vendredi 29 mai 2020

Vidéo confinée n°2: Ode à la nuit (Tintin et le Temple du Soleil)


Avec l’aide de nombreux amis artistes, je profite du confinement pour réaliser à distance des vidéos musicales de chansons de film que je voulais depuis longtemps monter en concert pour une soirée « Dans l’ombre des studios » (comme je l’avais fait autour des grandes voix Disney en 2015 et 2016). L’occasion de revenir sur l’histoire de ces chansons, et d’ouvrir mes archives. Aujourd’hui : « Ode à la nuit », écrite et composée par Jacques Brel et arrangée par François Rauber pour le film d’animation Tintin et le Temple du Soleil (1969).
(Remerciements à Serge Elhaïk, Claude Ermelin, Gérard Rauber et à la regrettée Lucie Dolène)

Entre la production du film d’animation Astérix et Cléopâtre (1968) et celle de Lucky Luke : Daisy Town (1971), Raymond Leblanc lance un autre projet pour les studios Belvision : Tintin et le Temple du Soleil (1969), compilant en un film le diptyque Les Sept Boules de Cristal / Le Temple du Soleil.
Raymond Leblanc cherchant un compositeur pour la musique du film, Henri Gruel (responsable des effets sonores, également producteur et scénariste) lui suggère François Rauber (compositeur, et fidèle arrangeur de Jacques Brel), avec qui il a travaillé pour des disques pour enfants chez Philips.
François Rauber
François Rauber compose et arrange plusieurs instrumentaux chronométrés précisément à l’image du film. Les séances ont lieu au Studio Davout (prise de son : Claude Ermelin), où un écran projette le film au-dessus des musiciens. Deux de ces instrumentaux sortiront plus tard en vinyle : le générique et la « Danse de Jauga » (superbe morceau, très inspiré par la musique andine, mais avec aussi d’autres influences, comme le folklore provençal). Un autre instrumental, « Les Dupond au Pérou » sortira plus tard en CD dans la compilation Tintin au cinéma (1998). Les autres instrumentaux sont inédits en disque. Peut-être peut-on espérer dans les prochaines années une « expanded edition » chez Universal ou Music Box Records ?

Et les chansons ? François Rauber s’en souvenait dans un entretien avec Serge Elhaïk (reproduit dans Les arrangeurs de la chanson française, éditions Textuel) : « Raymond Leblanc, qui était belge, avait connu Jacques Brel par le passé. Quand il a souhaité deux chansons pour le personnage de Zorrino dans Tintin et le Temple du Soleil, il m’a naturellement demandé de solliciter Brel pour les écrire. Ce dernier a accepté, alors que j’étais convaincu qu’il refuserait, puisqu’il avait pris ses distances avec le métier à cette époque. »
Jacques Brel écrit et compose spécialement deux chansons (dont les manuscrits ont été vendus aux enchères en 2008) qui sont de véritables merveilles : « Ode à la Nuit » chantée par Zorrino (scène où Tintin, Haddock et les Dupondt s’endorment dans la forêt) et « Chanson de Zorrino » chantée en duo par Zorrino et la fille du chef Inca (scène là encore nocturne, où Zorrino, emprisonné, est désespéré par son exécution prochaine). Pour ces deux chansons, François Rauber choisit une orchestration assez similaire, qui tranche avec l’orchestration des instrumentaux du film : petit chœur féminin, harpe, glockenspiel, guitares, contrebasse, flûtes (avec en plus une flûte alto pour « Chanson de Zorrino »), trompette (avec sourdine pour « Chanson de Zorrino »), clarinette (pour « Ode à la Nuit »), percussions (pour « Chanson de Zorrino »).
« Ode à la nuit », malheureusement coupée lors de certaines diffusions télévisées, me fait fortement penser par son rythme, son ambiance, sa couleur orchestrale, etc. à « L’Ostendaise » enregistrée un an plus tôt par le même Jacques Brel.

Jacques Brel: "L'Ostendaise"

Lucie Dolène
C’est notre magnifique Lucie Dolène (voix de Zorrino également pour les dialogues, enregistrés à la S.P.S. avec Serge Nadaud à la direction et Jean Neny au son) qui enregistre les deux chansons (en duo avec Linette Lemercier pour la seconde), qui feront partie des préférées de son répertoire. Comme elle me l’avait raconté dans mon entretien pour « Dans l’ombre des studios » : « Jacques Brel avait écrit certaines chansons avec François Rauber et ce film lui tenait à cœur car à l’époque il commençait le tournage de « Mon Oncle Benjamin » et je me souviens qu’il avait annulé tous ses rendez-vous ce jour-là pour rester avec nous jusqu’à la fin de l’enregistrement. Il y avait Hergé qui était là aussi, adorable, la crème des hommes. Il était très content de notre travail. »
Claude Ermelin, qui était à la prise de son, se souvient lui aussi de la gentillesse de Hergé… et de son regret de ne pas avoir pensé à lui demander une dédicace.
Quand Lucie parle du « début de tournage » de Mon oncle Benjamin, il s’agirait plutôt des préparations hippiques et sportives (comme Lucie l’a ultérieurement précisé à mon ami Grégoire Philibert pour son autobiographie, Hollywood, non merci ! bientôt publiée chez L’Harmattan), les séances dateraient certainement de mars ou avril 1969 (peut-être le 16 avril, avec Danielle Licari et Jackye Castan dans les choeurs).

