jeudi 17 décembre 2015

A voir à Paris avant ou pendant les fêtes...

Quelques "bons plans" de sorties pour applaudir des artistes amis de "Dans l'ombre des studios" avant ou pendant les fêtes...


-Il ne reste plus que quatre dates pour assister à la Comédie Bastille à la pièce Adolf Cohen de et avec l'ami Jean-Loup Horwitz, accompagné par la formidable Isabelle de Botton. Une magnifique fable humaniste qui raconte à la fois avec gravité et légèreté l'histoire d'un enfant juif des années 30, baptisé pendant la guerre puis militant pacifiste en Israël. 

-C'est l'une des plus merveilleuses chanteuses de comédies musicales et de doublages (Blanche Neige et les sept nains, Il était une fois, etc.), Rachel Pignot est à l'affiche dans plusieurs spectacles en ce moment, parmi lesquels:
  • Les Frangines chantent les Soeurs Etienne, dans lequel elle s'attaque avec sa soeur Rosalie Symon au répertoire frais, swing et délicieusement désuet des Soeurs Etienne, qui ont enchanté la France de l'après-guerre. Accompagnées par trois excellents musiciens, avec des harmonies et un style fidèles aux enregistrements de l'époque. Un spectacle qui fait beaucoup de bien...
  • Dans Au bar de l'Estran, Rachel revisite avec Emmanuel Depoix tout un répertoire de chansons méconnues ou oubliées rendant hommage aux marins et à la mer. Un beau et fort spectacle...
-Ténor américain incontournable des productions internationales d'opéras et de comédies musicales, Scott Emerson est également chanteur soliste du Spirit of Chicago Orchestra, orchestre dont la particularité est de reprendre des grands airs américains des années 20/30 dans leur orchestration d'époque, avec ce son si particulier. C'est incroyablement bien réalisé, et leur prochain concert présente les airs de Singin'in in the rain (dans leurs tous premiers arrangements, bien avant le film de 1952 avec Gene Kelly). Vendredi 18 décembre au Petit Journal Montparnasse.

-Singin' in the rain est justement à l'affiche du Théâtre du Châtelet actuellement dans une sublime production, et l'ami Michel Mella fait partie de la distribution (comme doublure du rôle de Roscoe Dexter), ainsi qu'Emma Scherer.

-Patrick Floersheim reprend (en alternance avec Jean-François Vlérick) avec Céline Duhamel au Théâtre du Ranelagh Le Manuscrit de Rembrandt qu'il avait créé il y a quelques mois à l'Essaïon. Un très beau spectacle sur la vie et les questionnements d'un immense artiste.

-Il a réalisé les arrangements et accompagné au piano les artistes de ma soirée Mélodie Cocktail: Hommage aux grandes voix des doublages Disney, le brillant Mathieu Serradell est actuellement dans la fosse d'orchestre de Cats au Théâtre Mogador comme clavier et directeur musical adjoint.

-Révélée par "The Voice" il y a quelques mois (mais déjà reconnue depuis plusieurs années par les amateurs de jazz, de comédies musicales et de belles voix), Mathilde chante un Noël aux rythmes swing avec l'excellent Clément Brajtman le 21 décembre à la Péniche Marcounet. 

-Les 28, 29 et 30 décembre, Mathieu Becquerelle (qui a chanté en duo avec José Germain, Michel Prud'homme et Bénédicte Lécroart lors de mon Mélodie Cocktail) chante avec le groupe Opus Jam au Vingtième Théâtre. Les grands titres de la Motown interprétés a cappella.

-Mon ami Jean-Luc Jelery, grand historien de la comédie musicale, sort la 2ème édition de son excellent livre Le Musical - Propos sur un art total. Une belle idée de cadeau pour les fêtes.

-Enfin, Broadway Melody, projet que j'ai accompagné dès ses débuts et programmé à L'Auguste Théâtre a bénéficié dimanche dernier d'un concert à la Maison de la Radio, diffusé en direct sur France Musique. Vous pouvez réécouter l'émission ici. Les oeuvres de Leonard Bernstein à l'honneur, avec la participation de Lauren Van Kempen, Scott Emerson, Christine Buffle, Maxime de Toledo et Mathieu Serradell dans une émission présentée par Laurent Valière.


Suivez toute l'actualité de "Dans l'ombre des studios" en cliquant sur "j'aime" sur la page Facebook.



vendredi 20 novembre 2015

Adieu André Valmy...

C’est avec une certaine tristesse que j’ai appris hier par sa famille le décès d’André Valmy mercredi 18 novembre à l’âge de 96 ans. André était une grande « gueule » du cinéma et de la télévision et une inoubliable voix du doublage français (Walter Matthau, Rod Steiger, George C. Scott, etc.). Accompagné par mon amie Christine Maline (fille du regretté Georges Aminel) j’avais eu le bonheur de déjeuner chez lui à Nice l’année dernière et de l’interroger sur sa carrière.

5 août 2014. Accueillis par la famille d’André Valmy dans le salon de son appartement niçois, nous attendons l’un des grands doyens du cinéma. Il arrive en chantant du Maurice Chevalier, œil et sourire espiègles. Une fois les présentations faites (présentations qui étaient pour Christine de lointaines retrouvailles, car elle l’avait connu étant enfant, son père et lui étant très amis), André nous ouvre en continu pendant presque trois heures le livre de ses souvenirs, parfois digressifs mais toujours vifs et précis.

« Je suis né à Paris en 1919. J’étais un vrai Montmartrois.  Montmartre à l’époque  c’était la capitale du monde, dès que vous vous trouviez dans le IXème arrondissement c’était déjà la province. »
Adolescent passionné d'ébénisterie et de peinture, André étudie aux Arts Déco. C’est un copain de collège qui le traîne un jour au Cours Mihalesco, rue de Douai. André ne veut absolument pas devenir comédien, mais Mihalesco insiste et lui propose même de venir gratuitement. Il intègre ce cours et y reste deux ou trois ans, aux côtés notamment de René Arrieu.
« Je suis donc devenu comédien absolument par hasard. Mon père était concierge au Théâtre Antoine –d’où mon deuxième prénom- mais ne voulait pas de comédiens dans la famille. Gaby Morlay qui passait en vedette au théâtre lui avait proposé de m’aider mais il avait refusé ».
Lors de l’une de ses premières participations artistiques, André Dugenet change de nom. « On m’a demandé comment je m’appelais. Je trouvais que Dugenet était un nom de vieux con, alors j’ai dit au hasard « Valmy » car j’étais passionné par l’Histoire. ».  « J’ai même mon quai » ajoute-t-il avec malice.

A. Valmy, jeune élève au Cours Mihalesco
Repéré lors d’une audition du Cours Mihalesco devant des professionnels, il tourne à la piscine de la Jonquière (Paris) le rôle d’un juif assassinant un officier allemand dans le film Mein Kampf, mes crimes (1940), pamphlet anti-Hitler qui sort peu de temps avant l’invasion allemande.
Au début de la guerre, André se marie avec Lorette Gallant, jeune comédienne qui est peut-être l’une des toutes premières « speakerines » de l’histoire de la télévision française car elle présentait cette invention lors de l’Exposition universelle de 1937. « Nous nous sommes mariés sous Pétain, donc sous l’Etat Français. Cinq ou six ans plus tard, après-guerre, je suis allé voir l’adjointe au maire et lui ai dit « Je veux être marié sous la République » ».

