dimanche 4 septembre 2011

Eliane Thibault : Supercalifragilisticexpialidocious ! (Partie 3/3)

Pour lire la précédente partie de l'interview (partie 2/3), veuillez cliquer ici


Dans l'ombre des studios : Avez-vous doublé Julie Andrews en d’autres occasions ?


Je l’ai doublée dans Darling Lili (1970) en voix parlée et chantée et dans Millie (1967).

DLODS : Pourquoi ne l’avez –vous pas doublée dans La Mélodie du Bonheur ?

Georges et Joseph Tzipine qu’on appelait dans le métier les Frères Karamazov m’ont appelée, m’ont fait venir chez eux et j’ai passé une audition. Et c’était fait, c’est moi qui devais le faire. Et en parlant ils m’ont dit « -Mais est-ce que vous avez déjà fait du doublage ?» et je leur ai répondu « -Oui, je croyais que vous m’aviez appelée à cause de ça, je viens de faire Mary Poppins ». « -Ah, c’est vous qui avez fait Mary Poppins au studio Leredde ? », j’ai dit oui et ils m’ont répondu «- Ah, alors on est très en froid avec eux, on ne vous prend pas » et voilà, ça s’est arrêté comme ça. Et ils ont pris Mathé Altéry. Alors avec Mathé Altery ma maison de disques a eu des problèmes parce que quand on l’interviewait elle disait « Oui j’ai fait Mary Poppins et La Mélodie du Bonheur ». Alors une fois, deux fois, trois fois, et elle a eu la lettre recommandée de la maison de disques qui lui demandait un rectificatif. Alors après elle disait en interview « Oui, rendons à César ce qui est à César, je n’ai fait que La Mélodie du Bonheur » (sur un ton sec). Alors vous savez moi j’ai un bon tempérament, j’en ris de tout ça. On habitait le même quartier à l’époque, dans le XVIIème arrondissement et on s’est retrouvées un jour chez le même pharmacien, l’une derrière l’autre. Moi j’ai fait un sourire, elle a tourné la tête et ne m’a pas regardée, alors voilà… C’est idiot, hein ? Car moi aussi j’aurai pu lui faire la tête puisqu’elle n’a pas fait Mary Poppins mais moi je n’ai pas fait le doublage de La Mélodie du Bonheur, j’en ai juste fait un disque. Eh bien non, tant pis…

DLODS : C’est curieux car en effet on remarque que les Tzipine n’ont pas travaillé pour la SPS du début à la fin des années 60, alors qu’ils ont travaillé pour elle avant et bien après…

Oui c’est pour ça qu’ils devaient être très en froid avec André Theurer (directeur musical pour la SPS dans les années 60, ndlr).

DLODS : Et vous connaissiez les Tzipine avant de venir à cette audition?

Non, et je me demande comment ils m’ont appelée, comment ils m’ont connue… Moi je pensais que c’était à cause de Mary Poppins. Eh bien pas du tout parce qu’ils ne savaient pas que c’était moi, donc je ne sais pas.

DLODS : Avec les frères Tzipine vous avez fait le doublage chanté d’Angela Lansbury dans L’Apprentie Sorcière

On avait demandé à Mony Dalmès de la Comédie-Française de faire le doublage de ce film, ils voulaient que ce soit la même voix, parlée et chantée. En général, on enregistre le texte d’abord et les chansons après, et là après avoir fait le texte, en arrivant au chant elle n’en était pas capable. Alors les frères Tzipine m’ont appelée et c’est moi qui ai fait le chant. Et je les ai fait mariner et je me suis fait bien payer, car comme ils ne m’avaient pas demandé pour tout, dialogues et chant, je n’étais pas contente. Et ils ont gardé le texte de Mony Dalmès qui était très bien.

"L'âge de vos beaux rêves" (du film L'apprentie sorcière (1971)) chantée par Eliane Thibault

DLODS : Ce doublage est un petit peu perturbant car Angela Lansbury a un physique assez « sévère » qui est bien mis en valeur par la voix de Mony Dalmès, et quand vous lui donnez votre voix pour les chansons on entend de suite la fraîcheur de la voix de Mary Poppins…

C’est vrai que c’est peut-être un peu gênant… D’ailleurs on me l’avait dit. « On ne vous a pas appelée parce qu’on vous a trouvée trop jeune ». Alors ils ont appelé Mony Dalmès qui a une voix très fraîche aussi.

DLODS : Dans L’Apprentie Sorcière, votre partenaire était le chanteur Francis Linel…

Il était gentil mais très protecteur, voulant donner des leçons… Il ne savait pas que c’était moi qui avais fait Mary Poppins et donc il vint vers moi et me dit « Vous savez, il ne faut pas avoir peur… ». Alors je ne sais plus qui était là lui dit « Tu sais, elle n’a pas peur, c’est elle qui a fait Mary Poppins, le texte et le chant » (rires).

DLODS : En dehors de Mary Poppins, Darling Lili, Millie, Un violon sur le toit et L’Apprentie Sorcière, avez-vous souvenir d’autres doublages ?

J’ai doublé Chitty Chitty Bang Bang, Le forum en folie et Roma, et des choses dont je ne me souviens pas du titre. Je mélange un peu tout, car à part Mary Poppins, je n’ai jamais vu en salle les films que j’ai doublés ! D’ailleurs je déteste voir des films doublés (rires), c’est vrai, je n’aime pas ça du tout. J’aime bien avoir les vraies voix, c’est comme ça !

DLODS : A part André Theurer et Georges Tzipine, avez-vous travaillé pour d’autres directeurs musicaux ?

Non, je crois que j’ai surtout travaillé avec André Theurer pour la musique et Serge Nadaud pour les textes. Presque tout ce que j’ai fait c’était avec eux deux. Enfin, je crois ! Parce que vous en savez plus que moi sur beaucoup de choses (rires) !

DLODS : Après 1972, on perd complètement votre trace… Pourquoi avez-vous décidé d’arrêter votre carrière si tôt ?

Guy Lafarge
Un violon sur le toit a été la dernière chose que j’ai faite. J’avais quarante ans ou quelque chose comme ça quand ça s’est arrêté. Je n’avais pas un physique de mère, mais n’avais plus un physique de jeune première. J’ai été sollicitée pour jouer Les p’tites Michu à la télévision. On m’avait proposé le rôle de la fille et j’ai dit non car elles ont dix sept ans, et à l’époque j’en avais trente huit ou pas loin. Je me disais « à la télé, il faut être jeune », et j’ai été bête, car au final c’est une chanteuse plus âgée que moi qui l’a fait. Et puis petit à petit ça s’est arrêté. Et je n’ai pas cherché à reprendre car je vivais un grand amour avec Guy Lafarge qui a duré trente huit ans, jusqu’à sa mort. Et l’éloignement des tournées n’était pas évident.
Donc vous voyez ça a été assez court, je n’ai pas fait une carrière énorme. Je me suis arrêtée jeune. J’ai fait passer les sentiments avant !

DLODS : Vous auriez quand même pu continuer à faire du doublage à Paris…

Oui, mais André Theurer et Georges Tzipine ont rapidement pris leur retraite et je n’ai pas été contactée par les nouvelles équipes.

DLODS : Vous tenez-vous au courant de l’actualité musicale ?

