dimanche 25 octobre 2015

Décès de Charles Level

Je viens d'apprendre avec tristesse par un ami musicien le décès de Charles Level le 23 octobre à l'âge de 81 ans.

Malgré une relative médiatisation à l'époque "yéyé" puis plus tard dans les années 80, les informations publiques sur la vie et le parcours de Charles Level (né Leveel) sont quasi-inexistantes. On sait qu'il est né à Cherbourg et qu'il passe (apparemment à partir de la rentrée 1960) dans le Petit Conservatoire de Mireille, mais il paraît plus âgé que ses camarades et avoir déjà une expérience de la scène. 

Daniel Beretta (comédien, chanteur, voix française d'Arnold Schwarzenegger) me le confirme: "Il est arrivé un peu avant moi au Petit Conservatoire, c'était un très bon imitateur et il écrivait beaucoup de parodies. Mireille aimait qu'on fasse des parodies de Mozart, Tchaïkovsky, etc. donc avec Pascal Sevran et Claude Lemesle ils en ont écrit beaucoup. Avec Charles on a souvent chanté en duo ou trio. Une anecdote assez drôle: lorsqu'on faisait une émission de télévision, très souvent il y avait sa photo à la place de la mienne, et la mienne à la place de la sienne. On devait se ressembler tous les deux. Il a écrit des chansons pour beaucoup de chanteurs de l'époque et c'était un mec très gentil et plein de talent. Il avait au moins dix ans de plus que nous donc c'était un peu le "patron" après Mireille. On s'est par la suite recroisé plusieurs fois aux fêtes de Mireille qui l'aimait beaucoup".



Belle gueule, semblant assez fier de lui, il charme l'auditoire avec une voix de crooner et des textes intéressants, mais déjà, dans cet extrait où il chante une version française de "Georgia on my mind", Mireille pointe un défaut: trop de dons, et du coup une dispersion qui par la suite desservira certainement sa carrière (on peut mettre en parallèle ce problème avec celui de José Bartel).

Sous le nom de "Charlie Level et les Carnaval's" il enregistre de nombreux disques de reprises dans les années 60. Il fait également du cabaret en tant que chansonnier. A partir de 1968, il écrit plus de deux mille chansons pour Dalida, Sacha Distel, Sylvie Vartan, Michel Delpech, Annie Cordy, les Compagnons de la Chanson, Mireille Mathieu, les Costa, Thierry Le Luron... Il écrit également des chansons pour la télévision (Chapi Chapo, musique François de Roubaix), le théâtre (Le voyage de Monsieur Perrichon, La Célestine, Madame Sans-gêne) et le music-hall (Casino de Paris, Folies-Bergère, Paradis Latin). 
Son ami Jacques Martin l'intègre au début des années 80 dans plusieurs émissions: à la radio dans Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard, où Level, avec sa guitare, improvise des chansons et fait des imitations. Et à la télévision dans Thé dansant où il reprend des anciens succès de la chanson française, accompagné par l'orchestre de Bob Quibel.
"Au pays de Candy" chanté par Dominique Poulain (paroles Charles Level)

Dans les années 80, Charles Level s'impose également comme un adaptateur de chansons pour des comédies musicales (Barnum au Cirque d'hiver), des doublages (La Belle et le Clochard, Basil détective privé, Oliver et Compagnie, Winnie l'ourson, etc.) et surtout, pour des dizaines de génériques qui deviendront "cultes": Les aventures de Candy, Rémi sans famille, La Bande à Picsou et la plupart des génériques de la Cinq (Olive et Tom, Le Petit Lord, Embrasse-moi Lucile, Sous le signe des mousquetaires, etc.). Il est possible d'après mon ami Jean Cussac (choriste, et directeur musical de doublage dans les années 80) qu'il ait également fait du doublage en tant que chanteur.


"Le Petit Lord" chanté par Claude Lombard (paroles Charles Level)

Claude Lombard, interprète soliste de la plupart des génériques de dessins animés de la Cinq, se souvient de sa collaboration avec Charles Level: "Je l'ai connu au moment des génériques de la Cinq. Nous recevions les playbacks orchestraux, la version italienne, un synopsis du dessin animé et les textes en italien quelques jours avant. Charles adaptait en français six ou sept chansons en deux jours, ou même parfois en une journée. C'était un homme charmant qui avait beaucoup de talent, connaissait son métier, écrivait vite et bien. Je tiens à le préciser car je lis parfois des critiques sur internet de personnes qui disent "Tu te rends compte, ils ont écrit ou enregistré ça en une journée, c'est du travail bâclé" car c'est faux. Les gens qui travaillent vite, comme Charles Level, ou comme Olivier Constantin ou Michel Barouille qui déchiffrent une partition en cinq minutes et enregistrent en une seule prise, travaillent vite car ils ont tout simplement du talent. Ce ne sont pas des gens laborieux, qui mettent deux ou trois jours pour apprendre une chanson et la chanter à moitié bien. Pour en revenir à Charles Level, il m'envoyait ses textes par fax en me disant de revenir vers lui si quelque chose ne fonctionnait pas et je l'appelais quand il y avait un problème sur une phrase, mais ça se passait très simplement, sans prise de tête. Il était venu aux premiers enregistrements pour voir comment ça se passait. C'était un gros nounours, un peu bourru, avec son cigare. Ca se faisait très vite, on enregistrait six ou sept titres en une journée avec le producteur italien dans un studio rue de l'abbé Grégoire."

On m'avait donné les coordonnées de Charles Level mais je n'avais jamais eu ou pris le temps de le contacter, impuissant devant la course folle du temps et le "grand départ" de nombreux artistes de l'ombre qui n'ont jamais eu l'occasion de se confier sur leur carrière dans une interview. Je le regrette car il devait être un artiste passionnant. 

Ses obsèques auront lieu mercredi à 15h15 au cimetière de Bagneux.

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jeudi 8 octobre 2015

Décès d'Yves Barsacq

Nous venons d'apprendre par des journaux régionaux italiens (La Stampa Savona, etc.) qu'Yves Barsacq nous a quittés dimanche 4 octobre. L'acteur vivait une grande partie de l'année à Albenga, sur le littoral de la Riviera ligure.

Il était né en 1931 dans un environnement artistique, fils de Léon Barsacq (grand décorateur pour le cinéma et le théâtre, nommé aux Oscars pour Le Jour le plus long) et neveu d'André Barsacq (illustre metteur en scène, scénographe et directeur de théâtre). Yves suit des cours à l'Institut Lumière et à l'Idhec, et fait ses débuts comme assistant prise de vue au cinéma, puis cameraman à la télévision. En parallèle, il prend des cours de théâtre et devient comédien. Il est ce qu'on peut appeler un "troisième couteau" et joue des petits rôles dans au moins une centaine de films, alternant souvent flics et gangsters (de la série des Gendarmes avec Louis de Funès, à PlayTime de Jacques Tati). Des personnages peu bavards et parfois un peu niais, contrastant avec l'homme érudit et drôle qu'il était dans la vie.

