dimanche 23 décembre 2018

Danielle Licari et Jackye Castan : Rhapsodie pour deux voix (Partie 1/3)


Pour leurs proches ou les gens du métier qui ont eu le bonheur de travailler avec elles, difficile de parler de Danielle Licari sans évoquer Jackye Castan, et inversement. Danielle et Jackye ? La soprano et la contre-alto, qui avec d’autres choristes ont « façonné » le son de la variété française des années 60. Mais aussi la chanteuse soliste virtuose (voix de Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg et première interprète du célèbre Concerto pour une voix de Saint-Preux) et sa pianiste surdouée qui fut l’une des très rares femmes arrangeuses. Plus de cinquante ans de vie commune et de collaboration musicale, que je vous propose de retraverser avec elles dans ce « portrait croisé ».

(Entretiens réalisés entre le 15 novembre 2015 et le 21 décembre 2018. Remerciements à Gilles Hané et Jean-Luc Meyster)


Enfance et débuts de Danielle Licari

Danielle Licari
Le 30 novembre 1936, les bonnes fées se donnent rendez-vous à Boulogne-sur-Mer pour offrir une voix d’or à la petite Danielle Licari (de son nom de jeune fille Danielle Cuvillier) qui vient de naître.
A l’âge de trois ans, la France est en guerre, et Boulogne-sur-Mer bombardée. « Grâce à un marin, maman et moi sommes parties chez ma marraine à Plouha en Bretagne. Nous avons traversé une partie de la Manche sur un dragueur de mines, nous étions sur le pont, exposées à la pluie et au vent, car il n’y avait pas de cabines. Mon père, qui était cheminot, est resté à Boulogne, réquisitionné comme ses collègues. Puis plus tard nous avons déménagé à Paris. »

Danielle baigne dès l’enfance dans un environnement musical. En dehors de son métier de cheminot, son père joue en semi-professionnel de la trompette, du violon et des timbales dans différents orchestres et Danielle assiste à ses concerts. A six ans, elle prend des cours de piano et de solfège chez une voisine d’immeuble et chante dans une chorale réservée aux enfants de cheminots, tout en suivant une scolarité ordinaire dans son école de quartier.
« A l’école, nous avions un professeur de chant. Lors d’une rentrée il a été remplacé par une nouvelle professeure qui nous a tous fait chanter un par un pour répertorier nos voix. Quand elle m’a entendue elle m’a dit « Toi, il faut que tu rentres à la Maîtrise ! ». J’avais onze ans et demi, et la Maîtrise je ne savais pas du tout ce que c’était, je lui ai répondu « Ah non, je veux rester dans la Chorale des Chemins de Fer » (rires).  Elle a vu mes parents et leur a proposé de me faire travailler afin de me faire intégrer la Maîtrise. »
Maîtrise de la RTF
La Maîtrise de la Radio-Télédiffusion-Française, créée en 1946, permet à des jeunes filles (et quelques garçons) de suivre une école alternant enseignement classique et enseignement musical (chant, solfège, etc.).
« La rentrée à la Maîtrise était déjà passée depuis un mois, donc je devais postuler hors-concours. Ma voix n’avait jamais été travaillée, ma professeure m’a fait travailler si intensément que le jour de l’audition j’étais complètement enrouée. Heureusement, comme j’avais un bon niveau en solfège, j’ai réussi l’examen, et on m’a proposé de repasser l’audition de chant une semaine après, où là j’ai été prise. Ça a enchanté mes parents, et moi aussi. »
Danielle se plaît à la Maîtrise, où elle a parmi ses meilleures copines d’école Nicole Robin (que les voxophiles connaîtront plus tard comme voix française chantée de Charmian Carr (Liesl) dans La Mélodie du Bonheur (1966)). Chaque année, un examen de passage permet de continuer la Maîtrise… ou de la quitter. Danielle y reste jusqu’à ses dix-huit ans. 
A l’issue de la Maîtrise, la voie classique est généralement d’intégrer les chœurs de l’O.R.T.F. C’est ce qu’elle fait avec d’autres camarades, et participe à de nombreux enregistrements et concerts symphoniques, pour des grands chefs comme Herbert Van Karajan.