En mai 1969, une copie de travail est projetée au MIPTV de Cannes. On apprend dans l’excellent livre Belvision (de Daniel Couvreur, éditions Le Lombard) que Raymond Leblanc avait notifié à François Rauber qu’il trouvait la musique trop « ironique, grinçante, parodique. C’est un film d’aventures et pas un Walt Disney. Le thème doit être plus grave, plus mélodique. Moins lyrique, moins sentimental », remarques qui me paraissent un peu contradictoires et qui ont dû laisser François Rauber perplexe. On ne sait pas si suite à ses remarques certains passages ont été réenregistrés ou pas. Raymond Leblanc et François Rauber ont en tout cas continué à collaborer ensemble sur Tintin et le Lac aux Requins (1972)).

Le film sort en salles le 17 décembre 1969.


NOTRE REPRISE CONFINÉE

« Ode à la Nuit » faisait (et fait toujours) partie des chansons que je souhaitais depuis longtemps monter pour un concert « Dans l’ombre des studios ». Mon amie Lucie Dolène ne pouvant alors plus se produire sur scène pour des raisons de santé, j’en avais parlé il y a deux ou trois ans à Rachel Pignot, non pas par association d’idées (Rachel ayant « remplacé » Lucie lors du redoublage de 2001 de Blanche Neige et les Sept Nains), mais parce que tout simplement, parmi les nombreux artistes que je connaissais, elle était pour moi la meilleure interprète possible sur cette chanson. Rachel avait alors été très emballée car c’était une chanson qu’elle aimait depuis toujours, sans savoir jusque-là qu’elle était chantée par Lucie Dolène.
J’avais fait des démarches auprès de la famille Rauber pour retrouver les partitions, mais malheureusement, comme François Rauber n’avait pas composé mais seulement écrit les orchestrations sur cette chanson, elles étaient introuvables.
Lors des premiers jours du confinement, c’était tout naturel qu’ « Ode à la nuit » ferait partie des chansons que nous allions enregistrer à distance. Et puis, la santé de Lucie, déjà très faible, s’est dégradée. Et ce qui devait être un simple projet de reprise s’est transformé en hommage, quand Lucie nous a quittés le 9 avril 2020.
N’ayant aucune partition, j’ai proposé à Mathieu Serradell deux options : un accompagnement minimaliste (accordéon ou piano) ou un arrangement se rapprochant de l’original, sachant que je pourrais solliciter, parmi mes amis, une harpiste (Barbara-Jane), un flûtiste/clarinettiste (Jean-Pierre Solvès) et des choristes (Wassila Benaïssa, Eléonore Duizabo, Sandra Gaugué et Cécile Oechsner de Coninck, que j’ai choisis en fonction de la douceur de leur voix et de l’homogénéité possible de leurs quatre voix réunies). A ma grande joie, Mathieu a choisi la seconde, et je dois dire que j’ai été très ému quand le lendemain (!) il m’a envoyé une première simulation d’arrangement, absolument magnifique.
Je suis heureux de vous présenter cet hommage, dû au talent de tous ces artistes et de nos fantastiques Grégoire Philibert (montage vidéo) et Stéphane Bonduel (montage audio et mixage).

Pour Lucie…




Chant solo confiné : Rachel Pignot.
Accompagnement musical confiné : Barbara-Jane (Harpe), Mathieu Serradell (Claviers) et Jean-Pierre Solvès (Flûtes, clarinette).
Chœurs confinés : Wassila Benaïssa, Eléonore Duizabo, Sandra Gaugué et Cécile Oechsner de Coninck.

Idée originale, distribution artistique et coordination confinées : Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios).
Arrangements et direction musicale confinés : Mathieu Serradell (d’après les arrangements originaux de François Rauber)
Montage vidéo confiné : Grégoire Philibert
Mixage confiné : Stéphane Bonduel

« Ode à la Nuit » du film d’animation « Tintin et le Temple du Soleil» (1969) :
Paroles et musique : Jacques Brel / Arrangements originaux : François Rauber / Interprète originale : Lucie Dolène / Éditions musicales : Éditions Raymond Leblanc

Les musiciens, chanteurs et techniciens remercient leurs proches (notamment Perle Solvès) pour leur patience et leur aide technique.

Cette vidéo est dédiée à la mémoire de notre amie Lucie Dolène (1931-2020).



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lundi 27 avril 2020

Vidéo confinée n°1: I'm a poor lonesome cowboy (Lucky Luke: Daisy Town)


Avec l’aide de nombreux amis artistes, je profite du confinement pour réaliser à distance des vidéos musicales de chansons de film que je voulais depuis longtemps monter en concert pour une soirée « Dans l’ombre des studios » (comme je l’avais fait autour des grandes voix Disney en 2015 et 2016). L’occasion de revenir sur l’histoire de ces chansons, et d’ouvrir mes archives. Aujourd’hui : « I’m a poor lonesome cowboy », composée par Claude Bolling pour le film d’animation Lucky Luke : Daisy Town (1971).
(Remerciements à Manuelle Pefferkorn-Mazerand et Daniel Barda, ainsi qu’à Claude et David Bolling, Claude Ermelin, Alice Herald, Philippe Baudoin, Michel Lorin et au regretté Gérard Rinaldi)


HISTORIQUE DE L'ENREGISTREMENT

Au moment de la sortie en salles d’Astérix et Cléopâtre (1968), les éditions Dargaud confient aux studios Belvision un nouveau projet de film d’animation, cette fois-ci centré sur le personnage de Lucky Luke. René Goscinny, Morris et Pierre Tchernia écrivent un scénario original, Lucky Luke, nommé également Daisy Town. Quelques temps plus tôt, la femme du grand Claude Bolling, Irène Bolling, journaliste à Paris Match, avait interviewé Goscinny et Uderzo, et à la suite de ça les avait présentés à Claude, qui leur avait manifesté son désir de travailler sur une musique de dessin animé.
Claude Bolling est appelé pour composer la musique de Lucky Luke : Daisy Town. Il reçoit un storyboard (avec une annotation manuscrite de René Goscinny sur l’image du panneau planté par les pionniers : « Et la musique commence ! Merci Claude ! ») et travaille sur des idées de chansons.