Je me suis tenu au courant assez longtemps, maintenant c’est fini. Et puis les chansons, je n’aime pas du tout ce qui y est yéyé, rock et tout ça. J’aime beaucoup le jazz et l’opéra, que je préfère de loin à l’opérette. Après il y a quand même quelques chanteurs que j’aime bien comme Michel Sardou ou Jean Ferrat qui vient de mourir et que j’aimais beaucoup. Des chanteurs à voix, parce qu’autrement…

DLODS : Et allez-vous régulièrement voir des spectacles ?

Non, plus maintenant. Je suis beaucoup sortie, j’ai beaucoup voyagé aussi parce que forcément Guy Lafarge était président de la SDRM (Société pour l’administration des Droits de Reproduction Mécanique) et travaillait aussi à la Sacem. Il a composé beaucoup d’opérettes et de chansons. « La Seine », c’est de lui. « Elle coule, coule, coule, dès qu’elle entre dans Paris, elle s’enroule, roule, roule, etc. » (elle chante). Cette chanson se joue dans le monde entier. Maintenant que je suis seule, je n’aime plus sortir le soir. Si je sors, il faut qu’on vienne me chercher en voiture, et qu’on me ramène jusque devant la porte. Je suis une froussarde! Alors, je sors beaucoup dans la journée. Restaurant avec des amis, cinéma, exposition, et je rentre tôt! Vous verrez, vous avez le temps, quand on vieillit on ne donne plus la même importance aux choses. La sagesse qui vient, sans doute!

DLODS : Si un directeur artistique vous proposait de passer des essais sur Julie Andrews ou une autre actrice dans un nouveau film, est-ce que vous accepteriez de faire un petit « come-back » ?

Non, je vais bientôt avoir quatre-vingts ans, je suis paresseuse (rires) !


Voxographie d’Eliane Thibault

Eliane Thibault est née le 5 octobre 1931 à Paris.

Mary Poppins (1965) – voix parlée et chantée de Julie Andrews (Mary Poppins)
Le forum en folie (1966) - voix parlée et chantée d'Annette Andre (Phylia)
Millie (1967) – voix de Julie Andrews (Millie Dillmount)
Chitty Chitty Bang Bang (1968) – voix parlée et chantée de Sally Ann Howes (Truly Scrumptious)
Darling Lili (1970) – voix de Julie Andrews (Darling Lili)
Un violon sur le toit (1971) – voix parlée et chantée de Ruth Madoc (Fruma Sarah)
L’Apprentie Sorcière (1972) – voix chantée d’ Angela Lansbury (Eglantine Price)

Bonus 


Petit bonjour d'Eliane Thibault à "Dans l'ombre des studios":


Voix d'Eliane Thibault dans Le forum en folie (1966):


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Eliane Thibault : Supercalifragilisticexpialidocious ! (Partie 2/3)

Pour lire la précédente partie de l'interview (partie 1/3), veuillez cliquer ici


Dans l'ombre des studios : Avez-vous fait du théâtre au cours de votre carrière?


Oui j’en ai fait, mais j’étais encore au conservatoire. C’était aux Sociétés Savantes, dans une énorme salle. Il y avait beaucoup d’écoles qui venaient, alors je ne vous dis pas le chahut (rires) ! Et puis j’en ai fait aussi avec la même troupe, une troupe de jeunes qui s’était mis ensemble pour jouer des classiques, et nous avons joué au Théâtre de Verdure du Jardin des Tuileries. Alors là j’ai vraiment joué tout le répertoire ou presque…

DLODS : Et depuis, vous n’avez pas été tentée de remonter sur les planches ?

Non, on ne le m’a pas demandé. Vous savez c’est très compartimenté en France, quand vous êtes en opérette vous faites de l’opérette, etc. C’est terrible ça, d’ailleurs… Mais même encore maintenant. Quand vous avez un emploi on ne vous prend pas dans un autre, c’est dommage ! On n’y peut rien !

DLODS : Avez-vous fait du cinéma ?

J’ai joué dans un film de Georges Péclet qui s’appelait Les Gaités de l’Escadrille (1958). Ah ça, c’était vraiment un beau navet (rires). Avec seulement des petits noms, vous savez : Bussières, Gabriello…
J’ai une anecdote qui peut vous amuser. C’était un film sur l’aviation. A un moment donné je devais prendre un avion très rapidement parce qu’il y avait un problème important et c’était Sim qui devait faire marcher l’avion. Alors lui il était déjà dans le coucou à deux places et moi je devais arriver à toute allure. Seulement j’arrive en courant, et à quelques mètres de l’avion, je tombe par terre, habillée en aviatrice, avec le parachute derrière. Alors Georges Péclet me demande ce qui se passe, je lui dis «- Je ne peux pas avancer à cause du vent », « -Bon allez, on recommence ! ». On l’a fait deux ou trois fois et au même endroit, « pouf ». J’étais très légère. Alors Péclet dit « On peut faire ça cent fois, ça va recommencer. Sim, au lieu d’être déjà dans l’avion, tu vas venir avec elle, et vous allez monter ensemble dans l’avion », ce qui fait qu’on a dû faire deux mètres de plus et on est tombés tous les deux par terre. Qu’est-ce qu’on a pu rire ! Finalement on l’a tourné avec l’hélice arrêtée, et là ça marchait.

DLODS : Et avez-vous participé à des émissions télévisées à l’époque ?

Oui, au moment de Mon p’tit pote avec Roger Nicolas on a fait pas mal d’émissions, comme La Nuit du Cinéma. C’est là, dans une espèce de palais à Paris que je monte pour me faire maquiller et je croise dans l’escalier Annie Cordy. Quand elle m’a vue, elle s’est arrêtée et m’a fait « -Ah ! » et je lui ai dit « -Moi j’ai l’habitude ! Au restaurant, partout on me prend pour vous et on me demande de signer. Au Midem c’était terrible on ne pouvait plus faire un repas tranquille où on me disait «- Annie Cordy, vous voulez bien me signer ça ? »». Et elle me répond « -Vous signez, au moins ? » «- Ah non je ne vais pas faire des faux » « -Ah je vous en supplie, signez, sinon on va trouver que je suis bêcheuse » donc après quand on me demandait un autographe je signais Annie Cordy (rires).

DLODS : C’est vrai que vous avez le même regard !

C’est fou… Jeunes on se ressemblait beaucoup ! On était coiffées pareil aussi, sans le savoir.
Les yeux, oui. Mais elle a un nez un peu plus gros que le mien ! Déjà moi, je le trouvais trop gros le mien mais mon père n’a jamais voulu que je me fasse opérer…

DLODS : Comment avez-vous été approchée pour doubler Mary Poppins ?

J’étais dans une maison de disques, DECCA RCA. Quand ils ont cherché quelqu’un pour doubler Mary Poppins, les studios Disney se sont adressés à toutes les maisons de disques de Paris et ont demandé des jeunes -j’étais jeune à l’époque !- qui pourraient éventuellement doubler Mary Poppins. Je n’avais jamais fait de doublage et ça ne me disait rien d’en faire, je ne sais pas pourquoi. Ma maison de disques a insisté et je me suis dit « S’il fait beau demain j’irai. S’il pleut je n’irai pas ». Je me réveille le matin en espérant qu’il pleuvrait, il y avait un soleil magnifique, alors j’y suis allée, rue Leredde. On était je ne sais combien. Je crois bien que tout Paris y est passé, même Sylvie Vartan. Tout le monde passait des auditions pour Mary Poppins.