En doublage, on lui confie plus volontiers des rôles d'autorité, vifs et volubiles, à l'articulation parfaite: l'extraordinaire Alan Arkin (le producteur Siegel, que Barsacq aurait très bien pu jouer lui-même tant l'association entre les deux acteurs est naturelle) dans Argo, Pat Hingle (Commissaire Gordon) dans  Batman de Tim Burton, Jack Weston (Kellerman) dans Dirty Dancing, Colin Blakely (Sir Horace Blatt, milliardaire "enfumé" par la belle Diana Rigg) dans Meurtre au soleil, Walter Gotell (Général Gogol) dans L'espion qui m'aimait et Moonraker, et occasionnellement Gene Hackman, Donald Pleasence, etc. 
En dessins animés, on lui doit Dupont ("avec un T") et de nombreux personnages secondaires dans la série d'animation Tintin des années 90, mais encore le "Pépé" de Cédric. (Montage d'extraits de ses doublages par "Le Monde du Doublage Français" ici)

Yves Barsacq (qui en tant que spectateur ne regardait jamais de films doublés) s'amusait des petits rôles qu'on lui confiait. Un jour, sur un plateau doublage, il raconte devant des camarades de micro hilares (dont Frédéric Pieretti, à qui je dois cette anecdote): "Pendant mes vacances à Hollywood, je suis allé voir Old Chinese, Bartender, Cop 1 et Cop 2 et je leur ai dit : "En Français, c'est moi qui vous double !""
Autre anecdote, racontée par mon amie Hélène Otternaud: "Je me souviens de lui en studio jouant la plus profonde concentration et demandant le silence avant d'annoncer sentencieusement :  " J'entre en barre"..."
"Trait d'esprit" relaté par Michel Paulin: " C'est plus facile de sortir de la SPA avec un chien que de la SPS avec un chèque !" (SPS: grande société de doublage, ndlr).

Une interview qu'il a donnée il y a quelques mois pour FilmoTV nous offre un aperçu de l'humour, l'intelligence et la vie passionnante du comédien (à voir ici; la vidéo ne semble pas s'ouvrir sur tous les navigateurs. Préférer Firefox).
Ne pas avoir eu l'occasion ou le temps de le rencontrer et partager ses souvenirs est et restera certainement l'un de mes grands regrets.



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vendredi 17 juillet 2015

Hommage à Jacques Thébault, voix française de Steve McQueen

J'ai appris avec tristesse par l'association James West (fan-club des Mystères de l'Ouest) le décès du comédien Jacques Thébault. Un mois à peine après Guy Piérauld, c'est une autre immense légende du doublage qui nous quitte. Si Guy était spécialiste des seconds rôles comiques et personnages de dessins animés, Jacques Thébault excellait lui dans le doublage des héros du petit ou du grand écran (Steve McQueen, Clint Eastwood, Patrick McGoohan, Robert Conrad, etc.). 
Je l'avais interviewé chez lui il y a deux ans, mais n'avais pas encore trouvé le temps d'en faire la retranscription. Voilà qui est fait, en hommage à un grand comédien, et à un homme intelligent et complexe, qui portait un regard sarcastique et lucide sur ce métier.

"Venir en Normandie un dimanche matin par mauvais temps pour voir un vieux, il en faut du courage...". C'est par ces mots que Jacques nous ouvre la porte de sa maison normande le 3 février 2013. Je suis accompagné par mon ami Nicolas Barral, talentueux dessinateur de bandes dessinées (Les Aventures de Philip et Francis, Nestor Burma, Baker Street, etc.), passionné de doublage et ami de Jacques depuis 1999. Je lui dois d'avoir arrangé cette rencontre.

Jacques Thébault est né le 4 décembre 1924. Son père aurait voulu être comédien, mais il s'était marié trop jeune et avait déjà deux enfants. "Il a joué une pièce au Théâtre de l'Oeuvre mais il n'a pas continué." se souvient Jacques.
Son père ne s'oppose pas à ce qu'il suive une voie artistique. "Je travaillais à l'usine de 6h à 13h, et à 15h je prenais mes cours chez Charles Dullin au Théâtre de la Cité (ex Théâtre Sarah Bernhardt, devenu Théâtre de la Ville, ndlr). Et le week-end je faisais projectionniste au cinéma de Saint-Gratien pour payer mes cours." 

Charles Dullin
Comment ne pas évoquer avec lui le grand Charles Dullin... "Il avait du génie. Ce n'était pas un professeur, c'était un phare. Il nous parlait toujours gentiment, et encore plus si on lui payait un petit coup de boire, car il n'avait pas de sous. C'était un grand ami de Louis Jouvet, mais ils s'engueulaient tout le temps alors qu'ils avaient pourtant la même méthode."

Au Cours, il se retrouve avec Roger Vadim (avec qui il fréquente les cabarets rive gauche), mais également Edmond Tamiz. Il tente le concours d'entrée du Conservatoire mais n'est admis que comme auditeur.

Jacques joue dans plusieurs pièces, notamment dans Poppi avec Louis de Funès qu'il admire beaucoup mais n'apprécie guère dans le travail. Dans cette pièce, Jacques chante en s'accompagnant à la guitare, sans en connaître une note. 
Son meilleur souvenir de théâtre? ""La Brise-l'âme" une pièce que j'ai jouée au Théâtre de l'Oeuvre. La critique et mes amis détestaient, on se faisait insulter par le public, mais ça m'amusait beaucoup. C'était écrit dans un langage spécial, une novlangue. J'avais mis ma copine Paule Dehelly dans le coup, très grande comédienne, qui était déjà une vedette au moment où je suis entré chez Dullin, et qui a suivi Jouvet pendant la guerre. Elle avait une fiasque de scotch qu'elle mettait le long d'un portant, et moi je la lui planquais. Quand elle sortait de scène elle la cherchait partout (rires)." 


Au théâtre, Jacques n'appartient pas à une "troupe" en particulier, mais retrouve en revanche une sorte de famille à la radio, au célèbre "club d'essai". "On travaillait avec des auteurs formidables, que j'ai retrouvés plus tard à la télé. Ils écrivaient des trucs qu'ils nous faisaient jouer de différentes façons: tragique, comique, etc. C'était très brillant."

Il a également fait une brève carrière de chanteur "rive gauche" comme en témoignent deux passages à la télévision dans L'école des vedettes en 1959, parrainé par Juliette Greco et Annie Cordy. Jacques se trouvait assez mauvais comme chanteur mais certainement par fausse modestie, car son travail était plus qu'honorable.




Il tourne au cinéma dans Le Triporteur (1957) avec Darry Cowl, un bon souvenir car son fils naît pendant le tournage. "Au cinéma: je n'ai fait que des bricoles. Si vous n'avez pas un rôle important ça n'a aucun intérêt."

Les années 50 marquent aussi la grande époque des "dramatiques" (téléfilms tournés en direct) de Stellio Lorenzi, Claude Barma, Marcel Bluwal, etc. "Mon ami Roger Crouzet leur a sauvé des coups, il leur a tout joué, des lignes et des lignes en direct, ils ont triomphé grâce à lui, ils l'ont pressé comme un citron et ensuite n'en voulaient plus. Tout le monde peut être metteur en scène, mais pas comédien."