En 1944, il va voir René Simon et lui demande de l’aider à passer le concours d’entrée du Conservatoire qui a lieu quelques semaines plus tard, travaille L’école des femmes et Tartuffe. Il est admis comme auditeur et y reste trois mois. « On m’a proposé d’entrer au Théâtre de l’Odéon et au TNP mais j’ai refusé, pas pour rester « indépendant » mais parce que j’étais dépendant à une autre vie. »
Il fréquente le groupe Octobre : Yves Montand, Simone Signoret, et Gérard Philipe, avec qui il tourne dans la baie de Somme dans Une si jolie petite plage (1949) et qui devient l’un de ses meilleurs amis.
« Je suis venu à son chevet alors qu’il était mourant après avoir chopé sa maladie au Mexique. Quand il est mort nous nous sommes recueillis auprès de lui. Sa femme ne voulait pas qu’on sache qu’il était enterré dans le costume du Cid. Dans la chambre on avait piqué un mec qui essayait de prendre une photo, et on l’avait foutu dehors. En bas de chez lui il y avait un bar. Je vois Maurice Herzog qui me demande « Alors, il était dans le costume du Cid ?  Tu sais que si tu arrives à prendre une photo comme ça, ça vaut un million ! » Je lui ai répondu « Ne compte pas sur moi ». »

André Valmy, joue beaucoup au théâtre, pour les plus grands metteurs en scène (Raymond Rouleau, Jean-Louis Barrault, Jean Vilar).  Son meilleur souvenir : Antigone d’Anouilh au Théâtre de l’Atelier. « C’était intéressant, et puis c’est là que j’ai appris que je venais d’avoir une petite fille. »

Il se considère plutôt comme un acteur instinctif : « J’avais eu un prix, la Sirène d’or (Prix international d'interprétation), au festival de Monte-Carlo des mains de Grace Kelly et du Prince Rainier pour La Belle Nivernaise que j'avais tournée avec Rosy Varte. Le soir au théâtre, mon copain William Sabatier avait noté sur le tableau de service : « Valmy, le con d’or déplumé ». J’ai toujours eu l’air d’un con, je ne raisonnais jamais comme un acteur intelligent, une fois j’en ai parlé à Simone Signoret, elle m’a dit « Du moment que tu t’en aperçois ». »
A propos de notre ami William, André raconte : « Il avait créé Rhinocéros de Ionesco. Un jour, son imprésario l’appelle : « Dites-moi, Sabatier, vous êtes spécialiste des rôles d’animaux ? » ».

Au cinéma, il joue le patron de pêche Le Guellec dans Si tous les gars du monde (1956), tourné en studio mais aussi en bateau, au large pour ne pas qu’on voie la côte. Outre sa première réplique de tournage (« Occupe-toi de ton treuil ! ») les anecdotes ne manquent pas.
« Lorsque nous sommes partis pour la première fois en mer, un comédien qui jouait un matelot a dit « Le premier qui dégueule paye son verre »… et c’est lui qui a payé ! ». André tient bon, et c’est en rentrant qu’il a le mal de terre. « On puait tout le temps le poisson. Un jour on tournait en studio. Les marins triaient le poisson sauf qu’avec la chaleur les ventres étaient gonflés et éclataient, ils ont dû prendre du poisson  plus frais. »
Sur le bateau, les conditions sont difficiles, mais heureusement l’humour est au rendez-vous. « Un jour, l’ingénieur du son demande qu’on coupe le moteur pour capter le son des mouettes. Evidemment quand le moteur s’éteint, les mouettes se barrent. Et là on l'entend crier : « Revenez, connasses ! » »
André garde aussi un souvenir ému de la fois où ils ont hissé pour le tournage des signaux de détresse et qu’un bateau s’est détourné pour leur porter secours.

En dehors de ce rôle marquant (mais son meilleur souvenir de tournage est Les démons de l’aube avec Georges Marchal et Jacques Dynam), André enchaîne les rôles de flics et de gangsters pour la télévision et le cinéma (Mauricet dans Le Gorille vous salue bien avec Lino Ventura, Lucas dans Maigret tend un piège avec Jean Gabin). A propos de Gabin: « On attendait en studio dans une espèce de hangar et Gabin me dit « -Mais tu es marié toi ? » «- Oui » « -T’as des gosses ?» « -Deux » « -Moi aussi. Ca coûte cher » ».
André Valmy côtoie tous les grands personnages de cette époque comme Julien Carette. « Dans Une si jolie petite plage, on avait laissé Carette faire un tour lors d’une pause, et il s’était mis à faire tous les bistrots à trente kilomètres à la ronde. Il mettait un temps fou à revenir. On l’avait retrouvé en train d’embêter des religieuses « Vous allez vous faire enculer, ma sœur ! ». Il aimait faire des « tartines » aux prêtres. »

Chez André Valmy, cinéma et vie, fiction et réalité, se mélangent toujours dans ses anecdotes… Dans La Belle Nivernaise, il incarne le patron de la péniche éponyme. Habillé de façon miteuse pour le rôle, lors d'une pause pendant le tournage un autre pénichier s'approche de lui et lui dit "Toi t’es vraiment un gros dégueulasse, tu pourrais l’entretenir un peu… ta péniche crasseuse !"
Pour ce même tournage: « A la pause déjeuner, en costume, je trouve enfin un resto. Il n’y avait pas un chat. Je dis « Y a quelqu’un ? ». Le restaurateur arrive stupéfait « -C’est pourquoi ? » « -Déjeuner » «-Vous avez de l’argent ?» ».
Une autre fois, habillé en douanier belge avec son copain Yves Deniaud pour un tournage, il passe la frontière dans une 2 CV immatriculée à Paris, à la stupéfaction des vrais douaniers.
Autre souvenir : celui de ce tournage dans une authentique prison espagnole. « Je jouais le directeur de la prison, au Carcel modelo. Je me trouvais avec des lunettes noires au milieu de vrais prisonniers. A un moment on nous a dit « Ne venez pas demain matin ». Un condamné à mort allait être exécuté et pour l'accompagner tous les prisonniers faisaient du bruit avec des casseroles»

A la télévision, outre les éternels rôles de policiers (L'inspecteur Leclerc enquête), il narre Les Enigmes de l'Histoire et joue dans de nombreux téléfilms et séries historiques (La caméra explore le temps), fier d'incarner -entre autres- Georges Clémenceau. 
L'un de ses rôles préférés: Gibassier, le méchant des Mohicans de Paris (et sa suite Salvator et les Mohicans de Paris). Les enfants dans la rue jouaient à l'époque à Salvator contre Gibassier.

video
Montage des voix d'André Valmy (réalisé par Le Monde du Doublage Français)


C’est par son ami comédien Jean Brochard qu’André Valmy se lance dans le doublage au début des années 50. « A l’époque, on faisait du doublage avec du gasoil » blague-t-il.
Walter Matthau
On lui confie des premiers rôles ou des grands seconds rôles, pour des personnages souvent durs et autoritaires, mais non dénués de fantaisie. Il prête sa voix grave et rocailleuse  à Walter Matthau (qu'il a adoré doubler dans une quinzaine de films dont Drôle de couple, et L’amour en équation où il emploie un accent juif plein de subtilité pour doubler Albert Einstein), George C. Scott (qu’il a un jour retrouvé sur un tournage), Rod Steiger (Il était une fois la révolution), Karl Malden (La Conquête de l’Ouest), Robert Shaw (Les dents de la mer), Alberto Sordi (« acteur difficile à doubler »), et ponctuellement à Laurence Olivier (Marathon Man), Robert Mitchum, Burt Lancaster, Dean Martin, Lee Van Cleef, etc.