Le Quatre de Coeur
Mais la chanson française lui manque. En 1960, avec des anciens amis de la Maîtrise, elle monte un groupe vocal à la couleur très lyrique, Les Baladins des Champs-Elysées. Promu par le pianiste Jack Diéval dans ses émissions radiophoniques, le groupe est constitué de quatre femmes (Danielle Licari, Nadine Doukhan, Nicole Filoze et Jacqueline (dite Catherine) Sarassat) et trois ou quatre hommes (dont Jean Hoffmann et Gérard Friedmann) selon les enregistrements. L'année suivante, il est rebaptisé Les Baladins de Paris, et le grand François Rauber en assure la direction musicale. 
De ces Baladins, le pianiste Oswald d'Andrea en garde les quatre filles (et épousera Nicole Filoze, alors mariée au chef d'orchestre Georges Cour), pour créer en 1962 Le Quatre de Cœur, à la couleur plus "pop". Le destin des Baladins de Paris et du Quatre de Coeur sera tragiquement abrégé par la disparition prématurée de Catherine Sarassat, lors d’un accident de voiture. Danielle restera pendant longtemps très marquée par le décès de celle qui fut un temps sa meilleure amie.
Autre groupe vocal à la même époque: Les Balladines avec Danielle, Nadine Doukhan, Suzy Hallyday (future Gam's) et Sylviane Renard.

 Le Quatre de Coeur : N'oublie jamais (1963)
De g. à d. : N. Doukhan, N. Filoze, C. Sarassat et D. Licari (soliste)

Contrairement à ce qu’on peut parfois lire, Danielle Licari n’a jamais fait partie des Djinns, ensemble vocal créé après son départ de la Maîtrise. Elle suit en revanche le groupe lors d’une tournée. « C’est là, lors de la préparation d’un concert à Auch, que des filles m’ont dit « Regardez, il y a une fille au piano ». Des femmes pianistes c’était extrêmement rare, je suis allée regarder avec les autres, et j’ai vu une fille en robe et grands talons. Cette fille, c’était Jackye. C’est la première fois que je l’ai vue, sans lui parler. Elle était pianiste de l’orchestre des Cha Cha Boys, qui faisait un gala au même endroit. »

Les Barclay (1960)
A l’époque, les choristes lyriques sont parfois demandés en renfort pour des séances de variétés, c’est comme ça que Danielle est repérée par Christiane Legrand et intègre en 1960 Les Barclay, ensemble vocal constitué d’une douzaine à une trentaine de chanteurs en fonction des enregistrements. Dans Les Barclay se retrouvent, en fonction des séances, des choristes de variétés (Jean-Claude Briodin, Claudine Meunier, etc.) et des musiciens sachant chanter (Jacques et Claude Denjean, Jean-Claude Dubois, Bob Quibel, Jean-Claude Casadesus, etc.). Les coordonnées de Danielle circulent, et elle est immédiatement appelée dans les séances de chœurs pour des artistes de variétés, séances tellement nombreuses qu’elle arrête progressivement le classique.

