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dimanche 15 novembre 2020

Discographie Les Blue Stars / The Blue Stars of France (1954-1959)

Suite aux très nombreuses erreurs, imprécisions, etc. que l‘on trouve sur internet à propos des groupes vocaux français, j’ai le plaisir de vous proposer sur « Dans l’ombre des studios » des discographies détaillées de plusieurs de ces groupes.

Je les ai faites à partir d’une écoute attentive de disques et archives radiophoniques (ayant acquis depuis quelques années une connaissance de ces chanteurs de groupes vocaux qui me permet d'identifier leurs voix, même au sein d'un "son de groupe"), d’un visionnage des archives télévisées (permettant de dater avec plus de précision les sorties de disques mais aussi les changements de chanteurs), des discographies préétablies par les sites Encyclopédisque et Discogs, de mes entretiens et séances d’écoutes avec les chanteurs et leurs proches, et des entretiens réalisés avant moi par mes confrères Serge Elhaïk, Jean Letellier et Eric Fardet.

Bien que quasi-exhaustives, ces discographies évolueront au fil du temps, au gré de nouvelles « découvertes ».

Aujourd’hui : Les Blue Stars (The Blue Stars of France).


Discographie des Blue Stars établie par Rémi Carémel.
Remerciements à Claudine Meunier, Jean-Pierre Mercadier, Christophe Mercadier, Franca Chevallier, Olivia Liesse, Serge Elhaïk (entretiens avec Christian Chevallier et Jacques Denjean), Eric Fardet (entretiens avec Ward Swingle, Mimi Perrin et Christiane Legrand), Jean Letellier et aux contributeurs des sites Encyclopédisque et Discogs.

Supervision : Blossom Dearie puis Jean Mercadier
Style : chansons françaises ou américaines (chantées en anglais ou en français) interprétées avec une orchestration et des harmonies vocales jazz, à des degrés divers. (L’album Pardon my english, avec des arrangements jazz très modernes, préfigure Les Double Six. Tandis que quelques autres morceaux (« En 1920 », « La danse du baiser », « Mambo Italiano », etc.) n'ont rien à voir avec le jazz).
Chefs d’orchestre : Blossom Dearie, Jacques Brienne, Jean Mercadier, Eddie Barclay, Raymond Lefèvre, Quincy Jones (en première partie de Frank Sinatra au Bal de la Croix-Rouge à Monte-Carlo)
Chefs d’orchestre ayant dirigé le groupe pour l’accompagnement d’autres chanteurs : Michel Legrand, Pierre Spiers, Raymond Lefèvre, Didier Boland, Jean Mercadier, Jimmy Walter, Hubert Rostaing, Jerry Mengo, Raymond Le Pers, Jacques David, Philippe-Gérard, Wal-Berg, Mario Bua, Jany Guiraud, etc.
Arrangeurs : Blossom Dearie, Michel Legrand, Christian Chevallier, Jean Mercadier, Jo Boyer
Effectif : 8 (4F+4H) ou 6 (3F+3H) chanteurs + Orchestre. 
Chanteurs solistes : Christiane Legrand, Nadine Young, Jean Mercadier, Claudine Meunier
Chanteurs : 
Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin
Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin
Line-up n°3 (courant 1956- mi-décembre 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
Line-up n°4 (mi-décembre 1956- fin 1957) : Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
Line-up n°5 (fin 1957- printemps 1958) : Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse
Line-up n°6 (printemps 1958-automne 1958) : Claudine Meunier, Rita Castel, Nadine Young / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse
Il y a certainement eu d’autres changements dans le groupe mais le manque d’archives et de témoins de cette époque ne permet pas pour le moment d’être plus précis.

Groupe créé par la chanteuse et pianiste américaine Blossom Dearie (en novembre 1954, quand elle vivait à Paris) avec le soutien de Nicole et Eddie Barclay.

Le groupe est constitué de musiciens de jazz sachant chanter et de chanteuses d’orchestre. Ces chanteurs se retrouvent pour la première fois au sein d’un groupe.

Les Blue Stars sont considérés comme le premier groupe vocal français avec des orchestrations jazz. Ils révolutionnent le son de la chanson française de l’époque et le monde des studios. 
En effet, les jeunes arrangeurs Michel Legrand et Christian Chevallier (respectivement co-arrangeur et membre du groupe) seront influencés par ce son, impulsé par Blossom Dearie et ses influences américaines, pour créer leurs propres arrangements, que ce soit pour l’accompagnement de chanteurs de variétés ou pour leurs propres groupes (les Angels (Chevallier) et les Fontana (Legrand)). 
La plupart des autres arrangeurs suivront la mode, et les chanteurs des Blue Stars/Angels/Fontana, qui jusqu’à présent n’étaient pas choristes pour des chanteurs de variété (à part peut-être Janine de Waleyne) balaieront toute la précédente génération de choristes (issus du lyrique) et s’imposeront comme choristes pour la plupart des séances d’enregistrement parisiennes (chansons, musiques de film, etc.) à partir de 1956.
En 1959, plusieurs d’entre eux se retrouveront pour créer les Double Six.

A part sur les premiers disques (premier line-up), les membres du groupe ne sont mentionnés nulle part. C’est grâce à Claudine Meunier et à l'un de mes lecteurs que j’ai retrouvé les noms de Stevie Wise et de Jean Liesse (1927-2017). Quant au frère de Jean Liesse, Jacques Liesse (1937-2020), j'ai retrouvé son prénom grâce à l'une des petites-filles de Jean, Olivia Liesse, qui m'a contacté. Nadine Young n’a pas répondu à mes sollicitations.

Le nom de Blossom Dearie et la photo du premier line-up figurent à tort sur certains disques (notamment les EP « Alors raconte » et « Jumping at the woodside ») alors qu’il semble que plusieurs de ses membres avaient déjà quitté le groupe : on peut facilement distinguer la voix de Christiane Legrand (soprano lead du 1er line-up) de celle de Claudine Meunier (soprano lead des line-up suivants).
D’une manière générale, dans les nombreuses compilations que l’on trouve sur les plateformes, beaucoup de titres des Blue Stars sont attribués à Blossom Dearie alors qu’elle avait quitté le groupe.

Après le départ de Blossom Dearie, Jean Mercadier et son épouse Nadine Young ont pris la direction musicale et administrative du groupe.
Dans certaines publications, plus ou moins récentes, Mimi Perrin est présentée à tort comme directrice musicale des Blues Stars. Elle chantait dans le groupe et a certainement eu une certaine influence, mais son rôle dans les Blue Stars s'arrête là.

D'après Claudine Meunier, plusieurs séances d'enregistrement ont eu lieu au Studio Magellan.

Le pianiste, arrangeur et chanteur Jacques Denjean a fait des remplacements occasionnels dans le groupe, notamment au Club Saint-Germain (souvenir de Claudine Meunier). D’après Serge Elhaïk (Les arrangeurs de la chanson française), Jacques Denjean se souvenait avoir chanté sur scène « Quand je monte chez toi », donc certainement avec le line-up n°4 ou 5.

D'après les souvenirs de Claudine Meunier, lorsqu’il se produisait au Club Saint-Germain (où Moustache, Martial Solal et beaucoup de grands musiciens l’accompagnaient), le groupe était présenté et chorégraphié par l’acteur écossais Monte Landis, ami de Nicole Barclay, qui travaillait également au Crazy Horse. Monte Landis annonçait au public "Et maintenant, avant leur départ pour l'Amérique : les Blue Stars". Mais les Blue Stars, dont la venue était bien placardée au Birdland de New York (Michel Legrand le leur avait confirmé, et le livret de la compilation CD Jazz in Paris : Pardon my english indique par erreur qu'ils ont joué au Birdland, preuve qu'il y avait bien eu de la communication), n'ont jamais reçu leurs visas et ne sont pas partis aux États-Unis, sans vraiment d'explications.
Plus tard, Claudine a revu Monte Landis à Los Angeles, lors d'une tournée des Double Six.

Les Blue Stars étaient payés au mois par Nicole Barclay (qui s'était arrangée pour que son homme d'affaires de mari ne soit pas au courant). En contrepartie, ils servaient gratuitement de groupe d’accompagnement pour des chanteurs (le nom du groupe figurait sur les disques). 
Ces disques comme accompagnateurs sont également listés ici, dans une deuxième partie. 

Les Blue Stars : Summertime / C'est l'été (1958, line-up n°5)
Six chanteurs, un seul micro.


Note importante pour toutes les discographies "Dans l'ombre des studios" de groupes vocaux: 
-Cette discographie mélange discographie traditionnelle et liste des émissions de télévision et de radio. Elle suit un ordre chronologique.
-Des événements importants pour le groupe sont mentionnés en gras et en italique.
-La discographie est chronologiquement découpée en plusieurs parties correspondant aux changements de chanteurs dans le groupe. Un "line-up" est une composition d'équipe: quand un membre du line-up n°2 quitte le groupe, le line-up n°3 commence à l'arrivée de son remplaçant.
-Je pourrais me contenter d'indiquer pour chaque morceau les solistes, mais comme certains (rares) morceaux sont chantés uniquement par une ou des solistes sans les autres membres du groupe, je précise "et groupe vocal" quand les autres membres du groupe sont présents (c'est à dire quasiment tout le temps). 
Le "groupe vocal" est en principe constitué, sauf mention contraire, de tous les membres du line-up en cours ("groupe vocal mixte"), ou de ses éléments féminins ou masculins.


RÉPERTOIRE DU GROUPE


Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


Bien qu’elle ait visiblement participé comme chanteuse aux séances du line-up n°1, la voix si particulière de Blossom Dearie n’est pas reconnaissable au milieu du groupe. La voix qu’on entend la plus nettement est celle de Christiane Legrand, soprano lead.

Les autres chanteurs sont Janine de Waleyne (chanteuse lyrique et ondiste), Nadine Young (de son vrai nom Nadine Jongen, chanteuse d'orchestre, et épouse de Jean Mercadier. L'une de ses cousines est doublure lumière de Danielle Darrieux), Jean Mercadier (pianiste et chef d'orchestre), Sadi (vivraphoniste), Christian Chevallier (pianiste et chef d'orchestre)


45T EP « N°1 : Légende du pays aux oiseaux » Barclay (70 004)
Sortie : 1955 (enregistré en novembre 1954)
A1 : Légende du pays aux oiseaux (Lola) (Lullaby of birdland) (J. Constantin - George Shearing) : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte dont un homme à l’accent américain
A2 : Lettre à Virginie (Constantin) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B1 : Toute ma joie (That’s my girl !) (Ray Ellington - R. Lucchesi) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B2 : Embrasse-moi bien (P. Durand - H. Contet) (arrgt Blossom Dearie) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie / Arrangements : Michel Legrand (A1 et B1) et Blossom Dearie (A2 et B2) / Au piano: Bob Dorough.
Photo au recto : Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin.
Sur « La Légende du Pays aux oiseaux » il y a un homme avec un accent américain, il se peut qu’il s’agisse du pianiste Bob Dorough ou de Ward Swingle, qui se souvenait avoir remplacé Sadi dans le groupe (a priori pas pour des enregistrements, mais…). 
La version Blue Stars de "Lullaby of Birdland" fait partie des meilleures ventes aux Etats-Unis pendant cinq mois et entre dans le top 20 en février 1956.

