jeudi 15 mars 2012

Décès de Michel Duchaussoy (1938-2012)

J'ai appris avec une certaine tristesse la disparition de Michel Duchaussoy dans la nuit du 12 au 13 mars. On a beaucoup écrit sur sa carrière rayonnante au théâtre et au cinéma (dans les films de Louis Malle, Claude Chabrol, etc.) et je ne vais pas revenir là-dessus (vous pouvez lire le juste hommage de Jacques Mandelbaum et Brigitte Salino dans Le Monde).

En revanche, il est intéressant de noter que l'interprète du rôle principal de Que la bête meure a participé à quelques doublages dans sa riche carrière. En 1972, comme me l'a raconté mon ami Roger Lumont, la direction artistique du doublage du Parrain de Coppola est confiée à Louis Malle, qui par snobisme ou volonté "artistique" souhaite que la distribution vocale soit constituée uniquement de comédiens n'ayant jamais fait de doublage. Parmi les comédiens correspondant à ce souhait du réalisateur français: Michel Duchaussoy (Don Vito Corleone), Pierre Vaneck (Tom Hagen), Julien Guiomar, Brigitte Fossey, Daniel Ceccaldi, Jean Leuvrais, Pierre Tornade, Jacques Fabbri et François Maistre. Le studio appelle néanmoins de nombreux habitués des studios de doublage pour compléter la distribution, en leur demandant de faire semblant de découvrir la synchro devant le Maître. "Vous imaginez les fou-rires qu'on a pu avoir quand Gérard Hernandez demandait à Louis Malle "C'est ça qu'on appelle la "bande rythmo"? Ca marche comment?" se souvient Roger, voix de Pete Clemenza.

Il y a tout juste un mois, Michel Duchaussoy, parlait de ce doublage dans une création radiophonique de France Culture sur le thème de la voix (Ma voix est une autre, reécoutable ici, émission qui n'a pour moi d'intérêt que d'entendre quelques belles voix familières comme celle de Lucie Dolène), où il racontait avoir enregistré les dialogues avec du coton dans la bouche, comme Marlon Brando lors du tournage.

William Sabatier, voix habituelle de Brando depuis 1964, redouble le film pour la télévision (La Saga du Parrain, 1977) et José Luccioni pour la sortie DVD, mais les doublages originaux de cette grande saga se retrouvent finalement (volontairement ou non) dans l'édition Blu-Ray sortie récemment.

Mon confrère Pascal Laffitte rappelle dans son hommage de La Gazette du Doublage que Michel Duchaussoy fut aussi la voix française d'Anthony Perkins dans La décade prodigieuse (1971) et Klaus Kinski dans L'important c'est d'aimer (1975).

Encore un grand comédien qui nous quitte...


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jeudi 8 mars 2012

Décès de Pierre Tornade (1930-2012)

Une triste nouvelle pour les passionnés de seconds rôles français et les "voxophiles": le comédien Pierre Tornade est décédé mercredi 7 mars, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.

Pierre Tornade fait ses débuts au théâtre en 1955. Son personnage de nounours un peu grognon s'impose peu à peu dans les productions théâtrales de l'époque. Il s'intègre à la bande de Robert Dhéry (qui enchaîne les succès au théâtre et au cinéma), les "Branquignols", aux côtés notamment de Jacques Legras, Jean Lefebvre et Colette Brosset. Jusqu'au début des années 70, il joue principalement des "silhouettes" au cinéma (commissaires de police, déménageurs, commerçants), à l'exception notable du Petit Baigneur de Robert Dhéry où il incarne un rôle assez important: l'un des rouquins frères Castagnier, gardien de phare. On peut également le voir avec Jacques Balutin dans Le Diable par la queue dans un hilarant duo de gangsters escortant le (faux) Baron César (Yves Montand). En 1973, il joue le Capitaine Dumont dans le premier opus de la 7ème Compagnie. Ce rôle inaugure pour l'acteur une bonne série de personnages d'officiers français dans des "nanars" qui suivent le filon des "films de bidasses" des Charlots. En 1975, Yves Boisset lui offre certainement son plus beau rôle dans Dupont Lajoie. Pierre Tornade y interprète un père brisé par le viol et le meurtre de sa fille, et entraîné dans un tourbillon de vengeance raciste organisé par ses "copains de camping". 

"Et le doublage?", me direz-vous! En 1966, il participe au feuilleton radiophonique Astérix réalisé par Claude Dupont pour Radio France. On lui propose ensuite de rejoindre l'aventure des adaptations cinématographiques du célèbre gaulois. A cette époque, Pierre Tornade n'a pas beaucoup de doublages à son actif, même si on peut reconnaître sa voix dans une poignée de films des années 50/60 (on l'entend par exemple dans un petit rôle dans La Femme modèle de Minnelli, avec dans la distribution de voix un certain... Louis De Funès!), mais cela ne pose pas de problème, car les voix d'Astérix étant enregistrées avant l'animation, le synchronisme n'est pas pris en compte. Ce sont donc uniquement pour leurs dons de comédiens et leur personnalité que sont choisies les "voix" des films. On retrouve avec lui naturellement quelques habitués de la synchro, mais aussi plusieurs "figures" du boulevard français (Jacques Jouanneau, Jean Parédès), et beaucoup de membres de la grande famille "Pierre Tchernia/Robert Dhéry" (Bernard Lavalette, Jean-Marc Thibault, Jacques Legras). Pierre Tornade enregistre la voix d'Abraracourcix et plusieurs seconds rôles (comme le centurion Caïus Bonus ou l'architecte égyptien Numerobis) dans les trois premiers films (Astérix le Gaulois, Astérix et Cléopâtre et Les 12 Travaux d'Astérix). Il reprend le rôle d'Obélix à partir d'Astérix et la Surprise de César (1985) où sa grosse voix chuintante fait merveille sur ce gros benêt. Autre "blaireau" d'anthologie: Averell Dalton ("Dis Joe, quand est-ce qu'on mange?"), à qui il prête sa voix dans tous les Lucky Luke (les trois long-métrage et la première série d'animation). 