Il garde un souvenir particulier de cette scène du Bon, la brute et le truand (1966) dans lequel il double le Capitaine (Aldo Giuffrè) qui veut voir sauter le pont avant de mourir. « C’est énorme que vous soyez assis à ma table alors que je fais sauter des ponts ! »
André double également Anthony Quinn dans plusieurs films. « Pour La Bataille de San Sebastian, Jacques Willemetz qui dirigeait le doublage me dit « Je ne veux absolument pas de Djanik ». Je téléphone à Djanik, qui me dit « Fais ce que tu veux ». J’accepte après avoir négocié mon cachet et re-demandé l'avis de Djanik. Et pendant tout le doublage le metteur en scène du film, Henri Verneuil, faisait la gueule car il voulait Henry Djanik qui était arménien comme lui. »

André Valmy se souvient des directeurs artistiques de doublage de sa génération: Richard Heinz (qu'il aimait beaucoup), Maurice Dorléac (« Le père de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Chiant comme la pluie, il disait tout le temps « ferme le sens ». ») ou encore Gérald Castrix qui le dirigeait dans Bons baisers de Russie (1963): « Il s’absentait souvent en urgence pour envoyer des courriers, tout le monde le soupçonnait de travailler pour les renseignements Russes. ». Preuve une fois de plus que dans la vie d’André Valmy, la réalité et la fiction n’ont jamais cessé de se croiser.

Même s’il prête sa voix à plusieurs personnages de dessins animés (le Chasseur dans Blanche Neige et les sept nains (doublage de 1962), le Morse dans Alice au pays des merveilles (doublage de 1974), McLeach dans Bernard et Bianca au pays des kangourous (1990), etc.), ce type de doublage l’intéresse moins, et il préfère rendre hommage au maître en la matière, à savoir Roger Carel. « Un jour j’ai fait un doublage au milieu de Roger et d’un autre comédien qui prenaient l’accent chinois, je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire. »

Quand on lui demande ce qui lui a apporté le doublage : « Je ne m’embêtais pas au doublage, j’avais des rôles intéressants. J’obéissais complètement au jeu de l’acteur que je doublais, en essayant techniquement de lire à chaque fois à l’avance les répliques pour que ça s’enchaîne. Ma carrière c’est à peu près 70% de doublage, 20% de théâtre et 10% de cinéma/télévision ».
A propos des acteurs et du doublage: « Un jour, je parle de doublage à Michel Bouquet, comédien extraordinaire, que j’ai vu applaudi par toute une salle  alors qu’il apparaissait en officier SS. Il est entré avec moi dans un studio de doublage, a regardé comment ça se passait, et m’a dit « non je ne ferai jamais ça » ».

En cinquante ans d’activité (« A mes début au Syndicat des acteurs, on n’était que dix »), il a vu le métier évoluer, les conditions d’enregistrement se détériorer « Avant on mettait au moins une semaine pour doubler un film, maintenant c’est de plus en plus court ». Quand j’évoque avec lui l’existence d’ « écoles du doublage » (et notamment celle de Jenny Gerard), il se souvient que l’exploitation de jeunes comédiens a toujours existé. « Un jour en arrivant au studio d’Epinay je vois au moins trente inconnus dans la salle d’attente, des jeunes des vieux. Je vois sortir Jean Droze de l’auditorium « Vous ! vous ! vous !-ah non, pas toi, Valmy- Vous ! » et désigner au hasard des acteurs pour faire des ambiances. Ils étaient traités comme des chiens, venus dès 9h du matin tout en n’étant même pas sûr de toucher le moindre cacheton dans la journée »

Fin des années 90, André Valmy arrête progressivement le doublage, de moins en moins sollicité et souffrant de problèmes de vue de plus en plus importants. Il se retire à Nice auprès de sa fille Jane.

C’est à elle, ainsi qu’à Pierre, Marie-Frédérique, Sébastien et toute la famille que je pense en ces moments difficiles.


Votre serviteur avec André Valmy
(Nice, août 2014)
Suivez toute l'actualité de "Dans l'ombre des studios" en cliquant sur "j'aime" sur la page Facebook.

lundi 16 novembre 2015

12ème Salon des Séries et du Doublage (samedi 21 novembre 2015)

Faute de temps, je ne co-organise pas cet événement cette année, en revanche j'ai arrangé la venue de mon amie Béatrice Delfe et serai présent sur place comme bénévole. Voici le programme:


Le Salon des Séries et du Doublage  fait cette année sa 12ème édition ! Samedi 21 novembre 2015 à la Maison des Mines (Paris Vème), les fans clubs (Friends, Les Mystères de l’Ouest, Star Trek, etc.) se réuniront en nombre pour présenter sur leurs stands ou lors de rencontres conviviales leurs séries préférées au grand public.


INFOS PRATIQUES :

Lieu : Maison des mines, 270 rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Accès : RER Luxembourg ou Port-Royal, lignes de bus 21, 27 (arrêt Feuillantines) et 38 (arrêt Val de Grâce)
Horaires d’ouverture : Samedi 21 novembre 2015, de 10h à 18h
Prix : 3,50€ par débat
Renseignements : 06 33 69 35 45 ou www.serialement-votre.fr


PROGRAMME DES DEBATS :

-La Demoiselle d’Avignon (11h-12h30) avec le comédien Louis Velle (François Fonsalette), Frédérique Hébrard (scénariste de la série) et Michel Wyn (réalisateur de la série)

-Histoire du doublage : Apollo 13 (11h-12h30) avec le comédien Jean-Philippe Puymartin (voix de Tom Hanks), Claudio Ventura (directeur artistique) et Pierre Davanture (ingénieur du son)

- Actualités James Bond (14h-15h30) avec Philippe Lombard (Le Petit Livre de James Bond, éd. First)

-Doublage : les voix de vos séries « cultes » (14h-15h30) avec les comédiens Laëtitia Lefebvre (voix de Diane Neal dans New York, unité spéciale), Nicolas Marié (voix de Michael T. Weiss dans Le Caméléon), Patrick Messe (voix de John Noble dans Fringe) et Patrick Noérie (voix de George Clooney dans Urgences)

-Séries d’aventures françaises (16h-17h30) avec les comédiens Edward Meeks (Bob dans Les Globe-Trotters), Alain Mottet (Toussaint dans Les Compagnons de Jéhu) et Bernard Tiphaine (Adler dans Les Compagnons de Jéhu)

-Légendes du doublage (16h-17h30) avec les comédiens Michèle Bardollet (voix de Barbra Streisand, Claudia Cardinale, Bette Midler), Béatrice Delfe (voix de Susan Sarandon, Diane Keaton, Farah Fawcett) et Dominique Paturel (voix de Michael Caine, Larry Hagman, Robert Wagner)


-Invités présents sous réserve. Accès aux rencontres dans la limite des places disponibles.
-Les rencontres sont animées par Vincent Chenille (Sérialement Vôtre) et François Justamand (La Gazette du Doublage)
-Chaque rencontre sera suivie d’une séance de dédicaces d’une vingtaine de minutes.

Suivez toute l'actualité de "Dans l'ombre des studios" en cliquant sur "j'aime" sur la page Facebook.

samedi 7 novembre 2015

Les "voix de l'ombre" des films de Jacques Demy

Ils s’appellent Anne Germain, Georges Blanès, José Bartel, Claudine Meunier, Jean Cussac ou bien encore Alice Herald. Leur discrétion n’a d’égal que leur talent et l’importance qu’ils ont eue dans l’œuvre commune de Jacques Demy et Michel Legrand.
Choristes anonymes rompus à un déchiffrage rapide et efficace de tous les styles de musiques au moment de l’âge d’or des studios d’enregistrement, ils ont prêté leur voix à Catherine Deneuve, Michel Piccoli, etc. dans des films entièrement (Les Parapluies de Cherbourg) ou partiellement (Les Demoiselles de Rochefort, Peau d’âne) chantés, créant une illusion souvent parfaite.

Oubliés pour certains dans les génériques des films et les crédits des pochettes des disques (sur lesquels ils n’ont par ailleurs touché aucun droit), souvent exclus des événements médiatiques (comme la remise de la Palme d’or des Parapluies de Cherbourg au Festival de Cannes), ils méritent bien un éclairage particulier. J’ai le plaisir après de nombreuses interviews, séances d’écoutes collectives, etc. de vous offrir ce dossier qui leur est spécialement consacré, et de corriger quelques erreurs ou oublis de génériques, parfois vieux de cinquante ans.