45T single n°1 « Embrasse-moi bien / Toute ma joie » Barclay (60 004)
45T single n°2 « Lettre à Virginie / Légende du pays aux oiseaux » Barclay (60 006)
45T single « Lullaby of Birdland / That’s my girl » Mercury  70742X45 (pays : US)

45T single n°3 « Mister l’amour / Tout bas, tout bas » Barclay (60 009)
A : Mister l’amour : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
B : Tout bas, tout bas : Jean Mercadier (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie

45T single n°4 « Les lavandières du Portugal / Mambo Italiano » Barclay (60 010)
A : Les lavandières du Portugal : cf. EP n°2
B : Mambo Italiano : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Direction : Blossom Dearie

45T single n°5 « Gina / Plus je t’embrasse» Barclay (60 017)
A : Gina : Bob Dorough ??? Ward Swingle??? (soliste avec accent américain) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B : Plus je t’embrasse: cf. EP n°2
Direction : Blossom Dearie
A la fin du morceau, on entend l'une des chanteuses se tromper en chantant autre chose sur le "qu'il" de "qu'il est loin de toi".

45T single n°6 « La danse du baiser / En 1920 » Barclay (60 018)
Sortie : 1955 
A : La danse du baiser (Bernard Michel - Eddie Barclay - Michel Legrand) : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B : En 1920 (Tagada-tagada) (Bernard Michel - Eddie Barclay - Philippe Gérard) : Christiane Legrand (soliste), Jean Mercadier (soliste) et groupe vocal mixte 
Direction : Blossom Dearie

45T single n°7 « Déjà / Avec ces yeux-Là » Barclay ‎(60 026)
A: Déjà: cf. EP n°2
B: Avec ces yeux-là: morceau introuvable

45T EP « N°2 : Les Lavandières du Portugal » Barclay (70 017)
Sortie : 1955
A1 : Les Lavandières du Portugal : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Déjà : Christiane Legrand (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Plus je t’embrasse : Nadine Young (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Amour, castagnettes et tango : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Le titre "Déjà" est trouvable sur les plateformes sous son nom anglais, "All at once", avec une erreur de crédit (Blossom Dearie à la place des Blue Stars).
Photo au recto (identique à celle de l’EP n°1): Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin.

45T EP « B.O. Graine de violence » Barclay (70 015)
Sortie : 1956 
A1 : Graine de violence (du film) "Rock Around The Clock" - par Peter ALLEN (M.C. Freedman - Jimmy De Knight)
A2 : La danse du baiser - par Les BLUE STARS (B. Michel - E. Barclay - M. Legrand): cf. single n°6
B1 : Amour, castagnettes et tango "Hernando’s Hideaway" - par Peter ALLEN (Richard Adler- Jerry Ross)
B2 : Avec ces yeux-là - par Les BLUE STARS (Charles Aznavour - E. Barclay - Legrand) : cf. single n°7

Radio « Jeux d’orchestre » du 18 mars 1956 (enregistrée le 15/03/56)
Version du 45T ou enregistrement spécial pour l’émission ? 
« Avec ces yeux-là » : groupe vocal mixte dont Christiane Legrand

45T single « Mambo Italiano / Tout bas» Mercury ‎(70808X45) (US, 1956)

33T LP «  Octuor » Barclay (80 004)
Sortie : certainement 1955 (80 002 et 80 003 sortis en 1955)
A1 : Légende du Pays Aux Oiseaux
A2 : Embrasse-moi Bien
A3 : Lettre à Virginie
A4 : Toute ma Joie
B1 : Les lavandières du Portugal
B2 : Tout bas
B3 : La danse du baiser
B4 : Mambo Italiano
Compilation avec  les quatre titres de l’EP n°1, un titre du single n°3 (Tout bas), 2 titres du single n°4 (Lavandières / Mambo Italiano) et un titre du single n°6 (La danse du baiser)
(et pressage espagnol 45T Columbia (BCGE 28 044) avec Embrasse moi bien/Virginie/Tout bas/Lavandières)


Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


La photo de ce line-up figure sur la pochette du 45T anglais Felsted ESD 3033 (sorti en octobre 1956), disque qui a visiblement bel et bien été enregistré par ce line-up. Elle figure aussi sur le 33T américain Pardon my english (sorti apparemment aux Etats-Unis en 1958 chez Mercury et en France en 1959 chez Barclay), mais pour ce disque il demeure un doute sur le line-up qui a effectué l'enregistrement. Il s'agirait vraisemblablement du line-up n°5 (1958).

Blossom Dearie quitte les Blue Stars pour rentrer aux Etats-Unis, mais garde contact avec le groupe (elle fait un succès aux États-Unis avec la chanson "Tout doucement" composée quelques années plus tôt (déposée à la SACEM en 1953) par Jean Mercadier et René Clausier) et continue d'écrire des arrangements.
Le couple Jean Mercadier - Nadine Young dirige désormais le groupe.

Repérée par Jean Mercadier au Chalet du Lac (Vincennes) dont elle est la chanteuse de l'orchestre de jazz, Claudine Meunier remplace Christiane Legrand en 1ère soprano. Savoir différencier leurs timbres de voix permet de distinguer la transition entre le line-up n°1 et le 2.


Radio « Jazz aux Champs-Elysées : Emission spéciale Palais de Chaillot» du 22 mai 1956
Chant en direct « Cherokee » et « Avec ces yeux-là »: groupe vocal mixte dont Claudine Meunier (soliste)
Piano : Raymond Fol / Batterie : Mac Kac / Contrebasse : Pierre Michelot

45T EP « N°3 : Alors raconte » Barclay (70 026)
Sortie : 1956 
A1 : Alors…raconte ! (Gilbert Bécaud - J. Broussolle): Bob Martin (soliste crédité) et groupe vocal mixte
A2 : Aime-moi (M. Vidalin - J. Datin) : Nadine Young ? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : J’apprendrai (B. Michel - Gene de Paul) : Nadine Young (soliste créditée) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Cha-cha-cha de Bahia (E. Marnay - Enrique Jorrin) : groupe vocal mixte
Arrangements: Jo Boyer (A1), Blossom Dearie (A2) et Christian Chevallier (B2) / Orchestre: Eddie Barclay (A1) et Jean Mercadier (B1).
La photo recto est la même que celle des EP 1 & 2 (Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin), mais il s’agit à l’oreille du line-up n°2.
Remarque : la voix de Nadine Young est très proche de celle que prend Janine de Waleyne dans le medium/grave.

45T EP « N°4 : Jumping at the woodside » (70 027)
Sortie : 1er semestre 1956
A1 : Jumpin at the woodside (Count Basie) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : C‘est la vie (Wolfson - White) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Broadway at Basin street (Al Frisch - Sid Wayne) : Claudine Meunier (vocalise solo) et groupe vocal mixte
B2 : Grapevine (Abner Silver / Roy Alfred) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Direction d‘orchestre : Blossom Dearie
(Et 45T anglais Felsted ESD 3033 sorti en octobre 56, avec « Cherokee » à la place de « C’est la vie », photo recto : même séance photo que « Pardon my english »)
La photo recto est la même que celle des EP 1 & 2 (Dearie, De Waleyne, Young, Legrand, Mercadier, Chevallier, Sadi, Guérin), mais il s’agit à l’oreille du line-up n°2

33T « The Blue Stars » Felsted ‎– SDL 86046
Pays : Royaume-Uni
A1 : Broadway At Basin Street
A2 : C'est La Vie
A3 : Jumpin' At The Woodside
A4 : Grapevine
A5 : All At Once
B1 : Lullaby Of Birdland
B2 : Cherokee : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B3 : Speak Low
B4 : Gina
B5 : The Portuguese Washerwomen
Cette compilation anglaise comprend un titre du 45T n°1 (Lullaby of Birdland), deux titres du 45T n°2 (All at once (Déjà), Les Lavandières du Portugal), les 4 titres du 45T n°4, 2 titres de singles (Gina, Tout bas), et un inédit en France (Cherokee).

45T single «  The Kissing Dance / Broadway at Basin Street » Mercury ‎(70877X45)
Pays: US / Sortie: 08 mai 1956
45T single « Jumpin' At The Woodside / Amour, castagnettes et tango» Mercury ‎(70924x45)
Pays: US / Sortie: 16 juillet 1956


En quittant les Blue Stars, Christian Chevallier crée son propre groupe vocal, Les Angels, avec notamment deux anciennes Blue Stars, Christiane Legrand et Janine de Waleyne. Ces dernières intègrent également à la même période Les Fontana, créés par Michel Legrand (frère de Christiane).


Line-up n°3 (courant 1956-mi-décembre 1956): Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


Chanteur et trombone dans l'orchestre de Jacques Hélian, Henri Tallourd remplace Christian Chevallier. 

Roger Guérin est remplacé par un autre trompettiste, Jean Liesse.


Emission TV « Télé-chansons » pour Télé-Luxembourg en 1956
Chant en direct ou playback spécialement enregistré pour l’émission.
« La Légende du pays aux oiseaux »
Claudine Meunier (soliste au son et à l'image), Nadine Young, Stevie Wise, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse + Rythmique

Emission TV « Trente-six chansons » du 16 décembre 1956
Chant en direct.
« Avec ces yeux-là » 
Claudine Meunier, Nadine Young, Stevie Wise, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse + Orchestre


Des enregistrements studio ont certainement été faits avec ce line-up mais il est difficile de délimiter les line-ups n°2 et 3 (il y a au moins quatre line-up qui se suivent pendant l’année 1956). 

La chanteuse de jazz canadienne Stevie Wise (de son vrai prénom Stephanie) quitte le groupe. En juillet 1958, elle arrête le métier après s'être remariée avec un membre de la haute-noblesse britannique, William Francis Hare, Comte de Listowel.


Line-up n°4 (mi-décembre 1956- fin 1957): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


Chanteuse et pianiste de jazz, Mimi Perrin remplace Stevie Wise.