Serge Luguen et Alfred Kirschner qui s'occupaient alors des doublages Universal lancent Jacques Thébault dans le doublage en 1948. Jacques se souviendra toujours avec amusement de sa première réplique: "Le ventilateur est cassé!".

Quand on lui demande s'il avait des modèles à ses débuts dans le doublage, Jacques Thébault évoque Claude Péran (voix française d'Humphrey Bogart et d'Henry Fonda), qu'il aimait beaucoup. "On m'a demandé de redoubler "Casablanca" car le son d'époque était inutilisable mais ça ne m'avait pas beaucoup emballé car on m'avait demandé de "copier" le travail de Claude."


Marc Valbel
Claude était présent en 1948 à l'une de ses premières séances de doublage."J'étais à la barre entouré par Marc Valbel et Claude Péran. Ils se sont regardés "Il est syndiqué, ce jeune?" et je leur dis "Je débute, et pour être syndiqué, il faut que j'aie des heures d'enregistrement ou des années d'ancienneté, non?". Ils m'ont dit que ce n'était pas le peine, et m'ont accompagné rue Monsigny, où je me suis inscrit à la CGT Spectacles. Puis j'ai pris des responsabilités dans le syndicat, et j'ai toujours été engagé syndicalement." Un engagement syndical qui s'est perdu chez les nouvelles générations. Il s'en est rendu compte lors des des derniers doublages qu'il a faits, pour la série The Cosby Show. "Il y avait plein de jeunes mal payés, qui attendaient leur chèque. Je leur demande "Mais vous n'êtes pas syndiqués?" "-Non..."".

Claude Péran, Marc Valbel, une "caste" de comédiens habitués des plateaux de doublage. Etait-ce difficile de s'y intégrer? "A mes débuts au doublage, tout le monde était charmant avec moi, même Maurice Dorléac  qui avait une réputation désagréable. Je m'entendais très bien avec lui, je connaissais bien ses deux filles (Françoise Dorléac et Catherine Deneuve, ndlr). Jacques Ferrière m'emmerdait toujours en me parlant de Dorléac, du coup un jour pour un doublage je convoque pour une même séance Dorléac et le duo Jacques Ferrière-Michel Muller et je leur dis "Vous voyez , vous qui me réclamiez de rencontrer Maurice Dorléac...". Ils ne savaient plus où se mettre. J'adorais faire des petites blagues comme ça."

Je lui raconte que quand des jeunes comédiens dans les années 80 se plaignaient de Jacques Willemetz les anciens leur répondaient "Ne vous plaignez pas, vous n'avez pas connu Maurice Dorléac", Jacques sourit, et se souvient de Willemetz. "Comme le studio était loin de chez moi, on était parti à l'aube avec Marcel Bozzuffi pour un doublage qu'il dirigeait. On était mal réveillé, et de mauvaise humeur.  Willemetz nous présente le metteur en scène italien qui était venu superviser le doublage de son film. Celui-ci nous dit: "Oh moi, j'ai pris des vrais mineurs pour jouer dans mon film". Il avait pris des amateurs, ça commençait bien. Et puis il s'en va. Willemetz commence à nous faire travailler et ça ne va pas très bien, ni pour Bozzu ni pour moi. Willemetz nous dit "Mes enfants, ça ne va pas très bien, si vous dormez ce n'est pas la peine de venir, vous n'avez qu'à rentrer chez vous!". Bozzu le regarde et lui dit "C'est pas con ce que tu viens de dire", il prend sa veste, je prends la mienne, et on s'en va tous les deux."



"Compilation" des doublages de J. Thébault par "Le monde du doublage français"

Dans les années 60, Jacques double à peu près tous les plus grands acteurs du moment pour le cinéma et la télévision, à commencer par Steve McQueen. "Pour Steve McQueen je demandais plus d'argent car il ne parlait pas." s'amuse-t-il. Il le double dans la série Au nom de la loi, et la plupart de ses films: Bullitt, Nevada Smith, PapillonL'affaire Thomas Crown, etc.
Les principales exceptions sont Les Sept mercenaires et La Grande évasion (où Henry Djanik m'avait raconté avoir demandé l'autorisation de Jacques à l'époque pour le faire)... ou La canonnière du Yang-Tsé. Au sujet de ce film, j'emprunte à Stéphane Lerouge une anecdote qu'il lui avait racontée (Génération Séries, 2ème trimestre 1996) "Le responsable du doublage, un homme d'une rare intelligence a déclaré : "Steve McQueen est blond, il me faut donc un comédien blond pour le doubler!". C'est d'une logique implacable, non? Comme mes cheveux étaient bruns, je n'avais évidemment aucune chance et ils ont engagé Jacques Deschamps, qui, le veinard, avait sur moi l'avantage d'être châtain clair! On peut se demander comment, malgré nos différences capillaires, j'ai été choisi pour prêter ma voix à Cosby dans le "Cosby Show"!"

Autre souvenir raconté par Francis Lax (émission Bas les masques, 14/02/96): "Un jour, Steve McQueen est mort, c'était bien triste, et comme les comédiens ont un humour désespéré on dit à Jacques Thébault au studio d'Epinay "Alors, tu ne pourras plus construire maintenant, il va falloir arrêter les maçons". Plaisanterie de mauvais goût. Et puis au moment du déjeuner "Alors, toi, c'est soit fromage, soit dessert, car depuis que Steve McQueen est mort...". Et tout à coup j'entends "Il n'est pas mort parce que je vous entends". C'était un non-voyant de naissance, avec sa femme, derrière nous, qui entendait Jacques Thébault. Je ne connais pas de plus belle histoire que ça sur notre métier"



Mais Steve Mc Queen (qu'il a rencontré à Paris) n'arrive que troisième dans les acteurs que Jacques préfère doubler, derrière John Cassavetes (Rosemary's Baby, Furie) et Patrick McGoohan (Destination DangerLe Prisonnier). Pour ce dernier, il inventera spontanément, en plein doublage, le "Bonjour chez vous" du Prisonnier, afin de traduire "Be seeing you". L'expression restera dans les annales des passionnés de séries.

Il double aussi des acteurs très populaires mais qu'il trouve moins intéressants comme Audie Murphy ("Il était devenu star parce qu'il avait fait la guerre et était l'acteur le plus décoré des Etats-Unis, mais il manquait de charisme") ou Robert Conrad dans la mythique série Les Mystères de l'Ouest. "J'ai bien aimé doubler cette série, qui avait du rythme. Le personnage ne m'avait pas passionné sur le plan de la comédie et Robert Conrad n'était pas un immense acteur mais il s'est amélioré plus tard dans "Les Têtes Brûlées", que j'ai doublée également."



Jacques Thébault et Serge Sauvion interviewés à la télévision

Pour certains acteurs, on lui demande d'épurer un peu le jeu comme pour Jeremy Brett dans la série des Sherlock Holmes. "Il était très "maniéré" dans la Version Originale, mais c'était un acteur intelligent." 

Dans Docteur Jivago (1965), il double tout d'abord Klaus Kinski, puis le comédien qui devait doubler Alec Guinness ne faisant pas l'affaire, on l'appelle également pour doubler Guinness. Autre classique: Zorba le grec (1964) où il double Alan Bates sous la direction du réalisateur Michael Cacoyannis.

