samedi 29 décembre 2018

Philippe Videcoq-Gagé : Le Retour de Mary Poppins


Sébastien Roffat (webmaster de l'excellent site chansons-disney.com) et moi avons eu le privilège d'assister à la projection du Retour de Mary Poppins (2018) avec l'adaptateur des dialogues et chansons de la version française à nos côtés. Evidemment, nous en avons profité pour lui poser quelques questions !


Philippe Videcoq-Gagé
SR : Bonjour Philippe Videcoq-Gagé, vous êtes l’adaptateur et le sous-titreur du Retour de Mary Poppins à la fois pour les dialogues et pour les chansons. Quel défi particulier a représenté le film ? On mesure la difficulté au grand nombre de chansons et surtout aux paroles qui sont particulièrement nombreuses !

PV-G : Bonjour à vous deux. Le film comporte neuf nouvelles chansons et cinq reprises, parfois avec un texte légèrement différent, soit environ 45 minutes chantées et dansées. Se voir confier toute l’adaptation d’un film aussi attendu (et « attendu au tournant ») par un public de tous âges, représentant un tel enjeu commercial (un budget de 130 millions de dollars), est une marque de confiance de la part de Disney, dont on mesure vite la responsabilité. Il faut répondre à la fois aux attentes du distributeur (dont le mot d’ordre était : « Tout doit être parfait ») sans décevoir les adultes, qui compareront forcément le film au premier Mary Poppins, et les enfants d’aujourd’hui, souvent moins habitués à la comédie musicale « classique ». J’ai probablement éprouvé un peu du vertige qu’ont dû ressentir Marc Shaiman et Scott Wittman, compositeurs des chansons originales, mais j’ai eu la chance de partir de leur travail exceptionnel, en espérant ne pas le trahir. Et mon défi consistait à produire l’adaptation la plus fluide possible en dépit des énormes contraintes de synchronisme, dans la mesure où les chansons doivent pouvoir être écoutées seules avec le même plaisir, sans l’image qui impose souvent une précision chirurgicale. Les textes ne doivent pas s’en ressentir.

SR : Quelle chanson a été la plus difficile à adapter ? Certaines de vos propositions initiales ont-elles été rejetées par Disney ? Comment se passent les allers retours à ce sujet ? Combien de temps a pris l’adaptation et à quel moment avez-vous pu travailler sur le film?

PV-G : La plus difficile a été, sans conteste, la berceuse « Where the lost things go », mais j’y reviendrai. On m’a confié le film au mois de mai 2018. Le film était alors en phase finale de montage, et j’ai demandé et obtenu immédiatement une copie ne comportant que les scènes chantées, afin de pouvoir y travailler dès que possible (je n’ai adapté les dialogues qu’en septembre). L’adaptation des chansons s’est étalée sur deux mois environ (tout en menant à bien d’autres projets). Mon premier critique, bienveillant mais ferme, était mon mari, Jean-Luc Gagé, qui m’a permis de peaufiner mon travail. J’ai ensuite moi-même sollicité des réunions de vérification préliminaires dès que j’avais quatre chansons à présenter, pour m’assurer que j’étais bien sur la bonne voie. Boualem Lamhene et Virginie Courgenay (de Disney Character Voices, responsables des doublages) ont un sens très aigu de ce qu’ils veulent ou pas, et je revenais avec une liste de choses à modifier, le plus souvent sur des passages en gros plan où l’exigence de synchronisme ne m’avait pas encore permis de trouver une version satisfaisante.

SR : Pourquoi y a-il des différences de traduction entre la version française doublée et la version originale sous-titrée?

PV-G : Depuis plusieurs années, Disney préfère que le sous-titrage colle au texte original, partant du principe que les spectateurs qui ont opté pour la VO ne veulent pas se voir imposer l’adaptation VF des chansons. Il m’a donc fallu reprendre tout mon travail, trouver de nouvelles rimes et réadapter l’ensemble, en essayant juste de conserver un lien minimum avec la vf, par exemple « Où vont les choses » ou « Luminomagifantastique ». Mais j’ai conservé « le merveilleux ciel de Londres », éliminé au doublage pour des raisons de synchronisme et de fluidité.

