lundi 22 avril 2013

Janine de Waleyne : de Boby Lapointe à Léo Ferré



Chanteuse soliste et choriste, ondiste, chef de chœurs, Janine de Waleyne est certainement l’une des figures les plus marquantes des studios d’enregistrement des années 60-70. Celle qui fut la « Juanita Banana » d’Henri Salvador, et chanta tant de magnifiques duos avec Jacques Brel, Léo Ferré, Boby Lapointe ou encore Baden-Powell est décédée en 1987 dans la plus grande indifférence médiatique. Reconstituer le fil de sa vie et de sa carrière d’interprète prolifique mais peu souvent créditée sur les pochettes de disques fut un travail de longue haleine, et n’aurait été possible sans les recherches parallèles d’Alaric Perrolier (amateur éclairé de l’œuvre de Léo Ferré), la participation du fils de Janine, Clément Bailly, percussionniste aujourd’hui expatrié au Laos, et les témoignages de bon nombre d’amis choristes. Qu’ils en soient ici remerciés.


Jeanine Marcelle Duparcq de Waleyne naît le 2 mai 1921 à Paris (10ème). Issue d’une famille de musiciens et d’artistes (elle est parente du compositeur Henri Duparc ainsi que de Théodore Dubois, auteur d’un célèbre traité d’harmonie), elle suit depuis la plus tendre enfance des études musicales sous la houlette de sa mère, Madeleine Duparcq de Waleyne, pianiste concertiste, élève de Maurice Ravel et amie de Marguerite Long ainsi qu’au Conservatoire National de Paris.


A l’âge de huit ans, elle devient championne internationale de danses rythmiques, et intègre vers l’âge de seize ans un quatuor d’ondes Martenot (certainement celui de Ginette Martenot),  l’un des tous premiers instruments électroniques de l'histoire de la musique. Elle fait partie des Jeunesses musicales de France, section folklore, joue même des ondes Martenot avec un bagad breton dans les années trente, et collecte avec sa mère des chansons et des costumes traditionnels de toutes les régions de France. Ces documents lui permettront plus tard de collaborer à l’écriture du livre Costumes de notre terroir de Charles Brun (1945). Janine de Waleyne participe à des tournées en France et en Europe avec le groupe folklorique fondé par sa mère, ainsi qu’à l’inauguration du Musée national des arts et traditions populaires (1937). 


Janine vers 1939
(Remerciements à Matej Hanauer)
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Janine de Waleyne s’engage à la Croix-Rouge pour aider les réfugiés. Elle devient la "marraine de guerre" du pilote de chasse tchèque Otto Hanzlicek, venu combattre auprès des troupes françaises. Janine travaille comme pianiste au Poste Parisien (Radio Paris) et compose des musiques de scène (Le Bout de la Route de Jean Giono, 1941), tout en portant du courrier pour la Résistance. A la Libération, elle réintègre la Croix-Rouge pour les blessés et les rapatriés. C’est par l’arrivée des GI’s qu’elle découvre le jazz, devient une grande admiratrice d’Ella Fitzgerald et fréquente à Saint-Germain-des-Prés la bande de Juliette Greco et de Boris Vian. Habitant non loin de ce quartier mythique, Janine et son mari (guitariste formé par Django Reinhardt qu’il payait en bouteilles de vin, comédien, devenu psychanalyste plus tard) reçoivent régulièrement chez eux Henri Salvador, le contrebassiste de jazz Pierre Michelot, Michel et Christiane Legrand, et même Quincy Jones. Son fils Clément, né en 1951, garde de superbes souvenirs de ces soirées musicales. C’est certainement à cette même époque qu’elle change son prénom Jeanine en Janine. 


En 1954, sur une idée d’Eddie Barclay, la chanteuse américaine Blossom Dearie forme un groupe vocal de jazz moderne, les Blue Stars of France. Pour cela, elle s’entoure de plusieurs chanteurs ou musiciens chanteurs, parmi lesquels Christiane Legrand et Janine de Waleyne. Une première en France. Janine n’enregistre que le premier disque et, fâchée avec Christiane Legrand, ne sera jamais associée à la création des groupes vocaux de jazz qui vont se former par la suite (les Double Six, les Swingle Singers, etc.), dans lesquels la soeur de Michel Legrand a une place de premier plan. 