Jacques double en outre régulièrement ou ponctuellement Paul Newman (Le Gaucher), Clint Eastwood (Un shérif à New York), Roy Scheider (Les Dents de la mer), George Chakiris (West Side Story), Anthony Hopkins (Le Bounty), Christopher Lee (L'homme au pistolet d'or), Elvis Presley (Le shérif de ces dames), Christopher Plummer (La nuit des généraux), etc. Des personnages en général assez froids, à laquelle sa voix colle parfaitement.


Dédicace de Nicolas Barral (2009)
Tous ces acteurs (McGoohan, Conrad, Cassavetes, etc.) il les retrouve dans la série Columbo dans des rôles d'assassins, à tel point qu'on pouvait en entendant sa voix, deviner aussitôt qui allait être le "méchant" de l'épisode.

Il prête sa voix régulièrement à des voix-off de films (Le Bal des Vampires, Massacre à la tronçonneuse) ou de séries (dernière saison des Brigades du Tigre). Sa prestation la plus marquante est certainement la narration des Incorruptibles.
Cela lui amène de nombreux revenus car les marques s'arrachent la voix-off des Incorruptibles pour leurs publicités. "On m'a sollicité pour la marque Canada Dry, des pubs tournées par Edouard Molinaro. On me demande au téléphone  quels sont mes tarifs, j'annonce un chiffre. Le producteur me dit "Vous n'allez pas me demander ça?" je lui réponds "Je ne vais pas vous le demander puisque je VIENS de vous le demander". Il accepte mais sans m'envoyer le contrat. Je me rends au studio, et quelques minutes avant l'enregistrement, je le lui fais remarquer, il me dit "-Oh, je n'ai pas eu le temps" "-Mais on a le temps maintenant". Et il a été obligé d'écrire le contrat avec ce qu'il avait sous la main, un papier en-tête. L'ingénieur du son à la fin de l'enregistrement dit "C'est parfait" et le producteur répond "Au prix où je le paye, ça peut être parfait" (rires)."

La publicité l'ennuyait énormément. "Ils sont dix dans l'aquarium et il y en a toujours un qui n'est pas d'accord, la seule fois où cela ne m'a pas dérangé c'était pour Téléstar où j'enregistrais toutes les semaines une publicité, je travaillais directement avec l'ingénieur du son et c'était beaucoup plus simple."

Parmi les figures de la publicité à l'époque, Pierre Bellemare, qui vient de lancer un studio d'enregistrement Place Beauvau. "Pierre Bellemare m'a fait un drôle de coup: je doublais Steve McQueen dans "L'Affaire Thomas Crown" à la SPS, il me téléphone et me demande "Vous êtes où?" "-Je suis en train d'enregistrer à la SPS" "-Passez moi le directeur!" "-Pourquoi?" "-J'ai un truc à vous faire enregistrer ce soir"
Et le soir il est venu au studio avec tout l'aéropage d'Unilever pour une publicité pour de la lessive. Il ne forçait pas les choses (rires)"

Jacques est peu sollicité pour doubler des dessins animés. Il prête quand même sa voix à un célèbre personnage, Lucky Luke, dans la série éponyme, succédant ainsi à Marcel Bozzuffi (Daisy Town) et Daniel Ceccaldi (La Ballade des Dalton) : "Les épisodes étaient adaptés par Philippe Landrot de chez Dargaud, et c'est Pierre Tchernia qui dirigeait les doublages. Enfin... il ne me donnait jamais d'indications à tel point qu'un jour j'en ai eu marre, je suis allé le voir et il m'a dit "Non, ça va, mon vieux, ça va". Après, ça a changé de studio et il ne restait plus que Tornade et moi". 
Il double également dans Le vent dans les saules les dialogues et les chansons sous la direction de Vincent Grass, avec la participation de Claude Lombard.

Jacques Thébault dirige aussi des doublages. C'est Jacques Barclay qui lui met le pied à l'étrier à Gennevilliers sur la série Daktari. Puis la Paramount, représentée par Isy Pront, décide de remplacer en même temps tous ses directeurs artistiques (Maurice Dorléac, Serge Nadaud) et choisit pour prendre la relève Marc Cassot, Jean Lagache et Jacques. "Diriger des comédiens n'est pas toujours évident, par contre quand vous dirigez Romy Schneider, Michel Serrault ou George Wilson, c'est une chance. Mais il faut éviter d'être impressionné... Quand je vois Romy Schneider, je suis déstabilisé. Encore plus quand son chauffeur vient m'apporter de sa part une bouteille de scotch dans la journée. On avait doublé un film avec elle et Maurice Ronet, et on avait déjeuné tous les trois, un beau souvenir."

Jacques Thébault arrête progressivement le doublage dans les années 90, après s'être retiré en Normandie: "Ca s'est arrêté petit à petit, j'ai continué les Cosby pendant trois ou quatre ans. Je faisais des aller-retour à Aubervilliers, j'étais payé à la ligne, je demandais seulement à ce qu'on me garde une place de parking car Deschamps s'était fait ouvrir sa voiture. Puis je n'ai plus eu l'envie car je ne connaissais plus personne à part les rôles récurrents."

Jean-Pierre Jeunet le sollicite pour faire la voix-off de son film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. "Il avait été très flatteur au moment de l'enregistrement, et finalement sans prendre la peine de m'appeler, il a pris André Dussollier." Jean-Pierre Jeunet en parlera de façon peu élégante dans le bonus du DVD.

Il reçoit aujourd'hui des droits Adami sur le doublage des films européens, l'un des combats de la grève. Pour les films américains, les comédiens ont uniquement reçu un forfait, en fonction de leurs fiches de paie. "Le gars qui m'a reçu n'a pas eu de bol, car il a eu dans la même journée Jean-Claude Michel avec trois valises de fiches de paie et moi avec une valise et demi."

L'auto-dérision de Jacques Thébault:
photo avec sa poubelle
A l'exception de Nicolas Barral (qui a raconté son admiration pour Jacques Thébault dans l'album A vous, Cognacq-Jay aux éditions Delcourt et glisse régulièrement des clins d'oeil au doublage dans ses albums) et de quelques comédiens comme Roland Ménard et Paule Emanuèle, avec qui il était en contact régulier Jacques s'était volontairement coupé du métier et des voxophiles depuis quelques années, jusqu'à ce qu'il se décide à 88 ans, quelques semaines avant notre entretien, à s'inscrire sur Facebook, à voir du monde, répondre à ses "fans", etc. "Je suis un curieux bonhomme. J'ai eu l'année dernière une opération assez grave qui m'a fait voir les choses sous un autre angle. Je me suis dit: je vais bientôt mourir, avant de partir j'aimerais bien découvrir internet. Je me suis fait installer un ordinateur et Facebook. Mais je ne parle pas beaucoup sur Facebook, car quand on parle on dit des bêtises!".

