détective privé (1986)
« Quand j’ai commencé ce métier, j’avais 10-12 ans, et Roger Carel a été l’une des premières personnes que j’ai eu la chance de rencontrer. La façon dont un adulte accueille un enfant dans un milieu professionnel est toujours très révélatrice de sa personnalité. Roger fait partie des gens qui m’ont accueillie à bras ouverts, qui m’ont toujours considérée au même titre que les collègues qui étaient là sur le plateau. Je n’ai jamais été qu’une enfant : j’étais une enfant avec qui on était encore plus gentil que des adultes. Roger nous faisait des dessins sur l’heure du déjeuner, il nous faisait rire en imitant la mouche, on pensait tous qu’il y avait une mouche sur le plateau avant de se rendre compte que c’était lui. Nous prenions le train ensemble pour aller à Lille enregistrer les épisodes pilotes de « Croqu’Soleil et le Secret des Etoiles » (avant que Roger ne soit plus disponible et soit remplacé par Jacques Ferrière) pour FR3 Lille, et c’était précieux pour mes parents de savoir qu’il y avait quelqu’un qui allait s’occuper de moi comme le faisait Roger. 

Les comédiens de la génération de Roger n’étaient peut-être que 200 ou 250 à faire du doublage, ça encourageait la solidarité, l’entr'aide, l’écoute. Le rythme de travail était différent, je ne suis pas nostalgique, mais avant le numérique c’étaient des boucles, donc les recorders changeaient les boucles et entre chaque boucle on pouvait discuter. Même après, quand les boucles ont été mises en longueur, qu’il fallait faire défiler le film de la boucle 1 à la 70, ça mettait un quart d’heure, donc on avait du temps, on pouvait échanger, c’étaient des moments privilégiés où on s’intéressait à l’autre au-delà du travail qu’on était en train de faire. Ces gens-là, Dominique Paturel, Paule Emanuèle, ou pour parler de ceux qui nous ont quittés, Roger Carel, Jacques Thébault, Roland Ménard, Henry Djanik, Michel Muller et quelques autres, nous ont enseigné, au-delà du savoir-faire (il suffisait de les regarder travailler pour apprendre), l’éthique, l’intégrité, et comment savoir se comporter afin de rester droits dans ses bottes et fiers de faire partie de ce métier. Ces valeurs sont très importantes. Les comédiens qui ont débuté enfants dans ce métier et ont poursuivi leur carrière comme Valérie Siclay, Hervé Rey, Fabrice Josso, Damien Boisseau ou moi-même essayons d’être dans la continuité de ces gens, pour transmettre une idée de ce qu’est ce métier et de l’éthique qu’il réclame. Ca nous arrive tous de nous retrouver dans des situations "pourries" et à ce moment-là il faut être courageux, prendre son téléphone, ne pas fuir une situation même si elle est compliquée à vivre. J’ai peur que ces valeurs disparaissent, donc c’est important d’essayer de faire perdurer tout ce que ces gens brillants nous ont appris. » 