Le 26 février 1970, Nicole Croisille, habituée des séances de Claude Bolling (elle a notamment fait partie des premières séances des Parisiennes) enregistre la chanson du saloon (Daisy Town Saloon Song) dont elle a écrit les paroles, en anglais. Elle est entourée de Claude Bolling (piano et direction), Tony Rallo (guitare), Fernand Garbasi (banjo), Alphonse Masselier (contrebasse), Teddy Hocquemiller (batterie, wahsboard), Danielle Licari, Anne Vassiliu et Danièle Bartoletti (chœurs).
Cet enregistrement est a priori une maquette (introuvable), car un reportage (tourné plus tard (certainement en octobre 1970) et diffusé en décembre 1970) montrera une autre séance d’enregistrement de cette chanson, avec une équipe légèrement différente (Nicole Croisille (chant solo), Claude Bolling (piano et direction), William Azoulay (banjo), Max Hediguer (contrebasse), Gérard Bagot (washboard), Françoise Walle, Anne Vassiliu et Danièle Bartoletti (chœurs)).

Enregistrement de la "Daisy Town Saloon Song" (certainement octobre 1970), suivie d'un extrait de la maquette d'octobre 70 de "I'm a poor lonesome cowboy"


Une deuxième vague de séances (dirigée par Claude Bolling) a lieu en octobre 1970, principalement pour des maquettes de chansons, ou des morceaux nécessaires à l’animation des personnages.
Parmi les titres enregistrés pendant cette période, la maquette de la chanson principale, « I’m a poor lonesome cowboy ». Depuis 1955 (album Des rails sur la prairie), les albums de Lucky Luke se terminent par une image de Lucky Luke  à cheval, au soleil couchant, chantant « I’m a poor lonesome cowboy and a long way from home», extrait des paroles de « I’m a poor lonesome cowboy », chant traditionnel des pionniers américains, que Morris avait entendu pendant ses années aux Etats-Unis (certainement dans la version du groupe Sons of the Pioneers).

Sons of the Pioneers: "I'm a poor lonesome cowboy" (chant traditionnel, c.1950)



Jack Fishman
Sur cette simple phrase, Jack Fishman (1920-1997), à qui l'on doit les paroles de quelques tubes ("Help yourself" pour Tom Jones, "If Paradise (is half as nice)" pour Amen Corner) écrit les textes de toute une chanson, et Claude Bolling compose une musique originale assez inspirée du chant traditionnel. Cette toute première version, intitulée « Lonesome cowboy : version d’origine 2 » sur le score d’orchestre d’époque (soliste, chœurs, harmonica, guitare électrique, guitare acoustique, banjo, pedal steel, basse, batterie, percussions, synthé (cordes)) a peut-être été enregistrée pour une première maquette, mais est a priori introuvable.
Claude Bolling retravaille encore la mélodie et la fait enregistrer en maquette le 1er octobre 1970, avec au chant le guitariste folk canadien Don Burke (membre du quatuor Les Troubadours, et voix chantée de Gene Kelly dans Les Demoiselles de Rochefort) et un quatuor de choristes composé d’Anne Germain, Alice Herald, Bob Smart et Jean Stout (voix de basse profonde), tous les quatre habitués des séances de chansons pour des musiques de film. Alice Herald s’en souvient : « René Goscinny était présent lors de l’enregistrement, et j’avais eu la chance de pouvoir discuter avec lui. J’étais une fan absolue de Pilote à ce moment-là et il avait répondu avec beaucoup de gentillesse à mes questions sur les dessinateurs du journal. » Cette maquette a été exhumée il y a quatre ans par Music Box Records dans l’excellent triple-CD consacré aux musiques des Lucky Luke (Pat Woods y est crédité par erreur, mais c’est bien Don Burke dans la maquette).


"I'm a poor lonesome cowboy": maquette du 1er octobre 1970

Gérard Rinaldi
Une autre chanson est a priori enregistrée en octobre 1970, vraisemblablement sous la forme d’une maquette, « Voilà le quadrille ». Pour la chanter, Gérard Rinaldi est contacté, mais comme il me l’avait raconté, il était alors sous contrat avec Les Charlots et n’avait pas le droit de se produire comme soliste. Il prend un pseudonyme, Gérard Dinal. Cette chanson sera donc enregistrée pour le film par Gérard Rinaldi (version définitive a priori en juillet 1971), et pour le disque par Philippe Clay en français (« Voilà le quadrille ») et par Don Burke (crédité par erreur Dan Burke) en anglais (« Stamp your feet », 4 octobre 1971). Dans le morceau, les danseurs tapent du pied. Ces enregistrements seront faits plus tard (a priori juillet 1971). Daniel Barda, ancien assistant de Claude Bolling, s’en remémore : « J’avais fait venir trois ou quatre copains, comme Gilles Petit, et on tapait du pied au moment où Claude Bolling nous le demandait ».