Il retrouve sur ce média sa vieille copine Perrette Pradier, et suit l'actualité du métier. "J'ai vu qu'il y a maintenant des "écoles du doublage", je rêve! Remarquez, quand j'étais en activité j'ai vu des danseuses nues faire du doublage... mais elles étaient habillées!". Il apprend également le décès de ses camarades, comme Bernard Dhéran, quelques jours avant notre rencontre: "Il avait un certain talent mais était très snob. Un après-midi on répétait le tournage d'un feuilleton pour la télé et j'avais une sciatique qui me faisait tenir accroupi. C'était une grosse journée car le matin je doublais Les Incorruptibles et le soir je jouais au théâtre. Dhéran arrive et me fait "Oh je vois ce que c'est. Mais moi j'ai attrapé ça de manière plus glorieuse, je l'ai eue au tennis"." 

La sympathie des fans le touche et l'amuse, de même que les informations qu'on peut trouver sur internet. "Quand j'ai eu ma lourde opération, juste avant d'être endormi je demande "-Faites attention à mes cordes vocales!" "-Pourquoi, vous êtes chanteur?" "-Non, comédien". Et à mon réveil, le chirurgien me dit "Vous auriez pu me dire avant tout ce que vous avez fait!". Pendant mon sommeil il était allé voir ma page sur Wikipedia!"



Profitant de cette marque d'"ouverture" à son public, je lui propose, non sans culot, de participer à notre 10ème "Salon des Séries et du Doublage" qui se tient quelques mois plus tard (16 novembre 2013). Il est assez hésitant, ne sait pas ce qu'il va dire (ayant perdu l'habitude de parler), se demande si les gens vont être intéressés, puis finalement se laisse convaincre, avec l'appui du fan-club des "Mystères de l'Ouest". Sur place, il est d'une grande disponibilité auprès de son public, signant des autographes, se laissant prendre en photo ("J'ai l'impression d'être un panda dans un zoo" me glisse-t-il alors dans l'oreille) et participant avec Guy Piérauld et Paule Emanuèle à la conférence "Légendes du doublage" animée par François Justamand. 

Jacques s'est éteint le 15 juillet dans sa Normandie. Sa voix reste omniprésente dans nos souvenirs, et à la télévision, comme il y a encore quelques années où TMC nous proposait des après-midis avec en file indienne "Au nom de la loi", "Sherlock Holmes", "Les Mystères de l'Ouest" et "Kojak".

En faisant un bilan de sa carrière, il la résumait ainsi: "Radio, synchro, télévision, c'est déjà pas mal!", en ajoutant avec malice "Et maintenant, Facebook!". Adieu, Monsieur Thébault... Et "bonjour chez vous".


Dessin hommage de Nicolas Barral à Jacques Thébault, 
réalisé pour "Dans l'ombre des studios"


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samedi 11 juillet 2015

Actualités estivales

Actualité de quelques amis de "Dans l'ombre des studios"...



La comédienne et chanteuse Rachel Pignot, merveilleuse voix chantée de Blanche-Neige dans le doublage de 2001, est en ce moment au festival d'Avignon à l'affiche de Naturellement belle (au Théâtre des Béliers, tous le jours à 13h50), la comédie musicale qu'elle a co-écrite avec Raphaël Callandreau. Un très joli spectacle qui traite avec humour de la dictature de l'apparence dans nos sociétés modernes.
A la rentrée, Rachel investira la scène du Théâtre Essaïon (Paris) pour deux spectacles: Les Frangines chantent Les sœurs Etienne (tous les lundis et mardis à 21h30, à partir du 28 septembre) et Au bar de l'Estran (spectacle de chansons autour de la mer et des marins, tous les jeudis, vendredi et samedis à 19h45 à partir du 1er octobre).

Dans ce doublage de Blanche-Neige, on peut également entendre Joyeux avec la voix de Jean-Loup Horwitz, cet excellent comédien que l'on voit régulièrement sur les plus belles scènes de théâtres. Jean-Loup a écrit une pièce, Adolf Cohen, qu'il interprète en ce moment en Avignon avec Isabelle de Botton (tous les jours à 14h20 au Théâtre Au coin de la lune). Critique ici

Il n'y a pas qu'Avignon cet été, l'ami Patrice Dozier (Dormeur dans Blanche Neige...Non, je vous assure, ce n'est pas une obsession!) tourne en ce moment dans toute la France la pièce L'homme et la femme de Sacha Guitry, dans une mise en scène de Jean-Christophe Barc. Il sera demain (dimanche 12 juillet) à Cast près de Quimper, puis fin juillet au festival de Rocamadour.

Michel Mella (Timide dans..., enfin, vous savez...) a écrit un texte publié chez Alna Editeur dans le recueil Charlie forever: dix-neuf auteurs s'engagent pour la liberté d'expression.

Côté disques, je suis fier d'avoir été à l'initiative de la sortie d'une compilation de Danielle Licari chez Marianne Mélodie. Cela faisait des années qu'il n'existait plus de compilations de Danielle dans le commerce (à part quelques pressages japonais ou canadiens illégaux), j'ai proposé à Danielle de lui trouver une maison de disques et contacté Mathieu Moulin, qui avec ses équipes de "Marianne Mélodie" (et l'aide iconographique de mon ami Gilles Hané) a fait du très bon travail. Un objet indispensable pour redécouvrir la talentueuse interprète du "Concerto pour une voix" qui a également participé à de nombreux choeurs, doublages (Aurore dans La Belle au Bois dormant), musiques de films (Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg), etc.

Toujours chez Marianne Mélodie, c'est le regretté Jean Constantin qui est à l'honneur avec un double CD qui comprend de nombreux inédits en CD, parmi lesquels les titres orchestraux qu'il avait enregistrés sous le nom de Big Cesar. Je n'ai pas eu la chance de connaître l'auteur de "Mon manège à moi", mais sa veuve (Lucie Dolène) et ses trois enfants (Olivier, François et Virginia) sont tous des amis de grand talent.
A ce propos, Olivier Constantin sera à partir du 4 septembre à l'affiche de la comédie musicale Gospel sur la colline aux Folies Bergère. Olivier est un "homme de l'ombre", choriste pour de nombreux chanteurs. Il avait pu nous montrer tous ses talents de comédien en doublant les dialogues et chansons de Jack dans L'étrange Noël de Monsieur Jack. Heureux de le voir enfin jouer et chanter "en chair et en os" dans une grosse production.

Enfin, j'ai créé pour Jacques Ciron une page Facebook pour laquelle Jacques me transmettra de temps en temps des photos, anecdotes, hommages, coups de coeur théâtraux, etc. Rejoignez vite la page de ce formidable comédien.


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samedi 20 juin 2015

Hommage à Guy Piérauld

Guy Piérauld s'est éteint dans la nuit du 16 au 17 juin à l'âge de 90 ans, a-t-on appris par l'ami François Justamand (La Gazette du Doublage). Peu de voix caractérisaient aussi bien le monde de l'enfance que la sienne. Celui grâce à qui Bugs Bunny parla français pour la première fois laisse des millions de "grands enfants" orphelins.  

Guy Piérauld est un enfant de Lyon, une ville à laquelle il restera toujours  attaché, tout comme son grand ami Jean Amadou. C'est à 17 ans, lors d'une répétition, qu'il se "vrille" une corde vocale, donnant ainsi à sa voix un timbre si particulier, à la fois éraillé et dérivant vers l'aigu.  