DLODS : Est-ce que vous avez passé une audition distinctement pour la voix parlée et la voix chantée?

Oui j’ai fait les deux.

DLODS : Comment s’est déroulée l’audition ?

J’ai chanté ce qu’ils me demandaient, et puis nous sommes passés à l’air « Pour nourrir les p’tits oiseaux ». Dans cette chanson, il y a un son très grave, qui n’était pas un problème pour moi, l’aigu étant plus problématique que le grave. Donc j’ai fait cette note tout à fait normalement, et là les deux techniciens dans leur petite cabine sont sortis en disant « celle-là, elle l’a ! » (rires). Et je pense que c’est à cause de ça que j’ai été prise. Et puis il y a quand même aussi le fait que j’avais le même timbre que Julie Andrews. C’est Philippe Bouvard qui a remarqué ça. Dans l’une de ses émissions, il a pris la petite chanson « Le morceau de sucre » et il l’a mise en alternance en anglais et en français, on ne sentait pas de différence de timbre de voix. Il s’en était rendu compte.

Eliane Thibault en 1965, interviewée à propos de Mary Poppins


DLODS : Comment avez-vous trouvé le film et le personnage de Mary Poppins ?

Adorable, charmant. Ce n’était pas une sorcière, c’était une fée ! (rires)

DLODS : Comment se faisait le doublage des chansons ? Avez-vous assimilé rapidement la technique ?

Il y avait une portée qui défilait, avec le texte en dessous. Et autant le texte, on ne savait rien à l’avance, mais pour la musique on répétait beaucoup. Mais je pense que quand on est musicien, on est aidé même pour le texte. Quand vous écoutez bien l’anglais, vous sentez qu’il y a un rythme, alors vous dites les paroles françaises dans le rythme de l’anglais. Moi je n’en avais jamais fait, et j’ai compris du premier coup. Ils n’en revenaient pas, et moi non plus d’ailleurs ! D’ailleurs à un moment les deux techniciens pour le texte sont sortis et m’ont dit «- Soyez gentille d’aller un peu moins vite… » «- Pourquoi ? » « -Vous, vous êtes payée au forfait, mais nous nous sommes payés à l’heure, donc nous avons intérêt à ce que ça dure ! » (rires). Alors il faut se mettre bien avec tout le monde dans ce métier. Du coup, de temps en temps je me trompais. Et hop, on recommence ! (rires). C’est un métier, il faut penser à tout !

 DLODS : C’est une technique qui n’est pas facile. Certains grands acteurs ont essayé d’en faire et n’ont pas réussi.

Je me souviens de Lucette Raillat, qui chantait « La môme aux boutons », la chanson de Bourvil. C’était une jeune femme, drôle, comique. Et dans un doublage que j’ai fait, on l’a appelée pour un rôle, et elle en a été incapable. Ca n’a jamais été synchrone. C’est curieux ! On essayait tous de l’aider et il n’y avait rien à faire. Trop de personnalité, peut-être. Parce qu’il faut laisser de côté sa personnalité pour faire du doublage.

DLODS : Pour en revenir à Mary Poppins, vous souvenez-vous des chansons du film ?

Oui, surtout « Supercalifragilisticexpialidocious »… Les enfants s’en souviennent. Et les parents autour de moi me disaient « On en a marre d’entendre ta voix à la télé », ils écoutaient ça en boucle (rires). En vacances dans les Pyrénées d’où je suis originaire, les petites cousines m’amenaient tout le temps des copines à elle quand j’étais en pleine conversation. Je ne m’étonnais même plus, je me retournais et je chantais « Supercalifragilisticexpialidocious » (elle chantonne), je sortais un petit couplet et je reprenais la conversation. Elles venaient pour ça (rires) ! Ah, ça a beaucoup marqué les enfants !

DLODS : Vous pouvez me le faire (rires)?

Mais je viens de vous le faire (rires). Ce qui était difficile, c’est qu’à un moment donné dans le film elle disait ce mot là à l’envers. Alors, une fois, deux fois, trois fois… je n’y arrivais pas ! Et je dis à l’équipe « Ecoutez, vous me le marquez sur un papier, et puis je travaille ce soir, et demain matin, vous branchez et ça sera la première chose que je ferai en arrivant». Alors je l’ai fait du premier coup, mais dans le taxi, je n’y arrivais pas à l’envers… C’était difficile!

DLODS : Avez-vous eu des difficultés sur d’autres chansons ?

Quand elle chante « Le morceau de sucre », à un moment donné il y a une vocalise dans la glace qui lui répond. Alors je me faisais du soucis pour ça, je me disais cette vocalise est aigue, moi je n’ai pas cet aigu. Je leur ai dit « Il n’y a pas de problème car avec ma sœur on a la même voix, s’il le faut elle viendra faire la vocalise dans la glace ». Ils m’ont dit « Ce n’est pas la peine, Julie Andrews non plus n’a pas la voix aigue, c’est quelqu’un d’autre qui a fait cette vocalise dans la version originale », donc ils ont gardé la vocalise qui se trouvait sur la bande orchestrale. C’est vrai que Julie Andrews a une voix assez grave comme moi. Je donne l’impression d’aigu, mais je chante plutôt grave.



DLODS : Quels souvenirs gardez-vous de vos partenaires ?

La direction musicale était d’André Theurer et il me semble que les dialogues étaient dirigés par Serge Nadaud. Michel Roux doublait mon partenaire (Bert). Il était très gentil, mais il travaillait tellement ce garçon, que quand ce n’était pas à lui, il dormait ! Je ne sais pas comment il faisait… Il disait « - Bon, ben à tout à l’heure ! » cinq minutes, pan, il dormait. On lui tapait sur l’épaule « -C’est à toi ! » et il revenait. Mais autrement il était très gentil.

DLODS : Et Monsieur et Madame Banks ?

Tous les comédiens ont fait la voix parlée et la voix chantée de leurs personnages. La mère était doublée par une charmante comédienne, avec une voix acidulée (Nicole Riche, ndlr). Pour ce qui est du comédien qui doublait le père (Roger Tréville, ndlr) d’habitude je dis toujours du bien de tout le monde mais là il était d’une prétention, d’une suffisance. Je n’ai pas eu d’histoires avec lui, mais il en a eu avec presque tout le monde. C’était incroyable ! Il était très bien, mais il était pontifiant. Je n’aime pas les gens comme ça…

DLODS : Quelqu’un a relevé le nom de Guy Marly dans l’ancien générique. Doublait-il l’Oncle ?

Richard Francoeur
Non ce n’est pas lui, car Guy Marly était un copain, j’ai fait pas mal d’opérettes avec lui. L’Oncle était doublé par un comédien qui était très capable de chanter. C’est drôle car les voix et les physiques sont un peu les mêmes. C’était un rondouillard qui avait un gros nez, mais je ne me souviens plus de son nom. Il doit être mort aussi. Je vois déjà l’âge que j’ai, et il était plus âgé que moi. (Il s’agissait en fait de Richard Francoeur, ndlr). Les noms ne sont pas marqués sur le DVD ?

DLODS : Non, le doublage n’est pas noté dans le générique du DVD.

Quand le film est sorti en 1964, à la fin il y avait écrit en gros mon nom et celui de Michel Roux et ensuite les voix françaises défilaient. Mais après ils l’ont supprimé.