Fin des années 50, les chanteurs de variétés sont alors principalement accompagnés par des choristes lyriques, provenant en grande partie de l’Opéra-Comique, comme le chœur Marguerite Murcier, qui accompagne sur scène et en studio Edith Piaf, Luis Mariano, etc. Janine de Waleyne pressent qu’avec l’évolution des styles musicaux, des arrangements et l’expansion du marché du disque, les chanteurs vont de plus en plus avoir besoin de choristes « modernes », rompus à tous les styles de chant et notamment au jazz, pour les accompagner. Ces choristes, il faut les choisir, les diriger vers les arrangeurs du moment en fonction de leurs besoins. Janine s’engouffre dans ce créneau sans trop y croire. « Lorsqu’on a commencé à faire des chœurs vers 1955-1956, Janine nous a dit « on va en profiter, mais je ne pense pas que ça durera plus de deux ou trois ans ». Et finalement la grande époque des chœurs a duré bien plus longtemps » se souvient Claudine Meunier (ex-Blue stars, Double Six et Swingle Singers). Janine devient donc avec Christiane Legrand (puis plus tard Jean Stout et Danielle Licari) l’une des principales intermédiaires pour le choix des chœurs. Plébiscitée par la plupart des arrangeurs parisiens, elle fait rapidement la pluie et le beau temps dans le milieu des « requins de studio », et s'entoure notamment de Jean-Claude Briodin, Jean Cussac, Michèle Dornay, Claudine Meunier, Claude et Anne Germain. Cette position lui permet aussi de s’affirmer comme chanteuse soliste.



 Janine de Waleyne à la télévision
(Choeurs de "L'orange" avec Gilbert Bécaud, duo "L'été où est-il?" avec Boby Lapointe, soliste "Je suis un soir d'été" avec Jacques Brel, et répétitions avec Léo Ferré)


Son amplitude vocale exceptionnelle lui permet de tout faire. Pour Gilbert Bécaud, elle pousse les cris déchirants de « L’Orange » et participe à ses chœurs en studio, tournées, à l’Olympia (1967), etc. Pour Jacques Brel, elle chante en duo avec lui, sur scène et en studio « Demain l’on se marie » (1958), participe à l’enregistrement des dialogues de son poème symphonique Jean de Bruges (1965), chante les vocalises de « Je suis un soir d’été » (1968). Rarement créditée sur les pochettes de disque (les rares fois où elle l’est, son nom est une fois sur deux mal orthographié), on peut l’identifier grâce à son timbre reconnaissable dans les titres de bon nombre de chanteurs des années 60 : Jean Ferrat (soliste "Deux enfants au soleil", studio 1961 (réenregistrée quelques années plus tard dans un nouvel arrangement avec les vocalises de D. Licari) et Alhambra 1965), Alain Barrière (soliste « Ma vie », 1964), Sheila (choriste « Vous les copains », 1964), Antoine (soliste "Dites-moi ma mère", 1969), Gribouille (soliste « Les corbeaux », 1965, dans laquelle son interprétation n’est pas sans rappeler Yma Sumac), etc.

Medley Janine de Waleyne 1: Demain l'on se marie (duo avec Jacques Brel), L'espoir (soliste pour Léo Ferré), Ma vie (soliste pour Alain Barrière), La dispute (soliste pour la musique du film Les Galets d'Etretat, musique Georges Garvarentz), Naquele Tempo (duo avec Baden-Powell), L'étoile a pleuré rose (soliste pour Léo Ferré).

D. Licari, J. de Waleyne, M. Dornay et M. Conti
(Séance studio pour Léo Ferré, période 1964-1967)
(Photo H. Grooteclaes)
Mais s’il y a bien un artiste qui a révélé toute l’étendue du  talent de Janine de Waleyne, c’est  Léo Ferré. Dès le début des années 60, l’artiste utilise la voix de Janine comme un véritable instrument soliste en studio et dans des concerts à Paris. Un grand respect mutuel les lie. Cette collaboration atteindra son apogée pour l’enregistrement et les concerts (Opéra-Comique 1974, Palais des Congrès 1975) de l'oratorio La Chanson du mal-aimé (1972) où Janine prouve qu'elle peut aussi superbement chanter de manière « classique » et pour l'enregistrement de l'album L’espoir (1974) : dans ce dernier, elle accompagne Léo Ferré sur plusieurs titres (« Je t’aimais bien tu sais », « Marie », « L’espoir », « Les amants tristes », « La damnation »), jonglant sur les couleurs, les accentuations, les changements d’octaves. Une interprétation sublime…


Baden-Powell et Janine
Autre rencontre importante : le chanteur et guitariste brésilien Baden-Powell  qui, en tournée en France, tombe sous le charme de la voix de Janine de Waleyne. La mode depuis le début des années 60 et l’apparition du jazz samba étant d’engager des vocalistes en accompagnement du guitariste-chanteur principal, Baden-Powell l'engage pour enregistrer plusieurs albums avec lui (parmi lesquels Images on guitar – Baden + Janine, 1972) et Janine part en tournée avec l’artiste à Rio et San Salvador. Un Baden-Powell qu’elle trouve génial lors de ses concerts, malgré un penchant malheureusement trop prononcé pour l’alcool. Son fils Clément de Waleyne participe à cette aventure comme percussionniste, les débuts d’une longue carrière de studio sous le nom de Clément Bailly.