Autre témoignage (avec un éclairage sur les fameuses "colères de Roger" que Roger lui-même, Micheline Dax, etc. racontent dans leurs mémoires), celui de Patrick Préjean, qui faisait partie avec Jean-Claude Donda et Brigitte Lecordier des plus fidèles "amis du métier" de notre roi du doublage : « Roger m’a connu chez mon père quand j'étais enfant, mais j’étais trop petit pour m’en souvenir. Un peu plus tard, mon père m’a emmené voir « Gog et Magog » au théâtre avec François Périer, Roger, et toute cette troupe magnifique. Je l’admirais au théâtre, au cinéma, au doublage, etc. Il fait partie de ces gens qui m’ont donné envie de faire ce métier, et j’ai eu la chance de jouer avec lui dans sa dernière pièce « La bonne soupe » (1979) avec Danielle Darrieux. Pendant la pièce, on a commencé à avoir des rapports amicaux, il avait envie de me parler de mon père, de me présenter sa femme, etc. On était en plus à Lyon (Théâtre des Célestins), donc deux bons vivants dans la capitale de la gastronomie, c’était formidable. Et depuis le tournage de "La Nouvelle Malle des Indes" (1982) à Venise et en Tunisie, nos femmes, qui s'appellent toutes deux Liliane et se sont mariées toutes les deux avec nous un 12 juin (on se souhaitait entre nous nos anniversaires de mariage), s'entendaient à merveille. Nous avons fait de magnifiques dîners chez Roger, avec Micheline Dax, et de mon côté je l’invitais à dîner chez moi avec Philippe Dumat, car nous nous entendions très bien tous les trois. J’ai beaucoup pratiqué Roger en doublage, notamment dans tous les « Winnie l’Ourson » (plus de trente ans de carrière zébrée en orange et noir !), les « Il était une fois », etc. où j’adorais le regarder travailler. Roger était l’être le plus généreux qui soit, je l’ai vu faire des trucs formidables pour des jeunes comédiens et jeunes comédiennes qui débutaient. Il les aidait, toujours de bonne humeur, toujours bienveillant, alors que les directeurs de plateau ne le sont pas toujours, tout comme certains comédiens qui s’imaginent supérieurs parce qu’ils ont de la bouteille, alors que ce n’est que de l’imaginaire. 
C’était rare que Roger se mette en colère, il fallait que des gens ne soient pas honnêtes avec lui, qu’il y ait un vrai problème, mais c’était à chaque fois très impressionnant et absolument mémorable. Je me souviens, sur le tournage de « La Nouvelle Malle des Indes », d’un soir où nous avons bu un verre juste après le tournage. Les voitures de la production sont parties en nous oubliant sur place, et nous avons dû marcher pendant quatre kilomètres à travers la forêt, Roger, le cascadeur qui faisait ma doublure, et moi. Quand nous sommes arrivés à l’hôtel, il a incendié tout le monde, y compris Christian-Jaque, qui était mort de rire, ce qui ne faisait qu’attiser la colère de Gegers (rires). » 

Pour compléter le témoignage de Barbara et Patrick, je dois dire qu'en côtoyant Roger, j’ai découvert une qualité extrêmement rare : celle d’être à la fois très généreux et particulièrement discret et élégant dans cette générosité. Les personnes à qui il rendait service ne s’en rendaient souvent pas compte et pensaient parfois même lui rendre un service, tant c’était tourné habilement. Roger pouvait contacter un studio pour demander à ce que les droits des rôles qu’il reprenait à un camarade disparu soient reversés à la famille de celui-ci (sans que la famille ne sache d’où ça vient), ou prendre en charge discrètement les obsèques d’un camarade disparu dans la solitude. 
Anecdote que m’avait racontée William Sabatier : lorsqu’Albert Medina se brise les jambes lors d’un tournage (il devait jouer un policier arrêtant une voiture, la voiture ne s’est pas arrêtée) et risque d'être handicapé à vie et de mettre un terme à sa carrière, sur une idée de Pierre Trabaud, Roger, William, Pierre et quelques autres camarades lui rendent visite à l’hôpital, et lui remettent une boîte de chocolats. Medina est surpris par le poids de la boîte et découvre en l’ouvrant… un lingot d’or. 

Dans les années 2000, Roger s’était alors « assagi » mais il fut pendant longtemps, d’après de nombreux souvenirs de comédiens (notamment ceux de Micheline Dax, « victime préférée » des canulars du duo Gérard Hernandez-Roger Carel), l’un des plus grands farceurs de la profession, ayant élevé le canular au rang d’art. 
Roger me montrant
sa plaque "Danger artificier"
(2008)

Je me souviens de cette plaque « Danger : artificier » (avec un voyant, branché sur l’allume-cigare) qu’il m’avait montrée : il l’avait faite fabriquer spécialement, et la plaçait sur la plage arrière de sa voiture pour que les voitures qui le collaient trop prennent leurs distances de sécurité. 
Dominique Paturel a généreusement accepté de me livrer quelques anecdotes concernant l’humour de Roger: 
« J’ai connu Roger tout d’abord à la synchro, on a très souvent travaillé ensemble, dans des films, des séries ou des dessins animés comme le « Robin des Bois » de Disney qui était une vraie partie de rigolade, où il était génial dans le rôle du serpent. 