RC : Quelle est la place que tient le premier film Mary Poppins (1964) dans votre vie, et quel est votre regard sur l'adaptation de l'époque (dialogues de Louis Sauvat et chansons de Christian Jollet) ?

PV-G : J’avais huit ans à la sortie du premier Mary Poppins, qui m’a émerveillé bien sûr. Je n’avais pas alors le recul pour juger des lyrics français, mais, avec le temps, j’avoue avoir porté un regard plus sévère sur l’adaptation de Christian Jollet, pleine de phrases alambiquées et de trop nombreuses élisions en début de phrases, rendant le texte difficile à comprendre ou, parfois, à chanter. On connaît tous « le morceau de suc’ qui aide la médecine à couler », mais il y a aussi, entre autres, « une banque anglaise march’ sur la précision », « j’avale une pilule bien cruelle » ou « D’suivr’des chemins arides le cœur très fier ». Christian Jollet a fait un bien meilleur travail sur les films d’animation comme Le Livre de la Jungle ou Les Aristochats, et je pense qu’il a été handicapé par le synchronisme, parfois au détriment du texte. Ce qui importe, à mon sens, c’est de restituer l’émotion et la fluidité d’une chanson, et pour cela, une adaptation vaut souvent mieux qu’une traduction trop stricte, même si le but est de concilier au mieux l’un comme l’autre. Je connais, pour le pratiquer, la difficulté de l’exercice, et je ne voudrais pas donner l’impression de vanter mon travail au détriment du sien. J’ai évidemment moi-même des défauts dont je n’ai pas forcément conscience. Mais Mary Poppins est un monument, devenu culte au fil du temps, et Disney s’oppose à rafraîchir l’adaptation, sans doute à raison. J’aimerais voir un jour un Blu-ray offrir le choix entre la VF originale et un doublage rénové, mais ça n’arrivera pas.

RC : Est-ce possible de commenter en quelques lignes votre adaptation pour chacune des chansons principales du film, et notamment ce "Luminomagifantastique", encore plus "Frères Sherman" que l'originale ?

PV-G :

- Pour chaque chanson, j’ai commencé par travailler les plans les plus synchrones, donc les plus compliqués, ce qui a déterminé en grande partie la construction du reste du texte. Pour la chanson d'introduction, j’ai tout de suite vu que le « London Sky » récurrent était inadaptable tel quel, dans la mesure où « Londres » n’aurait pas du tout été synchrone sur « Sky » (sans compter qu’aucune rime ne colle vraiment avec « Londres »), d’où le choix de « Jour de chance », qui a amené « faites confiance à la providence », etc... J’ai casé « le ciel de Londres » dès le premier vers pour en être « libéré-délivré ».
Sur cette chanson, la difficulté majeure a été la réplique « And MayBe soon, FroM uP aBoVe » qui comporte sept labiales en huit syllabes. J’ai fini par trouver « vous Fera Bientôt ViVre un Beau Rêve » qui est très synchrone, et a entraîné « Tout là-haut, le vent qui se lève » juste avant.

«Une conversation», la chanson « parlée/chantée » de Michael, dans le grenier, est très touchante. Comme elle se situe au début du film, Disney a insisté pour que je réécrive un paragraphe pour que le père cite ses trois enfants (ce qu’il ne fait pas en VO). Le passage difficile (parce que très synchrone) était le plan à la fenêtre où il dit « Winter has gone / But not from this room / Snow's left the lane / But the cherry trees forgot to bloom » qui est devenu « Les saisons changent / Mais pas l'amertume / Tout semble étrange / Même les cerisiers sont dans la brume ».