Medley Janine de Waleyne 2: Je t'aimais bien tu sais (soliste pour Léo Ferré), Andréa c'est toi (duo avec Boby Lapointe, voix truquée), Sur une plage (slow de Gérard Calvi), Larmes en sol pleureur (ondes martenot pour une musique de Michel Magne, voc. Christiane Legrand), Savez-vous... (soliste pour Maurice Chevalier), Venham mais cinco (soliste pour Zeca Afonso), La damnation (soliste pour Léo Ferré).


Boulimique de travail, Janine est partout et dans tous les registres  dans les années 60/70: chœurs et soli dans des chansons en studio, sur scènes et en tournées (tournée en Russie comme chef de chœurs pour Michel Legrand), comédies musicales (Paris Populi  de Francis Lemarque en 1974), publicités, jingles, musiques de films (le superbe blues du film Des pissenlits par la racine, le duo « La dispute » du film Les Galets d’Etretat), de scène (théâtre, cabarets). « Avec Janine de Waleyne nous avons même enregistré un duo pour le club Le Paradis Latin qui s’appelait « Je suis ta pédale douce ». Autant te dire que nos fous rires ont rendu l’enregistrement difficile! » se souvient avec amusement et nostalgie son « collègue de micro » Michel Barouille. En doublage en revanche, son travail est plus discret : pas mal de chœurs (Winnie l’Ourson (1966), Robin des Bois (1973)), quelques petits soli dans des films (Oliver ! (1968), Pinocchio (1975)), mais peu de « grands » rôles. On notera quand même sa participation comme voix chantée de plusieurs personnages dans Dorothée au Pays des Chansons (1980). Elle chante également plusieurs chansons du Kanapoutz de L’île aux enfants (1978).



 Scopitone de "Juanita Banana" (1966) avec Henri Salavador et la voix de Janine de Waleyne


Femme de tempérament, Janine a  dans la vie une véritable nature comique, exploitée par les chanteurs qui en font une Ulrika Von Glott (personnage de cantatrice déjantée créé par Marianne James) avant l’heure. Pour son ami Henri Salvador, elle fait les aigus de « Juanita Banana » sur l’air de Gilda de Rigoletto de Verdi  et participe à plusieurs de ses chœurs comme « Minnie petite souris ».  Pour Régine elle chante en duo "Pourquoi un pyjama?" (1966), pour Henri Tachan « Comme dans un opéra » (1981) et pour Maurice Chevalier « Savez-vous… » (reprise de 1965 de « Savez-vous planter les choux ? »). Pour Boby Lapointe, elle incarne la délirante fée de « L’été où est-il ? » (1967), chante avec lui « J’ai fantaisie » (1964), mais aussi « Andréa c’est toi » (1967), où sa voix, ralentie par l’ingénieur du son Pierre Roche, donne l’effet d’une parfaite imitation de Tino Rossi. En 1962, le compositeur Gérard Calvi, l’un de ses grands amis pour qui elle avait chanté le slow « Sur une plage » (1957), a l’idée de l’engager pour jouer dans la comédie musicale La Grosse Valse avec Louis De Funès et les Branquignols au Théâtre des Variétés. Elle y interprète plusieurs rôles, dont une chanteuse de blues black dans un duo avec un Louis De Funès déchaîné. Cet aspect comique est aussi exploité dans des fictions ORTF des années 60. 


Medley Janine de Waleyne 3: Les amants tristes (soliste pour Léo Ferré), Faces in the dark (arrangement d'ondes martenot pour une musique de Mikis Theodorakis), Les corbeaux (soliste pour Gribouille), Comme dans un opéra (duo avec Henri Tachan), Blues du film Des pissenlits par la racine (voix truquée, musique de Georges Delerue), Marie (soliste pour Léo Ferré).


Dédicace de Léo Ferré à Janine
(Photo Hubert Grooteclaes, vers 1964)

Elle n’oublie pas non plus son instrument fétiche, les ondes Martenot, qu’elle utilise pour des chanteurs (Léo Ferré dans plusieurs disques dont Les Fleurs du mal (1957),  Boby Lapointe dans L’été où est-il ?), des musiques de films (pour Mikis Theodorakis : arrangements de Faces in the dark (1960) de David Eady, Le Couteau dans la plaie (1962) d’Anatole Litvak), musiques expérimentales (« Larmes en sol pleureur » de Michel Magne, avec la voix de Christiane Legrand), disques pour enfants (Babar, où les ondes Martenot représentent les dialogues de Babar et de l'autruche Adrienne), réclames, bruitages, pièces radiophoniques, musiques de scène…