Sa voix et son physique le prédisposent à des personnages à la fois comiques et poétiques. Guy commence après-guerre une belle carrière au théâtre sous la direction des plus grands (Charles Dullin, André Barsacq, etc.), mais également au cabaret (La Rose Rouge) où il côtoie Raymond Devos, les Frères Jacques, Yves Robert (qui le mettra en scène plusieurs fois au théâtre). Une longue carrière théâtrale sans interruption, jusqu'au début des années 2000.

La télévision lui offre aussi beaucoup de rôles, à la grande époque des pièces en direct et des émissions de variétés. Sa participation régulière à l'émission Sérieux s'abstenir puis quelques années plus tard à C'est pas sérieux! lui donne une belle reconnaissance du public. Les plus jeunes d'entre nous se souviennent aussi de lui dans le sitcom AB Le miel et les abeilles (années 90) où il jouait Monsieur Albert. Guy se rappelait mi-consterné mi-amusé de cette période de sa vie, où il recevait dans sa boîte aux lettres le scénario la veille au soir du tournage.  

Au cinéma, une filmographie assez peu fournie, quelques petites participations à des films de Truffaut (Domicile conjugal) et de Resnais (Stavisky), mais aussi à des comédies grivoises comme l'étonnant Prenez la queue comme tout le monde de Jean-François Davy (avec tous les comédiens habitués des studios de doublage SND: Richard Darbois, Jean Droze, Philippe Dumat, Lita Recio, etc.) dans lequel il interprétait un homme quitté par sa femme et à qui il ne restait plus rien à part un sous-vêtement. Guy Piérauld se lamentant en slip léopard dans un appartement complètement vide, grand souvenir de cinéphile.

Sa voix "cartoonesque" le conduit assez vite à travailler pour la radio (on lui doit la première voix d'Astérix sur Radio Luxembourg) et le doublage. Le personnage de Bugs Bunny et son célèbre "Quoi d'neuf docteur?" qu'il prononçait en enregistrement en grignotant des sucres (pour ne pas s'étouffer avec des bouts de carottes) reste indissociablement lié à sa voix. Il gardait pour lui une véritable affection: "J'éprouve pour Bugs Bunny une grande tendresse. Je le trouve charmant, malin, et puis pas méchant. Comparativement à Woody Woodpecker que je fais aussi et que je trouve méchant" raconte-t-il à la télévision en 1969.
Le personnage lui colle à la peau, même dans les moments les plus difficiles. "J'ai eu une lourde opération, un double pontage. Dans la salle de réanimation le chirurgien arrive alors que je suis complètement dans le coaltar et me dit "Alors, on ne me dit pas "Quoi d'neuf docteur?" " raconte-t-il au Salon des Séries et du Doublage en novembre 2013.
Au milieu des années 90, après 35 ans de bons et loyaux services, des responsables de la Warner l'invitent à déjeuner pour le féliciter de son travail. Guy apprendra quinze jours plus tard qu'il est remplacé, et qu'une nouvelle équipe va non seulement doubler les nouveaux Looney Tunes, mais également redoubler les anciens. Assez chagriné par la manière dont ça s'est passé, il ne semblera néanmoins pas garder d'aigreur à ce sujet.


Guy Piérauld double Bugs Bunny et parle de doublage avec Jean Amadou (1975)



Le doublage de dessins animés procure un grand plaisir à Guy Piérauld, celui de travailler pour les enfants: "C'est merveilleux, ils sont d'une sincérité, il n'y a pas de problème. Ou ça leur plaît et ça se voit, ou ça ne leur plaît pas et ça se voit encore plus. Ca c'est extraordinaire. De toute façon, pour les gosses, il n'y a pas de mystère: il faut que nous soyons, nous, sincères, complètement sincères."
Parmi les autres personnages de la mythologie enfantine qu'il double outre Bugs Bunny et Woody Woodpecker, beaucoup de seconds rôles dans les doublages Disney des années 70-80 (dont l'inoubliable lapin blanc d'Alice au pays des merveilles ou Grignotin, la taupe des Winnie l'ourson), bon nombre de personnages Hanna-Barbera souvent en tandem avec son ami Roger Carel (Jappy et Pappy toutou, Magilla le gorille, etc.), mais également un personnage bien français à qui il donne une pointe d'accent du midi, la marionnette Kiri le Clown (années 60) très populaire chez les enfants, comme se souvient avec humour mon ami comédien William Sabatier:
"Ma femme et moi avions le plus grand mal à faire manger notre fils Jean-Michel, qui à cinq ans adorait Kiri le clown. J'avais demandé à Guy de téléphoner à Jean-Michel en se faisant passer pour Kiri et de lui faire la morale, lui demander de bien manger sa soupe tous les soirs. Guy a été tellement convaincant que Jean-Michel est devenu quelques années plus tard un grand garçon d'un mètre quatre vingt-dix!"

La voix si particulière et reconnaissable de Guy Piérauld, qui s'épanouit dans les dessins animés, lui ferme des portes pour le doublage de "vrais" acteurs. "On me faisait souvent doubler des nains dans les péplums" se souvenait-il avec amusement. A la télévision, il double Don Adams dans la série Max la Menace, en égayant un peu le personnage. Il est également l'une des premières voix de Woody Allen (Prends l'oseille et tire-toi (1969)).
Mais s'il y a bien un acteur qui colle à merveille à la voix de Guy Piérauld, c'est l'humoriste rouquin Red Buttons. L'interprétation de Guy retransmet bien toute la part d'humanité et de fantaisie de l'acteur. Il lui prête sa voix dans Le Jour le plus long, Hatari!, L'Aventure du Poséidon, mais également On achève bien les chevaux, grand souvenir de doublage pour Guy Piérauld. En effet, la belle Jane Fonda vient se doubler elle-même en français et propose à Guy de danser avec lui au moment du doublage pour être dans les mêmes conditions qu'à l'écran.

Depuis le début des années 2000, Guy Piérauld arrête progressivement le doublage en raison de problèmes de vue qui le handicapent. "Lorsque nous doublions les derniers Winnie, je lui donnais une petite tape sur l'épaule quand c'était à lui de parler" m'avait raconté avec tendresse son ami Roger Carel.

Pour notre Salon des Séries et du Doublage de novembre 2013, Guy accepte de venir malgré de sérieux ennuis de santé, dont un AVC qui lui a occasionné de gros problèmes d'élocution. "J'ai eu un AVC il y a deux mois, donc je parle encore difficilement mais j'ai absolument voulu venir, car rencontrer des gens qui vous aiment, c'est formidable" déclare-t-il devant un public ému aux larmes. 
A l'occasion de cette rencontre "Légendes du doublage" avec Jacques Thébault et Paule Emanuèle, Guy chantonne le générique de Kiri le clown et nous raconte de drôles et émouvantes anecdotes, comme par exemple la manière avec laquelle le grand réalisateur Abel Gance l'avait dirigé pour post-synchroniser un hibou.




Une part de notre enfance et de son innocence vient de partir car le sympathique Guy Piérauld n'est plus, mais gageons que celui qui l'a accueilli "là-haut" lui a demandé "Vous pouvez me dire "Quoi d'neuf docteur?"".