C'est un "vrai" blaireau cette fois, qui marque son entrée dans le "vrai" doublage: le moine Frère Tuck dans le Robin des Bois des studios Disney (1973), au côté de ses copains de théâtre Roger Carel et Philippe Dumat. Pierre Tornade participe quelques années plus tard au doublage du célèbre Muppet Show (il double notamment l'un des petits vieux), et à quelques autres séries d'animation doublées à la SOFI (Cubitus, Le Livre de la Jungle).

Après avoir incarné pendant plusieurs années le Commissaire Faroux dans la série Nestor Burma, Pierre Tornade prend sa retraite. En raison de sérieux problèmes de vue, il décline la proposition de doubler Obélix dans Astérix chez les Vikings... Figure sympathique du cinéma français, il va nous manquer...


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dimanche 4 mars 2012

Gérard Rinaldi : Bye bye, déjà...


J’ai appris avec une immense tristesse vendredi matin le décès des suites d’une longue maladie de Gérard Rinaldi, comédien, chanteur, auteur de pièces et de chansons… Gérard était un artiste surdoué, mais aussi un « homme bien ». Je l’avais rencontré pour la première fois en mars 2007. Le conviant à faire partir du jury d’un festival de théâtre étudiant que j’organisais à Cannes avec des amis étudiants comme moi en école de commerce, il avait gentiment accepté mon invitation. Une présence à la fois pudique et chaleureuse. Nous nous revoyions depuis deux fois par an, quand son emploi du temps le lui permettait. Je ne l’ai jamais « interviewé », mais garde en mémoire de très nombreuses anecdotes qu’il m’a racontées… Hommage à l'une des "légendes" de ce métier.

Né en 1943, le bébé Gérard Rinaldi reçoit des bonnes fées une « bonne tête », une voix exceptionnelle, beaucoup d'humour et de nombreuses qualités humaines (modestie, générosité, écoute). Adolescent, il monte un groupe de musique avec des copains, qui deviendra « Les Problèmes ». Cheveux longs, catogans, et déjà un esprit à la fois rebelle et farceur, ils accompagnent Pascal Danel, puis Antoine. On est en pleine vague yéyé. Par leur look et leurs provocations, ils s’attirent les foudres d’une France réactionnaire qui veut leur « couper les cheveux », et doivent même engager des gardes du corps pour se protéger.

En 1966, ils font la première partie des Rolling Stones lors de leur tournée en France (ils osent même chanter « Satisfaction », avant que Mick Jagger ne les remette gentiment à leur place), s’affranchissent d’Antoine et deviennent Les Charlots. Dès le premier disque, le titre « Je dis n’importe quoi, je fais tout ce qu’on me dit » (en réponse à « Je dis ce que je pense et je vis comme je veux » d’Antoine) chanté par Gérard avec l’accent berrichon, annonce la couleur : celui d’un esprit parodique et potache. 

De par son exceptionnelle voix et son charisme, Gérard devient le leader du groupe. Son don pour l’imitation fait mouche comme en témoignent son Gainsbourg de « Sois érotique », Luis Mariano de « Paulette, la reine des paupiettes » (parodie des « espagnolades » de l’époque), Jacques Dutronc de « Je suis trop beau », Tino Rossi de « Je chante en attendant que ça sèche » et ses très nombreuses « chansons à accent » (berrichon, arabe, etc.). Il participe par ailleurs à l’écriture de la plupart des chansons du groupe (avec Jean Sarrus et Luis Rego). 


L’année 1971 marque la sortie d’un nouveau tube, « Merci Patron », qui deviendra un « hymne » des manifestations syndicales, et leurs débuts au cinéma dans La Grande Java de Philippe Clair. Groupe de jeunes blagueurs qui ne se prennent pas au sérieux et se moquent gentiment des règles, ils amènent un vent frais dans le cinéma comique français de l’époque. Le public est vite conquis par leurs films qui totalisent plusieurs millions de spectateurs à travers le monde (une tournée promotionnelle en Inde virera à l’émeute, tant les « Crazy Boys » sont populaires là-bas) : Les Bidasses en folie, Les Fous du Stade, Les quatre Charlots mousquetaires, etc.

A cette époque, Gérard a un premier contact avec le doublage. Pour des raisons de droits (il est lié par contrat aux Charlots), il prend le pseudonyme de Gérard Dinal et enregistre la voix du chanteur de quadrille dans Lucky Luke in Daisy Town (1971) (mystérieusement remplacé par Philippe Clay dans le disque sorti à l’époque et réédité par PlayTime), et participe au doublage de la série d’animation Oum le Dauphin Blanc

Fin des années 70/début des années 80, le succès cinématographique des Charlots s’essouffle un peu. Ils se recentrent alors sur leur carrière de chanteurs, enregistrent plusieurs albums de chansons paillardes dont les célèbres « Histoire merveilleuse » (ou « Je bande ») et « Ah ! Viens ! » (avec Debbie Stoockett alias Nicole Croisille), et deux tubes : une parodie (« Chagrin d’labour ») et un « hommage » à Véronique et Davina (« L’apérobic »).

Gérard ne retrouve plus l’esprit original du groupe, les rebelles sont devenus une machine commerciale un peu ringarde, et les producteurs ne les encouragent pas à changer de voie. Il quitte le groupe en 1983 pour démarrer une carrière solo, à la fois au cinéma (Descente aux Enfers de Francis Girod, où il incarne Elvis, animateur d’un centre de vacances), au théâtre (Double mixte dans une mise en scène de Pierre Mondy), et à la télévision (Marc et Sophie, série à succès!).
C’est aussi l’année où il commence « officiellement » sa carrière dans le doublage de films. Il est tout d’abord engagé pour des rôles parlés et chantés : le méchant Ratigan dans Basil Détective Privé (qui chante "Bye Bye déjà"), Henri le Pigeon dans Fievel et le Nouveau Monde (Christopher Plummer doublant le pigeon avec un accent français dans la Version Originale, Gérard a l’idée de le doubler en imitant Maurice Chevalier), ou bien encore Steve Martin (le Dentiste) dans La Petite Boutique des Horreurs