Emission TV « Sept villes, une chanson » du 21 décembre 1956
Chant en playback.
« Il est là » (jamais sorti en disque)
Claudine Meunier, Nadine Young, Mimi Perrin, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse 

45T EP «N°5 : Tout doucement » Barclay (70 087)
Sortie : 1957 
A1 : Tout doucement (René Clausier - Jean Mercadier) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Fado (M. Vendôme - H. Decker) : Nadine Young ? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : On s’en va sous la pluie (D. Lapeyrère - J.P. Michel) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Les âmes fières (du film "The Proud One") (Lionel Newman - J. Plante) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre: Jacques Brienne
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Tallourd, Liesse, Mercadier

Emission TV « Sept villes, une chanson » du 4 janvier 1957
Chant en playback.
« On s'en va sous la pluie » 
Claudine Meunier, Nadine Young, Mimi Perrin, Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse 


Les Blue Stars se produisent (d'après prospectus d'époque) au cabaret Sa Majesté "La chanson" Chez Ledoyen (Jardins des Champs-Elysées) du 22 février au 7 mars 1957. Dans ce même cabaret: Paul Roby, les illusionnistes Igolen et Rita, les duettistes Wilma et Carola, et Michel de La Vega. Orchestre: Willy Lockwood avec la chanteuse Michèle Delhay.


45T single n°8 « L’homme à la moto / La corrida » Barclay ‎(60 056)
1957
A : L’homme à la moto :  Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte
B : La corrida : Claudine Meunier (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Eddie Barclay
Arrangements: Jo Boyer.
La moto entendue dans « L’homme à la moto » est la Vespa du mari de Claudine (André Meunier). 
Après la séance, Eddie Barclay a invité tout le groupe dans son resto préféré, rue Marboeuf, où chacun a été servi d’une large portion de caviar.

45T single n°9 « Place Blanche / Quand je monte chez toi » Barclay (60 083)
1957
A : Place Blanche : cf. EP n°6
B : Quand je monte chez toi : cf. EP n°6

45T single n°10 « En écoutant mon cœur chanter / C’mot là » Barclay ‎(60 087)
1957
A : En écoutant mon cœur chanter : cf. EP n°6
B : C’mot là : cf. EP n°6

45T EP « N°6 : Place Blanche » Barclay (70 100)
Sortie : 1957 
A1 : Place Blanche (Boris Vian - Henri Salvador) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Quand je monte chez toi (Jean Broussolle - Henri Salvador) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : C’mot là (H. Roberts - Jean Constantin) : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : En écoutant mon cœur chanter (Jamblan - Herpin) : Jean Mercadier et Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte 
Chef d’orchestre : Raymond Lefèvre / Arrangements : Jean Mercadier
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Tallourd, Liesse, Mercadier

33T LP « The Blue Stars » Barclay ‎– 80076
Sortie: 1957
A1 : Quand Je Monte Chez Toi
A2 : Place Blanche
A3 : C'mot-la (Small Talk)
A4 : En Ecoutant Mon Coeur Chanter (All Of A Sudden)
B1 : On S'en Va Sous La Pluie
B2 : Les Ames Fieres (Du Film 'Le Sherif')
B3 : Fado
B4 : Tout Doucement
Ce 33T reprend intégralement les 45T « Tout doucement » (70087) et « Place Blanche » (70100)
Photo recto : Meunier, Young, Perrin, Liesse, frère de Liesse, Mercadier


Line-up n°5 (fin 1957-courant 1958): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse


Nadine Young attendant un heureux événement (elle donnera naissance à un petit garçon, Christophe, en décembre 1957), est remplacée par Rita Castel (de son vrai nom Castellano, pianiste et chanteuse, membre de la famille de Caruso, et épouse du guitariste Pierre Cullaz) certainement pendant l'automne 1957. 

Henri Tallourd quitte le groupe (certainement "débauché" par Christian Chevallier chez les Angels ou Michel Legrand chez les Fontana), et est remplacé par le frère de Jean Liesse, Jacques Liesse, trompettiste comme son frère, mais qui n'a 
semble-t-il pas poursuivi sa carrière dans la musique, et a travaillé dans les assurances.


Emission TV « Trente-six chansons » du 9 février 1958
« Summertime / C’est l’été » (Gershwin / adapt. René Rouzaud) (jamais enregistré en disque)
Chant en direct.
Claudine Meunier (soliste), Rita Castel, Mimi Perrin, Jacques Liesse, Jean Mercadier (soliste), Jean Liesse + Orchestre

33T LP « Pardon My English » Mercury ‎MG 20329 (US, 1958) et Mercury 7182 (France, 1959)
Sortie: 1958 
A1 : I'll Remember April (Raye, DePaul, Johnston) 2:18 : Nadine Young (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : A Smooth One (Goodman, Royal) 2:18 : Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A3 : (All Of A Sudden) My Heart Sings (Rome, Herpin, Jamblan) 2:30: Jean Mercadier et Claudine Meunier (solistes) et groupe vocal mixte 
A4 : Small Talk (Morgan, Roberts) 2:33 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A5 : I'm Lost Without You Tonight (Daniels, Greene) 2:49  : Claudine Meunier (soliste) et groupe vocal mixte
A6 : Move (Best, Walsh) 1:53 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Did You Close Your Eyes (Merrill) 2:25 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Bernie's Tune (Miller) 2:25 : groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B3 : Don't Be That Way (B. Goodman, Sampson, Parish) 2:37: groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B4 : Please Be Kind (Kahn, Chaplin)3:33 : Jean Mercadier (soliste) et groupe vocal mixte 
B5 : Stardust (Carmichael, Parish) 2:43: Jean Mercadier ?? (soliste) et groupe vocal mixte 
B6 : Promises And Lies (Stock, Powell) 3:10: Jean Mercadier (soliste) et groupe vocal mixte 
Remarques : 
-« My heart sings » et « Small Talk » ont en parallèle été chantés en français dans l’EP n°6.
-Indication au verso : enregistrement en rerecording « quatre chanteurs deviennent huit chanteurs », or les Blue Stars étaient 6 ou 8 mais pas 4.
-Il est difficile de dater l’enregistrement, le disque est sorti en 1958 aux Etats-Unis (et en 1959 en France) mais la pochette représente au recto le line-up n°2 de 1956 (Nadine, Claudine, Stevie, Christian, Jean et Roger) et d’après un CD, il a été enregistré en 57 (line-up n°4)
-Au verso du 33T français, pub pour l’EP n°6 et le 33T 80076
-D'après Jean-Pierre Mercadier, les rires à la fin de "Move" ne sont pas feints. Les Blues Stars avaient eu énormément du mal à enregistrer ce morceau et ont ri nerveusement à la fin du morceau.


Line-up n°6 (printemps 1958-automne 1958?) : Claudine Meunier, Rita Castel, Nadine Young / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse


D'après les souvenirs de Claudine Meunier, Nadine fait son retour dans le groupe. Sa remplaçante, Rita Castel, reste dans le groupe mais Mimi Perrin s'en va. 

En juin 1958, concert des Blue Stars en première partie de Frank Sinatra au bal de la Croix-Rouge de Monte-Carlo. L’orchestre devait être dirigé par Eddie Barclay, mais à la demande de Frank Sinatra c’est Quincy Jones (qui travaillait à l'époque à Paris pour Eddie Barclay) qui assure la direction
(Kenny Clarke est à la batterie, Jean Mercadier se souviendra qu'il discutait avec le batteur tout en jouant et que Sinatra a arrêté la répétition en demandant "Kenny, tu peux jouer?").
D'après Claudine, il s'agit de l'un des derniers concerts du groupe.

Suite à quelques tensions dans le groupe, les Blue Stars sont dissous, vraisemblablement en septembre 1958.

Mimi Perrin, Claudine Meunier et Rita Castel se retrouvent dans la plupart des groupes vocaux créés à cette époque, et Mimi crée Les Double Six.

Jean Mercadier, lorsqu'on le contacte pour engager les Blue Stars (courrier de 1959 retrouvé par Jean-Pierre Mercadier), répond que les Blue Stars n'existent plus, mais qu'il a créé un nouveau groupe, Les Mélodians (pour accompagner l'opérette Pacifico avec Georges Guétary et Bourvil au Théâtre de la Porte Saint-Martin).
Dans ce groupe à l'existence courte (1958-1961), dont on peut écouter les morceaux grâce aux numérisations de la Bibliothèque Nationale de France, on peut reconnaître la voix de Nadine Young.
Ils accompagnent vraisemblablement Michel Legrand (sans être crédités comme Mélodians) pour une improvisation dans l'émission TV Festival Michel Legrand du 27/11/61. Seuls Jean Mercadier et Nadine Young peuvent être identifiés, les quatre autres (deux hommes et deux femmes) n'étaient pas des choristes habitués des séances studio.


ACCOMPAGNEMENT DE CHANTEURS


Line-up n°1 (novembre 1954- c. mai 1956) : Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Blossom Dearie, Nadine Young / Sadi (en alternance avec Ward Swingle), Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin

Radio « Jeux d’orchestre » du 29 janvier 1956 (enregistrée le 23)
Enregistrement du générique: groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
Chef d'orchestre: Michel Legrand

45T EP Dario Moreno ‎& Les Blue Stars « N°5 : Le grand tour de l'amour » Philips ‎(432.057 NE)
Sortie: 1956
A1 : Le Grand Tour De L'amour (Alteman, F. Bonifay, Reid) : Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Corps A Corps (M. Veldi, P. Liberal) : Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : L’étranger Au Paradis (Stranger In Paradise) (F. Blanche, G. Forrest, R. Wright) : Dario Moreno (soliste), Christiane Legrand (vocalise solo) et groupe vocal mixte
B2 : La Fête Brésilienne du film « Samba Fantastique » (E. Marnay, J. Manzon, J. Toledo, L. Autuori): Dario Moreno (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Michel Legrand
(45T single 372.312 « Le grand tour de l’amour / Corps à corps » et 372.313 « L’étranger au paradis / La fête brésilienne »)

45T EP Jacqueline François & Les Blue Stars « N°5 : Je t’aime encore plus » Philips ‎(432.082 NE)
Sortie: 1956
A1 : Je t’aime encore plus (A. Mickey) : Jacqueline François (soliste) et peut-être un groupe vocal d’hommes à un moment
A2 : Le Ciel (Varel & Bailly) : Jacqueline François (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B1 : La Jeunesse (H. Giraud, J. Drejac) : Jacqueline François (soliste) et re-recording
B2 : Accusée, levez-vous (Ch. Aznavour, P. Dorsay) : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Michel Legrand

45T EP Francis Lemarque & Les Blue Stars «N°3 : Paris se regarde » Fontana (460.506 ME)
Sortie: Juin 1956
A1 : Paris se se regarde : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Le Chemineau : Pas de choeurs
B1 : Seul un homme peut faire ça : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte dont Christiane Legrand
B2 : Le Petit Môme : Francis Lemarque (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Michel Legrand

Emission TV « La joie de vivre » du 3 avril 1956
Chant en direct.
« Samba fantastique » en accompagnement de Jacqueline François.
A priori 3 femmes (Christiane Legrand, Nadine Young, Janine de Waleyne) et 2 ou 3 hommes (dont Christian Chevallier)