Pour chacun de ces chanteurs, j’accompagnerai leur petite biographie d’un montage vidéo contenant un extrait  d’un solo à l’image, des extraits de leurs voix dans des films de Jacques Demy et le cas échéant dans des doublages de films.

Remerciements particuliers à Anne Germain (« mémoire » de ce métier) et à tous mes autres amis Swingle Singers (José Germain, Jean Cussac, Jean-Claude Briodin, Claudine Meunier, Alice Herald, Hélène Pedersen-Devos, Jeanette Baucomont, Nicole Darde, Claude Chauvet),  Michel Barouille, Norma Bartel, Georges Blanès, Anne-Sophie B., Michel Cassez, Jackye Castan, Yves Chamberland, Bruno Conti, Raoul Curet, Gilles Hané, Serge L., Danielle Licari, Claudine Pavaux, Jean Stout (+).



LES PARAPLUIES DE CHERBOURG (1964)

Lorsque Jacques Demy et Michel Legrand, après de nombreuses séances de travail, se mettent d’accord sur la réalisation d’un film entièrement chanté qui va s’appeler Les Parapluies de Cherbourg, ils admettent rapidement que trouver des acteurs à la fois excellents à l'image et pouvant parfaitement chanter la musique de Legrand est impossible.
Il leur faut des chanteurs capables de « tenir » le film du début à la fin. Une fois la musique enregistrée par les chanteurs, les acteurs n’auront plus qu’à faire du « playback » au moment du tournage. (Les voix étant enregistrées avant le tournage, il est donc inapproprié de parler de "doublage").

Depuis la fin des années 50, les maisons de disques vivent un grand « boom ». Les studios d’enregistrement parisiens tournent à plein régime : chansons, musiques de films, groupes vocaux, orchestres de variétés (Moutet, Caravelli, Mauriat, etc). Pour que les séances d’enregistrement puissent s’enchaîner rapidement (trois heures pour enregistrer quatre titres), il faut des musiciens et choristes sachant parfaitement lire la musique. Michel Legrand connaît bien ces groupes de choristes "lecteurs" puisque sa sœur Christiane en fait partie et qu’il a travaillé avec eux (en tant que compositeur ou simple arrangeur) dans de très nombreux projets. Jacques Demy et lui leur font passer des auditions, souvent sur plusieurs rôles.
Une fois les chanteurs choisis, l’orchestre est enregistré au studio Europa-Sonor (rue Charcot), puis les voix au Poste Parisien (avenue des Champs Elysées). Des photos prises par Agnès Varda à l’époque montrent plusieurs chanteuses (Danielle Licari, Christiane Legrand et Claudine Meunier) au milieu de l’orchestre mais il se pourrait qu’elles aient été là uniquement pour s’imprégner de la musique et répéter le texte.

Pour le rôle principal de Geneviève (Catherine Deneuve), Michel Legrand choisit Danielle Licari (née en 1936), au départ auditionnée pour le rôle de Madeleine. Issue de la Maîtrise de la RTF (qui forme depuis 1947 des enfants au métier de chanteur), Danielle a monté plusieurs petits groupes vocaux (Les Quatre de Cœur, Les Baladins de Paris) et débuté comme choriste, notamment pour Sacha Distel.
Tous les acteurs du film étant invités à assister à l’enregistrement des voix des Parapluies (y compris une pensionnaire de la Comédie-Française pressentie pour le rôle de Madeleine, et qui sera par la suite remplacée par Ellen Farner pour des raisons de coproduction), Danielle Licari rencontre Catherine Deneuve. A ce propos, Michel Legrand raconte dans ses mémoires (Rien n'est grave dans les aigus, éd. Cherche-Midi) : « Je ressens un certain trouble à avoir devant moi les deux Geneviève. Ses deux composantes chimiques. Cinquante pour cent de Danielle et cinquante pour cent de Catherine vont fusionner pour former cent pour cent d’une nouvelle entité, un personnage de synthèse qui échappe complètement à l’une comme à l’autre. »
Danielle est de son côté invitée à assister au tournage, dont elle garde encore un souvenir extraordinaire, notamment pour les décors.
Bien qu’un peu « occultée » au moment de la sortie du film, elle gagnera une première reconnaissance publique grâce aux Parapluies de Cherbourg, avant de connaître quelques années plus tard une célébrité mondiale et une carrière de soliste grâce au Concerto pour une voix de Saint-Preux, tout en continuant « dans l’ombre des studios » d’être, avec sa magnifique voix de soprano, soliste d’accompagnement (« Le ciel, le soleil et la mer » de François Deguelt, « Chez Laurette » de Michel Delpech, etc.) ou simple choriste (dans des milliers de chansons), chanteuse de doublage (Aurore dans le redoublage de La Belle au Bois dormant) et de génériques de dessins animés (Heidi). (Vous pouvez vous procurer la compilation de Danielle Licari réalisée par Marianne Mélodie en partenariat avec Dans l'ombre des studios).
Pendant l'été 2014, je mets en contact ma jeune amie Marie Oppert (qui répète alors le rôle de Geneviève dans la distribution des Parapluies de Cherbourg au Théâtre du Châtelet) avec Danielle Licari et propose à Danielle de participer quelques temps plus tard par téléphone à l'émission spéciale présentée par Laurent Valière pour la retransmission des Parapluies de Cherbourg. Une intervention passionnante...


video


N. Castelnuovo, J. Bartel et J. Demy
Pour lui donner la réplique (Guy, joué par Nino Castelnuovo), Michel Legrand et Jacques Demy se tournent vers José Bartel (1932-2010). José côtoie le monde des choristes de studio sans vraiment en être un : chanteur soliste pour des orchestres (Aimé Barelli), des groupes vocaux (Les Masques) ou des doublages (Le Roi Louie dans Le Livre de la Jungle), chef d’orchestre de musique « typique », compositeur (pour Serge Reggiani), arrangeur, percussionniste, comédien, directeur artistique de labels, José Bartel est un touche-à-tout surdoué. Son interprétation de Guy (rôle qu’il enregistre la jambe plâtrée suite à un accident de voiture) est bouleversante. (Lire mon hommage à José Bartel).


video

Georges Blanès
Georges Blanès (né en 1928) prête sa belle et chaude voix de baryton à Marc Michel (Roland Cassard) pendant tout le film. Après des débuts dans son Algérie natale, il travaille à Paris comme chanteur d’orchestre et meneur de revues. Il enregistre plusieurs disques en soliste, démarre une carrière d’acteur au cinéma (notamment pour Philippe Clair), au théâtre et dans des opérettes. En complément, il travaille beaucoup pour la publicité, le doublage et les musiques de films.  Michel Fugain lui propose de devenir directeur artistique de son « Big Bazar » et Georges Blanès compose avec le chanteur plusieurs de ses tubes (« Le Printemps », ou « Comme un soleil » repris aux Etats-Unis par Dean Martin, sa fierté).


video


Dernier élément de ce quatuor amoureux, Madeleine (Ellen Farner) à qui Claudine Meunier (née en 1926) prête sa voix d’alto, douce et élégante, certainement l’une des plus belles de ce métier. Passionnée de jazz, Claudine a fait partie de trois groupes majeurs du jazz vocal français et international : « The Blue Stars of France », « Les Double Six» (sous son nom de jeune fille, Claudine Barge) et « The Swingle Singers ». Dans ces trois groupes on peut l’entendre chanter plusieurs soli. Claudine a également prêté sa voix chantée à Mme Jumbo dans le redoublage de Dumbo (1979) et été choriste d’Andy Williams, Dionne Warwick, Claude François, Gilbert Bécaud (elle est la voix accusatrice de « L’orange »), etc. (Lire mon portrait de Claudine Meunier). 
En septembre 2014, sur mon initiative et avec l'accord enthousiaste de Laurent Valière (France Musique) elle participe comme invitée surprise à l'émission 42ème Rue consacrée aux Parapluies de Cherbourg.