En octobre 1970, deux séances réunissent un très grand nombre de percussionnistes, visiblement pour les enregistrements des deux morceaux « indiens ». « En lisant les noms des musiciens que vous avez retrouvés, il n’y avait que des pointures, comme Sylvio Gualda, qui était le percussionniste de l’orchestre de l’Opéra et des Percussions de Strasbourg, un musicien formidable. Il fallait beaucoup de monde afin de faire un ramdam suffisant pour la musique des indiens. A l’époque on ne lésinait pas sur les budgets » témoigne Daniel Barda.
Je n’en ai pas trouvé la trace, mais c’est certainement aussi à cette période que Claude Bolling a enregistré lui-même les parties de piano « saloon » afin que l’animation du piano mécanique soit calquée sur le son.

Daniel Barda
Au printemps 1971, Daniel Barda devient l’assistant de Claude Bolling : « En 1965, j’étais trombone du groupe Les Haricots Rouges. Notre groupe et le big band de Claude Bolling se sont tous deux retrouvés programmés dans un festival au château de Lunéville. Notre vestiaire, c’était la chapelle du château, dans laquelle il y avait un piano à queue. Nos pauses étaient à peu près ensemble, et lors d’une pause je me suis mis à jouer du piano classique, la berceuse de Chopin. Quand j’ai fini de jouer, j’ai vu Claude Bolling à côté de moi, la bouche ouverte. Je ne l’ai plus revu pendant cinq ans. Et en 1970, il me voit jouer dans un club, le Drugstore Saint-Lazare, et m’appelle à sa table : « C’est bien vous que j’ai vu jouer du piano à Lunéville ? Pourriez-vous me donner des leçons de piano ?». Je lui ai fait répéter trois fois sa question, c’était le monde à l’envers ! Il m’a expliqué qu’il voulait travailler le déchiffrage. Très gonflé, j’ai accepté, et à partir de septembre 1970, j’allais tous les dimanches chez lui avec des partitions classiques à travailler. Il s’est établi un climat assez sympa, et comme son précédent assistant était parti, il m’a proposé le poste (printemps 1971). C’était l’époque où il était en pleine préparation de « Lucky Luke », et j’ai eu la grande chance de déjeuner chez René Goscinny, j’étais très content de rencontrer cet homme extraordinaire et adorable. »

Claude Bolling
Alors qu’il arrivait parfois à Claude Bolling, comme beaucoup de compositeurs de sa génération, surchargés de travail, d’engager des collaborateurs (crédités ou pas) pour faire les arrangements de ses musiques de film ou au moins arranger les cordes (Vladimir Cosma (également arrangeur de Michel Legrand, avant de voler de ses propres ailes), Pierre Porte, Régis Dubost (alias Matheus Grand), Claude Germain, etc.), Claude Bolling s’investit particulièrement dans la musique de Lucky Luke : Daisy Town. « Claude me demandait parfois un coup de main sur ses orchestrations quand il avait des doutes sur la tessiture de certains instruments, mais je peux témoigner qu’il a travaillé jour et nuit sur la composition et l’arrangement de « Lucky Luke : Daisy Town ». Contrairement à la plupart des compositeurs, qui faisaient leur arrangement sans instrument, Claude se mettait à son piano, et avait fait installer un pupitre géant pour pouvoir placer les scores et écrire ses orchestrations » se souvient Daniel Barda.

Pendant l’été 1971, la production du film a bien avancé, et l’enregistrement de la musique définitive commence au Studio Davout (avec Claude Ermelin à la prise de son), sachant que des versions alternatives (plus longues) sont enregistrées lors de ces mêmes séances pour une sortie en disque, comme cela était courant à l’époque. Daniel Barda assurait, à la manière d’une script sur un tournage, le suivi en cabine : « Sur Lucky Luke, j’assistais à toutes les séances avec la partition sous les yeux, et devais indiquer s’il y avait des choses qui n’allaient pas. Je contribuais également aux bruitages du film.»

Le 2 juillet 1971, le chant solo et les chœurs d’ « I’m a poor lonesome cowboy » sont enregistrés : une version longue pour le disque (trois couplets, quatre refrains, une coda) qui sera découpée en plusieurs parties pour le film, et des versions alternatives.
Les couplets sont chantés par Pat Woods, guitariste (a priori américain, et qui vivrait actuellement en Irlande du Nord) alors assez connu dans le petit milieu folk parisien, Claude Bolling l’aurait repéré en l’entendant chanter dans la rue. Sa voix est un peu plus « country » que celle, plus douce, de Don Burke, qui avait enregistré la maquette un an plus tôt. Comme dans la maquette, la voix de basse profonde, qui fait toute la force de cet arrangement, est assurée par Jean Stout (voix chantée de Baloo dans Le Livre de la Jungle, etc.), l’une de cinq voix de basses dans les studios parisiens à cette époque-là, et certainement le seul à timbrer autant dans le grave.
Pour les chœurs, quelques choristes studio habituels (Janine de Waleyne, Anne Germain, Danièle Bartoletti, Anne Vassiliu, Claudine Meunier, Henri Tallourd, Claude Germain, Vincent Munro), une moins habituelle (la chanteuse martiniquaise Stella Felix) et, afin d’obtenir un son américain, des « renforts » venus de la communauté d’artistes anglophones expatriés, ou de passage à Paris à ce moment-là : la chanteuse folk américaine Mary Rhoads, l’harmoniciste et chanteur folk anglais John Wright, la chanteuse de jazz anglaise Beryl Bryden, le chanteur et musicien canadien Don Burke (dont j’ai parlé précédemment), le guitariste américain Roger Mason et l’acteur américain Charles Pfluger.