Gérard devient vite un « grand » du doublage, prêtant sa voix à John Malkovich (Dans la ligne de mire), Tommy Lee Jones (Piège en haute mer), Jack Nicholson (Man Trouble), Ben Kingsley (Shutter Island) et Ted Danson (Damages). Il m’avouait il y a peu son découragement face à la participation de plus en plus « intrusive » des décideurs dans le doublage : « Ted Danson doit reprendre le premier rôle de la série Les Experts… On m’a demandé de passer des essais dessus, alors que ça fait des années que je le double. J’ai refusé de passer des essais, ils vont certainement prendre quelqu’un d’autre... »

Le statut de « personnalité » de Gérard ne l’empêche pas d'accepter de reprendre avec beaucoup d’humilité et ses dons d'imitation naturels les rôles réguliers de comédiens disparus : Sipowicz dans New York Police Blues (précédemment doublé par Henri Poirier et Jacques Richard), Krusty le clown et plusieurs personnages des Simpson (suite au décès de Michel Modo), Big Ben dans les séquences inédites de La Belle et la Bête.
Il double aussi Dustin Hoffman (recordman du nombre de « voix françaises » différentes) dans plusieurs films dont Last Chance for Love (suite au désistement de Pierre Arditi) qu’il a beaucoup aimé doubler et qui reste l’un de ses meilleurs souvenirs de doublages, avec Lorenzo (1992). Dans Lorenzo, il double Nick Nolte, père d’un enfant malade, qui se bat pour trouver un remède. Un sujet tellement émouvant que l’équipe fond en larmes pendant le doublage.

Gérard Rinaldi prête plusieurs fois sa voix à David Suchet (Ultime Décision, Meurtre Parfait). Peut-être aurait-il pu reprendre Hercule Poirot (suite à la retraite de notre ami Roger Carel), je l'avais en tout cas suggéré à Roger qui cherchait un remplaçant. Séduit par cette idée, Roger en avait parlé à la direction artistique de la série…

Gérard devient également avec ses camarades Daniel Beretta, Richard Darbois, Michel Mella et Bernard Alane l’une des voix incontournables des films Disney de la fin des années 80 aux années 2000, prêtant sa voix à Dingo (depuis le début des années 90), au Chef Louis dans La Petite Sirène, au Hibou dans le redoublage de Danny le petit mouton noir et à de nombreux personnages.




Parallèlement à sa carrière dans le doublage, Gérard tourne beaucoup, principalement pour la télévision (peut-être trop « étiqueté » par les Charlots et Marc et Sophie, il peine à s’imposer au cinéma), dans des fictions, des « drames ruraux » comme il les nomme. « C’est devenu un jeu. Quand j’arrive le matin sur un plateau, je demande « Qu’est-ce qu’on tourne aujourd’hui ? » et toute l’équipe du tournage me répond en chœur « Un drrrrame rrrurral ! »».

Passionné par le jazz et la chanson française des années 30-40, il enregistre en 2007 un album de vieilles chansons françaises interprétées « façon crooner », avec des musiciens de jazz. En raison d’un changement de producteurs, il réenregistre à deux reprises les chansons. Le disque doit finalement sortir en 2012 chez Sony. Gérard en est particulièrement fier, même s’il doit faire quelques concessions (enregistrer un peu plus de « tubes » et mettre de côté quelques chansons moins connues). C’est pour promouvoir ce disque et d’autres projets personnels (co-écriture de la pièce Chambre d’hôtes ou La vie déjantée des Rognoles avec Sylvie Loeillet), qu’il accepte de participer à la tournée Age tendre et têtes de bois et de réenregistrer des tubes des Charlots (Les Charlots 2008 et Les Charlots : L’essentiel). Un retour vers une certaine médiatisation (Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard en 2008 et 2011, Vivement Dimanche, Le Plus Grand Cabaret du Monde, Les Années Bonheur, Etonnez-moi Benoît, Dimanche soir chez Hubert à plusieurs reprises, etc.) qui lui prouve une nouvelle fois tout l'amour que lui porte le public.

Lors de notre dernière rencontre mi-novembre, entre deux tournages (deuxième saison de La Nouvelle Maud à Angoulême (rôle du père d'Emma Colberti) et un épisode de Caïn à Marseille (rôle d'un mafioso atteint de la maladie d'Alzheimer)), Gérard débordait de projets : montage de sa pièce Les Rognoles dans un théâtre parisien, participation à une tournée d’anciens humoristes (sur le même principe qu’Age Tendre et Têtes de Bois), tournée de concerts « crooner », enregistrement de chansons avec le groupe Les Low Budget Men (association pour la mise à disposition de défibrillateurs), mise en scène d’une comédie musicale parodique sur Zorro qu’il avait écrite et qui traînait depuis trop longtemps dans ses cartons…


Gérard Rinaldi laisse un immense vide dans la profession. Pour décrire l’état de tristesse dans lequel il nous abandonne, je reprendrai les mots de notre ami commun Michel Mella « Notre magnifique camarade et ami, artiste de grand talent, érudit et drôlissime, modeste et indulgent, nous a quittés. Gérard Rinaldi n'est plus et on est comme des cons. »

Pour en connaître un peu plus sur la carrière de Gérard Rinaldi, je vous invite à visiter le site de mon amie Marlène Meyer, sa "fan n°1", à lire l'excellent livre "100% Charlots" de Jean Sarrus, et à écouter cette émission des Grosses Têtes (juin 2011)


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samedi 11 février 2012

Une bouteille à la mer...

Dans le cadre de mes recherches sur le "doublage chanté" et les choristes dans la chanson française, j'ai pu entrer en contact avec de nombreux artistes qui ont été pour la plupart très coopératifs et m'ont fait bénéficier de leurs propres réseaux professionnels et amicaux. Cela m'a permis de recouper de nombreuses informations et de faire de belles découvertes.

Il reste néanmoins quelques personnalités que j'aimerais contacter mais dont je n'ai pu retrouver la trace, soit parce qu'elles ont arrêté depuis longtemps ce métier, soit parce qu'elles appartiennent à d'autres "familles" musicales que celles de mes amis choristes et comédiens.