video


C. Legrand devant la vitrine d'un disquaire
allemand aux couleurs des "Swingle Singers"
Hors de ce quatuor amoureux, mais rôle central du film, Madame Emery (Anne Vernon) a  la voix de Christiane Legrand (1930-2011).
C’est certainement le rôle qui a été le plus difficile à distribuer, à la fois autoritaire, raffiné et protecteur. Sur une suggestion d’Agnès Varda, Demy et Legrand choisissent la sœur du compositeur, bien qu’elle soit plus jeune que le rôle.
Christiane est un personnage incontournable dans l’œuvre de son frère, avec qui elle a de nombreuses fois chanté en duo, et un élément central du monde des studios des années 60, comme soliste, choriste (pour Francis Lemarque, Jean Constantin, Procol Harum, etc.) et chef de chœurs. Une voix douce et « sucrée » idéale pour la variété et les chansons pour enfants, et une technique jazz irréprochable qui ont fait d’elle une légende du jazz vocal, notamment comme soliste principale des Swingle Singers et membre des Double Six.


video


Elise (Mireille Perrey), la vieille tante de Guy dans le film, a la voix de Claire Leclerc (1915-2009). On dit d’Eliane Thibault (Mary Poppins) qu’elle a « un sourire dans la voix », Claire Leclerc en a quant à elle des « sanglots ». Son timbre n’est pas sans rappeler celui de l’américaine Dinah Shore. La chanteuse a un parcours en dents de scie qui représente bien les difficultés de ce métier. Débuts dans des cabarets rive gauche où elle est la première à chanter du Léo Ferré, puis un grave accident la laisse éloignée de la scène. Elle devient alors une artiste de studio, participant à des doublages (voix chantée de Marylin Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes, de Lady dans La Belle et le Clochard) ou à de la post-synchronisation (voix chantée de Caterina Valente dans Casino de Paris). C’est son amie Vline Buggy (grande parolière des années yéyé) qui demande à son mari chef d’orchestre Christian Chevalier de l’engager comme choriste dans son groupe « Les Angels » (pour Richard Anthony, Annie Cordy, etc.). Fin des années 60, elle quitte le métier et enchaîne les petits boulots jusqu’à sa retraite. (Hommage à Claire Leclerc par François Justamand sur La Gazette du Doublage)


video


Les non-crédités

Son nom n’a jamais été mentionné dans le générique ni dans les pochettes de disques successives de la musique du film, et pourtant il a une jolie partie soliste dans le film et sa voix de baryton est reconnaissable entre mille : Jean Cussac  (né en 1922) prête sa voix à Monsieur Dubourg, le joaillier. C’est lui-même qui m’en avait parlé lorsque je l’avais interviewé pour la première fois en 2006 (lire mon article pour La Gazette du Doublage). Jean participe comme tous ses camarades à de nombreux chœurs (pour Edith Piaf, Luis Mariano, Guy Béart), mais aussi à des doublages (voix chantée de Roger dans Les 101 Dalmatiens (1961), du Prince dans Blanche-Neige et les sept nains (redoublage de 1962), du narrateur-chanteur dans Merlin l’Enchanteur (1963)). De formation classique, il participe à de nombreux concerts lyriques, des opérettes, et devient même « maître de chapelle » de l’Eglise Saint-Louis des Invalides (Paris). Dans les années 80, dernière décennie d’activité avant sa retraite, il est directeur musical des doublages Disney (Basil détective privé, Rox et Rouky, redoublages de Dumbo, La Belle au Bois dormant, etc.).

video


L’identité du chanteur prêtant sa voix à Aubin (Jean Champion) le patron du garage est restée inconnue pendant cinquante ans. Elle paraissait être celle d’un comédien plutôt que d’un choriste « traditionnel ». C’est en découvrant par hasard que le comédien Raoul Curet (né en 1920, voix française de Glenn Ford) avait été chanteur et avait même fait partie du quatuor vocal Les Quat’ Jeudis (« cousins » des Frères Jacques, qui ont fait carrière aux Etats-Unis en accompagnant Carol Channing dans Show Girl), que j’ai fait le rapprochement entre sa voix et celle d’Aubin. L’interviewant en août dernier dans le sud de la France où il est retiré, je lui demande « Avez-vous participé aux Parapluies de Cherbourg ? ». A cette question, le regard de l’acteur de 95 ans s’illumine et il me dit mot pour mot cette réplique d’Aubin qu’il n’avait certainement pas prononcée depuis 1963 « Ah le petit con depuis qu’il a quitté l’armée il se conduit comme le dernier des voyous ». Il fait également la voix d’un déménageur joué par Paul Pavel (« Alors pousse ta viande, tu vois bien qu’tu gênes ! »).

video


Michel Legrand (né en 1932), à la manière d’Hitchcock, s’attribue toujours quelques répliques dans ses musiques de films. Dans Les Parapluies de Cherbourg, il prête sa voix au facteur qui apporte le courrier à Madame Emery (acteur non-identifié) ainsi qu’à l’un des mécaniciens, Bernard (Pierre Caden), et non Jean comme indiqué par erreur dans la pochette CD du coffret Demy-Legrand.


video

La voix de Jean (joué par Jean-Pierre Dorat, comédien qui deviendra par la suite un grand directeur artistique de doublage), mécanicien qui préfère le cinéma à l’opéra, est celle du choriste Jean-Claude Briodin, que l’on peut entendre avec ce timbre à la fois chaud et doux en soliste dans plusieurs titres des « Double Six » et des « Troubadours » (les « Peter, Paul and Mary » français).


video


Né en 1930, José Germain (voix de basse des Swingle Singers, choriste et saxophoniste) prête sa voix très reconnaissable (Scat Cat dans Les Aristochats) au patron du café (joué par Roger Perrinoz), avec cette réplique chantée assez surréaliste « Vous n’avez pas d’monnaie, vous êtes tous les mêmes avec vos gros billets ». José, qui avait conservé la fiche de paie de l’enregistrement, pensait n’avoir fait que de chœurs pour ce film, et ne se souvenait plus du tout de ce rôle.


video

Peu de temps après dans le film apparaît le personnage de Ginny (Jane Carat), la prostituée qui passe la nuit avec Guy. C’est grâce à Anne Germain que j’ai pu identifier la voix de la soprano Jeanette Baucomont (qui me l’a par la suite confirmé), choriste elle aussi, qui faisait partie avec Jean Cussac des deux piliers « lyriques » des Swingle Singers.


video

Dans la pochette du coffret CD Demy-Legrand, le nom  de Jacques Demy est attribué aux voix du « client égaré » et du serveur. Je ne peux le confirmer d’oreille. Il est possible qu’il ait également fait la voix d’autres rôles (comme le pompiste aux répliques improbables).