Jean Richard
Le 26 septembre 1971, Jean Stout enregistre en solo le « Dalton Theme » (répétant tout au long du morceau « The Daltons »), qui sera pas mal coupé pour le film. Dans cette chanson, on entend un fouet. Le « fouetteur » n’est autre que l’acteur Jean Richard (commissaire Maigret). Daniel Barda s’en souvient : « Comme je faisais en parallèle des études de direction d’orchestre, Claude Bolling m’a confié la direction de plusieurs de ses musiques comme « Borsalino and co » et « La Mandarine ». On avait aussi assisté à une projection de "La Grande Bouffe" mais nous avions été tellement mal à l'aise en voyant les images que Claude a refusé de composer la musique. J'ai aussi dirigé les enregistrements du disque de l’opérette « Monsieur Pompadour », dont il avait écrit la musique, avec Jean Richard dans la distribution. Comme Jean Richard, en dehors de son activité de comédien, dirigeait un cirque, Claude lui a demandé s’il ne connaissait pas quelqu’un qui pourrait venir donner quelques coups de fouet pendant la séance. Jean lui demande la date, et lui dit qu’il trouvera quelqu’un. Et grosse surprise, le jour de la séance, Jean Richard arrive avec son propre fouet. Au Studio Davout il y avait quatre studios, on s’installe dans la petite salle. Jean Richard était debout sur un tabouret avec son fouet, et Claude Bolling lui disait « je vais te faire signe à chaque fois qu’il faudra que tu donnes un coup de fouet ». J’étais tout seul à voir ça, je devais vérifier si les coups de fouet étaient bien calés, etc. et c’était un moment trop drôle et absolument prodigieux. »

Les 27, 28 septembre et 4 octobre 1971 ont lieu les enregistrements de la plupart des morceaux instrumentaux.
Le 27, parmi tous les musiciens convoqués, un quintet à cordes (Lionel Gali (violon), Jean Gaunet (violon), Gabriel Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et Jean-Marc Rollez (contrebasse)) utilisé par exemple pour la musique des scènes d’animation de la ville.
Le 28, un beau big band pour les morceaux jazz comme l'extraordinaire « City Life » (récit dans lequel Joe Dalton dépeint au chef indien ce que vont devenir les terres indiennes), dans le pure style des musiques que Claude Bolling aime faire jouer par son big band. On peut repérer dans ce morceau une courte citation du standard bebop « Hot House ».
« Le 28, Claude dirigeait. J'avais noté dans mon agenda que c'était une grosse journée, on avait fait deux quarts d'heure supplémentaires le matin, et un l'après-midi.  Nous passions notre temps à courir après le minutage. Le soir nous avons avancé sur le mixage, c'était plus détendu ».
Jean Gaunet
(Photo: Rémi Foutel)
Et le 4, grand orchestre d’une soixantaine de musiciens dont les cordes et Georges Rabol au piano, pour le pré-générique, le générique de fin, la scène de la bataille, etc. « Il y avait le gratin, les cordes de la Garde Républicaine, de l’Opéra de Paris et de l’Opéra-Comique, des musiciens qu’on appelait les « requins de studio ». Les cordes étaient convoquées par Jean Gaunet, un homme charmant et très compétent, que j’ai fait travailler plus tard pour mes propres musiques de film» se souvient Daniel Barda.
Parmi les morceaux enregistrés durant ces trois jours, « Far West Choo Choo », la musique du train. Daniel Barda : « Claude ne savait pas trop comment faire la cloche de la locomotive, qu’on entend sur les trois premières notes. Je lui ai demandé si je pouvais faire un essai : j’ai pris un centre de bandes magnétiques en fer, l’ai suspendu à une ficelle et l’ai frappé avec la grosse clé de chez moi. Et c’est ça que vous entendez dans le film (rires) ».

Le montage définitif du film est fait sur la musique, et le film sort sur les écrans de cinéma le 20 décembre 1971. Un 33 tours comprenant un mélange de morceaux du film et de versions alternatives enregistrées spécialement pour le disque sort. En 1997, ces titres sont repris pour la plupart dans la compilation CD FGL/PlayTime Lucky Luke au Cinéma. En 2016, Music Box Records, sort un triple CD (Lucky Luke: bandes originales) avec des morceaux du film jusque-là inédits en disque.


LES SÉANCES

Voici un listing des séances, établi selon les feuilles de présence de production (Dargaud) de l’époque, que j’ai pu retrouver (un très grand merci à Manuelle Pefferkorn-Mazerand, Claude et David Bolling).