Line-up n°2 (c. mai 1956- courant 1956) : Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Christian Chevallier, Jean Mercadier, Roger Guérin


45T single Tino Rossi & Les Blue Stars « Amoureux / Gervaise » Columbia SCVF 1043
Sortie du film : septembre 1956
A : Amoureux (R. Desbois, Tito Fuggi) : Tino Rossi (soliste) et groupe vocal mixte
B : Gervaise (R. Queneau, G. Auric) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Pierre Spiers


Line-up n°3 (courant 1956-mi-décembre 1956): Claudine Meunier, Stevie Wise, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse
&
Line-up n°4 (mi-décembre 1956-fin 1957): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Nadine Young / Henri Tallourd, Jean Mercadier, Jean Liesse


45T EP Eddie Constantine & Les Blue Stars « N°13 : Cigarettes, whisky et p’tites pépées » Barclay (70 072)
Sortie : mai 1957 
A1 : Cigarettes, whisky et p’tites pépées (du film) "Cigarettes, Whisky And Wild, Wild Women" (J. Soumet - F. Llenas - Tim Spencer) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier et Mimi Perrin
A2 : Mon bon vieux phono (F. Bonifay - J. Bourdeaux - J. Claudric) : Pas de choeurs
B1 : Laisse tomber (B. Michel - E. Barclay - R. Le Sénéchal) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Le grand bluff (du film) (Moustache - M. Legrand) : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre: Raymond Lefèvre 

45T EP Renée Lebas & Les Blue Stars « S’aimer d’amour » Barclay (70 075)
Sortie : 1957 
A1 : S’aimer d’amour (E. Marnay - E. Stern) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Les fleurs et l’amour (F. Lemarque - D. Modugno) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont certainement Mimi Perrin
B1 : Giovinella (E. Marnay - Leo Poll) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Les lilas blancs (E. Marnay - F. Doelle) : Renée Lebas (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Wal-Berg 
(et single 60078  « Giovinella / Les fleurs et l’amour » 1957)

45T single Eddie Constantine & Les Blue Stars « Quand les hommes vivront d’amour / Hop digui-di » Barclay 60 067
1957
A : Quand les hommes vivront d’amour : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
B : Hop digui-di : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d'orchestre: Raymond Lefèvre

45T EP Eddie Constantine & Les Blue Stars « Ronde, ronde » Barclay (70 095)
Sortie : 1957
A1 : Ronde ronde : Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Pour garder le tempo : Pas de choeurs
B1 : Mon amour : Pas de choeurs
B2 : Le tendre piège: Eddie Constantine (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Raymond Lefèvre 

45T EP Manou Roblin & Les Blue Stars « N°2 : Chants de Noël » Barclay (70 106)
Sortie : 1957 
A1 : La valse de Noël (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte 
A2 : Quel beau Noël (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : C’est Noël, joie du ciel (Richard Roblin) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Pour mon Noël (Georges Liferman) : Manou Roblin (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre: Didier Boland 

45T EP Jacqueline Néro & Les Blue Stars « N°4 : Le jour où la pluie viendra » Barclay ‎(70 128)
Sortie: 1957
A1 : Le jour où la pluie viendra : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
A2 : J'en appelle: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
B1 : A fleur de peau: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
B2 : Les mains des gens: Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal d’hommes
Chef d’orchestre: Jean Mercadier

45T EP Jimmy Walter et son Orchestre & Les Blue Stars « Cha Cha Cha de Paris » Barclay (72 038)
1957
A1 : La Mère Michel : groupe vocal mixte
A2 : Fascination : groupe vocal mixte
B1 : A la Martinique: groupe vocal mixte dont Mimi Perrin
B2 : La Java: Pas de choeurs
Et pressage anglais Felsted ESD 3039 en novembre 56.

45T EP Betty Reilly & Les Blue Stars ‎ « Rain, Rain, Rain » Vega ‎– V 45 P 1572
Sortie: 1957
A1 : Rain, Rain, Rain (J. Mc. Conologue) : Betty Reilly (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Tierra va tembla (M. Merceron) : Betty Reilly (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Je vous aime (Henri Salvador) : Pas de choeurs
B2 : Et je t'Aime comme ça (C. Aznavour, J. Davis) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Jacques David

45T EP Eddy Marnay & Les Blue Stars « Giovinella » Vega V 45 P 1811
1957
A1 : Giovinella : Eddy Marnay (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Capitaine d’Aquitaine : Eddy Marnay (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : La fontaine endormie : Pas de choeurs
B2 : Les deux tourterelles : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Wal-Berg (A1, A2, B1) et Raymond Lefèvre (B1)

45T EP André Dassary & Les Blue Stars « Bambino » Véga (V 45 P 1814)
Sortie : 1957 
A1 : Bambino (G.Fanciulli - Jacques Larue) : André Dassary et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Pour ton retour (G.Hourdeaux -Fernand Bonifay - Washington - St lewis) : Pas de choeurs
B1 : Sa jeunesse (Charles Aznavour) : Pas de choeurs
B2 : Des pays merveilleux (Cl.Valéry - Raymond Asso) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Hubert Rostaing

45T EP Bachir Touré ‎& Les Blue Stars « Day o ! » Vega ‎– V 45 P 1852, Vega ‎– 45 BVG 1721
Sortie: 1957
A1 : Day O !! (E.Darling - B.Carey - A.Arkin) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Oh Choucoun (A.Arkin - E.Darling - J.Airel) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Tam Tam Télé (G.de Crance - Richemont) : Pas de choeurs
B2 : Le Puparu (Le Bonhomme aux Marionnettes) (D.Modungo - J.Larue) : Bachir Touré (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Jerry Mengo 

45T EP Michelle Verneuil ‎& Les Blue Stars « Marianne » Vega ‎– V 45 P 1863
Sortie: 1957
A1 : Marianne (Dehr, Gilkyson, Jacques Larue, Miller) : Michelle Verneuil (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin et Claudine Meunier
A2 : Buenas Noches Mi Amor (Hubert Giraud, Marc Fontenoy) : Pas de choeurs
B1 : Day O ! (A. Arkin, B. Carey, E. Darling) : Michelle Verneuil (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin et Claudine Meunier
B2 : Demain "Un Filo Di Speranza" (André Salvet, Hubert Ithier, Saverio Seracini) : Pas de choeurs
Chef d’orchestre : Jerry Mengo 

45T EP Georges Ulmer et Élise Vallée ‎ & Les Blue Stars « Quelle Soirée ! » Vega ‎– V 45 P 1867
Sortie: 1957
A1 : Sois Pas Cruelle (Don't Be Cruel) : Georges Ulmer (soliste) et groupe vocal d’hommes
A2 : Méfie-Toi Des Filles : Georges Ulmer (soliste) et Moustache (soliste) et peut-être d’autres hommes
B1 : Quelle Soirée ! : Georges Ulmer (soliste), Elise Vallée (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Per-Sonne : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Raymond Le Pers (A1), Moustache (A2), Hubert Rostaing (B1, B2)

45T EP Loris Velli & Les Blue Stars « Soudain une vallée » Ducretet-Thomson 460 V 359
Sortie: 1958
A1 : Soudain une vallée : Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte dont certainement Christiane Legrand (!)
A2 : Escale: Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Les sept merveilles du monde : Loris Velli (soliste), Claudine Meunier ou Janine de Waleyne ?? (soprano soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Au coin du feu: Loris Velli (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier et peut-être Christiane Legrand
Chef d’orchestre : Jerry Mengo

45T EP Lys Assia & Les Blue Stars « Histoire d’un amour » Ducretet Thomson ‎– 460 V 370
Sortie: 1957
A1 : Histoire d'un amour : Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : L'Enfant que j'Étais: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Buenas Noches Mi Amor: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Scusami: Lys Assia (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Jerry Mengo


Line-up n°5 (fin 1957 - printemps 1958): Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse

&

Line-up n°6 (printemps 1958-automne 1958?) : Claudine Meunier, Rita Castel, Nadine Young / Jacques Liesse, Jean Mercadier, Jean Liesse


45T EP Jeff Lawrence & Les Blue Stars « Un Petit Enfant » Vega ‎– V 45 P 1885
Sortie: 1958
A1 : Un petit enfant : Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal mixte dont Mimi Perrin
A2 : C'est toi, toujours toi: Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal de femmes
B1 : Malheur aux Don Juan: Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal de femmes
B2 : Je vous retrouveral : Pas de choeurs
Track A1: Grand Prix du Disque de Bonheur 1958
Chef d’orchestre : Raymond Le Pers

45T EP Jeff Lawrence & Les Blue Stars « Le tendre piège » Vega V 45 P 1886
Sortie: 1958
A1 : Le tendre piège : Pas de choeurs
A2 : Si j’t’avais pas : Pas de choeurs
B1 : Amour, jeune amour : Jeff Lawrence (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : La chanson de Lima : Pas de choeurs
Chef d'orchestre: Raymond Le Pers (A1, B1) et Philippe-Gérard (A2, B2)

45T EP Torre Bruno & Les Blue Stars « Mille fois merci » Ducretet-Thomson 460 V 385
Sortie: 1958
A1 : Mille fois merci : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Parigi Roma : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Gwendolina : Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Refrain tyrolien: Torre Bruno (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Jerry Mengo

45T EP Claude Piron & Les Blue Stars « Viens » Ducretet-Thomson (460 V 429)
Sortie : septembre 1958 
A1 : Viens ("When") (P. Evans - Reardon / A. Salvet) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal mixte
A2 : Le docteur Miracle ("Witch Doctor") (Ross Bagdassarain / H. Ithier) : Claude Piron (soliste) et voix trafiquée
B1 : Hé ! Youla (A. North - G. Aber) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal d’hommes ou mixte
B2 : D’où reviens-tu, Billie Boy ? (R. Scott / Boris Vian) : Claude Piron (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Jany Guiraud 

45T EP Jacqueline Néro & Les Blue Stars « N°5 : Ouragan » Barclay ‎(70 167)
Sortie: 1958
A1 : Ouragan : Pas de choeurs
A2 : Un Amour Dans La Ville : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
B1 : Le Mur (G. Bécaud, M. Vidalin) : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
B2 : Je ne sais pas pourquoi (Jacques Brel) : Jacqueline Nero (soliste) et groupe vocal mixte
Chef d’orchestre : Mario Bua

45T EP Bob Martin & Les Blue Stars « Noël » Barclay (70 195)
Sortie : décembre 1958 
A1 : Jour de l’an : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
A2 : Belle nuit, sainte nuit : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B1 : Il est né le divin enfant : Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
B2 : Minuit, chrétiens: Bob Martin (soliste) et groupe vocal mixte dont Claudine Meunier
Chef d’orchestre : Gérard Levecque
Photo de couverture : Jacques Liesse, Jean Liesse, Jean Mercadier, Claudine Meunier, Mimi Perrin, Rita Castel


Pour écouter "Les Blue Stars":

Mon "top 5" personnel, dans différents styles:
L'homme à la moto: https://www.youtube.com/watch?v=qBnutF4ZItE

La plupart des titres peuvent être téléchargés ou écoutés sur toutes les plateformes de téléchargement légal et de streaming comme Qobuz, Deezer, etc.:

Les titres "All at once (Déjà)" et "Cherokee" peuvent être écoutés sur cet album mais ne sont provisoirement plus disponibles en téléchargement: https://www.deezer.com/fr/album/7356593

La version studio de "Avec ces yeux-là" n'a jamais été numérisée.