- Ma première version de « Can you imagine that ? » était « Qui donc imagine ça ? ». je l’ai modifiée, à la demande de Disney, en « A-t-on jamais vu ça ? », plus « british ». Sur cette chanson, la difficulté était, au début, les deux répliques en gros plan « For intellect can wash away confusion » et « Most folderol's an optical illusion », où, dans les deux cas, le « u » est soutenu pendant une seconde. Le geste des mains de Mary Poppins, dans la première, m’a fait trouver « Votre intellect s'envole au loin en tous sens », qui a logiquement entraîné, pour la suite, « Méfions-nous des fariboles et du non-sens », où les labiales sont très en place (vérifiez !)

- La chanson « Royal Doulton Music Hall » est courte, mais c’est la plus proche, à mon sens, du « Jolly Holiday » du film original. Pour conserver le côté joyeux et insouciant de la chanson, j’ai volontairement simplifié le texte original qui m’est apparu inutilement compliqué (« Where each day crowds make their way upon the sun's descent / To a mythical, mystical, never quite logistical tent” ou “Yes in this dearly dynamical simply ceramical Royal Doulton Bowl / There's a cuddly and curious furry and furious animal watering hole”).

- Disney m’a présenté « A cover is not the book » comme un défi d’adaptation, avec une intro parlée/chantée en plan rapproché, une rythmique et un dynamisme de cabaret à respecter, et un slam très long de Lin-Manuel Miranda racontant une histoire en une succession de phrases en rimes de cinq à huit syllabes. « Il faut se méfier des apparences » ou « Les apparences sont trompeuses » m’ont permis de mener la chanson avec l’énergie nécessaire, et je suis très satisfait de l’interprétation de Pascal Nowak sur la version française du slam, qui m’a demandé un long travail de synchronisme.

- Disney voulait que la berceuse "Where the lost things go" soit le point d’orgue du film (elle est située exactement au milieu, à la minute près). C’est probablement la plus mélodieuse du film, et qui doit être émouvante sans être sirupeuse, puisqu’elle parle en fait du deuil. Elle devait, en français, « mettre les poils », selon l’expression de Boualem Lamhene. C’est celle qui comporte le plus de gros plans. En raison du nombre de répétitions, j’ai commencé par traduire "Where the lost things go" en « Voir où vont les choses », ce qui a entraîné nombre de rimes en « ose », et, à part les noms de maladies, il n’y en a pas tant que ça. Je me suis ensuite penché sur tous les gros plans. J’ai mis très longtemps à trouver « Mais ils se cachent comme les rimes sous la prose », qui s’est imposé à moi presque par surprise, alors que je désespérais de trouver une ultime rime en « ose ». Et, cerise sur le gâteau, j’ai dû réécrire tout le dernier couplet lorsque, dans une copie suivante, ils ont ajouté la scène où, plus tard, les enfants Banks reprennent la berceuse a capella pour leur père. Les plans étaient quasiment tous synchrones, plus rien ne collait, ce qui m’a conduit à jongler entre les deux chansons pour trouver enfin une version commune satisfaisante. Et Disney a enfin fait réenregistrer l’ensemble de la chanson par Léovanie Raud pour une interprétation plus sobre et plus simple. Elle est, à mon sens, remarquable.

- Pas grand-chose à dire sur « Turning turtle », si ce n’est que ce n’est pas ma séquence préférée du film. Il fallait seulement une chanson un peu folle et amusante. Dans la mesure où l’idée que le monde est comme une tortue à l’envers est explicitée avant la chanson, j’ai choisi de ne pas en faire le thème principal de la chanson. J’ai préféré « Le monde est devenu fou », qui tient mieux la route lorsqu’on écoute la chanson en dehors de toute référence au film.