Quelques remarques :
-Certaines feuilles sont manquantes (pas de trace par exemple de Gérard Rinaldi ou de Philippe Clay, ni de certains instruments entendus dans le film comme l’orgue de barbarie ou les ondes Martenot)
-Comme dans la plupart des feuilles de séances de musiques de film de cette époque-là (avant, que dans les années 80, avec la loi Lang, la déclaration à la Spedidam devienne plus automatique, et les feuilles soient remplies plus précisément), les titres des morceaux ne sont pas indiqués. Selon les instruments, j’ai fait des suppositions sur les titres enregistrés.
-J’ai laissé les noms par ordre d’apparition sur la feuille plutôt que de les regrouper par instruments, car des musiciens pouvaient intervenir en début de séance sur un morceau, et d’autres arriver plus tard pour un autre morceau.
-Daniel Barda, en tant qu’assistant de Claude Bolling supervisant les enregistrements, est indiqué sur les feuilles comme « musicien cabine ». Parfois d’autres appellations (trombone, piano, orgue) sont indiquées, pour des raisons de production.
-Claude Bolling a dirigé lui-même les séances de 1970, juillet 71 et au moins une partie des trois journées de septembre/octobre 1971. Pour ces trois dernières, Pierre Chaillé (ancien directeur du studio Barclay, et chef d’orchestre) est indiqué sur les feuilles comme chef d’orchestre, mais Daniel Barda n’en garde aucun souvenir, et pense qu’il pourrait s’agir d’un arrangement entre Claude Bolling et Pierre Chaillé.
-Les feuilles de présence devaient respecter une convention très précise. Les musiciens indiquaient clairement s’ils avaient le droit à un supplément de salaire : solo petit (supplément de 25 ou 50%) ou grand (supplément de 100%), improvisation, instrument rare ou compliqué à transporter, dépassement d’horaire (compté en quarts d’heure), régie (convocation des musiciens). Et pour les chanteurs : chant en anglais, « doublage » (re-recording), etc.


Séance du 26 février 1970
Guitare : Tony Rallo
Banjo : Fernand Garbasi
Contrebasse : Alphonse Masselier
Batterie + Washboard : Teddy Hocquemiller
Chant solo : Nicole Croisille
Chœurs : Danielle Licari, Anne Vassiliu, Danièle Bartoletti
Piano + Direction : Claude Bolling
(A priori maquette de « Daisy Town Saloon Song »)

Séance du 1er octobre 1970, 9h
Violon soliste : Lionel Gali
Banjo + Guitare : Michel Gesina
Btre : Serge Bonnin
Drums : Jean-Marie Hauser
Chant : Anne Germain, Alice Herald, Bob Smart, Jean Stout
Guitare basse + Contrebasse : Max Hediguer
Banjo : William Azoulay
Washboard : Gérard Bagot
Guitare + Chant solo : Don Burke
Banjo : Jean-Yves Lozac’h
Direction : Claude Bolling
(Maquette de « I’m a poor lonesome cowboy ». Et a priori maquette ou enregistrement définitif de l’accompagnement de « Voilà le quadrille », comme le laisse penser la présence d’un violon solo)

Séance du 1er octobre 1970, 13h
Batterie : Arnaud Molinetti (soliste)
Percussions : Robert Solat (tumbas), Sylvio Gualda (grosse caisse, tumba), Guy Cipriani, Jean-Marie Hauser
Direction : Claude Bolling
(A priori enregistrement de « Danse indienne » et/ou « La lutte contre les indiens », en raison de la présence d’un grand nombre de percussionnistes. Et de la nécessité d’enregistrer la musique avant l’animation de la scène)

Séance du 13 octobre 1970, Davout
Batterie : Serge Depannemacker
Percussions : Michel Zalonghi, Serge Bonnin, Roger Paraboschi, Jean François, Emil « Bonbon » Boza, Emile Serré, Robert Solat
Mandoline : Jean-Michel Larie
Direction : Claude Bolling
(A priori enregistrement de « Danse indienne » et/ou « La lutte contre les indiens », en raison de la présence d’un grand nombre de percussionnistes. Et de la nécessité d’enregistrer la musique avant l’animation de la scène)

Séance datant certainement d’octobre 70, et diffusée dans un documentaire télévisé le 19 décembre 1970
Musiciens vus à l’image :
Chant solo : Nicole Croisille
Chœurs : Anne Vassiliu, Françoise Walle, Danièle Bartoletti
Direction + Piano : Claude Bolling
Contrebasse : Max Hediguer
Banjo : William Azoulay
Washboard : Gérard Bagot
(Enregistrement de « Daisy Town Saloon Song ». Version définitive ? Ou mise en scène pour la télévision ? On entend une voix en off, qui est certainement celle de Jean Stout)

Séance du 2 juillet 1971, 13h30, Davout
Violoncelle : Jean Lamy
Violon cowboy : Roger Berthier
Guitare : Raymond Gimenes
Guitare folk : Don Burke
Batterie : Armand Cavallaro (impro)
Harmonica : René Gary (soliste)
Basse électrique + Basse sèche : Max Hediguer
Guitare électrique + Requinto + Basse sèche : Fernand Garbasi
Banjo : Jean-Yves Lozac’h (soliste)
Musicien cabine : Daniel Barda
Direction : Claude Bolling
(Certainement la version définitive de « Voilà la quadrille », rythmique de « I’m a poor lonesome cowboy » et autres musiques)

Séance du 2 juillet 1971, 17h-20h, Davout
Basse acoustique : Max Hediguer
Chant solo : Pat Woods
Chœurs : Jean Stout (basse profonde solo), Janine de Waleyne (et convocation des chœurs), Danièle Bartoletti, Mary Rhoads, Charles Pfluger, Beryl Bryden, Don Burke, Anne Vassiliu, Claudine Meunier, Roger Mason, Stella Felix, John Wright, Henri Tallourd, Anne Germain, Claude Germain, Vincent Munro
Musicien cabine : Daniel Barda
Direction : Claude Bolling
(Enregistrement des chœurs de « I’m a poor lonesome cowboy » (découpé en plusieurs parties dans le film) et de ses déclinaisons)

Séance du 12 juillet 1971
Mandoline soliste: Jean-Michel Larie

Séance du 26 septembre 1971, 17h
Chant solo : Jean Stout
(A priori chant solo du « Dalton Theme »)