Un jour, Jean-Louis Barrault a eu la très bonne idée de l’engager pour jouer Brid’oison, le juge qui bégaie dans « Le mariage de Figaro ». Il ne l’a pas joué à Paris, mais il a fait une tournée internationale avec nous, notamment en Rhénanie et en Allemagne du Nord. Je jouais Figaro et c’est Jean-Louis Barrault lui-même qui jouait le Comte Almaviva, en remplacement de Jean Desailly, qui l’avait fait à Paris. Nous étions en tournée dans un magnifique autocar Pullman. Dans cet autocar, Roger inventait toujours beaucoup de choses pour nous faire rire. Un jour, sur le trajet entre Munich et Trèves, Jean-Louis nous dit « Attention, après la représentation de ce soir à Trèves, toute la troupe est invitée par le bourgmestre, donc tenue correcte exigée : cravate pour les messieurs et petite robe pour les dames ». Et là Roger improvise dans l’autocar le discours du bourgmestre, un texte invraisemblable avec un accent allemand comme il savait l’imiter, d’une façon extraordinaire, plein de fautes de français et de tout ce qu’on peut imaginer de gratiné. On arrive à Trèves, on joue, et après le spectacle toute la troupe se rend dans une Wienstub, une grande salle de brasserie réservée pour cette occasion. On s’assoit autour d’une immense table sur laquelle se trouvaient des verres, et des bouteilles de vins du Rhin. Je suis en face du bourgmestre, Jean-Louis à côté de moi. Le bourgmestre tape sur son verre, se lève et commence son discours… et c’était le discours de Roger Carel. En pire, mais très proche de ce que Roger avait fait, commençant par un épouvantable « Cher Jean-Louis Renaud, chère Madeleine Barrault ». C’était effrayant car il n’était pas question de rire, tout le monde se mettait les mains devant la bouche, ne savait pas comment faire. Une horreur totale (rires). 

Dans la même tournée, il y avait en plus du « Mariage de Figaro », « Rhinocéros » d’Eugène Ionesco dans laquelle jouait Roger (moi je ne jouais pas dedans). Un soir on était à Cologne ou à Munich, je ne m’en souviens plus. Au rappel, Jean-Louis demande « Mais où est Roger Carel ? Je veux que tout le monde soit là au rappel ! ». C’était la consigne, même pour les comédiens qui avaient des petits rôles et qui n’apparaissaient qu’au début de la pièce, il fallait être là à la fin pour saluer avec tout le monde. Jean-Louis s’énerve « Pourquoi le régisseur l’a laissé partir !», tout un pataquès. Ca se calme, on part dans la brasserie où Jean-Louis avait réservé une table pour les membres de la troupe qui en avaient envie, dont moi, on s’installe, un maître d’hôtel qui parle à peine français nous dit « On a de la chance, on a un de nos serveurs qui s’exprime un peu en français ». On voit arriver un serveur en veste blanche impeccable avec une grosse moustache, qui prend les commandes, nous parle en français avec accent, revient nous servir, etc. pendant un grand moment du repas. Un doute commence à m’effleurer, et à la fin du repas, on comprend que c'est Roger, et il enlève sa moustache. Il avait préparé ce canular avec beaucoup de soin, il était parti en vitesse à la brasserie avant la fin de la pièce pour soudoyer un des garçons pour qu’il lui passe sa tenue et qu’il prépare sa blague. Jean-Louis a beaucoup ri et lui a pardonné. C’était un immense moment, l’une des choses dont il était capable d’une façon invraisemblable. 

P. Clay, R. Carel, E. Dandry, D. Paturel
enregistrement du feuilleton radio
Les Cinq sous de Lavarède (1980)  

Roger faisait également des canulars téléphoniques tout le temps, il nous appelait avec un accent roumain ou américain : « J’ai besoin de vous pour un enregistrement demain matin dans tel studio ». On était habitué, alors on rappelait toujours le studio pour vérifier. 