Ainsi je remercie beaucoup d'avance toute personne connaissant l'une d'entre elles (petite liste ci-dessous) d'avoir l'amabilité de me contacter par mail à danslombredesstudios@gmail.com

Louis et Monique Aldebert* dits "The Aldeberts" (choristes), Mathé Altery* (chanteuse), Elisabeth Boda* (ancienne enfant comédienne-chanteuse), Clément Bailly* (percussionniste, fils de Janine De Waleyne), Alice Herald* (chanteuse, ex Swingle Singers), Michèle Montel (comédienne) Christian Parriel (ténor lyrique), Nicole Robin* (chanteuse, ancienne choriste du choeur de l'ORTF), Marie-France Roussel (chanteuse de variétés et professeur de jazz vocal), Georges Thery* (chanteur lyrique), Robert Tropin (chanteur lyrique), Anton Valery (chanteur), André Viel (chanteur) et Evelyne Voillaume (chanteuse de jazz)

Les familles des regrettés José Bartel* (chanteur et chef d'orchestre), Jo Charrier (chanteur, ancien membre de l'orchestre Jacques Hélian), Janine De Waleyne* (chanteuse), Michèle Dornay (chanteuse), Guy Marly (chanteur), Pierre Marret (basse), Vincent Munro (ténor d'origine québécoise), Henry Tallourd (chanteur, ancien membre de l'orchestre Jacques Hélian), André Theurer (ancien compositeur et directeur musical de doublages), Georges Tzipine (ancien compositeur et chef d'orchestre) et Joseph Tzipine (scénariste et directeur artistique de doublages).

Des proches de Marguerite Murcier (ancienne chef de choeur) ou de choristes ayant fait partie de ses choeurs.

* Retrouvés depuis la publication de ce message


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vendredi 10 février 2012

Fiches voxographiques Disney, 1ère partie : De Blanche-Neige à Dumbo

Comme je l'avais promis il y a peu dans cet article, voici la première partie de la synthèse des recherches effectuées sur les premiers doublages Disney par François Justamand (La Gazette du Doublage), Olikos (Les Grands Classiques), Greg Philip (Film perdu) et moi-même...



BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS (1937) 

Doublage français d’origine (enregistrement février-mars 19381, sortie française le 6 mai 1938) :
Société : Studios Disney (Hollywood) 1
Direction artistique : Marcel Ventura 2
Assistant : Alfred A. Fatio 2
Superviseur : Stuart Buchanan 2

Blanche-Neige : Christiane Tourneur (Dialogues)
Blanche-Neige : Beatrice Hagen 3 (Chant)
Le prince : Marcel Ventura 1 (Dialogues et/ou chant ?)
Le chasseur: André Cheron 4 
Le miroir magique ?: Jean de Briac 4
La Reine : Adrienne d'Ambricourt 3
La sorcière : Adrienne d'Ambricourt 3
Prof : Eugène Borden 4
Grincheux : André Cheron 4
Joyeux : Charles de Ravenne 4
Dormeur ? : Roger Valmy 4
Timide ? : Louis Mercier 4
Atchoum ? : Roger Valmy 4
Remarques : 
-Doublage exploité de 1938 à 1961 (en salles, dans des extraits à la télévision et sur bobines super 8). Inédit en VHS et en DVD « officiels ».  Grâce à plusieurs collectionneurs, nous avons retrouvé ce doublage (perdu depuis cinquante ans) en 2013 et l’avons intégralement restauré à partir de plusieurs bobines 16 mm.
-Le grand chœur final est laissé dans la V.I. de l’époque (chœur neutre), alors qu’il est doublé dans les V.F. suivantes.
-L'auteur de l'adaptation est inconnu, peut-être Marcel Ventura ou Alfred A. Fatio. L'éditeur Francis Salabert a vraisemblablement profité de ce flou pour déposer à son nom l'adaptation (en prenant le pseudonyme de Jean Cis) alors qu'il n'a vraisemblablement adapté que les couplets des versions longues pour les disques.

Deuxième doublage français (enregistrement en juillet 19625, sortie française le 19 décembre 1962) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S .) 6
Direction artistique : Serge Nadaud ? 5
Direction musicale : André Theurer 5
Adaptation : Pierre-François Caillé 6
Superviseur : Jack Cutting 5

Blanche-Neige : Lucie Dolène 6 (Dialogues et Chant)
Le prince : Jean Cussac 6 (Chant)
Le chasseur : André Valmy 3
Le miroir magique : Serge Nadaud 3
La Reine : Claude Gensac 6
La sorcière : Marie Francey 6
Prof : Richard Francoeur 6(Dialogues et Chant)
Grincheux : Léonce Corne 6 (Dialogues)
Grincheux : Jean Cussac 5 (Chant « On pioche/Heigh Ho »)
Joyeux : Raymond Rognoni 6 (Dialogues)
Joyeux : Henri Tallourd 5(Chant « La tyrolienne des nains »)
Joyeux : Claude Germain ? (Chant « On pioche/Heigh Ho »)
Dormeur : Georges Hubert 6
Timide : Maurice Nasil 6 (Dialogues et Chant « La tyrolienne des nains »)
Timide : Pierre Marret 5 (Chant « On pioche/Heigh Ho »)
Atchoum : Jean Daurand 6 (Dialogues)
Atchoum : Claude Germain 5 (Chant « On pioche/Heigh Ho »)
Nain off n°1 “On pioche les diamants par monceaux” : Jean Cussac 5 ? (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°2 “Et les sacs de rubis par quintaux” : José Germain 5 ? (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°3 “Pour nous sans valeur sont ces trésors” : Henri Tallourd 5 ? (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°4 “Heigh Ho” (tenor lead) : André Meurant 5  ? (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Chœurs : Henri Tallourd 5, Claude Germain 5, José Germain 5, Jean Cussac 5, Pierre Marret 5, Claudine Meunier 5, etc.
Remarque : Doublage exploité de 1962 à 2000 (en salles et en VHS). Inédit en DVD « officiel », mais intégralement numérisé par nos soins.
- Nous avons longtemps pensé (notamment par le témoignage de sa fille) que Louis Sauvat avait signé cette adaptation, mais il semble d'après la Sacem qu'il s'agisse de Pierre-François Caillé, qui avait adapté Les 101 Dalmatiens à la même époque.