"Les Blue Stars" sur Dans l'ombre des studios :

Interview de Claudine Meunier:
http://danslombredesstudios.blogspot.com/2014/04/joyeux-anniversaire-claudine-meunier.html

Interview radiophonique de Claudine Meunier, Jean-Claude Briodin et moi-même ("Etonnez-moi Benoît" par Benoît Duteurtre, France Musique, enregistrement le 6/03/2020):
https://www.francemusique.fr/emissions/etonnez-moi-benoit/groupes-vocaux-francais-d-hier-et-d-aujourd-hui-avec-remi-caremel-claudine-meunier-jean-claude-briodin-81374


Autres lectures conseillées:

Vocal jazz groups, scat & vocalese
 (Eric Fardet, éditions Connaissances et Savoir, 2018)

Les arrangeurs de la chanson française
 (Serge Elhaïk, éditions Textuel, 2018)


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dimanche 27 avril 2014

Joyeux anniversaire Claudine Meunier!

Voix chantée de Madeleine dans Les Parapluies de Cherbourg (1964) et d’Esther dans Les Demoiselles de Rochefort (1967), membre des Swingle Singers, des Blue Stars et des Double Six, Claudine Meunier est certainement l’une des plus jolies –mais aussi les plus discrètes- voix des années 60-70. Elle a fêté hier ses 88 ans. L’occasion pour moi de vous présenter en quelques mots son parcours…
(Entretien réalisé le 19/08/2012)


Claudine Barge naît le 26 avril 1926 à Boulogne-Billancourt. Son père est artisan émailleur-chromeur et joue du violon en amateur. Il commence à lui apprendre le violon mais c’est surtout vers le chant que Claudine s’oriente. A neuf ans, elle est déjà un phénomène vocal, et enchaîne les concours –notamment les radios crochets- où elle reçoit de nombreux prix. Puis elle intègre vers l’âge de douze ans un chœur d’enfants, Les Petits Chanteurs d’Opéra, qui se produit régulièrement sur les scènes parisiennes. « Je me souviens qu’en 1941 on devait chanter au cinéma Le Paramount qui à cette époque-là faisait attraction comme dans les grands cinémas et je devais chanter l’air de la poupée des Contes d’Hoffmann et on nous a interdit cet air-là car Offenbach était juif. Donc j’avais chanté à la place l’air des clochettes de Lakmé, car j’étais une soprano colorature étant enfant. C'est à cette époque que j'ai rencontré Raymond Legrand. On a chanté également à Bobino. »
Claudine (assise) vers 1947
Pendant la guerre, Claudine achète des disques du Hot Club de France et se passionne pour le jazz. Après guerre, elle chante dans des clubs de jazz et devient la chanteuse d’un orchestre amateur, l'orchestre Gino Borgi (qui joue dans des dancings comme le Coliséum), où elle fait la connaissance de son mari, André Meunier qu’elle épousera en 1950. Celui-ci ne souhaitant pas qu’elle suive cette carrière, elle arrête pendant deux ans, avant qu’un ancien ami de chez Gino Borgi lui propose qu’elle remplace la chanteuse du « Chalet du Lac » au Bois de Vincennes, où elle travaille avec Georges Arvanitas. Elle devient chanteuse professionnelle.
"Le chanteur Henri Legay qui était peut-être à l'époque chez Ray Ventura, m'a fait entrer dans l'orchestre de Guy Luypaerts. On était quatre: la femme de Guy Luypaerts qui faisait le lead, Violette Journeau, Henri Legay et moi. On répétait au 16 rue Paul Féval. On a fait quelques émissions de radio. Guy Luypaerts m'a aussi fait passer une audition pour être la voix chantée de Nanette Fabray dans la version française de Tous en scène (1954). Je n'ai pas été prise, ni Nadine Young qui était dans les choeurs avec Jean Mercadier et moi, et que je rencontrais tous deux pour la première fois. C'est là que j'ai entendu pour la première fois le nom d'Anne Germain, qui avait eu le rôle." (NDLR: il ne s'agit a priori pas d'Anne Germain sur ce rôle, ni à l'écoute, ni au niveau des dates, Anne ayant commencé sa carrière deux ans plus tard).

En parallèle, elle revoit un peu plus tard au sein de l'orchestre Simon Boucaux (avec lequel elle fait plusieurs radios) le musicien, arrangeur et chanteur Jean Mercadier. « Comme il a vu que j’étais bonne musicienne et que je lisais très bien la musique il m’a demandé si je pouvais faire à l’occasion des séances d’enregistrement comme choriste. J’ai commencé à faire du studio comme ça, en 1956-1957. La première séance que j’ai faite était je crois au Théâtre des Ambassadeurs pour Line Renaud. Puis j’ai enregistré la musique d’un film avec Zizi Jeanmaire, Folies-Bergère (1957) si mes souvenirs sont bons ».
1955-1956, c’est l’explosion de deux modes en France : les groupes vocaux (inspirés des groupes de jazz vocal américains) et les chœurs « non-lyriques » pour accompagner des chanteurs de variété (Edith Piaf, Luis Mariano, Charles Trénet, etc. étant jusqu’à présent accompagnés uniquement de chanteurs lyriques, comme ceux du Chœur Marguerite Murcier ou du Choeur Raymond Saint-Paul). Les protagonistes de ces deux modes sont les mêmes, à savoir les arrangeurs modernes des années 50 souvent issus du jazz (Michel Legrand, Christian Chevallier, Jean Mercadier, etc.) et les jeunes choristes de l’époque (Christiane Legrand, Janine de Waleyne, Ward Swingle, etc.).




Claudine Meunier en scopitones
Richard Anthony: Fiche le camp Jack avec Richard Anthony et Monique Aldebert (soliste à l'image, playback: Mimi Perrin), Margaret Hélian, Alice Hérald, Rita Castel et Claudine Meunier
Jacques Hélian: Chi Chi Honolulu avec Jacques Hélian et son orchestre et Vasso Marco (soliste), Georges Bessières, un membre du trio Raisner, chanteuse non identifiée, Margaret Hélian et Claudine Meunier (soliste)
Les JMS: Papa aime maman avec Louis Aldebert, Jacques Denjean, Claude Germain, Claire Leclerc, Claudine Meunier, Rita Castel et Geneviève Roblot

Pour ce qui est des groupes vocaux, Claudine Meunier intègre les Blue Stars of France (groupe créé quelques années plus tôt par la chanteuse américaine Blossom Dearie) en remplacement de Christiane Legrand (soprano lead), qui ne souhaite pas faire de scène alors que des opportunités de concerts sont présentes. Les Blues Stars est constitué de trois hommes et trois femmes : en alternance Jean Mercadier, Henry Tallourd, Roger Guerin, Christian Chevallier, Jean Liesse et le frère de ce dernier chez les hommes, et Nadine Young, Mimi Perrin, Rita Castel, la canadienne Stevie Wise, etc. chez les femmes. Le groupe est considéré par les spécialistes comme le premier groupe de jazz vocal français. Un soir il chante au Sporting Club de Monaco, avec Frank Sinatra en vedette. « On s’est dit « On va se faire dédicacer des photos en coulisses! », mais tu parles, il n’était pas du tout en coulisses, il était en train de dîner avec le prince et la princesse et quand ça a été son tour il est monté en sautant sur scène une cigarette à la main et il a chanté. On avait discrètement assisté à la répétition. Il m’avait fait une impression terrible, il dégageait vraiment quelque chose. C'était Eddie Barclay qui devait diriger l’orchestre qui l’accompagnait, et finalement Quincy Jones (à l’époque directeur artistique chez Barclay, ndlr) l'a remplacé. »

Ensuite, elle fait partie de la deuxième équipe des « Hélianes », le trio de choristes de l’orchestre Jacques Hélian, aux côtés d’Alice Herald et Margaret Hélian. Elle intègre aussi les vingt-quatre choristes des Barclay (où elle travaille enfin directement avec Christiane Legrand, après l’avoir remplacée dans les Blue Stars et les Hélianes) et le JMS, groupe vocal de l’orchestre Jo Moutet.

1er line-up des Swingle Singers

Puis ce seront les Double Six et les Swingle Singers, deux groupes vocaux de légende créés respectivement par Mimi Perrin et Ward Swingle. « Ward Swingle a commencé comme pianiste de Zizi Jeanmaire puis choriste. C’est en nous connaissant dans les studios qu’il a demandé à plusieurs d’entre nous de rejoindre les Swingle Singers quand il a été question de faire des disques. La paternité du concept du groupe (adapter des œuvres instrumentales classiques en jazz vocal, ndlr) est assez floue : Jean-Claude Briodin aurait soufflé l’idée à Ward en découvrant l’album « Play Bach » de Jacques Loussier, mais Ward dit de son côté qu’il en avait déjà eu l’idée alors qu’il était encore à l’université aux Etats-Unis. Bref, j’ai fait les deux premiers disques des Swingle (Jazz Sébastien Bach) et en même temps je faisais partie avec Jean-Claude Briodin des Double Six. Quand il a été question que les Swingle fassent de la scène ce qui n’était pas du tout prévu au départ il a fallu choisir entre les deux groupes, et Jean-Claude et moi avons choisi les Double Six que je préférais. Mais j’ai vite déchanté car on n’a pas fait grand-chose : Mimi Perrin avait des problèmes de santé et n’avait pas non plus envie de trop travailler. Travailler et répéter énormément uniquement pour faire un enregistrement ou un petit concert de temps en temps, c’était beaucoup trop d’efforts pour rien. Au bout d’un an, voyant qu’on n’arrivait pas à travailler correctement je suis revenue chez les Swingle en remplaçant Anne Germain qui était sur le départ. Il n’y a donc qu’un disque des Swingle que je n’ai pas fait c’est celui sur Mozart. Ce n’est pas grave, par contre j’ai raté la tournée des Swingle aux Etats Unis pour la campagne de Lyndon Johnson! Je regrette car ça valait le coup… Un concert à la Maison-Blanche on ne le fait pas deux fois dans sa vie. »