"Pour nourrir les p'tits oiseaux" (version disque) par Eliane Thibault

DLODS : Savez-vous pourquoi Disney n’a jamais sorti de disque avec les chansons en français ?

Je ne le sais pas. J’ai fait un disque de Mary Poppins, mais c’est en dehors du doublage, c’est ma maison de disques Decca qui me l’a fait faire. Je me souviens de la séance de photos, c’est moi qui avais confectionné le chapeau (rires). Et ce n’est pas tout à fait les mêmes paroles. Parce que pour des problèmes de synchronisme on est obligé de dire certains mots qui ne sont pas toujours très jolis, donc pour le disque on a corrigé cela.

DLODS : Dommage, car pour beaucoup d’autres films, comme Le Livre de la Jungle, on peut trouver le CD avec les chansons françaises.

On m’avait demandé pour Le Livre de la Jungle ! C’était pendant que j’étais en tournée avec Un violon sur le toit.

DLODS : C’est Lucie Dolène qui a finalement fait la voix de la petite fille.

Voilà ! J’étais en province et je leur ai téléphoné pour leur dire que je ne pouvais pas venir.
Je n’ai jamais rencontré Lucie Dolène, mais je sais qu’elle a chanté La belle Arabelle, que j’ai chantée moi aussi mais en province. Je devais l’interpréter aussi à Paris mais j’étais prise sur Mon p’tit pote qui est restée longtemps à l’affiche.

DLODS : Après la sortie de Mary Poppins, avez-vous rencontré Julie Andrews ? Est-ce qu’il y a eu des événements particuliers pour la sortie?

Non, je ne l’ai pas rencontrée. Par contre, j’ai été invitée à La Terrasse Martini, sur les Champs Elysées avec toute l’équipe du doublage, et Walt Disney était tellement content de mon doublage qu’il m’a envoyé le parapluie et le sac de Mary Poppins. Donc j’ai été en France la première à avoir un parapluie automatique !


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Eliane Thibault : Supercalifragilisticexpialidocious ! (Partie 1/3)


Entretien réalisé par Rémi C. le 06/11/10

La voix d’Eliane Thibault reste indissociable du personnage de Mary Poppins qu’elle a doublé il y a maintenant quarante six ans. Même en faisant abstraction du personnage et des souvenirs qui y sont attachés, on tombe sous le charme de cette voix à la fois fraîche, sérieuse et drôle. Un mélange étonnant. Ecoutez la voix d’Eliane Thibault et un doux sourire se dessine sur votre visage. On lui dit qu’elle a un « sourire dans la voix ». C’est peut-être ça, son « truc ».

Cela faisait quelques années que j’essayais de retrouver sa trace, feuilletant les annuaires, laissant des annonces sur internet, interrogeant les choristes de sa génération. Et il avait fallu me rendre à l’évidence : depuis 1972, personne ne savait ce qu’elle était devenue. C’est finalement par un sacré coup de chance que nos routes se sont croisées.

Je tiens à remercier chaleureusement Jocelyne Lacaille et Jack Ledru sans qui cette rencontre n’aurait peut-être jamais eu lieu, et Eliane Thibault pour son charmant accueil.


Dans l’ombre des studios : Vous faites partie d’une grande famille de chanteurs lyriques…

Oui, mon père Jean Claverie était basse à l’Opéra de Paris. Il chantait Mephisto, et tous les Wotan. Ma cousine, Martine Claverie était dans les chœurs de l’Opéra de Paris. (Elle me montre une photo). Lui c’est mon oncle, le frère de mon père. Il chantait à l’Opéra-Comique, des basses bouffes. Ma soeur Michèle Claverie a fait une carrière dans l’opéra et dans l’opéra comique, elle a chanté de grands rôles ! Juliette de Romeo et Juliette, Rosine du Barbier de Séville, etc. Et son mari Claude Calès est chanteur lui aussi.

DLODS : Avant de venir chez vous j’ai écouté des enregistrements de votre sœur, dont le magnifique chant indien de l’opérette Rose-Marie

… que ma mère, Marguerite Thibault, a créée pour la première fois ! Ma mère faisait de l’opérette, mais malheureusement, elle a été paralysée après ma naissance et celle de ma sœur et a été obligée d’arrêter une brillante carrière.



Michèle Claverie, soeur d'Eliane Thibault chante "Chant Indien" de l'opérette Rose-Marie

DLODS : Vous avez la même voix que votre soeur!

On a exactement le même timbre, mais elle a une voix beaucoup plus étendue. Elle monte jusqu’au contre-ré, contre-fa, contre-mi… Elle a une voix magnifique! Et depuis l’enfance ! Elle chantait Les Clochettes de Lakmé à cinq ans, et les gens croyaient que c’était une femme qui chantait ! Elle était un petit génie ! On a fait des disques ensemble, des disques religieux. On chantait en duo, elle la voix aigue et moi la voix grave et ça faisait exactement les deux mêmes timbres. C’était très drôle parce que maman aussi avait la même voix, un peu plus grave que la mienne, alors au téléphone ça donnait «- Non c’est sa mère », «-Non, c’est sa fille », «- Non, c’est sa sœur » (rires)!

DLODS : Depuis vos débuts dans les années cinquante, vous avez quasiment gardé la même voix…

Mais c’est ce qui vieillit le moins !

DLODS : Peut-être mais la voix se transforme avec l’âge, et il me semble que les différences se remarquent d’autant plus sur les « jeunes premiers » et « jeunes premières » que sur les comiques ou personnages de caractère. Et vous, vous avez gardé une fraîcheur rare…

A cause de cette fraîcheur, il paraît que j’ai du « rire dans la voix ». C’est peut-être pour ça que j’ai fait beaucoup de disques pour les enfants. Je ne les ai même plus, car évidemment la famille m’a dépouillée ! A chaque fois qu’il y avait un enfant, hop ! J’ai fait une série de disques très mignonne sur les régions de France qui s’appelait Le Petit Train de la Télé. Jacques Fabbri faisait le conducteur du train, et moi j’étais Soufflette, la locomotive qui faisait marcher le train. Alors toutes ces explications, c’était très intéressant ! D’ailleurs, on avait eu un prix pour ce disque! Et je parlais comme cha, je choufflais. Je racontais la Provence, la Bourgogne, et tout ce qu’on y trouvait. C’était une belle idée.

DLODS : Quelle est votre formation ?

J’ai d’abord appris le chant avec mon père. Et puis j’ai fait deux années au Cours Simon, en comédie. Parce que je ne voulais pas chanter. Peut-être parce que j’entendais trop chanter à la maison ! Je voulais être comédienne. J’aurais bien aimé rentrer au Français, d’ailleurs. Mon répertoire c’était les soubrettes de Marivaux, et ça me plaisait beaucoup, mais Simon n’a pas arrêté de me tanner en me disant « Tu as un physique d’opérette, avec ta famille tu dois avoir un brin de voix ! Donc tu devrais chanter, tu percerais beaucoup plus vite ». Alors finalement je me suis présentée au Conservatoire, dans la classe d’opérette, et j’ai été reçue. Et je n’ai jamais passé le concours, parce que pendant le conservatoire, j’ai été contactée pour passer une audition. Il y avait quelque chose à chanter, ça s’appelait Les vieillards amoureux, au Théâtre de Poche. Je m’en souviens, j’étais toute jeune ! C’est là que je me suis appelée Eliane Thibault, pour laisser le nom de Claverie à ma sœur qui avait une voix d’opéra.