Séance du 27 septembre 1971, 9h-12h, Davout (studio A)
Quintet à cordes : Lionel Gali (violon), Jean Gaunet (violon et régie), Gabriel Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et Jean-Marc Rollez (contrebasse)
Harpe : Jean-Claude Dubois
Harmonica : René Gary (solo)
Guitare électrique : Michel Gesina (et banjo), Pierre Cullaz
Batterie : Armand Cavallaro
Basse électrique + Contrebasse : Max Hediguer
Percussions : Michel Lorin (xylo, vibra, marimba, glock, c. claire), Sylvio Gualda (trois timb. chro)
Flûte : Raymond Guiot (et piccolo)
Trombone basse : Gabriel Vilain
Trompette : Pierre Sellin (et bugle)
Hautbois : Claude Maisonneuve (et hautbois d’amour, cor anglais)
Cor : Daniel Dubar
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
Piano : Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
(Certainement enregistrement des versions film et disque de « La fondation de Daisy Town » et « Daisy Town Theme », et « Animation de la ville », comme le laisse penser la présence du quintet à cordes)

Séance du 27 septembre 1971, 13h30-16h30, Davout (studio A)
Quintet à cordes : Lionel Gali (violon), Jean Gaunet (violon et régie), Gabriel Beauvais (alto), Manuel Recasens (violoncelle) et Jean-Marc Rollez (contrebasse)
Harmonica : René Gary (solo)
Percussions : Michel Lorin (xylo, vibra, marimba, glock, bongo), Sylvio Gualda (timb+claire, marimba et P Mat Grey)
Trombone basse : Gabriel Vilain (solo)
Trompette : Pierre Sellin (et bugle)
Cor : Daniel Dubar
Batterie : Armand Cavallaro
Flûte : Yanet Puech (flûte en sol)
Hautbois : Claude Maisonneuve (solo)
Guitare : Pierre Cullaz (et banjo)
Guitare électrique : Fernand Garbasi
Basse électrique: Max Hediguer
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
Orgue : Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
(Certainement enregistrement des versions film et disque de « La fondation de Daisy Town » et « Daisy Town Theme », et « Animation de la ville », comme le laisse penser la présence du quintet à cordes)

Séance du 28 septembre 1971, 9h-12h25
Tuba contrebasse : Elie Raynaud
Tuba : Raphaël Desmet
Percussions : Michel Lorin, Guy Cipriani
Orgue : Maurice Vander
Saxophone soprano + Saxophone alto + Clarinette : Pierre Gossez
Saxophone baryton : Jacques Di Donato
Saxophone alto + Saxophone ténor + Clarinette : Jean-Louis Chautemps
Saxophone + Clarinette : Jacques Noureddine, Gérard Badini (solo)
Trompette basse : Christian Guizien
Flûte : Yanet Puech (et piccolo)
Trompette : Pierre Sellin, Maurice Thomas (1ère trompette), Fernand Verstraete, Jean-Claude Naude (solo)
Trombone basse : François Guin, Camille Verdier
Trombone : Raymond Katarzynski
Batterie : Marcel Sabiani (solo)
Contrebasse + Basse électrique : Max Hediguer (impro)
Guitare électrique : Pierre Cullaz, Fernand Garbasi (solo)
Trombone : Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
(Certainement enregistrement de la version complète de « City Life » découpée ensuite dans le film)

Séance du 28 septembre 1971, 13h30
Saxophone soprano : Pierre Gossez
Saxophone : Jean-Louis Chautemps, Gérard Badini, Jacques Noureddine
Trompette : Jean-Claude Naude, Fernand Verstraete (solo)
Trombone + Trombone basse : Emile Vilain
Orgue + piano : Maurice Vander
Trombone basse : François Guin
Trombone : Raymond Katarzynski (1er trombone), Francis Lussiez
Batterie : Marcel Sabiani (solo)
Percussions : Gérard Perotin (vibraphone), Michel Zanlonghi
Guitare électrique : Michel Gesina (12 cordes)
Basse électrique : Max Hediguer
Guitare : Fernand Garbasi (12 cordes)
Trombone : Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)

Séance du 4 octobre 1971, 9h-12h, Davout
Contrebasse : Max Hediguer
Harpe : Bernard Galais
Flûte+ Piccolo : Raymond Guiot, Michel Plockyn
Hautbois : Claude Maisonneuve (et cor anglais, solo)
Basson : Paul Hongne
Clarinette : Jacques Di Donato
Clarinette basse : Jacques Noureddine
Cor : Paul Mink (solo), Xavier Delwarde
Trompette : Pierre Thibaud (solo), Pierre Sellin, Maurice Thomas
Trombone : Christian Guizien, Francis Lussiez
Trombone basse : Camille Verdier
Tuba contrebasse : Elie Raynaud
Guitare : Pierre Cullaz, Fernand Garbasi
Percussions : Michel Lorin (glockenspiel, caisse claire, xylophone, 2 timbales chrom., tam tam), Guy Cipriani (timbales)
Piano : Georges Rabol
Violon : Lionel Gali (et solo), André Barthelemy, Lucien Perotin, Maurice Elkan, Christian Gentis, Pierre Simon, Jacques Charrier, Michel Ganot, Pepito Sanchez, Paulette Pinchinat, Maurice Caron, Paul Benedetti, Pierre Defay, Frédéric Geyre, Léon Locatelli, André Karren, Didier Saint-Aulaire, Pierre Couzinier, Jean Gaunet (et régie)
Alto : Gabriel Beauvais, Stéphane Wiener, Pierre Cheval, René Brisset, Michel Varron, Richard Postel
Violoncelle : Robert Bex, Louis Bourcier, Jean Lamy, Fernand Benedetti, Georges Raffault, Robert Dupuis
Contrebasse : Jean-Marc Rollez, Willy Lockwood
Trombone : Daniel Barda (d'après feuille de présence, mais en principe "musicien cabine")
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
(A priori tous les enregistrements avec grand orchestre (et notamment cordes) comme « Daisy Town » (pré-générique), « Bandits », « La traversée de l’ouest », « Duel », « Les Dalton dans le désert», « La poursuite de Lucky Luke », « Bataille » et « I’m a poor lonesome cowboy » (pour ce titre, chant solo, chœurs et rythmique déjà enregistrés))