Claudine Meunier soliste dans des groupes vocaux
The Blue Stars of France: Summertime (1958) avec deux chanteurs non identifiés, Jean Mercadier (soliste), Rita Castel, Claudine Meunier (soliste) et Mimi Perrin
Les Double Six: Tickle Toe (1962) avec Claudine Meunier (soliste), Eddy Louiss (soliste), Ward Swingle, Jean-Claude Briodin, Claude Germain et Mimi Perrin
The Swingle Singers: Sevilla n°3 op. 47 (1967) avec Claudine Meunier (soliste), Hélène Devos, Jeanette Baucomont, Christiane Legrand, Jean Cussac, José Germain, Jo Noves et Ward Swingle
The Swingle Singers: Concerto d'Aranjuez (1970)avec Claudine Meunier (soliste), Hélène Devos, Nicole Darde, Christiane Legrand (soliste), Jean Cussac, Ward Swingle, Jo Noves (soliste) et José Germain

Les Swingle Singers connaissant une grande renommée internationale (couronnée par plusieurs Grammy Awards), ils font plusieurs tournées en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du sud, en Asie. « On a chanté plusieurs fois au Japon, le public était particulier, n’applaudissait pas pendant le spectacle. La troisième fois qu’on y est allé c’était pour l’exposition universelle à Osaka en 1970. On chantait dans une salle de concert et en même temps que nous il y avait les Chicago qui passaient dans plusieurs salles. Après notre prestation j’étais allée avec Hélène Devos et Nicole Darde les voir en concert, on était resté en coulisses et là ce n’était pas du tout la même ambiance dans la salle. Nous c’étaient trois applaudissements et eux c’était la folie. On y est allé deux soirs de suite et on s’est régalé. »
Les Swingle Singers travaillent avec les plus grands artistes du jazz, notamment le Modern Jazz Quartet avec qui ils enregistrent le disque Place Vendôme, mais aussi Duke Ellington qu’ils accompagnent à l’église Saint-Sulpice dans un oratorio de sa composition. « La musique était belle mais on n’a eu aucun contact avec Ellington. On a répété sous sa direction, chanté, fait une télévision mais il ne nous a jamais adressé la parole, alors qu’on était quand même un groupe connu. Et en admettant qu’il ne souhaitait pas s’adresser aux choristes, il aurait pu discuter avec Ward, le chef du groupe, qui en plus était américain, mais même pas. Même les musiciens n’échangeaient pas entre eux, ils étaient fâchés les uns et les autres. »
L. Bernstein, C. Meunier,
 H. Pedersen-Devos et J. Baucomont
Le contact passe mieux avec le grand chef d’orchestre et compositeur Leonard Bernstein. « On était bons copains, on a fait plusieurs soirées où il était là, très sympa. On avait fait le Sinfonia de Luciano Berio, Bernstein n’avait pas voulu diriger mais il était là, et on l’a refait une autre fois avec lui. Il avait un humour assez féroce mais c’était de l’humour plus qu’autre chose. Il appelait les cuivres les « junkies » ».
Les Swingle Singers créent d’autres pièces musicales de Berio, une écriture très « contemporaine ». « Berio nous a fait créer plusieurs trucs dont un au Carnegie Hall qui a été une horreur. On s’est fait siffler, c’était je crois la pire journée de ma vie. On est rentré à l’hôtel complètement catastrophé. »
Le disque des Swingle que Claudine préfère est certainement celui sur les mélodies espagnoles qui contient le superbe concerto d’Aranjuez dans lequel elle a une jolie partition soliste avec Christiane Legrand.
Claudine fera partie plus tard d’autres groupes vocaux comme Les Masques (avec Claude Germain, José Bartel, etc.) ou Quire (avec Christiane Legrand, José Germain et Michel Barouille). On retrouve à chaque fois dans ces groupes les mêmes chanteurs, souvent interchangeables. « Je ne comprends pas qu’on ait autant de mal à garder les mêmes chanteurs dans un groupe, ça m’a toujours suffoqué. Il n’y a que chez les Swingle où il y a eu assez peu de changements en définitive… ».

Parallèlement aux groupes vocaux, Claudine Meunier fait partie des chœurs de plusieurs chanteurs en studio ou sur scène. Les chœurs sont à l’époque principalement convoqués par Christiane Legrand et Janine de Waleyne (intermédiaires entre les arrangeurs et les choristes) et constitués des mêmes chanteurs que ceux des groupes vocaux. « Janine avait fait partie de la première équipe des Blue Stars avec Blossom Dearie, Christian Chevallier, Christiane Legrand, et le couple Nadine Young – Jean Mercadier. Elle avait une voix formidable, on l’entend dans les chansons de Brel ou de Léo Ferré. C’était une fille qui osait faire les choses, même si elle n’était pas un tempérament jazzy, elle y allait ! Lorsqu’on a commencé à faire des chœurs vers 1955-1956, elle nous a dit « on va en profiter, mais je ne pense pas que ça durera plus de deux ou trois ans ». Et finalement la grande époque des chœurs a duré bien plus longtemps. Janine avait également un caractère épouvantable, ses convocations dépendaient beaucoup de son humeur et de ce qu’on pouvait proposer comme renvoi d’ascenseur. Si j’avais le malheur de m’acheter une nouvelle robe elle ne me faisait pas travailler pendant un mois (rires) ! Le métier de « requin de studio » est impitoyable. Quand on était en tournée avec les Swingle et qu’un arrangeur demandait « J’aimerais avoir untel et untel » il y avait toujours quelqu’un pour dire « Ils sont en tournée » c’était toujours facile de dire ça. Il y avait donc une part de copinage mais tout en gardant une grande qualité. »

Jean-Claude Briodin et Claudine Meunier chantent à l’Olympia pendant trois mois avec les Double six une chanson par soir. « Du coup on nous avait demandé de convoquer les chœurs des chanteurs qui passaient après nous en vedettes : Richard Anthony, Françoise Hardy, Dionne Warwick, Sacha Distel, Dalida, Gilbert Bécaud. Donc à ce moment-là on a fait beaucoup de séances d’enregistrement tous les deux, car on avait quelque chose à donner en échange ! (rires) ». Elle accompagne Richard Anthony et d’autres artistes avec un autre groupe vocal, Les Angels, en remplaçant Janine de Waleyne suite à une fâcherie entre Janine et l’arrangeur Christian Chevallier. Jeanette Baucomont, Christiane Legrand, Claire Leclerc, Louis Aldebert, Jean-Claude Briodin et d’autres faisaient partie de ce groupe.



Gilbert Bécaud dirigeant les choristes Vincent Munro, Jean-Claude Briodin, Pierrette Bargoin, Claudine Meunier, Géraldine Gogly et Frédérique Gegenbach (Grand échiquier, 1974)

Claudine accompagne Léo Ferré pendant trois mois à l’ABC, et fait également une ou deux séances pour lui en studio. « C’était Jean-Michel Defaye qui faisait les arrangements, il engageait souvent Janine, donc tout dépendait de l’humeur du moment de Janine ». Elle accompagne également Edith Piaf pour son dernier Olympia. « Il y avait son dernier mari, Theo Sarapo, qui chantait avec elle « A quoi ça sert l’amour » et il la portait pratiquement sur scène car elle était très malade, ils s’embrassaient leurs médailles tous les deux, c’était à la fois risible et émouvant. »
A l’époque les chœurs étaient encore cachés en coulisse. « Il y a une chose qui m’a beaucoup frappée quand j’ai été voir le film « Cloclo » sur la vie de Claude François : c’est un détail mais à un moment on voit une séquence qui se passe à l’Olympia avec des choristes sur scène. C’est un anachronisme car à cette époque-là il n’y avait jamais de choristes sur scène. Je crois que c’est Gilbert Bécaud qui a commencé à mettre les chœurs en avant, mais derrière un tulle quand même. Je ne sais pas pourquoi on nous « cachait », on n’était pas plus moches que celles qu’on voit actuellement ! Quand j’ai commencé les grandes tournées des Swingle, j’ai fait moins d’Olympia, et c’est à ce moment-là qu’on a commencé à mettre des choristes sur scène, bien visibles. »

Claudine Meunier et Andy Williams
En studio et à la télévision (Télé DimancheLe grand échiquier, etc.), Claudine accompagne justement Gilbert Bécaud (elle est la méchante voix accusatrice dans « L’orange », séance à la fin de laquelle les musiciens ont applaudi les choristes), Claude François et Sheila ("L'école est finie") pour leurs premiers disques, Henri Salvador (solo "Cherche la rose", choeurs "Count Basie", etc.), le crooner américain Andy Williams, Claude Nougaro, Virginia Vee, Petula Clark, Carlos, John William, Yves Simon, Graeme Allwright, Alan Stivell, etc. Elle fait peu de tournées (moins intéressantes artistiquement et financièrement que le travail en studio) pour des chanteurs, mais garde d’excellents souvenirs d’une en 1964 où elle accompagnait pendant un mois Sylvie Vartan avec ses copines Alice Herald et Margaret Hélian. Parmi les artistes avec qui elle apprécie le plus de travailler, Claudine nomme Sacha Distel mais relativise. « Les contacts avec les chanteurs solistes que nous accompagnions étaient limités car nous n’étions que des pions. A ce propos, Janine qui était très malade avait demandé à Jean-Claude Briodin qu’il fasse venir Gilbert Bécaud à son enterrement. Jean-Claude, qui avait travaillé tant de fois comme choriste pour Bécaud, avait dû passer par je ne sais combien d’intermédiaires pour arriver à le contacter. Jean-Claude me disait que Janine ne se rendait pas compte que nous n’étions que des pions dans ce métier. »

Claudine travaille de moins en moins à partir du milieu des années 70 car la mode a changé, et par conséquent les arrangeurs, la manière d’enregistrer, et les choristes aussi. Savoir déchiffrer rapidement une partition n’est plus un prérequis pour faire des séances en studio, on cherche plutôt de jeunes et jolies voix « dans le vent » adaptées à la pop de l’époque. « Je me souviens d’un chef d’orchestre comme Franck Pourcel qui était très exigent avec ses choristes. Quand il y avait quelqu’un qui ne lisait pas exactement ce qu’il y avait marqué il faisait un scandale. Je me suis dit que le métier avait vraiment changé quand je suis allée un jour au studio Pathé et que je l’ai vu en train d’apprendre la partition note par note aux choristes qui étaient là. La manière d’enregistrer avait aussi changé : on enregistrait maintenant section par section, ce qui devait coûter une fortune en heures de studio, alors que nous de notre temps on arrivait en studio, on nous mettait les partitions dans les mains, on avait cinq minutes pour la déchiffrer, et on enregistrait avec huit choristes et trente musiciens en même temps. Il fallait que tout se fasse vite, on faisait quatre titres dans une séance de trois heures. J’adorais faire des séances, parfois c’était vraiment minable, mais comme il y avait un orchestre entier on retrouvait des tas de gens, c’était marrant. En définitive dans ce métier ce sont les séances que je regrette le plus. J’ai fait des choses autrement intéressantes que ça, mais c’était surtout ça qui m’amusait.»