DLODS : Comment s’est passée l’audition ?

Quelqu’un dans la salle, Guy Lafarge, m’a dit « On cherche quelqu’un comme vous à l’Européen pour Mon p’tit pote, une opérette de Jack Ledru». Alors j’ai passé les auditions, et j’ai été prise. Donc j’ai fait à peine un an et demi de conservatoire… et Mon p’tit pote s’est joué cinq ans !


Eliane Thibault chante un air de Mon p'tit pote en 1957

DLODS : Parlez-moi un peu de votre personnage de Mon p’tit pote

Jack Ledru
Il s’agissait d’une petite pompiste amoureuse de Roger Nicolas. A un moment je me souviens qu’il se présentait déguisé avec un accent étranger, il était très drôle. J’avais pour rivale Cora Camoin, qui jouait une vamp. C’était une très jolie opérette, un peu policière. La musique de Jack Ledru était ravissante.

DLODS : J’ai lu que vous avez joué dans une opérette avec Fernandel.

C’était un enregistrement sonore, on a eu des prix d’ailleurs. J’ai fait Ignace avec lui, et puis Mamz’elle Nitouche. Il était adorable, Fernandel… C’était un être vraiment charmant, attachant. Et puis cette faconde !

DLODS : C’était un grand personnage ?

Ah oui … Et quand on a fait l’une de ces deux opérettes, on avait rendez-vous dans le bureau de Guy Lafarge qui était directeur artistique chez Decca/RCA pour se rencontrer et en parler. Je venais tout juste de perdre mon père, que j’aimais énormément. Et puis est arrivée la personne qui s’occupait des pochettes dans la maison, elle est entrée et elle me prend dans ses bras en me disant « Oh ma p’tite Eliane, je sais ce qui vous est arrivé » et naturellement je tombe en sanglots. Guy a de suite dit à Fernandel, qui était un peu ennuyé « Elle vient de perdre son papa »…et il s’est mis à pleurer lui aussi. Parce qu’il était très proche de sa fille, Josette… Beaucoup de cœur cet homme-là.

DLODS : Quel est votre plus beau souvenir d’opérette?

C’est quand même Mon p’tit pote. C’étaient mes débuts, avec une troupe très soudée. Et ça a duré cinq ans. Et puis après bien évidemment se sont enchaînées des représentations en province et un peu de répertoire, des comédies musicales, des choses comme ça. Alors là vous passez huit ou dix jours ensemble et on ne se voit plus. Parfois on retombe sur les mêmes mais pas tous ensemble, donc ce n’est pas pareil. J’ai un beau souvenir aussi de la tournée de Un violon sur le toit.

DLODS : Avec Ivan Rebroff ?

Voilà. Ca a été joué deux ans, dont un an en tournée.

DLODS : Et vous chantiez en français ? Car Ivan Rebroff chantait dans toutes les langues.

Oui, et il les parlait aussi. Il avait un père russe et une mère allemande. Il parlait très bien français et italien. C’était quelqu’un d’adorable, pas du tout vedette, charmant.

DLODS : Il semblait pourtant très possédé par ses personnages lors de ses apparitions télévisées, presque fou…

Oui il jouait un peu un personnage, mais dans la vie avec les gens qu’il connaissait bien il n’était pas du tout comme ça. Et alors, quel appétit ! Avant d’entrer en scène il ouvrait des boîtes de sardines, il les égouttait à peine, les prenait par la queue et les gobait comme un phoque. Toute la boîte y passait. « Encore une autre ! », et il recommençait. C’était fou !

DLODS : Quel rôle interprétiez-vous ?

Je faisais Fruma Sarah, le grand fantôme.

DLODS : Il y a eu aussi une adaptation cinématographique d’Un violon sur le toit

Oui c’est vrai, j’en ai fait le doublage. Je trouve que le film était très bon, parce qu’il y avait vraiment le cimetière, les feuilles mortes qui s’en vont. On peut faire les choses beaucoup mieux qu’au théâtre évidemment. 


Eliane Thibault double le fantôme de Fruma Sarah , personnage qu'elle a interprété sur scène aux côtés d'Ivan Rebroff

Pour lire la suite de l'interview (partie 2/3), veuillez cliquer ici


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dimanche 14 août 2011

Joyeux anniversaire Roger Carel!

Roger Carel fête aujourd'hui ses quatre vingt quatre ans! Celui qui a prêté avec talent sa voix à des personnages aussi mythiques que Winnie l'Ourson, C3PO et Astérix est certainement la figure la plus populaire du doublage français. 

Pour tous les amis de Roger dont je fais partie, c'est avant tout un homme bien, un "vrai" gentil, modeste, chaleureux, généreux. Un "honnête homme" comme le décrivait le regretté Albert Barillé il y a quelques années sur RTL.

De nombreux fans se sont aperçus que Roger Carel a été remplacé depuis décembre 2010 dans la plupart de ses rôles réguliers (Winnie l'Ourson, Horace Slughorn dans Harry Potter, le révérend de Desperate Housewives, C3PO dans Clone Wars, etc.) par son ami comédien Jean-Claude Donda.

J'ai profité de cet anniversaire pour demander à Roger de bien vouloir donner quelques nouvelles à ses admirateurs.

Dans l'ombre des studios: Joyeux anniversaire Roger!

Merci Rémi, je suis très touché!

Beaucoup de fans s'inquiètent, notamment sur votre fan-page officielle Facebook que j'administre, de ne plus vous entendre depuis quelques mois... Pouvez-vous les rassurer?

En fait je profite de cet anniversaire, quatre-vingt quatre ans, pour tirer un petit rideau et me dire que je vais peut-être enfin pouvoir profiter de mes vieux jours. J'ai jusqu'à présent beaucoup travaillé et je pense qu'à un moment il faut être un peu raisonnable et prendre un peu de repos, sinon on ne profite jamais de son entourage, sa famille. On est toujours mangé par ce métier, ce qui est agréable pendant de longues années et puis au bout d'un moment on a envie effectivement de profiter de ce qui se passe autour de vous.

Est-ce que cela signifie que vous ne doublerez pas le prochain film d'animation d'Astérix Le Domaine des Dieux qui est en ce moment en cours de réalisation?

Je ne sais pas... Si on fait appel à moi pour faire plaisir à mon ami Uderzo, à ce moment-là peut-être ferai-je l'effort, mais comme j'ai déjà refusé du travail à pas mal de monde c'est un peu délicat. Si vraiment cela lui pose un très gros problème, j'irai peut-être faire mon dernier cri de gaulois! 

Nous avons discuté il y a peu d'une exposition "Roger Carel" qui sera inaugurée le 25 novembre 2011 au Château de Villemomble. Pouvez-vous en dire plus à vos admirateurs?

Le projet a été réalisé par Monsieur Martignon, qui est le président de la Société des Amis du Château de Villemomble. Comme le député-maire de Villemomble qui est très gentil a souhaité faire de moi un citoyen d'honneur de la ville, ce qui m'a beaucoup flatté, il en a profité pour faire cette exposition Roger Carel dans les salons du château avec beaucoup d'éléments, des photos, des choses comme ça. Donc Monsieur le maire profitera de cet événement pour me remettre ce diplôme de citoyenneté. 

Avez-vous des détails sur ce qui sera exposé?