- L’expression « Trip a little light fantastic » est fabuleuse en anglais, mais totalement intraduisible sans perdre sa sonorité et sa fraîcheur. J’ai donc très vite opté pour "Luminomagifantastique", quitte à être « plus "frères Sherman" que l'original », comme vous me l’avez dit. Je m’attendais à devoir argumenter pour faire approuver ce choix par Disney, mais ce ne fut absolument pas le cas, c’est passé comme une sorte d’évidence, et je crois que les avis du public ont été très favorables. C’est, en tout cas, dans l’esprit de Mary Poppins. La difficulté de cette chanson a été le long passage où les personnages parlent « falotier », c’est-à-dire un langage décalé, aussitôt retraduit. J’ai dû reprendre tout ça à la demande de Disney pour y introduire plus de folie. Entre parenthèses, on m’a reproché d’avoir fait dire à Mary Poppins « Chez le Prince Edward » alors que le film se déroule dans les années 30. Eh bien, il y avait à l’époque un Edward VIII, nommé prince de Galles en 1911. Et j’ai aussi vérifié avant de faire dire à Jack « Vous pouvez marcher au radar », le radar ayant été inventé au tout début des années trente.

- Pour « la magie des ballons », si on retrouve les "hop" du « Beau cerf-volant » du premier Mary Poppins, c’est un peu malgré moi. Je souhaitais trouver autre chose sur « Nowhere to go but up » et j’ai fait deux propositions différentes à Disney (dont je ne me souviens plus), mais ils m’ont convaincu de revenir à « Et hop » qui, je l’avoue, colle mieux avec la gestuelle d’Angela Lansbury au début de la chanson.

RC : Avez-vous pu assister aux enregistrements des voix françaises ?

La difficulté, quand on s’investit à ce point sur un texte, est de savoir « lâcher prise » au moment des enregistrements, ce que j’ai parfois du mal à faire. Les chansons imposent aussi de faire un point précis sur les nombreuses options de « placement » de certaines répliques. Or Claude Lombard (qui a dirigé les chansons) n’était pas à Paris au moment de la validation des textes. J’ai donc fait un point complet avec elle au téléphone. C’est là qu’on a par exemple opté pour « Un livre est beaucoup plus que l’on pense » à la place d’« Un livre est beaucoup plus qu’on ne pense » pour qu’on ne risque pas d’entendre « Un livre est beaucoup plus con... ». Mais j’ai tenu à être présent pour l’enregistrement de la berceuse, pour veiller au synchronisme d’une ou deux répliques. J’ai aussi fait une session de montage sur les chansons, avant mixage, les logiciels de montage son permettant d’allonger certaines voyelles et de décaler d’une image ou deux les labiales de façon tout à fait transparente, sans porter atteinte à la rythmique.

SR : Y a-t-il une anecdote ou un fait marquant par rapport à votre travail sur le film ?

Ce fut un énorme travail mais aussi un plaisir trop rare, et on ne doit jamais perdre de vue que c’est un travail d’équipe. Et, cette fois, tous les acteurs sont aussi les chanteurs (sauf les voix d’Emily Mortimer et Julie Walters, qui ne chantent qu’une réplique), ce qui évite les problèmes de raccords voix. Mon autre satisfaction est que mes chansons soient aussi intégrées à la version française canadienne. Le seul regret, peut-être, est que Michel Roux ne soit plus des nôtres pour prêter sa voix à l’infatigable Dick Van Dyke ! Et, si on peut qualifier cela d’anecdote, pour les dialogues, la moindre référence au premier Mary Poppins a été conservée (comme le « Vous avez toujours l’air d’un poisson hors de l’eau » à Michael et le « Toujours une fâcheuse tendance à ricaner » à Jane). A tel point que lors de son caméo, Karen Dotrice (la Jane Banks originale de 1964, qui joue la dame qui demande son chemin, Allée des Cerisiers) répond « Many thanks, sincerely », qui est la dernière réplique de la chanson « Petite annonce pour une nounou » de 1964. J’ai donc conservé son « Merci, très sincèrement », alors qu’on entend discrètement les six dernières notes de la chanson dans la bande son.

Merci beaucoup Philippe Videcoq-Gagé d'avoir bien voulu répondre aux questions de Chansons Disney et de Dans l'ombre des studios. Et encore bravo pour cet incroyable travail d'adaptation ! Et bien évidemment nous saluons toute l'équipe française et les comédiens et chanteurs du doublage.