Ce travail d’équipe, Claudine l’aime à tel point qu’elle ne cherchera jamais à faire une carrière de soliste. « On est soliste ou choriste aussi par tempérament ». Seuls des soli parfois importants dans les groupes vocaux cités précédemment nous permettent d’apprécier sa voix à la fois douce, élégante et jazzy, mais aussi quelques doublages ou musiques de films.

D. Licari, C. Legrand et C. Meunier
enregistrant Les Parapluies de Cherbourg
Pour Les Parapluies de Cherbourg (1964), film entièrement chanté, elle fait la voix chantée de Madeleine, la deuxième compagne de Guy. Comme dans beaucoup de comédies musicales, la musique a été enregistrée avant le tournage. « Je faisais pratiquement tous les enregistrements de Michel Legrand à l’époque. Je ne me souviens plus s’il avait auditionné ou pas pour Les Parapluies. Je me rappelle un peu de l’enregistrement qui a eu lieu au Poste Parisien, 116 rue des Champs Elysées. Catherine Deneuve y assistait, elle avait vingt ans à l’époque, elle était ravissante. Il y avait aussi dans le studio une jeune comédienne de la Comédie-Française (Danielle Ajoret, NDLR) qui devait jouer le rôle de Madeleine. Mais comme il y a eu une coproduction avec l’Allemagne qui s’est décidée après l’enregistrement de la musique, ils ont imposé Ellen Farner pour le rôle. Quelques temps après je me souviens d’une soirée chez Michel Legrand, où il a fait écouter la bande entière à tous les chanteurs du film. Il y avait également une chanteuse que j’aimais beaucoup, Lucette Raillat, qui était l’épouse de Georges Blanès (voix de Marc Michel / Roland Cassard, ndlr)».
Trois ans plus tard, après des auditions chez Michel Legrand, elle fait partie de l’aventure des Demoiselles de Rochefort, en doublant Esther (incarnée par la danseuse Leslie North) dans la chanson "Marins, amis, amants ou maris". Les enregistrements se font cette fois-là au studio Davout. Pour Legrand, elle participe également à de très nombreuses musiques de film comme La piscine, Parking, etc. 


Quelques années après, elle chante en soliste plusieurs chansons dans Le bateau sur l’herbe (1971), film de Gérard Brach avec une musique du contrebassiste et arrangeur François Rabbath (frère de Pierre Rabbath, chef de l’orchestre du Grand échiquier). « C’était très sympa, mais le film est passé complètement inaperçu, en tout cas de moi ! »



Claudine Meunier soliste dans des musiques de films ou doublages
Les Parapluies de Cherbourg (1964): La terrasse du café avec les voix de José Bartel (Nino Castelnuovo/Guy) et Claudine Meunier (Ellen Farner/Madeleine)
Les Demoiselles de Rochefort (1967): Marins, amis, amants ou maris avec les voix de Claudine Meunier (Leslie North/Esther), José Bartel (Grover Dale/Bill), Christiane Legrand (Pamela Hart/Judith), Romuald (George Chakiris/Etienne) et les choeurs (dont Jean Stout, Michel Legrand, etc.)
Dumbo (1941, redoublage de 1979): Mon tout petit avec la voix de Claudine Meunier (Mme Dumbo) et les choeurs

Claudine Meunier participe également à pas mal de doublages de films musicaux ou Disney (principalement pour Georges Tzipine et André Theurer), mais surtout en tant que choriste. On peut néanmoins l’entendre en soliste dans ce qui fait partie de mon « top cinq » personnel des plus belles interprétations de chansons Disney : « Mon tout petit », chanson de la mère de Dumbo dans le deuxième doublage du film éponyme effectué en novembre 1979. « Je ne me souviens plus du tout de la chanson en elle-même. Je crois que Jean Cussac venait tout juste de reprendre la direction musicale des Disney à la SPS. Je pense qu’il y avait Danielle Licari dans les choeurs. ». Claudine n’est pas créditée au générique, ni sur le disque. C’est justement en menant mon enquête pour retrouver qui doublait si merveilleusement cette chanson que j’ai été mis en contact avec elle grâce à mes amies choristes Jocelyne Lacaille (qui a reconnu la voix de Claudine) et Hélène Devos (ex-Swingle et Double Six).
Claudine Meunier a pris assez tôt sa retraite. « J’ai perdu complètement ma voix. Parfois il sort un filet d’air mais pas grand-chose de plus. Si j’avais continué à travailler j’aurais essayé de corriger ça, de voir un orthophoniste. Mais ça ne me manque pas, je n’ai aucune nostalgie. »
Elle occupe son temps en faisant des patchworks, en allant très régulièrement au cinéma, en voyant beaucoup de DVD de films musicaux, en se mettant courageusement à l'ordinateur et internet, et en écoutant de la musique : « J’écoute surtout du jazz. Des big bands, des ensembles vocaux… et Frank Sinatra que j’admire énormément. »




BONUS 1: Interview des Swingle Singers par Roger Couderc en 1968 avec Ward Swingle, Christiane Legrand, Jeanette Baucomont, Hélène Devos, Claudine Meunier, Jean Cussac, José Germain et Daniel Humair


BONUS 2: Quincy Jones retrouve en 1984 les Double Six de ses débuts avec Jean-Claude Briodin, Claudine Meunier, Claude Germain, Mimi Perrin, Gilles Perrin et Quincy Jones


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lundi 22 avril 2013

Janine de Waleyne : de Boby Lapointe à Léo Ferré



Chanteuse soliste et choriste, ondiste, chef de chœurs, Janine de Waleyne est certainement l’une des figures les plus marquantes des studios d’enregistrement des années 60-70. Celle qui fut la « Juanita Banana » d’Henri Salvador, et chanta tant de magnifiques duos avec Jacques Brel, Léo Ferré, Boby Lapointe ou encore Baden-Powell est décédée en 1987 dans la plus grande indifférence médiatique. Reconstituer le fil de sa vie et de sa carrière d’interprète prolifique mais peu souvent créditée sur les pochettes de disques fut un travail de longue haleine, et n’aurait été possible sans les recherches parallèles d’Alaric Perrolier (amateur éclairé de l’œuvre de Léo Ferré), la participation du fils de Janine, Clément Bailly, percussionniste aujourd’hui expatrié au Laos, et les témoignages de bon nombre d’amis choristes. Qu’ils en soient ici remerciés.


Jeanine Marcelle Duparcq de Waleyne naît le 2 mai 1921 à Paris (10ème). Issue d’une famille de musiciens et d’artistes (elle est parente du compositeur Henri Duparc ainsi que de Théodore Dubois, auteur d’un célèbre traité d’harmonie), elle suit depuis la plus tendre enfance des études musicales sous la houlette de sa mère, Madeleine Duparcq de Waleyne, pianiste concertiste, élève de Maurice Ravel et amie de Marguerite Long ainsi qu’au Conservatoire National de Paris.

A l’âge de huit ans, elle devient championne internationale de danses rythmiques, et intègre vers l’âge de seize ans un quatuor d’ondes Martenot (certainement celui de Ginette Martenot),  l’un des tous premiers instruments électroniques de l'histoire de la musique. Elle fait partie des Jeunesses musicales de France, section folklore, joue même des ondes Martenot avec un bagad breton dans les années trente, et collecte avec sa mère des chansons et des costumes traditionnels de toutes les régions de France. Ces documents lui permettront plus tard de collaborer à l’écriture du livre Costumes de notre terroir de Charles Brun (1945). Janine de Waleyne participe à des tournées en France et en Europe avec le groupe folklorique fondé par sa mère, ainsi qu’à l’inauguration du Musée national des arts et traditions populaires (1937).



Janine joue sous la direction de Ginette Martenot (octuor d'ondes Martenot)
"Blue Moon" à l'Exposition Universelle de 1937


Janine vers 1939
(Remerciements à Matej Hanauer)
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Janine de Waleyne s’engage à la Croix-Rouge pour aider les réfugiés. Elle devient la "marraine de guerre" du pilote de chasse tchèque Otto Hanzlicek, venu combattre auprès des troupes françaises. Janine travaille comme pianiste au Poste Parisien (Radio Paris) et compose des musiques de scène (Le Bout de la Route de Jean Giono, 1941), tout en portant du courrier pour la Résistance. A la Libération, elle réintègre la Croix-Rouge pour les blessés et les rapatriés. C’est par l’arrivée des GI’s qu’elle découvre le jazz, devient une grande admiratrice d’Ella Fitzgerald et fréquente à Saint-Germain-des-Prés la bande de Juliette Greco et de Boris Vian. Habitant non loin de ce quartier mythique, Janine et son mari (guitariste formé par Django Reinhardt qu’il payait en bouteilles de vin, comédien, devenu psychanalyste plus tard) reçoivent régulièrement chez eux Henri Salvador, le contrebassiste de jazz Pierre Michelot, Michel et Christiane Legrand, et même Quincy Jones. Son fils Clément, né en 1951, garde de superbes souvenirs de ces soirées musicales. C’est certainement à cette même époque qu’elle change son prénom Jeanine en Janine. 

En 1954, sur une idée d’Eddie Barclay, la chanteuse américaine Blossom Dearie forme un groupe vocal de jazz moderne, les Blue Stars of France. Pour cela, elle s’entoure de plusieurs chanteurs ou musiciens chanteurs, parmi lesquels Christiane Legrand et Janine de Waleyne. Une première en France. Janine n’enregistre que le premier disque et, fâchée avec Christiane Legrand, ne sera jamais associée à la création des groupes vocaux de jazz qui vont se former par la suite (les Double Six, les Swingle Singers, etc.), dans lesquels la soeur de Michel Legrand a une place de premier plan. 

Fin des années 50, les chanteurs de variétés sont alors principalement accompagnés par des choristes lyriques, provenant en grande partie de l’Opéra-Comique, comme le chœur Marguerite Murcier, qui accompagne sur scène et en studio Edith Piaf, Luis Mariano, etc. Janine de Waleyne pressent qu’avec l’évolution des styles musicaux, des arrangements et l’expansion du marché du disque, les chanteurs vont de plus en plus avoir besoin de choristes « modernes », rompus à tous les styles de chant et notamment au jazz, pour les accompagner. Ces choristes, il faut les choisir, les diriger vers les arrangeurs du moment en fonction de leurs besoins. Janine s’engouffre dans ce créneau sans trop y croire. « Lorsqu’on a commencé à faire des chœurs vers 1955-1956, Janine nous a dit « on va en profiter, mais je ne pense pas que ça durera plus de deux ou trois ans ». Et finalement la grande époque des chœurs a duré bien plus longtemps » se souvient Claudine Meunier (ex-Blue stars, Double Six et Swingle Singers). Janine devient donc avec Christiane Legrand (puis plus tard Jean Stout et Danielle Licari) l’une des principales intermédiaires pour le choix des chœurs. Plébiscitée par la plupart des arrangeurs parisiens, elle fait rapidement la pluie et le beau temps dans le milieu des « requins de studio », et s'entoure notamment de Jean-Claude Briodin, Jean Cussac, Michèle Dornay, Claudine Meunier, Claude et Anne Germain. Cette position lui permet aussi de s’affirmer comme chanteuse soliste.