LES PARAPLUIES DE CHERBOURG (1964)
Musique : Michel Legrand / Paroles : Jacques Demy
Enregistrement des voix au Poste Parisien en 1963
Ingénieur du son : Louis Perrin

Catherine Deneuve... Geneviève Emery… Danielle LICARI
Nino Castelnuovo... Guy Foucher… José BARTEL
Anne Vernon... Madame Emery… Christiane LEGRAND
Marc Michel... Roland Cassard… Georges BLANES
Ellen Farner... Madeleine… Claudine MEUNIER
Mireille Perrey... Tante Élise… Claire LECLERC
Jean Champion... Aubin… Raoul CURET*            
Pierre Caden... Bernard… Michel LEGRAND*
Jean-Pierre Dorat... Jean… Jean-Claude BRIODIN*
Harald Wolff...  Monsieur Dubourg… Jean CUSSAC*
Jane Carat... Ginny… Jeanette BAUCOMONT*
Patrick Bricard... Serveur… Jacques DEMY**
Roger Perrinoz... Patron du café… José GERMAIN*
Paul Pavel... Deuxième déménageur (« Alors pousse ta viande, etc. »)… Raoul CURET*
Le facteur… Michel LEGRAND*
Le client égaré… Jacques DEMY**

Bernard Garnier… Mécanicien en 1959 (« Ben qu’est-ce qu’y t’prend ? »)… Michel LEGRAND ?*
Gisèle Grandpré… Madame Germaine (tenancière de la boîte à matelots)… Claude PARENT ?*

Philippe Dumat... Client du garage en 1957… ?
Jean-Pierre Chizat... Pierre le mécanicien 1957… ?
Michel Benoist... Acheteur de parapluies… ?
François Charet… Mécanicien en 1959 (« Le patron te d’mande ! »)… ?
Jacques Camelinat... Client du garage en 1959… ?
Premier déménageur (« Qu’est-ce que tu cherches ? »)… ?
Dorothée Blanck... Entraîneuse au café (« Tu viens danser ?»)… ?
Bernard Fradet... Pompiste… ?

Sources : Générique et pochettes de disques
* : Compléments Rémi C. / Dans l’ombre des studios (remerciements à Anne Germain, Jean Cussac, Raoul Curet, José Germain, Jeanette Baucomont, Jean-Claude Briodin, Danielle Licari, Claudine Meunier)
** : Complément Stéphane Lerouge (coffret CD Demy-Legrand)




LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (1967)

Contrairement aux Parapluies de Cherbourg, film entièrement chanté, Les Demoiselles de Rochefort alterne scènes de chant (avec les voix des choristes habituels enregistrées avant le tournage) et scènes de comédie (avec les vraies voix des acteurs à l’écran, sauf certains étrangers).


video
Michel Legrand et Jacques Demy en séance de composition 
pour Les Demoiselles de Rochefort (avril 1966)

Anne Germain
Voyant que la voix de soprano de Danielle Licari ne raccorderait pas idéalement avec la voix parlée de Catherine Deneuve (Delphine), Jacques Demy et Michel Legrand auditionnent plusieurs choristes et c’est finalement Anne Germain (qui avait quelques mois plus tôt enregistré avec Nicole Darde  les « maquettes » de la musique) qui est choisie, créant l’illusion. Anne est l’une des choristes les plus talentueuses et prolifiques de sa génération. Elle a enregistré en soliste plusieurs génériques (dont le mythique L’île aux enfants) et doublages chantés (Duchesse dans Les Aristochats, Rita Hayworth dans La Blonde ou la Rousse, Ann Reinking dans Annie, etc.). Dans Les Demoiselles de Rochefort, on peut également l'entendre faire un scat avec Louis Aldebert dans la séquence d'ouverture (scat un peu "noyé" dans le mixage du film, mais parfaitement audible dans la B.O.). Pour en savoir plus sur la carrière d'Anne Germain, vous pouvez lire le long et passionnant entretien qu’elle m’a consacré.


video


La « sœur jumelle » de Delphine, Solange (Françoise Dorléac), a quant à elle la voix chantée de Claude Parent, artiste que connaissait Marcelle Legrand (mère de Michel, éditrice musicale) mais dont nous n’avons que peu d’informations. Elle a enregistré plusieurs disques en soliste et ne faisait  pas partie du circuit des choristes habituels. Là encore on peut affirmer que son timbre et sa voix grave s’accordent parfaitement avec la voix parlée de Françoise Dorléac. Il est possible, sans certitude, qu’elle ait également participé aux Parapluies de Cherbourg sur une très courte réplique (« Bonsoir Ginny » par Madame Germaine, tenancière de la « boîte à matelots »).
D’après le site « Que sont-ils devenus ? » Claude Parent serait décédée en 2007 à l’âge de 75 ans.


video

J. Perrin et R. Berry entourent leur "voix"
J.Revaux à la Cinémathèque
sous le regard de Costa-Gavras
(Inauguration de l'exposition Demy)
Maxence (Jacques Perrin), jeune marin qui cherche son « idéal féminin » a la voix de Jacques Revaux (né en 1940), qui a fait ses débuts comme chanteur  avant de devenir un très grand compositeur, à qui l’on doit des dizaines de « tubes » pour Claude François (« Comme d’habitude », devenu plus tard en franchissant l’Atlantique « My way » avec la voix de Frank Sinatra), Michel Sardou (« Les Lacs du Connemara », « La maladie d’amour », « Le France ») ou Johnny Hallyday (« J’ai oublié de vivre »). A l’époque, tout comme Georges Blanès et Anne Germain, Jacques Revaux enregistre des disques de « covers », publicités, etc. Dans son autobiographie, Ma vie en chansons (éd. Ramsay), il raconte à propos des Demoiselles de Rochefort : « Au studio Davout à Paris, les séquences longues de plusieurs minutes furent, de bout en bout, enregistrées en direct. Plusieurs faux départs de ma part avaient obligé tous les chanteurs à recommencer depuis le début, encore et encore. Ce fut un soulagement pour tout le monde quand la décision avait été prise de me faire enregistrer seul : je n’étais pas synchro ! C’est fou, je n’arrivais pas à me caler avec les autres. L’exercice s’était avéré bien plus difficile que je ne l’avais imaginé. »
Plus tard, Jacques Revaux prêtera sa voix à Richard Berry dans Une chambre en ville (1982).

video

Gene Kelly (Andy) a déjà chanté en français, notamment dans Un Américain à Paris. Pourtant, dans sa biographie, Mag Bodard, la productrice du film, explique que les financiers étaient très frileux à l’idée de lui faire enregistrer ses chansons en français. C’est donc le canadien anglophone Don Burke qui a enregistré le rôle. A l’époque, Don est membre du groupe vocal folk Les Troubadours aux côtés de Jean-Claude Briodin, Pierre Urban et Franca di Rienzo. On peut entendre la voix de Don comme soliste dans le vinyle de Lucky Luke - Daisy Town (musique de Claude Bolling) pour la chanson du quadrille (par Gérard Rinaldi dans le film, et Philippe Clay en CD).


video

On remarquera (merci Alice Herald) qu’à la fin de la chanson d’Andy, Michel Legrand prend le relais des scats. Le compositeur ne s’est pas attribué de rôle parlé dans le film mais on peut l’entendre « scatter » ici et à deux autres moments (« Marins, amis, amants ou maris », « Kermesse »).

Danielle Darrieux (Yvonne) est la seule comédienne du film à chanter son rôle. Elle fera de même dans Une chambre en ville (film de Jacques Demy, musique de Michel Colombier).

M. Piccoli et G. Kelly devant 
un vinyle des Swingle Singers
Son ancien amant, Simon Dame (Michel Piccoli), a la voix de Georges Blanès (Cassard dans Les Parapluies de Cherbourg), qui le suivra également dans Une chambre en ville. On notera que dans la boutique de Simon figure sur un présentoir le disque « Mozart » des Swingle Singers (dont plusieurs des membres ont participé aux voix des Demoiselles de Rochefort), qui apparaît et disparaît selon les plans (simple clin d’œil ? Problèmes de raccords ?).