Non... Il m'informe, bien entendu car il m'a réclamé pas mal de documents mais je ne sais pas comment il l'organise et comment s'organisera la cérémonie. Mais ça sera une agréable surprise, il n'y a pas de problème! J'espère que vous y serez!

Evidemment! Merci Roger pour ce petit entretien. Encore un joyeux anniversaire, et une belle retraite!



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mardi 5 juillet 2011

Document exceptionnel : Premiers doublages Disney (Partie 2/2)

(Pour lire la première partie de cet article, veuillez cliquer ici)



L'extrait suivant est la jolie scène de patinage de Bambi dans son premier doublage (après la Libération), un doublage qui n'a à ma connaissance jamais été retrouvé! C'est un document d'exception. Pan-Pan semble doublé par la comédienne Mireille Gervais qui a prêté sa voix à plusieurs enfants pour les doublages de la RKO à l'époque. Le film a été redoublé fin des années 70/début des années 80 (période Jean-Pierre Dorat) puis de nouveau en 1992.

Un autre document magnifique est ensuite proposé: un extrait du deuxième doublage de Pinocchio (si l'on considère qu'il y en a eu un premier aux Etats-Unis pendant la guerre, et un deuxième en France à la Libération), lui aussi introuvable. Mon confrère François Justamand avait retrouvé grâce à plusieurs interviews quelques noms comme ceux de René Genin pour Gepetto  (placé par erreur au générique d'une VHS comprenant le 3ème doublage), Renée Dandry (voix parlée, et peut-être chantée de Pinocchio), Camille Guerini (Jiminy Cricket), Linette Lemercier ou Zappy Max. Dans cette vidéo, Stromboli est doublé par Fernand Rauzena, abonné aux rôles de personnages imposants à accent hispanique ou italien, et la marionnette russe par la grande Lita Recio. On peut noter une erreur musicale. "Vous êtes libre pour l'amour, etc." est chantée par la poupée "french cancan" sur l'air de "sans aucun lien, etc." alors qu'un autre air devrait être chanté à ce moment. Cette erreur a été corrigée en 1975 dans le 3ème doublage.


Le dessin animé suivant est la célèbre scène du restaurant italien de La Belle et le Clochard (1955) dans son premier doublage, qu'on avait déjà pu voir grâce aux Grands Classiques Disney. La Gazette du Doublage avait donné comme interprètes de Lady et de Clochard les noms de Claude Winter et Henri Ebstein. Quant à Tony, le cuisinier italien, il serait doublé, d'après mon cher correspondant Jean-Pierre Nord, par Nicolas Amato. Notons que La Belle et le Clochard a connu trois doublages (doublage original en 1955, deuxième en 1989 pour la VHS (et non pas en 1986, comme cela a souvent été dit. Merci à mon amie Marie Ruggeri pour la correction) et 1997 pour le DVD).


La séquence suivante est la scène de la préparation de la robe de Cendrillon (premier doublage, 1950). Les voix des souris sont accélérées et donc pas identifiables, mais Jacques Bodoin avait déclaré dans une interview de La Gazette du Doublage avoir doublé les souris mâles (Jack et Gus). De même, Paulette Rollin, voix chantée de Cendrillon, avait dit à François Justamand doubler l'une des souris. Pour les dialogues Cendrillon est doublée par Paule Marsay. Le film a été redoublée en 1991 pour la sortie VHS.





L'un des clous de l'émission est le dessin animé suivant: un extrait de Blanche-Neige et les Sept Nains. S'agit-il de la version française de 1938 ou de la version doublée aux Etats-Unis pendant la guerre? La seule séquence de ce dernier doublage qu'un disneyphile avait retrouvée et publiée il y a quelques années est la scène du bain de Grincheux. Ici, en dehors des voix de Joyeux et Timide, il y a malheureusement peu de dialogues, la chanson étant principalement constituée de yodels et sifflements tirés directement de la Version Originale. On peut quand même envisager qu'il s'agit de la version doublée aux Etats-Unis, en raison d'une petite pointe d'accent chez Joyeux.


Les deux dessins animés suivants sont des extraits du Livre de la Jungle et des Aristochats (ce dernier film étant présenté par Henri Labussière), films qui n'ont pas subi de redoublages à part la voix de la petite amoureuse de Mowgli, doublée par Lucie Dolène, et remplacée dans la plupart des éditions DVD Claire Guyot.


L'émission se clôt par un dessin animé réalisé pour l'occasion, avec pour accompagnement sonore le "Quand on prie la bonne étoile" du doublage français d'après-guerre de Pinocchio, avec une voix qui rappelle  celle du chanteur Jean Lumière (mais était-ce lui?). C'est en ayant récupéré cette chanson il y a quelques années et en l'ayant comparée avec la version mise accidentellement en introduction du Blu Ray que j'avais émis l'hypothèse qu'il y avait eu non pas un mais deux "premiers doublages" avant le doublage de 1975. Un aux Etats-Unis pendant la guerre dont on retrouve la chanson au début du Blu Ray (avec des choeurs en anglais) et un après-guerre (avec choeurs en français).

N'hésitez pas à partager cet article et ces vidéos. Les studios Disney doivent comprendre qu'ils ne font pas le bon choix en mettant de côté ces anciens doublages.

(L' identification de voix des années 30/50 a demandé parfois plusieurs années de travail. Malgré tout, des erreurs sont possibles. Les noms cités dans cet article sont le résultat des recherches de François Justamand publiées sur le site de La Gazette du Doublage, de Jean-Pierre Nord et moi-même pour Dans l'Ombre des studios, avec la collaboration du site Grands Classiques Disney. Toute citation de ces attributions dans un article doit être obligatoirement accompagnée des mentions La Gazette du Doublage et Dans l'ombre des studios. La traçabilité des sources est vitale pour le bon déroulement de ces recherches. Merci de votre compréhension)


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Document exceptionnel : Premiers doublages Disney (Partie 1/2)

Les films anciens connaissent parfois de nouveaux doublages pour différentes raisons, justifiées ou non: scènes inédites ajoutées, mauvaise conservation de l'ancienne version française, adaptation aux nouveaux standards "HD" des lecteurs DVD et aux attentes de certains consommateurs particulièrement exigeants en terme de qualité audio, réadaptation des dialogues ou de noms de personnages ayant évolué avec le temps, etc. 

Les films d'animation Disney sont hélas coutumiers de ces redoublages, souvent de bonne qualité, mais qui portent atteinte au respect des consommateurs cinéphiles (qui souhaitent revoir "la" version de leur enfance) et aux comédiens, jetés aux oubliettes alors qu'il serait si simple de restaurer ces bandes sonores, ou de les proposer en "bonus" dans des éditions collector... Ainsi Blanche-Neige et les Sept Nains a connu pas moins de quatre doublages (plus quelques retouches sur le Blu-Ray). Le film moyen-métrage Le Noël de Mickey a connu trois doublages alors qu'il date seulement de 1983! 

Certains passionnés oeuvrent à la recherche de ces premiers doublages. Je souhaite rendre hommage notamment à mon collègue François Justamand (de La Gazette du Doublage) qui grâce à ses connaissances sur les anciens doublages, ses archives, et une séries d'interviews d'interprètes de l'époque (Zappy Max, Jacques Bodoin, Paulette Rollin, etc.) a réussi à donner un nom à ces voix des années trente aux années cinquante. Mais aussi au travail d'Olivier Kosinsky qui a réussi à retrouver et restaurer avec ses propres moyens des premiers doublages des années 50 inédits en VHS et en DVD (Cendrillon, Peter Pan, La Belle et le Clochard, etc.).