Pour en savoir plus: lire l'interview de Guy Piérauld par François Justamand dans La Gazette du Doublage, regarder des extraits de ses interventions au Salon des Séries et du Doublage (plusieurs parties), regarder le montage du "Monde du Doublage Français", retrouver les anciennes VF des Looney Tunes grâce à Mike.



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vendredi 3 avril 2015

1er Printemps des Séries et du Doublage (11 avril 2015)

Organisatrice du « Salon des Séries et du Doublage » (dont la 12ème édition aura lieu en novembre 2015), Sérialement Vôtre a le plaisir de vous présenter pour la première fois le « Printemps des Séries et du Doublage ». 

Deux rencontres avec des artistes exceptionnels, sur la scène de L’Auguste Théâtre :

11h-12h30 : « Les grandes voix du doublage » avec les comédiens Marc Cassot (vf de Paul Newman), Céline Monsarrat (vf de Julia Roberts) et Jean-Pierre Michaël (vf de Brad Pitt).
(Rencontre animée par François Justamand (La Gazette du Doublage))

Trois excellents comédiens, grandes voix du doublage, réunis pour une rencontre inédite : 
-Marc Cassot, grand doyen en activité du doublage, vu dans de nombreux films (« Si tous les gars du monde ») et pièces (dont « Reviens à l’Elysée », grand succès) ; voix française de Paul Newman dans la plupart de ses films, mais également de Richard Harris et Michael Gambon (Dumbledore dans les « Harry Potter »), Clint Eastwood dans « Million Dollar Baby », Steve McQueen dans « Le Kid de Cincinatti », etc.
-Céline Monsarrat, comédienne, auteur de pièces de théâtre… et l’une des plus jolies voix du doublage français. Depuis des années, elle double Julia Roberts, Cheryl Ladd, Morgan Fairchild, mais aussi Courteney Cox dans « Scream », Melina Kanakaredes dans « Les Experts », le personnage de la Schtroumpfette, Dory dans « Le Monde de Nemo », Anastasia, etc.
-Jean-Pierre Michaël, ancien sociétaire de la Comédie-Française (plus de 35 pièces entre 1988 et 2004), héros des deux premières saisons de la série "RIS police scientifique" (2006-2009). A la synchro, il est la voix française de Brad Pitt, Jude Law, Keanu Reeves, Michael Fassbender, Ben Affleck, Jim Caviezel dans « Person of interest »... Il a été choisi pour faire l'habillage vocal de la chaîne D8 depuis 2012.


14h-15h30 : « Cascades en série » avec les cascadeurs et coordinateurs de cascades Rémy Julienne, Michel Berreur, Alain Figlarz (et, sous réserves, Michel Julienne)
(Rencontre animée par Vincent Chenille (Sérialement Vôtre))

Quelles sont les exigences des séries aujourd’hui en matière de cascades? Qu’est-ce qui a changé depuis cinquante ans dans la façon dont on conçoit les cascades? Telles seront les questions posées à nos invités, Rémy Julienne, Michel Berreur, Alain Figlarz avec des exemples pris au cinéma (« Le gendarme », « James Bond », « Jason Bourne », « Taken », « Coplan », « Les brigades du tigre ») et à la télévision (« Commissaire Moulin », « Fantômas », « Karateka & C° »).


INFOS PRATIQUES:
Lieu: L'Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, 75011 Paris (métro Philippe-Auguste)
(Attention: l'événement ne se tient plus au centre Valeyre)

Horaires d'ouverture: de 10h30 à 16h

Tarifs: Packs "2 débats" disponibles en prévente uniquement ici
https://www.placeminute.com/salon_forum/printemps_des_series_et_du_doublage,1,8968.html
Des places "1 débat" seront vendues à l'unité (5€) sur place, mais en nombre limité.

Important:
-Pour des raisons techniques, les spectateurs en retard ne pourront pas être acceptés dans la salle.
-Les débats seront suivis d’une séance de dédicaces de 30 mn, en fonction des disponibilités de nos invités.

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samedi 28 février 2015

Dans l'ombre des studios fait son Mélodie Cocktail (lundi 16 mars 2015, 21h)

M. Serradell / M. Prud'homme / M. Elias / J. Ciron
Lundi 16 mars 2015 à 21h, Dans l'ombre des studios fait son Mélodie Cocktail à L'Auguste Théâtre (Paris 11ème)! 

J'ai le plaisir d'organiser et de présenter une grande soirée hommage aux voix des doublages Disney.

Accompagnés au piano par Mathieu Serradell, une vingtaine d'artistes (voix françaises des films et jeunes talents de la comédie musicale) de 24 à 86 ans réunis dans l'un des plus petits théâtres parisiens (90 places) pour une soirée supercalifragilisticexpialidocious! 

Avec la participation amicale de 
Michel BAROUILLE (voix du crooner dans "Mélodie Cocktail"), 
Mathieu BECQUERELLE ("Sister Act", Th. Mogador), 
Quentin BRUNO (The Voice 2015), 
Jacques CIRON (voix du Chapelier Toqué dans "Alice au pays des merveilles"), 
Paolo DOMINGO (voix d'Aladdin dans "Aladdin"), 
Michel ELIAS (voix de Pumbaa dans "Le Roi Lion"), 
José GERMAIN (voix de Scat Cat dans "Les Aristochats"), 
Vincent GILLIERON ("Alice, la comédie musicale", Vingtième Th.), 
Bénédicte LECROART (voix de Belle dans "La Belle et la Bête"), 
MATHILDE (The Voice 2015), 
Michel MELLA (voix de La Rocaille dans "Le Bossu de Notre Dame"), 
Julien MIOR ("La Belle et la Bête", Th. Mogador), 
Candice PARISE (Dorothy dans "Le Magicien d'Oz", Palais des Congrès), 
Rachel PIGNOT (voix chantée de Blanche Neige dans "Blanche Neige et les sept nains"), 
Michel PRUD'HOMME (voix de Zazu dans "Le Roi Lion"), 
Marie RUGGERI (voix de Peg dans "La Belle et le Clochard"), 
Priscillia SHILLINGFORD, 
Lauren TAYLOR BERKMAN ("Island Song", Comédie Nation), 
Lauren VAN KEMPEN ("The King and I", Th. du Châtelet) 
et quelques surprises. 

Soirée organisée et présentée par Rémi CAREMEL (Dans l'ombre des studios) 
Direction musicale, arrangements, piano: Mathieu SERRADELL 

Ce spectacle est programmé dans le cadre des soirées « Dans l'ombre des studios ». 

Lundi 16 mars 2015 à 21h 
L'Auguste Théâtre 
6 impasse Lamier 
75011 Paris (Métro Philippe-Auguste) 

Durée: 1h40 
Tarif plein : 18 € 
Tarif réduit (sur justificatif): 15 € (- de 18 ans, étudiants, habitants du XIème, demandeurs d'emploi, intermittents du spectacle) 

Réservation indispensable au 01.48.78.06.68 ou augustetheatre@gmail.com (nombre de places très limité)





Bande-annonce du spectacle
(Réalisée par Greg Philip (blog Film Perdu). Remerciements à Roger Carel, parrain de "Dans l'ombre des studios")


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jeudi 6 novembre 2014

11ème Salon des Séries et du Doublage (samedi 22 novembre 2014)

Voici le programme du prochain Salon des Séries et du Doublage. J'aurai le plaisir d'y animer la rencontre "Doublage de Papa Schultz / Hommage à Philippe Dumat" à 16h.