Jean Stout (1933-2012) prête sa voix à Guillaume Lancien (Jacques Riberolles). Au début, d’après les souvenirs de Michel Legrand, le chanteur avait été contacté pour faire la voix de Simon Dame mais cela ne collait pas. Jean Stout m’avait raconté de son côté avoir été contacté à la base pour faire seulement partie des chœurs (on entend d’ailleurs sa voix de basse profonde dans les chœurs de « La Chanson de Maxence », les scats de « Marins, amis, amants ou maris »).
Jean Stout c’est la voix chantée de Baloo dans Le Livre de la Jungle, de Tony dans La Belle et le Clochard (redoublage de 1989), le personnage de Henri Golo dans les spectacles et disques de Dorothée. Une voix de basse omniprésente dans le paysage musical des années 60/70/80 (lire mon interview de Jean Stout). Curieusement, j’ai remarqué en analysant les voix du film que dans la chanson « De Hambourg à Rochefort » Jean Stout est remplacé par José Bartel sur le petite réplique de Lancien.


video

Joués par des acteurs et danseurs américains, les forains et leurs copines sont doublés à la fois pour les dialogues et les chansons. Ainsi, George Chakiris (Etienne) a la voix parlée de Jacques Thébault (célèbre voix de Steve McQueen… et de Chakiris dans la VF de West Side Story) et la voix chantée de Romuald Figuier dit Romuald. Ce dernier fait ses débuts comme choriste (notamment pour le chanteur John William) avant de commencer une carrière de chanteur soliste (il représente Monaco trois fois à l’Eurovision) et compositeur (« Let me try again » repris par Frank Sinatra).


video

Le personnage de Bill a quant à lui la voix parlée et chantée de José Bartel (voix de Guy dans Les Parapluies de Cherbourg). Des sources présentes sur internet depuis des années indiquent que Dominique Tirmont fait la voix parlée de Bill mais c’est faux. Tirmont (voix parlée et chantée de Von Trapp dans La Mélodie du Bonheur, de Tevye dans Un violon sur le toit) a une voix de basse très reconnaissable. On ne peut pas la confondre avec celle de de José, qui a également fait plusieurs fois du doublage parlé (La Vallée du Bonheur, Un shérif est en prison).
Judith (Pamela Hart) et Esther (Leslie North) ont les voix chantées de Christiane Legrand et Claudine Meunier (respectivement voix de Mme Emery et de Madeleine dans Les Parapluies de Cherbourg). Je n’ai pas pu identifier les voix parlées, même si celle d’Esther fait penser à la comédienne Michèle André.

A. Herald à la Comédie-Française
(Le Bourgeois gentilhomme)
Josette (Geneviève Thénier), la serveuse du café tenu par Yvonne, chante avec la voix de la choriste Alice Hérald. Alice a fait ses débuts avec Claudine Meunier dans les « Hélianes » (trio de choristes de l’orchestre Jacques Hélian) puis fait partie des Swingle Singers et accompagné de nombreux chanteurs (Maxime Le Forestier, Graeme Allwright, Dave, etc.). On l’entend assez rarement en soliste. En dehors des Demoiselles de Rochefort, l’une des occasions de l’entendre aurait été le film Le Ciel et Bleu (dont elle avait enregistré le générique, sur une musique de François de Roubaix), mais celui-ci n’est jamais sorti. Il reste heureusement dans la compilation François de Roubaix – Chansons de films une trace de ce joli enregistrement.


video

Le petit « Boubou » (Patrick Jeantet) a la voix chantée d’Olivier Bonnet, fils de Christiane Legrand et de son premier mari, le chanteur Pierre Laurent (voix chantée supposée de Donald O’Connor dans la VF de Chantons sous la pluie).

Les non-crédités

Ils sont peu nombreux. Dans la scène des « Rencontres » on peut reconnaître la voix de Jean-Claude Briodin (un policier et un badaud) et –grâce aux souvenirs d’Anne Germain- celle du "Double Six" Louis Aldebert (un policier, et scat dans le générique de début).


LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (1967)
Musique : Michel Legrand / Paroles : Jacques Demy
Enregistrement des voix au Studio Davout en mars 1966
Ingénieurs du son : Claude Ermelin, Yves Chamberland et François Dentan

Catherine Deneuve... Delphine Garnier… Anne GERMAIN (Chant)
Françoise Dorléac...  Solange Garnier… Claude PARENT (Chant)
Jacques Perrin... Maxence… Jacques REVAUX (Chant)
Gene Kelly... Andy Miller… Don BURKE (Chant)
Gene Kelly... Andy Miller… Michel LEGRAND (Derniers scats de la « Chanson d’Andy »)*
Danielle Darrieux... Yvonne Garnier… ELLE-MEME
Michel Piccoli... Simon Dame… Georges BLANES (Chant)
Jacques Riberolles... Guillaume Lancien… Jean STOUT (Chant « De Delphine à Lancien »)
Jacques Riberolles... Guillaume Lancien…  José BARTEL (Chant « De Hambourg à Rochefort »)*
George Chakiris... Etienne… Jacques THEBAULT (Dialogues)
George Chakiris... Etienne… Romuald FIGUIER (Chant)
Grover Dale... Bill… José BARTEL (Dialogues et Chant)*
Pamela Hart... Judith… Christiane LEGRAND (Chant)
Leslie North... Esther… Michèle ANDRE ? (Dialogues)*
Leslie North... Esther… Claudine MEUNIER (Chant)
Geneviève Thénier... Josette… Alice HERALD (Chant)
Patrick Jeantet... Boubou Garnier… Olivier BONNET (Chant)
Dorothée Blanck… Passante (« Vous avez de la chance »)… ?
Alain Franchet... 1er policier (« Ne restez pas là, circulez soyez chic »)... Jean-Claude BRIODIN (Chant)*
Bernard Fradet ... 2ème policier (« Nous ne voulons pas vous être antipathiques »)… ?
Remy Brozek... 3ème policier (« Ne nous forcez pas à vous cogner dessus à bras raccourcis »)… Louis ALDEBERT (Chant)*
Pierre Caden... 1er passant (« Y avait du sang jusqu’ici »)… ?
Véronique Duval... Passante (« C’était une petite vieille aux blancs cheveux »)… ?
Jacques Henri Barratier... 2ème passant (« C’est proprement immonde »)… Jean-Claude BRIODIN (Chant)*
Scat solo « Arrivée des camionneurs »… Anne GERMAIN* et Louis ALDEBERT*
Scat « Marins, amis, amants ou maris »… Michel LEGRAND*, Jean STOUT*, etc.
Scat solo « Kermesse »… Michel LEGRAND

Chœurs : La plupart des solistes, José Germain*, etc.

Sources : Générique et pochettes de disques
* : Compléments Rémi C. / Dans l’ombre des studios (remerciements à Anne Germain, Norma Bartel, Jean-Claude Briodin, David Gential, Jean Stout, Alice Herald, José Germain)



PEAU D’ANE (1970)

Dans Peau d’âne, Catherine Deneuve (Peau d’âne) et Jacques Revaux (Le Prince) retrouvent leurs voix des Demoiselles de Rochefort, à savoir Anne Germain et Jacques Revaux.
Christiane Legrand participe une fois de plus à une musique de son frère en prêtant sa voix à la Fée des Lilas (Delphine Seyrig).
Ce sont les seuls noms de chanteurs crédités au générique.

Les non-crédités

Il y a deux scènes dans lesquelles fourmillent de nombreux petits rôles chantés :

Dans « Les Insultes », Peau d’âne est moquée et insultée par les garçons et filles de ferme.
Les voix masculines sont assez facilement identifiables à l’oreille et j’ai pu les faire confirmer à la plupart des intéressés : on entend successivement Georges Blanès (et se petite pointe d’accent pied noir), voix de Cassard et de Simon Dame dans les précédents films, Jean Cussac (Monsieur Dubourg dans Les Parapluies) et son petit « trémolo » final caractéristique (« renvoi »), Jo Noves (décédé en 2014, ténor des Swingle Singers, au timbre de voix particulier et une petite pointe d’accent toulousain) et Michel Legrand (qui prête ici sa voix à un certain Michel Colucci, futur Coluche !). Pour le dernier, il s’agirait de Jacques Demy (seul nom avec Michel Legrand crédité pour les garçons de ferme dans le coffret Demy-Legrand).


video

Pour ce qui est des femmes c’est plus compliqué, d’autant que l’ordre des voix n’a pas été respecté au moment du tournage et qu’une fermière peut ainsi se retrouver avec trois voix différentes.
Anne Germain se souvient avoir enregistré la séance avec notamment Hélène Devos et Nicole Darde des Swingle Singers. Claude Chauvet se souvient de la séance, qui était l’une des premières de sa carrière (à l’époque elle faisait partie d’un groupe de jeunes chanteurs, Les Marlee, produit par… Marcelle Legrand). En faisant plusieurs séances d’écoutes avec des choristes, nous avons pu retrouver quelques attributions, mais sans certitudes.
Il est parfois difficile pour certaines choristes de reconnaître leur propre voix, d’autant, que, comme me l’explique Alice Herald (qui se souvient avec certitude de ses répliques dans le film), les voix étaient assez « uniformisées » dans la façon de composer et de chanter de Michel Legrand.