Le Retour de Mary Poppins est sorti au cinéma le 19 décembre 2018 et la bande originale du film est disponible chez Walt Disney Records (avec toutes les paroles des chansons dans un très beau livret !).

Pour redécouvrir mon interview d'Eliane Thibault (voix française de Julie Andrews dans le premier Mary Poppins), c'est ici...
Pour la distribution vocale du premier Mary Poppins, c'est ici...
Et pour le nouveau, toutes les infos ci-dessous:


LE RETOUR DE MARY POPPINS (2018)

Direction artistique : Claire GUYOT
Direction musicale : Claude LOMBARD
Adaptation des dialogues et chansons : Philippe VIDECOQ-GAGÉ
Enregistrement des dialogues : Nicolas POINTET
Enregistrement des chansons : Estienne BOUSSUGE
Montage : Guillaume BÉRAT
Supervision : Boualem LAMHENE et Virginie COURGENAY
Société et studio d’enregistrement : DUBBING BROTHERS
Société et studio de mixage : SHEPPERTON INTERNATIONAL

Emily Blunt ... Mary Poppins … Léovanie RAUD (Dialogues et Chant)
Lin-Manuel Miranda ... Jack … Pascal NOWAK (Dialogues et Chant)
Ben Whishaw ... Michael Banks … Jean-Christophe DOLLÉ (Dialogues et Chant)
Emily Mortimer ... Jane Banks … Rafaèle MOUTIER (Dialogues)
Emily Mortimer ... Jane Banks … Claire GUYOT (Chant)
Pixie Davies ... Anabel … Lévanah SOLOMON (Dialogues et Chant)
Nathanael Saleh ... John …  Noah REYNIER (Dialogues et Chant)
Joel Dawson ... Georgie … Simon FALIU (Dialogues et Chant)
Julie Walters ... Ellen … Josiane PINSON (Dialogues)
Julie Walters ... Ellen … Prisca DEMAREZ (Chant)
Meryl Streep ... Cousine Topsy … Isabelle FERRON (Dialogues et Chant)
Colin Firth ... Wilkins / Loup … Edgar GIVRY
Jeremy Swift ... Gooding / Blaireau … Guillaume LEBON (Dialogues et Chant)
Kobna Holdbrook-Smith ... Frye / Belette … Jean-Baptiste ANOUMON (Dialogues et Chant)
Dick Van Dyke ... Mr. Dawes Jr. … Jean-Pierre LEROUX (Dialogues et Chant)
Angela Lansbury ... La Dame aux Ballons … Christine DELAROCHE (Dialogues et Chant)
David Warner ... Amiral Boom … Michel PAPINESCHI *
Jim Norton ... Monsieur Boussole … Michel RUHL *
Noma Dumezweni ... Miss Penny Farthing … Audrey SOURDIVE **
Tarik Frimpong ... Angus … Dan MENASCHE 
Sudha Bhuchar ... Miss Lark ... Isabelle GANZ *
Christian DIXON … Le Laitier … Christophe DESMOTTES **
Chris O’Dowd … Voix de Shamus le cocher … Xavier FAGNON *
Edward Hibbert … Voix du Parapluie Perroquet … Christophe DESMOTTES **
Voix parlées diverses : Eve LORACH, Patrick DELAGE, Florent BICOT DE NESLES, Patrick BORG, Jacques FAUGERON, Clotilde MORGIEVE, Bertrand DINGÉ, Stéphane ROUX, Pierre CARBONNIER, Cindy TEMPEZ, Corinne MARTIN et Clara SOARES
Voix chantées diverses : Michel MELLA, Jean-Claude DONDA et Guillaume BEAUJOLAIS
Chœurs : Magali BONFILS, Mery LANZAFAME, Rachel PIGNOT, Olivier CONSTANTIN, Arnaud LEONARD et Richard ROSSIGNOL

Sources: Générique de fin, Rémi Carémel / Dans l'ombre des studios *, RS Doublage**



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