Il était tellement merveilleux, on ne pouvait pas lui en vouloir, on était les premiers à rire de ses blagues magnifiques. Elles étaient pleines d’imagination et d’humour, c’est ça qui était extraordinaire.» 

Roger Carel jugé par le Tribunal des Flagrants Délires du 12 novembre 1980, 
pour ses accents douteux.
Avec Pierre Desproges (procureur), Claude Villers (juge), Luis Rego (avocat), 
Pierre Trabaud et Gilles Marchal (témoins), Georges Rabol (pianiste)

Passionné de dessin (il dessinait lui-même, et adorait rencontrer des dessinateurs (Michel Plessix, Nicolas Barral, Marc Bourgne, etc.) lorsqu'Albert Uderzo l'emmenait à des festivals de bande dessinée pour faire des lectures dessinées d'Astérix), d’histoire et de musique classique, Roger était également très intéressé par les gadgets et les nouvelles technologies. Quand il s’est mis à internet, je lui ai donné quelques cours (comme je l'ai fait pour d'autres amis artistes de sa génération), et j’ai créé avec son accord une fan-page Facebook « officielle » dans laquelle je lui avais proposé de partager ses archives photo et de les commenter. Il y recevait un très volumineux courrier de fans, que je lui transmettais par mail. Ces messages sont un témoignage de l’immense amour que lui porte le public. 
Avec Anthony Daniels (C3PO)
Les fans qu’il rencontrait à des conventions étaient frappés par sa modestie, sa patience et sa générosité (Roger ayant toujours refusé de faire payer ses photos dédicacées, contrairement aux artistes américains présents à ces mêmes conventions). 
Cette affection du public ne lui montait pas à la tête car il avait un regard très lucide et un peu fataliste sur la célébrité. Lui parlant d’un grand second rôle qui semblait avoir pris la grosse tête, Roger m’avait raconté qu’un jour, dans les années 60, prenant un café avec une immense star du théâtre et de la chanson de l’entre-deux guerres, une personne était venue lui (Roger) demander un autographe. Roger propose « Vous ne souhaitez pas en profiter pour demander également un autographe à Madame…. ? », mais la personne ne savait pas qui c’était. Roger constatait que les artistes étaient très rapidement oubliés et qu’il ne fallait donc jamais se prendre trop au sérieux.

Décembre 2010, à la suite de premiers problèmes de santé, Roger décide de lever le pied, et de refuser tout travail (sauf très rares exceptions), afin de ne pas faire de jaloux parmi ses amis directeurs artistiques ou les studios qui l’emploient. Il suggère aux sociétés de doublage de le remplacer dans ses rôles habituels par son ami Jean-Claude Donda (avec qui il avait enregistré bon nombre de dessins animés, comme La Bande à Picsou, Les Pierrafeu, etc. et qui avait déjà remplacé Roger sur des chansons de Winnie), et annonce officiellement sa retraite sur mon blog, à l’occasion de l’exposition qui lui est consacrée au Château de Villemomble. 
Jean-Claude prend la relève de Roger notamment sur les nouveaux Winnie l’Ourson (dès 2011), Harry Potter (Professeur Slughorn), Star Wars (C3PO), quelques projets Astérix et Il était une fois..., etc. Avant chaque nouveau projet, il appelle Roger pour le prévenir. Pour les Hercule Poirot inédits, plusieurs comédiens passent les essais et c’est finalement Philippe Ariotti qui est choisi. Le comédien rencontrera David Suchet à Londres et rapportera à Roger une jolie dédicace. 