 Janine de Waleyne à la télévision
(Choeurs de "L'orange" avec Gilbert Bécaud, duo "L'été où est-il?" avec Boby Lapointe, soliste "Je suis un soir d'été" avec Jacques Brel, et répétitions avec Léo Ferré)


Son amplitude vocale exceptionnelle lui permet de tout faire. Pour Gilbert Bécaud, elle pousse les cris déchirants de « L’Orange » et participe à ses chœurs en studio, tournées, à l’Olympia (1967), etc. Pour Jacques Brel, elle chante en duo avec lui, sur scène et en studio « Demain l’on se marie » (1958), participe à l’enregistrement des dialogues de son poème symphonique Jean de Bruges (1965), chante les vocalises de « Je suis un soir d’été » (1968). Rarement créditée sur les pochettes de disque (les rares fois où elle l’est, son nom est une fois sur deux mal orthographié), on peut l’identifier grâce à son timbre reconnaissable dans les titres de bon nombre de chanteurs des années 60 : Jean Ferrat (soliste "Deux enfants au soleil", studio 1961 (réenregistrée quelques années plus tard dans un nouvel arrangement avec les vocalises de D. Licari) et Alhambra 1965), Alain Barrière (soliste « Ma vie », 1964), Sheila (choriste « Vous les copains », 1964), Antoine (soliste "Dites-moi ma mère", 1969), Gribouille (soliste « Les corbeaux », 1965, dans laquelle son interprétation n’est pas sans rappeler Yma Sumac), etc.

Medley Janine de Waleyne 1: Demain l'on se marie (duo avec Jacques Brel), L'espoir (soliste pour Léo Ferré), Ma vie (soliste pour Alain Barrière), La dispute (soliste pour la musique du film Les Galets d'Etretat, musique Georges Garvarentz), Naquele Tempo (duo avec Baden-Powell), L'étoile a pleuré rose (soliste pour Léo Ferré).

D. Licari, J. de Waleyne, M. Dornay et M. Conti
(Séance studio pour Léo Ferré, période 1964-1967)
(Photo H. Grooteclaes)
Mais s’il y a bien un artiste qui a révélé toute l’étendue du  talent de Janine de Waleyne, c’est  Léo Ferré. Dès le début des années 60, l’artiste utilise la voix de Janine comme un véritable instrument soliste en studio et dans des concerts à Paris. Un grand respect mutuel les lie. Cette collaboration atteindra son apogée pour l’enregistrement et les concerts (Opéra-Comique 1974, Palais des Congrès 1975) de l'oratorio La Chanson du mal-aimé (1972) où Janine prouve qu'elle peut aussi superbement chanter de manière « classique » et pour l'enregistrement de l'album L’espoir (1974) : dans ce dernier, elle accompagne Léo Ferré sur plusieurs titres (« Je t’aimais bien tu sais », « Marie », « L’espoir », « Les amants tristes », « La damnation »), jonglant sur les couleurs, les accentuations, les changements d’octaves. Une interprétation sublime…

Baden-Powell et Janine
Autre rencontre importante : le chanteur et guitariste brésilien Baden-Powell  qui, en tournée en France, tombe sous le charme de la voix de Janine de Waleyne. La mode depuis le début des années 60 et l’apparition du jazz samba étant d’engager des vocalistes en accompagnement du guitariste-chanteur principal, Baden-Powell l'engage pour enregistrer plusieurs albums avec lui (parmi lesquels Images on guitar – Baden + Janine, 1972) et Janine part en tournée avec l’artiste à Rio et San Salvador. Un Baden-Powell qu’elle trouve génial lors de ses concerts, malgré un penchant malheureusement trop prononcé pour l’alcool. Son fils Clément de Waleyne participe à cette aventure comme percussionniste, les débuts d’une longue carrière de studio sous le nom de Clément Bailly.

Medley Janine de Waleyne 2: Je t'aimais bien tu sais (soliste pour Léo Ferré), Andréa c'est toi (duo avec Boby Lapointe, voix truquée), Sur une plage (slow de Gérard Calvi), Larmes en sol pleureur (ondes martenot pour une musique de Michel Magne, voc. Christiane Legrand), Savez-vous... (soliste pour Maurice Chevalier), Venham mais cinco (soliste pour Zeca Afonso), La damnation (soliste pour Léo Ferré).


Boulimique de travail, Janine est partout et dans tous les registres  dans les années 60/70: chœurs et soli dans des chansons en studio, sur scènes et en tournées (tournée en Russie comme chef de chœurs pour Michel Legrand), comédies musicales (Paris Populi  de Francis Lemarque en 1974), publicités, jingles, musiques de films (le superbe blues du film Des pissenlits par la racine, le duo « La dispute » du film Les Galets d’Etretat), de scène (théâtre, cabarets). « Avec Janine de Waleyne nous avons même enregistré un duo pour le club Le Paradis Latin qui s’appelait « Je suis ta pédale douce ». Autant te dire que nos fous rires ont rendu l’enregistrement difficile! » se souvient avec amusement et nostalgie son « collègue de micro » Michel Barouille. En doublage en revanche, son travail est plus discret : pas mal de chœurs (Winnie l’Ourson (1966), Robin des Bois (1973)), quelques petits soli dans des films (Oliver ! (1968), Pinocchio (1975)), mais peu de « grands » rôles. On notera quand même sa participation comme voix chantée de plusieurs personnages dans Dorothée au Pays des Chansons (1980). Elle chante également plusieurs chansons du Kanapoutz de L’île aux enfants (1978).



 Scopitone de "Juanita Banana" (1966) avec Henri Salavador et la voix de Janine de Waleyne


Femme de tempérament, Janine a  dans la vie une véritable nature comique, exploitée par les chanteurs qui en font une Ulrika Von Glott (personnage de cantatrice déjantée créé par Marianne James) avant l’heure. Pour son ami Henri Salvador, elle fait les aigus de « Juanita Banana » sur l’air de Gilda de Rigoletto de Verdi  et participe à plusieurs de ses chœurs comme « Minnie petite souris ».  Pour Régine elle chante en duo "Pourquoi un pyjama?" (1966), pour Henri Tachan « Comme dans un opéra » (1981) et pour Maurice Chevalier « Savez-vous… » (reprise de 1965 de « Savez-vous planter les choux ? »). Pour Boby Lapointe, elle incarne la délirante fée de « L’été où est-il ? » (1967), chante avec lui « J’ai fantaisie » (1964), mais aussi « Andréa c’est toi » (1967), où sa voix, ralentie par l’ingénieur du son Pierre Roche, donne l’effet d’une parfaite imitation de Tino Rossi. En 1962, le compositeur Gérard Calvi, l’un de ses grands amis pour qui elle avait chanté le slow « Sur une plage » (1957), a l’idée de l’engager pour jouer dans la comédie musicale La Grosse Valse avec Louis De Funès et les Branquignols au Théâtre des Variétés. Elle y interprète plusieurs rôles, dont une chanteuse de blues black dans un duo avec un Louis De Funès déchaîné. Cet aspect comique est aussi exploité dans des fictions ORTF des années 60. 


Medley Janine de Waleyne 3: Les amants tristes (soliste pour Léo Ferré), Faces in the dark (arrangement d'ondes martenot pour une musique de Mikis Theodorakis), Les corbeaux (soliste pour Gribouille), Comme dans un opéra (duo avec Henri Tachan), Blues du film Des pissenlits par la racine (voix truquée, musique de Georges Delerue), Marie (soliste pour Léo Ferré).


Dédicace de Léo Ferré à Janine
(Photo Hubert Grooteclaes, vers 1964)

Elle n’oublie pas non plus son instrument fétiche, les ondes Martenot, qu’elle utilise pour des chanteurs (Léo Ferré dans plusieurs disques dont Les Fleurs du mal (1957),  Boby Lapointe dans L’été où est-il ?), des musiques de films (pour Mikis Theodorakis : arrangements de Faces in the dark (1960) de David Eady, Le Couteau dans la plaie (1962) d’Anatole Litvak), musiques expérimentales (« Larmes en sol pleureur » de Michel Magne, avec la voix de Christiane Legrand), disques pour enfants (Babar, où les ondes Martenot représentent les dialogues de Babar et de l'autruche Adrienne), réclames, bruitages, pièces radiophoniques, musiques de scène…


Janine de Waleyne et Léo Ferré en 1975
(Photo Patrick Ullmann)
Dans le courant des années 70, les arrangements demandent de moins en moins de chœurs, ou alors des voix « dans le vent » qui ne nécessitent pas forcément de savoir lire la musique. Janine tient jusqu’au bout à s’entourer de lecteurs et lectrices, parmi lesquelles la jeune Jocelyne Lacaille (qui travaillera pour Michel Sardou, Johnny Hallyday, Claude François, etc.) à qui elle passe le relai. Fin des années 70, à la découverte d’un cancer compliqué Janine se retire sur la Côte d’Azur, où elle enseigne le chant au Conservatoire de Nice jusqu’à sa mort le 22 décembre 1987. Une fin plutôt triste, comme en témoigne son fils Clément : « Ma mère était ce qu’on appelle un requin de studio. Un requin, et j’ai été un de ceux-là, n’a pas d’états d’âme et pas beaucoup d’amis dans ce métier extraordinaire mais affreux. Dès qu’on peut le virer pour X raisons, on ne s’en prive pas. Ses « amis » à son enterrement n’étaient pas nombreux. ». Une autre anecdote, relatée par Claudine Meunier, confirme ce triste constat : « Janine qui était très malade avait demandé à Jean-Claude Briodin qu’il fasse venir Gilbert Bécaud à son enterrement. Jean-Claude, qui avait travaillé tant de fois comme choriste pour Bécaud, avait dû passer par je ne sais combien d’intermédiaires pour arriver à le contacter. Il me disait que Janine ne se rendait pas compte que nous n’étions que des pions dans ce métier. »

Interprète exceptionnelle, Janine de Waleyne est restée inconnue du grand public, à la différence de Danielle Licari (Le Concerto pour une voix) ou Christiane Legrand qui ont chacune connu une certaine notoriété. Il nous reste heureusement de très nombreux enregistrements pour découvrir ou redécouvrir cette artiste étonnante...



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