Troisième doublage français (enregistrement en avril 20015, sortie française DVD/VHS le 24 octobre 2001) :
Société : Cinephase 6
Direction artistique : Barbara Tissier 6
Direction musicale : Georges Costa 6
Enregistrement : Vincent Demortain 6
Enregistrement (chansons) : Thierry Gault 6
Chargée de production : Dalila Mesli 6
Superviseurs créatifs : Daisy Nichols & Boualem Lamhene 6

Blanche-Neige : Valérie Siclay 6(Dialogues)
Blanche-Neige : Rachel Pignot 6 (Chant)
Le prince : Pierre Tessier 6 (Dialogues)
Le prince : Olivier Cantore 6 (Chant)
La Reine : Sylvie Gentil 6
La sorcière : Katy Vail 6
Le chasseur : Marc Alfos 6
Le miroir magique : Jean-Claude Balard 6
Prof : Jean-Claude Donda 6 (Dialogues et Chant « On se lave »)
Grincheux : Gérard Rinaldi (Dialogues et Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Joyeux : Jean-Loup Horwitz 6 (Dialogues et Chant « La tyrolienne des nains » et « On pioche / Heigh Ho »)
Dormeur : Patrice Dozier 6
Timide : Michel Mella 6 (Dialogues et Chant « La tyrolienne des nains »)
Timide : Jean Stout 5 (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Atchoum : Bernard Alane 6 (Dialogues et Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°1 “On pioche les diamants par monceaux” : Michel Barouille 5 (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°2 “Et les sacs de rubis par quintaux” : Michel Costa 5 (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Nain off n°4 “Heigh Ho” (tenor lead) : Olivier Constantin 5 (Chant « On pioche / Heigh Ho »)
Chœurs : Dominique Poulain6, Francine Chantereau6, Graziella Madrigal6, Georges Costa6, Jacques Mercier6, Jean Stout6, Michel Barouille6, Michel Costa6 et Olivier Constantin6
Remarque : Doublage exploité de 2001 à 2008 (DVD).

Redoublage français partiel de la version de 2001 (2009) :
Narrateur : Philippe Catoire 6
Remarques :
- Doublage exploité de 2009 à nos jours (DVD).
- Seule une voix de narrateur (justifiée par l’absence d’inserts français dans les DVD) a été ajoutée, tout le reste du doublage est la VF de 2001.


Fiches voxographiques de Blanche-Neige et les sept nains réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 6 juillet 2021.
Sources:
1J.B. Kaufman (The fairest one of all : The making of Walt Disney’s Snow White and the Seven Dwarfs), 
2Crédits bobine 16 mm (numérisée par Greg P. et Rémi C.),
3François Justamand / La Gazette du Doublage  (Remerciements à François Senesi, Gérard Roig, Marcel Colin, Olivier Kosinski, Daniel Sicard, Irène Hilda et Disney Consumer Products), 
4Greg Philip / Film perdu (grâce aux noms donnés par François Justamand),
5Rémi Carémel / Dans l'ombre des studios  (Remerciements à Anne Germain, José Germain, Jean Cussac, Lucie Dolène et Rachel Pignot),
6Carton VHS/DVD/Blu-Ray & SACEM (Remerciements à Philippe Copin, Laurent Girard/Voxofilm, Arachnée et Mauser 91).
Lectures conseillées :
-Mon article sur l’évolution des recherches sur le premier doublage.
-L’article de Greg Philip (blog Film perdu) sur le premier doublage.
-Les articles de François Justamand sur les trois doublages ou le mystère du premier doublage, articles intéressants mais contenant des erreurs (car antérieurs à nos plus récentes découvertes).
-Mes interviews de Lucie Dolène et Jean Cussac.
-L'autobiographie de Lucie Dolène (co-écrite avec Greg Philip): Hollywood, non merci! (éditions L'harmattan, 2021)



PINOCCHIO (1940)

Doublage français d'origine (enregistrement en octobre 19441, sortie française le 22 mai 19462) :
Société de doublage: R.K.O. 3
Studio: C.T.M. Studios 3
Direction artistique : André Norévo 3 assisté de Daniel Gilbert 3
Direction musicale: Georges Van Parys 1
Adaptation des dialogues et chansons : Louis Sauvat 3
Enregistrement : ?

Pinocchio : Renée Dandry 4
Jiminy Cricket : Camille Guérini 4 (Dialogues)
Geppetto : René Génin 4
Grand Coquin : Jean Davy 4
Stromboli : Fernand Rauzena 5
Le Cocher : Marcel Raine 5
La fée bleue : Simone Gerbier 6
Lampwick : Jean Daurand 4
Alexandre : Linette Lemercier ? 4
Aboyeur : Zappy Max 4
Poupée russe : Lita Recio ?  5
Remarques:
- Doublage exploité de 1946 à 1974. Inédit en VHS et en DVD « officiels ». Nous n’avons pu retrouver que 2/3 de ce doublage (bobines super 8, extraits radio et télé) et le restaurer. Si vous possédez ce doublage en intégralité, merci de me contacter (danslombredesstudios@gmail.com)
- Les chœurs de « Quand on prie la bonne étoile » (introduction et final) sont laissés en V.O. Le chanteur soliste français n’a pas pu être identifié. Curieusement ce générique de début et de fin se retrouve sur le Blu-Ray de 2009… avec le doublage de 1975.
- Linette Lemercier dans un entretien avec François Justamand se souvenait avoir doublé « le copain de Pinocchio », or celui-ci, Crapule, était doublé par Jean Daurand. Peut-être doublait-elle dans ce cas le petit Alexandre ?

Redoublage partiel du doublage d’origine (années 40 ou 50) :
Jiminy Cricket : Jean Lumière 4 (Chant « Quand on prie la bonne étoile » ouverture et final)
Remarque : « Quand on prie la bonne étoile » (introduction et final) est réenregistré par Jean Lumière et les chœurs sont cette fois-ci doublés. Le reste de la V.F. est identique à celle de 1944. Nous n’avons aucune idée de la date ou du contexte de ce réenregistrement de générique mais la façon de chanter indique clairement un doublage des années 40 ou du début des années 50. Générique exploité sur bobine super 8 mais aussi dans certaines émissions de Noël Disney des années 60.