Séance du 4 octobre 1971, 13h30-16h30, Davout
Contrebasse : Max Hediguer
Harpe : Bernard Galais
Flûte : Raymond Guiot (et flûte G, piccolo), Michel Plockyn (et piccolo)
Hautbois : Emile Mayousse
Basson : Paul Hongne
Clarinette : Jacques Di Donato, Jacques Noureddine
Cor : Paul Mink (solo), Xavier Delwarde
Trompette : Pierre Thibaud (solo), Pierre Sellin, Maurice Thomas
Trombone : Francis Lussiez (solo), Pierre Vandomber
Trombone basse : Camille Verdier
Tuba contrebasse : Elie Raynaud
Percussions : Michel Lorin (timbales, xylophone, glockenspiel), Jean Garron (caisse claire), Michel Zanlonghi (glockenspiel), Jean François
Violon : Lionel Gali (et solo), Michel Cron, Roger Berthier, André Barthelemy, Lucien Perotin, Maurice Elkan, Christian Gentis, Pierre Simon, Jacques Charrier, Michel Ganot, Paulette Pinchinat, Maurice Caron, Pierre Defay, Frédéric Geyre, Léon Locatelli, André Karren, Didier Saint-Aulaire, Pierre Couzinier, Jean Gaunet (et régie)
Alto : Gabriel Beauvais, Stéphane Wiener, Claude Naveau, René Brisset, Christian Lormand, Richard Postel
Violoncelle : Jean Huchot, Louis Bourcier, Jean Lamy, Fernand Benedetti, Georges Raffault, Robert Dupuis
Contrebasse : Jean-Marc Rollez, Yves Chabert
Musicien cabine : Daniel Barda
Direction : Pierre Chaillé (d'après feuille de présence, mais en principe Claude Bolling)
(A priori tous les enregistrements avec grand orchestre (et notamment cordes) comme « Daisy Town » (pré-générique), « Bandits », « La traversée de l’ouest », « Duel », « Les Dalton dans le désert», « La poursuite de Lucky Luke », « Bataille » et « I’m a poor lonesome cowboy » (pour ce titre, chant solo, chœurs et rythmique déjà enregistrés))

Séance du 4 octobre 1971, 17h
Chant solo : Don Burke
(A priori chant solo « Stamp your feet »)

Séance du 12 octobre (1970 ou 1971 ?), 18h, Boulogne
Trombone : Daniel Barda
Clarinette basse : Jean Aldegon
Percussions : Jean Garron, Michel Lorin
Batterie : Marcel Sabiani

Sortie du film le 20 décembre 1971



NOTRE REPRISE « CONFINÉE »

Ca faisait longtemps que je rêvais de monter « I’m a poor lonesome cowoy » sur scène (à l’occasion d’une soirée « Dans l’ombre des studios »), j’avais même pu récupérer il y a un an et demi une copie des partitions originales.
J’ai profité du confinement pour réunir à distance quelques talentueux amis, un grand merci à eux.




Chant solo confiné : Vincent Gilliéron (basse profonde soliste & chant 3
ème couplet), Devon Graves (chant 1er couplet) et Edouard Thiébaut (chant 2ème couplet).
Accompagnement musical confiné : Mathieu Serradell (claviers, accordéon) et Vincent Gilliéron (guitare).
Choeurs confinés : Stéphane Bonduel, Quentin Bruno, Rémi Carémel, Miranda Crispin, Anthony Fabien, Sophie Faguin, Vincent Gilliéron, Devon Graves, Lexie Kendrick, Lucie Louvrier, Julien Mior, Rachel Pignot, Olivier Podesta, Manon Taris et Edouard Thiébaut.

Idée originale, distribution artistique et coordination confinées : Rémi Carémel  (Dans l’ombre des studios).
Arrangements et direction musicale confinés : Mathieu Serradell (d’après les arrangements originaux de Claude Bolling).
Montage vidéo confiné : Grégoire Philibert.
Mixage confiné : Stéphane Bonduel.

« I’m a poor lonesome cowboy » du film d’animation « Lucky Luke : Daisy Town » (1971) :
Musique : Claude Bolling / Paroles : Jack Fishman / Interprète original : Pat Woods / Éditions musicales : Dargaud Music et United Artists Music.

Remerciements à Claude Bolling et Manuelle Pefferkorn-Mazerand.


Je cherche à contacter le chanteur Pat Woods, qui vivrait en Irlande du Nord. Si vous le connaissez, merci de m'écrire à danslombredesstudios@gmail.com

I'm looking to contact folk singer Pat Woods (probably living now in Northern Ireland). If you know how to contact him, please send me a message to danslombredesstudios@gmail.com


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