En revanche, beaucoup d'anciens doublages, certainement conservés par Disney dans ses archives, semblent perdus à jamais pour le grand public. La seule solution est de retrouver des extraits glissés dans des émissions Disney anciennes (avec donc des doublages anciens) ou récentes (avec parfois des programmateurs qui diffusaient par erreur un ancien doublage), ou de prier la bonne étoile pour qu'un chineur retrouve un jour ces raretés en bobines.


Un utilisateur du site Youtube ne se doute certainement pas du bonheur qu'il vient de faire à de nombreux fans en postant innocemment une émission de Noël nommée Un nouveau Noël Disney dans lequel on retrouve des premiers doublages très rares! Je me propose de vous commenter ce document exceptionnel.






L'émission Un nouveau Noël Disney a visiblement existé des années 60 au milieu des années 90 sous différents titres. Les séquences animées servant de trame n'ont pas changé visuellement: Jiminy Cricket chante, accompagné au piano par Mickey, et présente des séquences Disney (court-métrages ou extraits de long-métrages). Ces extraits de films ou dessins animés sont changés chaque année. Les studios essaient notamment de mettre en valeur le film qui vient de sortir au cinéma et/ou en VHS. Ceci oblige donc à redoubler annuellement tout ou partie des dialogues de présentation de Jiminy Cricket.

 
L'émission qui nous intéresse a vraisemblablement été doublée entre 1968 et 1970. Elle s'ouvre sur une chanson interprétée par Jiminy Cricket, le célèbre grillon de Pinocchio, doublé dans les années 40/50 par le comédien Camille Guerini, habitué des doublages de la RKO tout comme Fernand Rauzena ou Maurice Nasil, autres comédiens "Disneyens" d'après-guerre. Ici, Jiminy Cricket est doublé par l'incroyable Paul Villé (1881-1977), qui doubla des personnes âgées des années 40 jusqu'à la fin de sa longue vie. Presque aucun ivrogne de western ou vieux clochard aveugle de péplum ne lui a échappé. Ecouter Paul Villé chanter dans les années 60 est un étonnement car on a l'impression de tomber sur un doublage des années 30 tant son timbre chanté et son accent de chanteur populo de l'époque n'ont pas changés. En revanche, quand il se met à parler, le Paulot (ainsi nommé par son fan-club, le PVFC) "âge canonique" reprend le dessus.


Le premier dessin animé est un épisode de Donald et Tic et Tac. A l'époque, ces trois personnages n'étaient pas doublés et on reprenait les borborygmes ou voix accélérées de la version originale. Depuis que nos trois compères ont une voix française (années 80), cette séquence a été doublée en français.


Il vient ensuite un extrait du film Tron (1982) qui a visiblement été intégré pour la sortie VHS de l'émission. Du coup, Paul Villé étant décédé en 1977, la séquence est présentée par Henri Labussière, autre habitué des rôles de vieillards (Panoramix, le Professeur Tournesol...). On entendra de nouveau Henri Labussière à la fin de l'émission pour présenter Les Aristochats. Pour les prochaines émissions de Noël, le personnage de Jiminy Cricket sera doublé par Roger Carel (voix officielle de Jiminy Cricket depuis le redoublage de Pinocchio en 75), mais aussi par Henri Virlojeux.


Le troisième extrait proposé est un extrait de Peter Pan (1953) dans son premier doublage. Les enfants sont doublés, comme l'avait indiqué La Gazette du Doublage, par Claude Dupuy (Peter Pan), Marie-Claire Marty (Wendy), Gérard Petit (Jean) et Jean-Jacques Duverger (Michel). Le film ayant été redoublé en 1991, il est amusant de noter l'évolution des dialogues, la sonorité des voix et celle du choeur, très solennelle, certainement composée de choristes de l'Opéra-Comique comme c'était souvent le cas dans les directions musicales des années 50 de Georges Tzipine et André Theurer.

(Pour lire la suite de l'article, veuillez cliquer ici)


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jeudi 23 juin 2011

Lucie Dolène invitée de l'émission "Etonnez-moi Benoît"

Lucie Dolène, qui vient de fêter ses quatre vingts ans, est un peu la marraine de "Dans l'ombre des studios". Elle m'a offert un magnifique cadeau en m'accordant ce très bel entretien que j'ai publié en janvier dernier pour la création du blog.

Cet article a, je pense, été consulté par Benoît Duteurtre, créateur de l'émission "Etonnez-moi Benoît" sur France Musique, pour préparer une très belle émission consacrée à Lucie, qu'il a enregistrée avec elle le 11 juin dernier. Cette émission, vous pouvez la réécouter ici: http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/etonnez_moi/emission.php?e_id=22&d_id=425002841&arch=1

Si vous avez aimé lire ses beaux souvenirs sur mon blog, vous adorerez l'entendre "de vive voix" et écouter les trouvailles musicales de Benoît: une version vinyle de "Un sourire en chantant", des enregistrements rares d'opérettes, l'étonnant "Qui qui casque"...

Je vous signale par ailleurs la publication récente sur Youtube de l'intégrale (en trois parties) des magnifiques "Chants de France" interprétés par Lucie Dolène au début des années cinquante avec au piano le grand compositeur Joseph Canteloube. 



Les fans de Lucie pourront l'entendre bientôt sur Arte, sur le doublage en "voice over" d'un documentaire sur la résistance aux Pays-Bas. Je vous communiquerai sur la page Facebook de Dans l'Ombre des Studios la date de la diffusion de ce film dès que j'en aurai connaissance.


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jeudi 19 mai 2011

Jean Stout : Baloo, Petit Jean et les autres (Partie 3/3)

Pour lire la précédente partie de l'article (partie 2/3), veuillez cliquer ici   


CV MUSICAL DE JEAN STOUT

Rares sont les choristes studio à avoir un "CV". Jean Stout ne déroge pas à la règle. En guise de "bonus" de cette interview, j'ai donc tenté d'en établir une ébauche à partir de reconnaissances vocales personnelles, d'informations glanées sur internet, d'informations inédites données par Jean Stout dans mon interview, et de la collaboration de Jean Cussac, Anne Germain, Georges et Michel Costa que je tiens à remercier.

Formation

Né le 17 avril 1933 à Bordeaux. Conservatoires de Bordeaux et Paris (classe de Charles Panzera). Prix d'art lyrique, comédie, percussions, piano.

Classique

Plusieurs grands enregistrements pour Lorin Maazel (La Divine Comédie d' Henry Barraud), Pierre Boulez, etc.


Variétés : studio et tournées

Choeurs studio et tournées pour les chanteurs Guy Béart, Jean Ferrat, Gilbert Bécaud, Henri Salvador, Nicole Croisille, Georgette Plana, Marie Laforêt, Jerry Lewis, Jeane Manson, Dorothée, Sylvie Vartan, etc.
Choeurs studio au sein des groupes The Jumping Jacques, Rhesus O, etc. 

Choeurs studio pour les comédies musicales Paris Populi (Francis Lemarque), La Vie en Bleu (Pascal Stive), etc.