Hommage à Roger Carel par Jean-Claude Donda (chant), Mathieu Serradell (piano et arrangements), Greg Philip (montage audio) et Rémi Carémel (présentation)
Soirée "Dans l'ombre des studios fête son non-anniversaire" (18 avril 2016)

Fin 2012, par fidélité pour son vieux copain Albert Uderzo et à la demande d’Alexandre Astier, Roger accepte de reprendre du service pour doubler une dernière fois Astérix, dans Astérix : Le Domaine des Dieux. Alexandre Astier organise une première rencontre entre Roger et Guillaume Briat (nouvelle voix d’Obélix) pour s’assurer que le duo est bien assorti. Les enregistrements ne commencent pas sous les meilleurs auspices : pour la première séance (le 29 janvier 2013), Roger a une bronchite, et le taxi qui devait le prendre arrive en retard. Lui qui n’était jamais arrivé en retard à un rendez-vous professionnel, arrive à 85 ans pour la première fois en retard en studio. 
L. Clichy, R. Carel et A. Astier
(Photo: R. Carémel)
Le 23 mai 2013, j’assiste à la dernière séance de voix de Roger pour le film, qui est aussi la dernière de sa carrière. Voici un extrait des notes que je prends sur place : « Roger nous raconte que sur l’insistance de Disney, il a enregistré récemment la voix de Kaa pour un bonus du Blu Ray du « Livre de la Jungle ». « Le Parisien voulait que je pose avec un boa, j’ai dit non ! (rires) ». La plupart des séquences d’ « Astérix : Le Domaine des Dieux » sont encore à l’état de storyboard, Laurent Morteau a enregistré au préalable une voix témoin d’Astérix. Alexandre Astier, Louis Clichy (co-réalisateur du film), un assistant, une directrice artistique, une chargée de production Hachette et un ingénieur du son supervisent la séance. Alexandre Astier veut amener Roger dans une direction différente de celle qu’il prend d’habitude pour le personnage, en gommant un peu les intonations « caréliennes » pour aller vers un ton plus « Kaamelott ». Roger se laisse faire, c’est intéressant, mais quand Roger enregistre une réplique plusieurs fois... ce n’est pas forcément la prise que je préfère (plus dans l'esprit des Astérix passés) qui est gardée par Alexandre Astier. » 

Séance de travail pour la page
Facebook "Roger Carel"
(décembre 2014)

Deux ou trois semaines après, courant juin 2013, la santé de Roger se dégrade brusquement. Fragilisé, souhaitant que ses fans et amis gardent de lui le meilleur souvenir, Roger refuse désormais tout travail, et également de paraître en public ou de répondre à des interviews téléphoniques. C’est important de le préciser, car je sais qu’en répondant, en son nom, par la négative à de très nombreuses sollicitations que je recevais sur sa page Facebook, nous avons certainement fait quelques déçus. 
Parmi les quelques requêtes exceptionnelles (au milieu d’un très volumineux courrier) que je lui transmets pendant cette période, celle d’une jeune femme m’écrivant que son meilleur ami, non-voyant, est fou de la voix de Roger et va bientôt fêter ses 30 ans. Le jour J, Roger l’appelle pour lui souhaiter son anniversaire. Je le mets aussi en contact avec Anne-Sophie Mercier, journaliste du Canard Enchaîné que j’apprécie beaucoup, et qui écrit une biographie de Michel Piccoli. Roger me fera par ailleurs la gentillesse de m’enregistrer en 2015 la voix-off de la bande-annonce de mon spectacle « Dans l’ombre des studios : Mélodie Cocktail » consacré aux grandes voix des doublages Disney.

Après sept années difficiles, au cours desquelles Liliane, sa formidable épouse, a été d’un soutien sans faille, Roger s’est éteint, à l’hôpital du Raincy-Montfermeil (et non à Aigre, comme cela a été annoncé par erreur dans les médias), vendredi 11 septembre 2020. Conformément à ses dernières volontés, ses obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité familiale en région parisienne, et il repose désormais auprès de ses parents à Aigre-Villejésus, en Charente. 
Mi-octobre, Dubbing Brothers a renommé son studio 15 "Auditorium Roger Carel".
 
Nous croyions Roger éternel, et il va énormément nous manquer. Je pense très affectueusement à Liliane, ainsi qu’aux deux fils et aux petits-enfants de Roger.