Second doublage français (enregistrement entre août et septembre 19757, sortie française le 10 décembre 19752) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 2
Studio : ?
Direction artistique : Jean-Pierre Dorat 2
Direction musicale : Georges Tzipine 2
Adaptation : Louis Sauvat 2
Enregistrement : ?

Pinocchio : Mark Lesser 3 (Dialogues)
Pinocchio : Bernadette Lompret 7 (Chant)
Jiminy Grillon : Roger Carel 3 (Dialogues et chant “Sifflez sifflez vite”)
Geppetto : Teddy Bilis 3
Grand Coquin : Michel Roux 3
Stromboli : Pierre Garin 3
Le Cocher : Pierre Collet 3
La Fée bleue : Evelyn Séléna 3
Crapule : Jean-François Vlérick-Maurin 3
Alexandre : Bernadette Lompret 3
Aboyeurs : Francis Lax 3 et Henri Labussière 3
Poupées française et hollandaise : Lucie Dolène 7
Poupée russe : Janine de Waleyne 7
Remarques :
-Doublage exploité en salles de 1975 à 1982 avec a priori le générique de 1944.
-Roger Lumont a passé un essai (certainement pour le personnage de Stromboli) le 25 juillet 1975, ce qui nous permet de dater l'enregistrement, en se basant sur les autres films, à août ou septembre.
- Yves-Marie Maurin est crédité par erreur au générique, alors que c’est son frère, Jean-François Vlérick-Maurin, qui prête sa voix à Crapule.
- Jean-Claude Michel est crédité selon certaines sources comme « narrateur » alors qu’il n’y a pas de narrateur autre que Jiminy Grillon. Peut-être a-t-il tout simplement enregistré la voix-off du film-annonce d’époque.
-Petite erreur dans la scène sous-marine : un « Père ! » qui devrait normalement être crié par Pinocchio, l’est par Roger Carel (Jiminy Grillon).

Redoublage partiel de la version de 1975 (enregistrement le 20 octobre 19827, sortie française pour Pâques 1983)
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 7

Jiminy Grillon : Olivier Constantin 7 (Chant « Quand on prie la bonne étoile » ouverture et final)
Chœurs : Claude Chauvet 7, Françoise Walle 7, Danielle Licari 7, Claude Germain 7, José Germain 7, etc.
Remarques :
-Plusieurs choristes ont des fiches de paie de « Pinocchio » à la S.P.S. (société qui a doublé tous les Disney de la fin des années 50 au début des années 80) en date du 20 octobre 1982, soit quelques mois avant une nouvelle ressortie en salles de Pinocchio.
 Cela nous permet de supposer que le doublage de 1975 est sorti à l’époque avec le générique de 1946 (ce qui explique pourquoi on le retrouve par erreur sur le Blu-Ray), et que le nouveau générique n’a été enregistré qu’en 1982.
-Doublage exploité de 1983 à 1994, en salles et sur VHS locative. Intégralement numérisé par nos soins.

Redoublage partiel de la version de 1975-1982 (1995) :
Supervision : Fred Taïeb  7

Jiminy Cricket : Roger Carel 7 (nom « Jiminy Cricket »)
Pinocchio : Dimitri Rougeul  7 (nom « Jiminy Cricket »)
La Fée Bleue : Evelyn Séléna  7 (nom « Jiminy Cricket »)
Remarques :
-Seul le nom de Jiminy Grillon a été changé en Jiminy Cricket dans ce redoublage partiel. Tout le reste est conforme au doublage de 1975 (avec voix de Mark Lesser sur Pinocchio, etc.).
-Doublage exploité dans la VHS et le laserdisc de 1995, et dans le DVD Z1 Limited Issue de 2000.

Redoublage partiel de la version de 1975-1982-1995 (2003) :
Crapule : Jean-François Vlérick-Maurin 3 (Phrase "Qu'est-ce que ça peut te faire ?")
Remarques :
-Seule la phrase "Qu'est-ce que ça peut te foutre ?" a été changée en "Qu'est-ce que ça peut te faire ?" dans ce redoublage partiel. Tout le reste est conforme au doublage de 1975 retouché en 1995.
-Doublage exploité dans la VHS et le DVD de 2003 et dans le DVD offert avec le Blu Ray de 2009. Dans le Blu Ray et le DVD de 2009, il est exploité avec le générique de début et de fin de 1944.


Fiches voxographiques de Pinocchio réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 6 juillet 2021.
Sources :
1Sébastien Roffat / Chansons Disney (d’après interviews dans la presse cinématographique d’époque),
2Chrisis2001 / Disney Central Plaza (d’après dossiers de presse),
3Carton VHS/DVD/Blu-Ray/Disque,
4François Justamand / La Gazette du Doublage  (Remerciements à Linette Lemercier, Zappy Max, archives CNC),
7Rémi Carémel / Dans l'ombre des studios (Remerciements à Mark Lesser, Roger Lumont, Olivier Constantin, Anne Germain, Jean Cussac, Claude Chauvet, Danielle Licari, José Germain, Isabelle Germain et Fred Taïeb).
Lectures conseillées :
-L’article de Greg P. (blog Film perdu) sur le premier doublage de Pinocchio.




FANTASIA (1940)

Doublage français d'origine (enregistrement dans la période octobre 1944-décembre 19451, sortie française le 6 novembre 19461) :
Narrateur : ? 2 (même narrateur que pour Saludos Amigos)
Remarque : François Justamand (La Gazette du Doublage) a retrouvé dans les archives de la Sacem une attestation (datée de juillet 1949) déclarant que Georges Labrousse est adaptateur du doublage de Fantasia. Quand et où a-t-il adapté ce premier doublage (il vivait vraisemblablement aux États-Unis avant 1949)? Georges Labrousse a-t-il adapté pendant la guerre une version diffusée au Quebec, et une autre version a-t-elle été faite en France à la Libération? 