Le Salon des Séries et du Doublage  fait cette année sa 11ème édition !

Samedi 22 novembre 2014 à la Maison des Mines (Paris Vème), les fans clubs (Friends, Les Mystères de l’Ouest, Star Trek, etc.) se réuniront en nombre pour présenter sur leurs stands ou lors de rencontres conviviales leurs séries préférées au grand public.

Série française à succès, Scènes de ménages sera représentée par les comédiens Gérard Hernandez (Raymond), Marion Game (Huguette) et Frédéric Bouraly (José).
Les héros mythiques du roman policier anglais seront à l’honneur dans deux rencontres : une  autour des adaptations cinématographiques et télévisées de l’œuvre d’Agatha Christie en France (en présence du réalisateur Pascal Thomas et de l’équipe des Petits Meurtres d’Agatha Christie), et une sur le doublage des séries Hercule Poirot et Sherlock.
Les fans de superhéros ne seront pas oubliés avec une rencontre sur le doublage des  films de la saga X-Men.
Deux hommages seront rendus : l’un à Louis de Funès par plusieurs membres de la distribution des Fantômas et des Gendarmes, l’autre au « pape » du doublage Philippe Dumat en compagnie des voix françaises de la série Papa Schultz et de plusieurs invités-surprises.


INFOS PRATIQUES :

Lieu : Maison des mines, 270 rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Accès : RER Luxembourg ou Port-Royal, lignes de bus 21, 27 (arrêt Feuillantines) et 38 (arrêt Val de Grâce)
Horaires d’ouverture : Samedi 22 novembre 2014, de 10h à 18h
Prix : 3€ par débat
Renseignements : 06 33 69 35 45 ou www.serialement-votre.fr

  
PROGRAMME DES DEBATS :

-Louis de Funès: du Gendarme à Fantômas (11h-12h30) avec Patrick Préjean (Maréchal des logis Perlin dans Le Gendarme et les Gendarmettes), Nicaise Jean-Louis (Yo Macumba dans Le Gendarme et les Gendarmettes) et Jean-Jacques Jelot-Blanc (biographe de Louis de Funès)

-Doublage : Quand Poirot rencontre Sherlock (11h-12h30) avec les comédiens Philippe Ariotti (nouvelle voix de Poirot dans la série Hercule Poirot), Jean Roche (voix du Capitaine Hastings dans la série Hercule Poirot), Gilles Morvan (voix de Sherlock dans la série Sherlock), Yann Peira (voix de Watson dans la série Sherlock), Cédric Dumond (voix de Moriarty dans la série Sherlock), Laurence Crouzet (voix d’Irene Adler dans la série Sherlock), Julia Roche (adaptatrice des dialogues de la série Hercule Poirot) et Philippe Lebeau (adaptateur des dialogues de la série Sherlock)

- Agatha Christie’s Reboot (14h-15h30) avec Pascal Thomas (réalisateur de Mon petit doigt m’a dit…), Serge Dubois (Brigadier-chef Ménard dans Les Petits Meurtres d’Agatha Christie), Sylvie Simon (scénariste des Petits Meurtres d’Agatha Christie) et Delphine Cingal (maître de conférence à la Sorbonne, littérature policière anglo-saxonne) 

- Doublage : Les X-Men au cinéma (14h-15h30) avec Joël Zaffarano (voix de Wolverine), Juliette Degenne (voix du Dr Jean Grey), Géraldine Asselin (voix de Tornade), Constantin Pappas (voix du Dr Bolivar Trask), Victor Naudet (voix de Vif-Argent) et Joël Savdié (adaptateur des dialogues)

- Scènes de ménages, une série contemporaine ? (16h-17h30) avec les comédiens Gérard Hernandez (Raymond), Marion Game (Huguette) et Frédéric Bouraly (José)

- « Che n’ai rrrien fu, rrrien entendu » : Doublage de Papa Schultz et hommage à Philippe Dumat (16h-17h30) avec Patrick Floersheim (voix du Colonel Hogan), Régis Ivanov (voix de Kinch), Roger Lumont (voix du Général Burkhalter et du Major Hochstetter), Michel Mella (voix de Newkirk), Michel Muller (voix de LeBeau), Odile Schmitt (voix de Hilda) et plusieurs invités-surprises.


-Invités présents sous réserve. Accès aux rencontres dans la limite des places disponibles.
-Chaque rencontre sera suivie d’une séance de dédicaces d’une vingtaine de minutes.

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mardi 14 octobre 2014

La semaine prochaine...




Trois spectacles à ne pas rater la semaine prochaine:

-Mon manège à moi: mes 400 coups, spectacle drôle et émouvant de François Constantin, "bête de scène", percussionniste et chanteur de grand talent. François rend hommage à son père Jean Constantin, grand auteur-compositeur-interprète ("Mon manège à moi" pour Edith Piaf, "Ma gigolette" pour Yves Montand, "Mon truc en plume" pour Zizi Jeanmaire) à l'univers comico-poétique, rythmiquement inspiré par les musiques d'Amérique du Sud, dont il fut avec Henri Salvador l'un des premiers "importateurs" en France.
Cette représentation du mardi 21 octobre à 20h au Théâtre l'Européen à Paris (avant une série au Théâtre des Déchargeurs) est exceptionnelle car la famille Constantin sera réunie au grand complet sur scène pour interpréter une ou plusieurs chansons: Lucie Dolène (merveilleuse voix française de Blanche-Neige en 1962, voix de Madame Samovar dans La Belle et la Bête), Olivier Constantin (voix de Jack dans L'étrange Noël de Monsieur Jack, voix chantée du Prince dans le redoublage de La Belle au Bois dormant), Virginia Constantine (superbe chanteuse de jazz), etc.
Infos et réservations: 
http://www.leuropeen.info/index.php?wh=programme&evt=717#717


-Après quelques mois d'absence, les soirées "Dans l'ombre des studios" reprennent à L'Auguste Théâtre. Vendredi 24 octobre à 21h, les comédiens-chanteurs Michel Mella et Barbara Tissier (deux grandes voix du doublage), accompagnés au piano et au chant par Patrick Vilbert, présentent une nouvelle version de Mella-Pression!, avec de nouvelles chansons, sans sucre ajouté.
Infos:
http://augustetheatre.com/mella-pression
Réservations au 01.48.78.06.68 ou augustetheatre@gmail.com (tarif à 12€ au lieu de 16€ en donnant le mot de passe "Dans l'ombre des studios")


-Il ne reste plus que quelques représentations pour applaudir Denis Laustriat dans Sugar au Vingtième Théâtre. Voix française d'Orlando Bloom (Le seigneur des anneaux, Pirates des Caraïbes), Mark-Paul Gosselaar (New York Police Blues) ou encore George Eads (Les Experts), Denis est un comédien d'une rare subtilité...
Réservations:
http://www.billetreduc.com/117345/evt.htm



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