Organiste dans plusieurs formations musicales et pour plusieurs chanteurs (comme Jean Constantin)


Chanson "I"m a poor lonesome cowboy" du film d'animation Lucky Luke in Daisy Town (1971), interprétée par Pat Woods et les choeurs, dont Jean Stout (basse profonde)

Musiques de films et création de voix dans des films français


Pour Gérard Calvi :
Astérix et Cléopâtre (1968): voix du lion de Cléopâtre (à confirmer), chœur des fromages (chanson « quand l’appétit va tout va »)
Les 12 Travaux d’Astérix (1976) : voix d’un perroquet qui dit « Samba ! » dans la musique « La Samba d’Obélix »

Pour Claude Bolling :
Lucky Luke in Daisy Town (1971) : soliste de la chanson « The Daltons » (avec Jean Richard au fouet) et choriste leader de la chanson « I’m a poor lonesome cowboy » (chantée par Pat Woods)
La Ballade des Dalton (1978) : choriste dans le barbershop quartet

Pour Michel Legrand:
Les Demoiselles de Rochefort (1967) : voix chantée de Guillaume Lancien et choeurs

Pour Michel Magne :
Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil (1972) : petits soli dans la chanson « Jesus San Francisco »  et choeurs

Pour François De Roubaix :
Boulevard du Rhum (1971) : choeurs

Génériques divers :
Arpad le Tzigane (soliste)
Minizup et Matouvu (soliste)
Perlipopette et Sacripan (soliste)
Muppet Babies (choriste)
Les Snorky (choriste)


Jean Stout chante en direct le génie de "Shang shang a lang" de Sylvie Vartan, entouré de Michel Barouille, ?, Jackye Castan, Danièle Bartoletti et Claude Chauvet

Enregistrements solistes divers

Chez AB Productions :
Dorothée: Une fille qu'est-ce que c'est? / Viens t'amuser (1980), voix de Henri Golo
Dorothée chante (1980), voix de Henri Golo
Les Schtroumpfs chantent Papa Noël (1983)
Vive Scrameustache (1984) 
Le hit parade des enfants (1989)

Chez Adès/Le Petit Ménestrel/Disneyland Records :
Le Livre de la Jungle (1968), chanson "Cherche le mini-minimum"
Le Livre de la Jungle, chanson (1979), chanson "Baloo's Blues" 
Mon petit âne (1980)
Les chansons de Pierrot (1981)
Vos chansons télé préférées (1981) 
Pierrot: La rencontre avec Boutitou (1981)
Pierrot: 150 millions de bougies pour Boutitou (1981)
La chanson de Zorro (1985) 
Enfin! Le petit lion chante! (1985)
Bon week-end Mickey (1985)
Les Snorky (1986) 
Rondes et chansons pour les Disney Babies, vol.3 (1987)
Le Chat Botté (1989)
L'anniversaire de P'tit Loup

Chez Barclay :
Paris Populi (1976), plusieurs petits soli 

Chez CBS:
Matouvu et Minizup
Joe Dassin: C'est la vie, Lily / Billy le bordelais (1970), voix du narrateur de "Billy le bordelais"

Chez La voix de son Maître/EMI :
Gilbert Bécaud: L'Orange / Don Juan (1964), plusieurs soli dans "L'Orange"

Chez Mélodie Productions :
Jean Stout: Marie, chants pour célébrer la vierge, chants pour pèlerinages (1985) 

Chez Philips :
André Blot : le letkiss de Grand-Papa, voix de Grand-Papa

Chez RCA :
Sylvie Vartan : Shang shang a lang (1975), voix du génie

Chez Saban Records:
Les animaux du monde: Toco le Toucan (1984)

Chez Vogue :
Jean Stout : Ballade de l'espace / Nous, c'était si doux (1972)
Bigeard, la France (1987) avec le Général Bigeard

Jean Stout joue le personnage d'Henri Golo dans Dorothée au Pays des Chansons (1980).

Télévision/Cinéma

Rôle de Henri Golo dans la VHS Dorothée au Pays des Chansons.

Participation comme choriste à la plupart des émissions de variétés des années 60 aux années 80.

Apparition comme choriste dans le film Mazel Tov ou Le Mariage (1969) de Claude Berri.



Jean Stout est la voix chantée de Petit Jean dans Robin des Bois (1973)

Doublage de films



Pour Georges Tzipine :
Le Livre de la Jungle (1968) : voix chantée de Baloo, Shere Kahn et un éléphant
L’Apprentie Sorcière (1971) : voix chantée d’un marchand
Robin des Bois (1973) : voix chantée de Petit Jean
Et chœurs pour la plupart des doublages qu’il a dirigés entre 1968 et 1980

Pour Bob Quibel :
Les Aventures de Winnie l’Ourson (années 80) : voix chantée de Porcinet, Bourriquet et Maître Hibou

Pour Guy Pedersen :
La Petite Boutique des Horreurs (1987) : voix chantée d’un personnage dans la chanson "Dans notre banlieue"

Pour Jean Cussac :
Dumbo (1979) : plusieurs petits soli et chœurs
Popeye (1981) : chœurs
Et chœurs pour la plupart des doublages qu’il a dirigés entre 1980 et 1992


La Belle et le Clochard (2ème doublage, 1989) où Jean Stout double et chante Tony, le gros cuisinier. Son assistant est doublé par Roger Carel pour les dialogues et Jean Cussac pour la chanson.

Pour Jacqueline Porel et Jean Cussac :
La Belle et le Clochard (1989, 2ème doublage) : voix parlée et chantée de Tony, voix parlée de Boris, choeurs

Pour Claude Lombard :
Cendrillon (1991) : voix chantée de Gus
Tom et Jerry le film (1992) : chœurs


2ème doublage de Peter Pan (1991). Jean Stout y fait la voix chantée du grand chef indien.

Pour Georges Costa :
Peter Pan (1991, 2ème doublage) : voix chantée du Grand Chef indien et choeurs
Bambi (1993, 3ème doublage) : choeurs
L’étrange Noël de Monsieur Jack (1993) : voix chantée de plusieurs habitants d’Halloween et chœurs
La Belle et le Clochard (1996, 3ème doublage) : choeurs
Aladdin et le Roi des Voleurs (1996) : voix chantée de plusieurs voleurs
Les Aventures de Winnie l’Ourson (1997, 2ème doublage) : plusieurs voix dans la chanson « Les Ephélants et les Nouifs » et chœurs
Anastasia (1997): voix chantée d’un sculpteur dans la chanson « Paris tu nous ouvres ton cœur »
Mélodie Cocktail (1998, 2ème doublage) : chœurs et petit solo dans la chanson « C’est un souvenir de décembre »
Mulan (1998) : chœurs
Le Roi Lion II (1998): voix chantée d’un hippopotame dans la chanson « L’un des nôtres »
La Petite Sirène (1998, 2ème doublage) : voix chantée d’un poisson dans la chanson « Sous l’océan »
Blanche-Neige et les Sept Nains (2001, 4ème doublage) : voix chantée de Timide dans la chanson « On pioche/Heigh Ho »
Et chœurs pour la plupart des doublages qu’il a dirigés entre 1991 et 2001

Directeurs artistiques et musicaux inconnus:
C'est la vie (années 60) : voix du narrateur
Oliver ! (1968) : voix chantée du rémouleur
Le Muppet Show : voix du cuisinier suédois (en remplacement de Roger Carel qui l’avait doublé pour la SOFI)


((c) Dans l'ombre des studios. Copie interdite)


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