Deuxième doublage français (années 70) :
Narrateur : Jean Piat 3

Troisième doublage français (1982 ou 1986, bande-son Irwin Kostal) :
Narrateur : François Périer 4
Leopold Stokowski : René Bériard 5
Mickey : Marc François 4
Remarque : Doublage exploité sur VHS québécoise.

Redoublage de la scène Stokowski/Mickey (année inconnue) :
Leopold Stokowski : Philippe Dumat 4
Mickey : Roger Carel 4
Remarque : Doublage exploité sur la VHS Mickey Jubilé.

Redoublage partiel du troisième doublage français (enregistrement le 28 août 19913, retour à la bande son d'origine de Leopold Stokowski) :
Société : Télétota 6
Studio : Paris Post Production (Nanterre) 3
Direction artistique : Bruno Lais 6
Adaptation : Philippe Videcoq 6

Leopold Stokowski : Georges Aubert 3
Mickey : Jean-Paul Audrain 4
Remarques :
-Redoublage de la scène Mickey/Stokowski réalisé dans le cadre du doublage du making-of de Fantasia (pour le coffret collector VHS), et réutilisé pour Fantasia.
-La voix de François Périer est laissée telle que dans la version des années 80.
-Doublage exploité sur la VHS française et la première édition DVD européenne.

Quatrième doublage français (2010) :
Studio : Dubbing Brothers 6
Directrice de plateau : Perette Pradier 6
Adaptateur : Philippe Videcoq 6
Mixage : Shepperton International  6
Superviseur créatif : Hugues Simon 6
Directeur créatif : Boualem Lamhene  6

Narrateur : Pascal Germain  6
Leopold Stokowski : Philippe Ariotti  6
Mickey : Laurent Pasquier  6
Remarque : Doublage exploité en DVD et Blu Ray à partir de 2010.

Fiches voxographiques de Fantasia réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 6 juillet 2021.
Sources :
3Rémi Carémel / Dans l’ombre des studios (Remerciements à David Gential et Bruno Lais),
5Olikos / Les Grands Classiques (Remerciements à David Gential),
6Carton VHS/DVD/Blu-Ray (Remerciements à Chernabog).



DUMBO (1941)

Doublage français d'origine (enregistrement en 1946, sortie française le 25 octobre 1947) :
Société : R.K.O. / André Norévo1
Studio : C.T.M. Gennevilliers 1
Direction artistique : Daniel Gilbert 1
Adaptation des dialogues et des chansons : André Rigaud 1

Timothée : Camille Guérini 1
La cigogne : Maurice Nasil 1
Monsieur Loyal : Fernand Rauzena 1
Eléphante rose : Germaine Kerjean 1
Eléphante verte : Lita Recio 1
Jim Corbeau : Zappy Max 1 (Chant)
Corbeau petit à grosses lunettes : Roméo Carles 2 
Corbeau bedonnant : Jo Charrier 1 (Chant)
Corbeau chapeau percé : Coco Aslan ? 2 (Chant)  en alternance avec Jo Charrier 2 (Chant)
Corbeau pasteur : Coco Aslan ? 2 (Chant)  en alternance avec Jo Charrier 2 (Chant)
Clown : Georges Hubert 3 (« C’est l’meilleur qu’on ait jamais eu », etc.)
Clown : Roméo Carles 2 (« Ben mon vieux, on leur a fichu l’trac», etc.)
Voix-off journaux : Claude Péran 3
? : Daniel Gilbert 1
Remarques :
-Doublage exploité en salles entre 1947 et 1979 et dans certaines éditions VHS dans les années 80/90 (alors que le redoublage de 1979 avait déjà eu lieu), mais inédit en DVD. Nous avons pu le numériser à partir de VHS, mais la qualité audio est encore améliorable.
-« La chanson des manœuvres » est laissée en V.O. Elle sera doublée dans la V.F. de 1979.
-Dans « Quand je vois voler un éléphant », tout comme en V.O., les corbeaux changent de voix en fonction des répliques. Effet comique voulu ou mauvais suivi des voix au moment de l’animation des personnages ? Dans ce second cas, pourquoi l’erreur a-t-elle été répétée dans les deux doublages français ?

Second doublage français (enregistrement en novembre 1979 2, sortie française Pâques 1980) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 4
Direction artistique : Jean-Pierre Dorat 4
Direction musicale : Jean Cussac 4
Adaptation : Natacha Nahon 4

Narrateur : Claude Piéplu 4
Madame Jumbo : Hélène David 5 (Dialogues)
Madame Jumbo : Claudine Meunier 2 (Chant)
Timothée : Roger Carel 4
La Cigogne : Jacques Ferrière 4
Monsieur Loyal : Jacques Dynam 4
Eléphante rose : Paula Dehelly 2
Eléphante bleue : Jeanine Forney 5
Eléphante rouge : Béatrice Delfe 5
Eléphante verte : Danielle Volle 5
Jim Corbeau : Jacques Balutin 4 (Dialogues)
Jim Corbeau : José Germain 2 (Chant)
Corbeau petit à grosses lunettes : Serge Lhorca 5
Corbeau à petites lunettes : Michel Bedetti 5
Corbeau au chapeau percé : Francis Lax 5
Corbeau bedonnant : Pierre Garin 5
Clown 1 : Serge Lhorca 5
Clown 2 : Guy Piérauld 5
Clown 3 : Henry Djanik 5
Clown 4 : Michel Bedetti 5
Clown 5 : Georges Aubert 6
Jo le balayeur (1ère réplique : "C'est quoi l'apothéose?") : Roger Lumont 
Jo le balayeur (2ème réplique : "Bonne nuit, patron") : Georges Atlas 
Un petit garçon : Jackie Berger 5
Casey Junior : Francis Lax
Aboyeur 1 ("Allons allons, Mesdames, Messieurs, etc.") : Serge Lhorca 2
Aboyeur 2 ("Allons, pressons, prenez vos billets, etc.") : Roger Lumont 2
Aboyeur 3 ("Prenez vos billets, un cirque aussi sensationnel, etc.") : Georges Atlas 5
Solistes « La rêve des éléphants » : Jean Stout 2 et Jean-Claude Corbel  2
Chœurs : Danielle Licari 2, Graziella Madrigal  2, Claudine Meunier 2, Michel Barouille  2Jean-Claude Corbel  2, Jo Novès 2,  José Germain  2, Jean Stout  2, Jean-Claude Briodin 2, Jean Cussac  2, etc.
Remarques :
-Doublage exploité en salles de 1980 à nos jours, dans les plus récentes VHS (avec les crédits… du premier doublage dans la VHS québécoise de 2001), lors des diffusions télévisées, et dans toutes les éditions DVD.
-Dans « Quand je vois voler un éléphant », tout comme en V.O., les corbeaux changent de voix en fonction des répliques. Effet comique voulu ou mauvais suivi des voix au moment de l’animation des personnages ? Dans ce second cas, pourquoi l’erreur a-t-elle été répétée dans les deux doublages français ?
-La voix de femme doublant le clown déguisé en Mme Jumbo est certainement celle de Monique Thierry, mais ses répliques sont trop courtes. Quelques voix restent non identifiées parmi celles des enfants.