L’hommage du réalisateur Philippe Sisbane, pour Dans l’ombre des studios

    « La vache, la vache, ça n’est jamais qu’un pis-à-lait ! » Cet audacieux calembour entendu dans la version française d’un épisode du Muppet Show m’avait tourné dans la tête depuis mes 14 ans. Seul Roger Carel pouvait faire passer des traductions aussi surréalistes ! Il avait également marqué mon enfance par son interprétation tout aussi inspirée du chat de Chester dans le deuxième doublage de la version disneyenne d’« Alice au pays des merveilles ». 
    C’est pourtant pour lui proposer un rôle tout à fait dramatique que je le contactai par téléphone, un matin de 1993 : j’avais écrit un court métrage avec Franck Dubosc, « Doudou Perdu », l’histoire d’un prêtre qui, en 1944, conduisait un groupe d’enfants juifs à travers le bocage normand, vers la Kommandantur. 
    Roger était ce jour-là en vacances, le courrier marchait mal, et j’avais été conduit à lui faxer le scénario à la Poste du village ! Il me rappela le soir même pour me donner son accord ferme et définitif. 
    Le tournage en Basse-Normandie s’avéra plus éprouvant que prévu : la pluie ne s’interrompait que quelques minutes par jour et je craignais que les quatre enfants ne se démotivent. J’avais tort : d’une part les gamins se révélaient d’un courage à toute épreuve, d’autre part Roger focalisait leur attention, entre les prises, avec toutes les voix des personnages de Walt Disney ou de George Lucas qu’il convoquait à leurs oreilles subjuguées. 
    Deux ans plus tard, Roger me laissa l’embarquer dans un autre court métrage où il incarnait Sigmund Freud et, quelque temps après, dans un moyen métrage (« Le Coma des Mortels »). La comédie affleurait cette fois dans la composition qu’il avait concoctée d’un Colonel trafiquant de plutonium, fasciné par les mille et un usages de la radioactivité. La dose (homéopathique) de surréalisme attachée à ce personnage séduisait Roger : elle lui permettait de retrouver cette familiarité qu’il pouvait entretenir avec certain décalage par rapport à ce qui aurait été une interprétation « normale » de son texte. 
    Nous nous connaissions désormais pour de bon et le tournage de ses scènes fut pour moi un vrai moment de bonheur : un de ces souvenirs d’harmonie qui perdurent, intacts, des années plus tard, et rappellent, dans les jours d’orage, que l’accord parfait avec un grand acteur reste, toujours, une option possible ! 

    Je n’imaginais pas que Roger Carel pût vieillir, et chaque personnage s’avérait un peu plus jeune que le précédent. À quelque temps de là, lorsque je lui proposai un rôle dans ce qui serait notre quatrième film ensemble, son enthousiasme initial ne me préparait guère à un refus. Et c’est par écrit qu’il me répondit pour, hélas, refuser ce personnage qui lui semblait cette fois trop éprouvant à incarner : « Je deviens paresseux ces temps-ci » m’expliquait-il pudiquement. 
    Il y a quelques années, Roger Carel s’était inquiété de voir les planches de mes story-boards se disperser ou s’abimer, et m’avait encouragé à les classer et les encoller sur du carton – et sa véhémence à m’en convaincre m’avait touché. J’avoue avoir laissé passer quelques temps avant de m’y atteler mais, ayant finalement suivi son conseil, je me faisais une joie de l’inviter à venir voir le résultat – et le cas que je faisais de ses affectueuses recommandations. C’est ce matin-là que j’ai appris que la maladie avait commencé de l’atteindre et que nous ne nous verrions plus à mon domicile. 

    Merci Roger, pour ta confiance indéfectible, pour ton élégante générosité, ton tact. Et pour ton attentive sollicitude : plusieurs fois tu m’avais aidé à surmonter le trac dans les couloirs des studios de télévision où nous étions interviewés. Tu me répétais dans ces moments-là – à moitié sérieux : « La vie est un combat ! ». Les vrais amis en atténuent l’âpreté.

Philippe Sisbane 


L’hommage du dessinateur Nicolas Barral, pour Dans l’ombre des studios :


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