Dans « Le massage des doigts », le charlatan (Romain Bouteille) vendeur d’élixirs amincissant les doigts a la voix de Michel Cassez, futur « Gaston » des Compagnons de la Chanson, qui était un musicien-chanteur polyvalent, et auteur-compositeur avec Jean-Pierre Calvet de plusieurs chansons, dont le célèbre générique de la série d'animation Tom Sawyer. C’est Anne Germain qui m’a lancé sur cette piste, et « Gaston » me l’a confirmé.  Le valet de ferme a lui la voix de Romuald (Etienne dans Les Demoiselles de Rochefort). On peut notamment entendre chez les femmes Christiane Cour et certainement Janine de Waleyne et Danielle Licari. Le petit garçon pourrait avoir la voix d’Olivier Bonnet (voix du petit Boubou des Demoiselles de Rochefort).


video



PEAU D’ANE (1970)
Musique : Michel Legrand / Paroles : Jacques Demy

Catherine Deneuve... Peau d'âne... Anne GERMAIN
Jacques Perrin... Le prince charmant... Jacques REVAUX
Delphine Seyrig... La fée des Lilas... Christiane LEGRAND

video


Scène des "Insultes"

Paysanne 1 (« Quelle calamité »)… Hélène DEVOS*
Paysanne 1, 2ème réplique (« elle doit être malade »)… ?
Paysanne 2 (« On m’a dit que sa peau cache une infirmité »)… ?
Paysanne 3  (« Peut-être la pelade »)… ?
Paysanne 4 (« Regardez cette allure, on ne peut distinguer ses mains de sa figure »)… ?
Paysanne 5 (« Avec ses poils partout, ça me fait grand dégoût »)… Claude CHAUVET*
Paysanne 1, 3ème réplique (« Elle n’aura guère de chance de rencontrer le prince »)… ?
Paysanne 2, 2ème réplique (« Avant de l’embrasser, il faudra qu’il la rince »)… Hélène DEVOS*
Paysanne 3, 2ème réplique (« De la tête au talon, sa peau doit être rance »)… ?
Garçon de ferme 1 (« La vieille m’a dit sur l’heure, il faut que tu me ranges, l’écurie, les communs, les étables et la grange », « Et comment le saurais-je ? », « Comme sa majesté, il aime la propreté »)… Georges BLANES*
Paysanne 6 (« Sais-tu en quel honneur ? », « Le prince cher seigneur viendra nous voir dimanche », etc. « On dit qu’elle est méchante »)… Alice HERALD* et/ou Nicole DARDE*
Garçon de ferme 2 (« Tu devrais te cacher, si le prince te voit, il pourrait se fâcher, exiger ton renvoi », « voir son Prince Culcendron »)… Jean CUSSAC*
Rufus… Garçon de ferme 3 (« Tu n’auras pas le droit, d’assister à la fête, car les soldats du roi croyant voir une bête, pourraient bien te tuer », « Tout le monde fuira voyant ce laideron »)… Jo NOVES*
Coluche... Garçon de ferme 4 (« Comment t’appelles-tu, très noble courtisane ?)... Michel LEGRAND*
Yves PIGNOT... Garçon de ferme 5 (« Je crois que c’est son corps »)... Jacques DEMY**

video

Scène du "Massage des doigts"

Romain Bouteille... Le charlatan... Michel CASSEZ*
Aristocrate 1 (« J’ai la merveille des merveilles, l’onguent qui fait maigrir les doigts »)… ?
Aristocrate 2 (« Débouchons vite cette bouteille… »)… ?
Paysanne 7 (« Serrez donc, fainéant », « Est-il bête ou fait-il semblant ? »)… ?
Petit garçon (« C’est que j’ai peur de vous faire mal »)… Olivier BONNET ?*
Maud Rayer... Fille de cuisine 1 (« La mère dépêchez-vous  car le prince attend après nous», « C’est le mien qui passera l’anneau d’or », « Le mien est pelé jusqu’à l’os »)... Danielle LICARI ?*
Fille de cuisine 2 (« Miracle mon doigt maigrit encore », « Aïe aïe ma peau s’en va en lambeaux »)… ?
Andrée Tainsy... La mère (« Cette punition n’est point volée, car vous n’êtes que deux écervelées »)... Janine de WALEYNE
Aristocrate 1, 2ème voix ? (« Ah le faquin, le charlatan, avez-vous mon annulaire ? »)… ?
Aristocrate 2, 2ème voix («Je ne sais de quoi il a l’air le mien regardez a grossi d’autant »)… Christiane COUR*
Garçon de ferme 6 (« Ce qu’elles sont bêtes »)… ROMUALD*
Vanina Michel… Paysanne 8 (« Il est jaloux », « aïe aïe aïe ouï ouï, tu vois bien que tu me pinces »)… ?
Marion Loran… Paysanne 9 (« Vous n’êtes qu’un méchant filou »)… ?
Christine Aurel… Paysanne 10/Esther (1ère réplique : « Je l’ai coupé »)… Christiane COUR ?*
Christine Aurel… Paysanne 10/Esther (2ème réplique  « Pourrait-il partir ou se taire »)… ?

Chœurs : La plupart des solistes, José Germain*, Claudine Pavaux*, Michèle Conti*, etc.

Sources : Générique et pochettes de disques
* : Compléments Rémi C. / Dans l’ombre des studios (remerciements à Anne Germain, Georges Blanès, Jean Cussac, Bruno Conti, Claudine Pavaux, Michel Cassez, Claude Chauvet, Hélène Devos, Claudine Meunier)
**: Complément Stéphane Lerouge (coffret CD Demy/Legrand)


ET LES AUTRES COLLABORATIONS JACQUES DEMY / MICHEL LEGRAND ?

Les autres films comportent moins de "mystères vocaux". Voici néanmoins quelques voix que j'ai identifiées pour:

PARKING (1985)

Spectateurs dans « Célébration » : Christiane LEGRAND*, Michel LEGRAND* et Michel BAROUILLE*

TROIS PLACES POUR LE 26 (1988)

Journalistes dans « Interview » : Christian GENEVOIS ?*, Michel LEGRAND* et Michel BAROUILLE*

Source: Rémi C. 



C'EST FINI, VOICI MAINTENANT UNE PAGE DE PUBLICITÉ


video

Cette publicité de 1972 pour Tupperware (dont on ne commentera pas le sexisme) est visiblement un pastiche des films de Jacques Demy et des musiques de Michel Legrand. La qualité sonore est mauvaise, mais il semble que les deux principales voix féminines soient celles de Danielle Licari ("un métier bien payé") et Claudine Meunier ("sans spéciales études"), accompagnées par José Bartel ("en plein après-midi"). 
Ont-ils été engagés en raison de leur travail pour Demy-Legrand? C'est possible, mais c'est peut-être simplement dû au hasard, car tous les trois (ainsi que Georges Blanès, Anne Germain, etc.) travaillaient beaucoup pour la publicité à l'époque. Une grande partie des publicités radio ou télévisées étaient chantées.


Suivez toute l'actualité de "Dans l'ombre des studios" en cliquant sur "j'aime" sur la page Facebook.