Janine de Waleyne et Léo Ferré en 1975
(Photo Patrick Ullmann)
Dans le courant des années 70, les arrangements demandent de moins en moins de chœurs, ou alors des voix « dans le vent » qui ne nécessitent pas forcément de savoir lire la musique. Janine tient jusqu’au bout à s’entourer de lecteurs et lectrices, parmi lesquelles la jeune Jocelyne Lacaille (qui travaillera pour Michel Sardou, Johnny Hallyday, Claude François, etc.) à qui elle passe le relai. Fin des années 70, à la découverte d’un cancer compliqué Janine se retire sur la Côte d’Azur, où elle enseigne le chant au Conservatoire de Nice jusqu’à sa mort le 22 décembre 1987. Une fin plutôt triste, comme en témoigne son fils Clément : « Ma mère était ce qu’on appelle un requin de studio. Un requin, et j’ai été un de ceux-là, n’a pas d’états d’âme et pas beaucoup d’amis dans ce métier extraordinaire mais affreux. Dès qu’on peut le virer pour X raisons, on ne s’en prive pas. Ses « amis » à son enterrement n’étaient pas nombreux. ». Une autre anecdote, relatée par Claudine Meunier, confirme ce triste constat : « Janine qui était très malade avait demandé à Jean-Claude Briodin qu’il fasse venir Gilbert Bécaud à son enterrement. Jean-Claude, qui avait travaillé tant de fois comme choriste pour Bécaud, avait dû passer par je ne sais combien d’intermédiaires pour arriver à le contacter. Il me disait que Janine ne se rendait pas compte que nous n’étions que des pions dans ce métier. »


Interprète exceptionnelle, Janine de Waleyne est restée inconnue du grand public, à la différence de Danielle Licari (Le Concerto pour une voix) ou Christiane Legrand qui ont chacune connu une certaine notoriété. Il nous reste heureusement de très nombreux enregistrements pour découvrir ou redécouvrir cette artiste étonnante...



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11 commentaires:

  1. Magnifique biographie, un travail de recherche impressionnant. Oui, Janine était vraiment une femme de tempérament, une personnalité qui ne pouvait laisser indifférent, une grande dame.
    S'il y a eu peu de personne à ses obsèques c'est que pour certain(e)s son départ n'a été annoncé que plus tard, trop tard... :(

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  2. Très beau travail en effet. J'ai écouté cette voix remarquable des centaines de fois sans savoir que c'était Janine De Waleyne, dans "l'espoir" de Léo Ferré. Merci à vous!
    Philippe Drouot

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  3. Superbe article. Les ondes Martenot sont pour moi un véritable enchantement qui porte au rêve dans de nombreuses chansons de Ferré et de Brel. Je me suis toujours demandé qui était derrière. Merci pour ce travail.

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  4. Meme si Jeanine, nous a quitté depuis 1987, Je ne pourrai jamais l'oublier, car c'est elle qui m'a fait "entrer", dans les studios en 1964, avec l'album de Gainsbourg :couleur café. Depuis cette date j'ai pu trvailler avec ou sans elle, pour des milliers de séances d'enregistrement. Jeanine sera toujours dans ma pensée, car elle m'a montré le chemin de ma vie de choriste "requin".

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  5. dewaleyne philippe7 juin 2013 à 08:43

    Merci pour nous avoir fait découvrir qui était derrière cette voix magnifique surtout dans les enregistrements de Léo Ferré .

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  6. Janine apparait aussi dans une version de Je ne sais pas de Brel
    http://www.discogs.com/Jacques-Brel-Les-Grands-Auteurs-Compositeurs-Interpr%C3%A8tes/release/2083011

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  7. Je me permets juste: lors d'une interview de Regine, réalisée en 2003 à l'occasion de la sortie d'un nouvel album, elle m'a bien confirmé et certifié que la voix lyrique de "Pourquoi un pyjama" etait celle de Regine Crespin

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  8. Très bel article d'une rare qualité, merci.
    Je fais suivre le lien.
    Cordialement

    Norbert Gabriel

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  9. Merci pour toutes ces informations. J'ignorais en effet l'existence du nom de cette femme qui par sa voix aide à transcender certains titres phares De Ferré et Brel.

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  10. Je l'ai connue fin des années 70 à un moment de vaches maigres où elle faisait des enquêtes à domicile. Elle est venue chez moi,nous avons beaucoup parlé puis elle a chanté ! Quel souvenir ! c'était magique. Nous nous sommes revues, elle m'à offert un disque qu'elle aimait (plumes d'ange De Nougaro . Émouvant souvenir. Merci Janine ��

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