Fiches voxographiques de Dumbo réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 6 juillet 2021.
Sources :
1François Justamand / La Gazette du Doublage (Remerciements à Zappy Max),
2Rémi Carémel / Dans l'ombre des studios (Remerciements à Roger Lumont, Claudine Meunier, Eric Novès, José Germain, Danielle Licari, Jean-Claude Briodin et Jocelyne Lacaille),
4Carton VHS/DVD/Blu-Ray (Remerciements à Laurent Girard/Voxofilm),

dimanche 5 février 2012

Des nouvelles de...

Il y a quelques années j'ai créé pour le blog de La Gazette du Doublage une rubrique "Des nouvelles de..." dans laquelle je donnais régulièrement les actualités de mes amis et correspondants comédiens
La voici "ressuscitée" sur "Dans l'ombre des studios". J'essaierai de tenir un rythme mensuel ou bimestriel.

-Tout d'abord Marie Ruggeri, merveilleuse comédienne et chanteuse, est sur scène dans Louise Michel, écrits et cris au Théâtre Essaïon du jeudi au samedi à 20h et dimanche à 18h, jusqu'au 15 avril. Dans ce superbe spectacle que je vous recommande vivement, Marie rend hommage à Louise Michel en textes et en chansons.

-Chanteuse française atypique des années 80, Henriette Coulouvrat est de retour sur scène dans un show exceptionnel avec d'autres artistes tout aussi intéressants à La Mécanique Ondulatoire (Paris) jeudi 9 février.

-Gérard Meissonnier, voix chantée de Tigrou dans les Winnie l'Ourson des années 80 et de l'alligator dans Charlie, dirigera le Swing Academy Big Band vendredi 2 mars au Petit Journal Montparnasse.

-Il est certainement l'un de nos plus grands chanteurs de génériques: Michel Barouille interprètera plusieurs génériques mais aussi une dizaine de chansons qu'il a écrites au Salon Planète Manga d'Yzeure (près de Moulins (03)) samedi 3 mars.

-Presque quarante ans après avoir participé au deuxième doublage d'Alice au Pays des Merveilles, Jacques Ciron vient d'enregistrer la voix du Chapelier Toqué pour un spectacle Disney sur glace qui se produira au Canada.

-Quant à Roger Carel, il a reçu à Vincennes le Prix Henri-Langlois récompensant spécifiquement sa carrière dans le doublage. Vidéo ici



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vendredi 13 janvier 2012

Hommage à Serge Lhorca (1918-2012)

Il était l'un de nos grands "doyens": le comédien Serge Lhorca est décédé ce matin dans son sommeil à l'âge de 93 ans, a-t-on appris par le comédien Patrick Floersheim.

Né en 1918, Serge Lhorca avait peu tourné pour la télévision et le cinéma (il est d'ailleurs difficile de trouver une photo de lui, la seule que je possède a été publiée en miniature dans un Lucasfilm Magazine de 2000), et les informations sur sa carrière théâtrale sont assez rares.
 
On sait qu'il débute le doublage après-guerre. D'origine espagnole, il imite à la perfection l'accent hispanique et se voit confier par les directeurs artistiques de l'époque le doublage de toute une galerie de mexicains dans des westerns. En raison de sa voix à la fois bien timbrée et facilement malléable et "passe-partout", on lui confie par la suite de très nombreux rôles dans des doublages de films, séries ou dessins animés, notamment dans les distributions de Jacqueline Porel et Jean-Pierre Dorat des années 70/80 (Flaversham dans Basil détective privé, Ritournel dans le premier doublage de Taram et le Chaudron Magique) mais aussi de la SND (Speedy Gonzales dans les Looney Tunes, Maître Yoda dans la première trilogie Star Wars, Roddy MacDowall dans La Planète des Singes et ses suites), de la SOFI (Docteur Simon Wright dans Capitaine Flam) et de Synchro Mondiale. Il prête également sa voix au délirant Oncle MacAllister des Maman j'ai raté l'avion et Oliveira de Figueira dans la série Tintin des années 90.

S'il a doublé beaucoup de personnages marquants, il a en revanche assez peu prêté sa voix à des "stars", à l'exception notable de Jack Lemmon (Permission jusqu'à l'aube, JFK), Mel Brooks (La Folle Histoire de l'Espace) et Gene Wilder (Transamerica Express). Bien qu'ayant conservé une voix de jeune homme, il ne reprend pas son rôle de Yoda dans la nouvelle trilogie Star Wars, en raison de soucis de santé liés à son vénérable âge. Son dernier doublage est certainement le personnage de Rusard, l’irascible concierge de Poudlard, dans les deux premiers films Harry Potter. Il avait pris sa retraite depuis.

De belles interprétations, une carrière "doublage" bien remplie mais au final assez discrète... Serge Lhorca était un comédien attachant, qui va beaucoup nous manquer.

NB: Pour des raisons professionnelles et personnelles, je manque cruellement de temps depuis quelques mois pour la rédaction de ce blog. Je tiens néanmoins à signaler la disparition récente de trois comédiens de talent ayant fait du doublage: Robert Party, Jean Fontaine et Paul-Emile Deiber...


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