Dans les séances d’enregistrement de la période 1960-1963, les sopranos qui ont le « lead » des chœurs et décrochent des soli sont alors principalement Janine de Waleyne, Christiane Legrand, et deux futures alti (Anne Germain et Claudine Meunier). Un événement, ou plutôt un film, va bousculer cet « ordre ».
« Christiane m’a dit un jour « Tu veux passer des essais pour un film ? Mon frère Michel va faire la musique, ils ont besoin d’une fille pour chanter le rôle de l’infirmière ». Quand j’ai auditionné chez Jacques Demy pour le rôle secondaire de Madeleine, Michel Legrand (qui m’accompagnait au piano) et lui ont dit « C’est la voix de Geneviève, il faut que ce soit elle qui fasse le rôle principal » ».
D. Licari, C. Legrand et C. Meunier
déchiffrant les partitions
des Parapluies de Cherbourg
L’orchestre des Parapluies de Cherbourg est enregistré à Charcot/Europasonor, et les voix au Poste Parisien, en juillet 1963. « Charcot faisait très hall de gare, c’était difficile d’enregistrer dans de bonnes conditions les voix et l’orchestre en même temps, ou alors il aurait fallu d’immenses paravents. On a donc fait les voix au Poste Parisien, qui se trouvait à côté du Cinéma Normandie, sur les Champs-Elysées. Il n’y avait pas de répétitions, tous les chanteurs (José Bartel, Christiane Legrand, etc.) lisaient très bien la musique et pouvaient chanter avec les paroles immédiatement. Comme le film n’était pas encore tourné, Jacques Demy nous indiquait ce qu’il se passait scène par scène afin qu’on y mette les intentions qu’il fallait : « là c’est la scène du départ, elle est en larmes, etc. ». Dès qu’on avait compris ce qu’il voulait et que ça convenait, c’était dans la boîte. J’ai enregistré le rôle de Geneviève en cinq jours (du 8 au 12 juillet 1963 inclus, NDLA) ».
Des disques sont ensuite pressés pour que les acteurs puissent répéter de nombreuses fois afin d’être parfaitement synchrones avec les voix lors du tournage.


D. Licari et M. Legrand
Si plusieurs acteurs du film, comme Nino Castelnuovo (Guy) ou Danièle Ajoret (qui devait interpréter Madeleine, avant d’être remplacée par Ellen Farner pour des raisons de coproduction), assistent aux séances d’enregistrement pour s’imprégner du texte et guider les chanteurs, Catherine Deneuve, elle, travaille de son côté.
« Moi en revanche je suis allée sur le tournage, car j’étais dans les environs à ce moment-là, et nous nous sommes également croisées par hasard à Noirmoutier, elle était en vacances dans le moulin de Jacques Demy et Agnès Varda, et j’avais une maison là-bas. A l’époque, la production n’a jamais voulu qu’on dise que ce n’était pas elle qui chantait dans le film. Michel Legrand, bien des années plus tard, m’a invitée à chanter en duo avec lui à la télévision la chanson des Parapluies « L’adieu à la gare ». »

Michel Legrand et Danielle Licari : Medley Les Parapluies de Cherbourg (1978)

Le film étant 100% chanté (donc sans une seule fois la vraie voix de Catherine Deneuve), on peut dire que le rôle de Geneviève doit son succès à 50% au travail de Danielle. Et pourtant son nom est tronqué au générique (« D. Licari »), elle n’est pas invitée aux événements liés au film (Festival de Cannes, où il reçoit la Palme d’or), et sa participation est pratiquement « cachée ».  Quand on lui demande si elle n’a pas été frustrée par cette situation, Danielle relativise : « C’est la vie, ça ne me gêne pas, j’ai fait mon excellent travail de chanteuse. Et à côté de ça, Michel Legrand nous a fait signer une feuille attestant que nous n’avions aucun droit sur les disques vendus. On a eu un cachet pour faire notre travail en studio, et terminé ! Ce n’est pas terrible ! Ce n’est vraiment pas bien moralement.»

Si le grand public en 1964 ne connaît pas le nom de Danielle Licari, les gens du métier et notamment les arrangeurs (qui font la pluie et le beau temps dans le monde des studios de l’époque) se rendent compte du potentiel de sa voix, à la fois puissante, aux aigus parfaitement assurés, et une interprétation mélodieuse et d’une grande sensibilité.
La plupart des arrangeurs en activité font appel à elle, et en particulier Jacques Denjean, qui l’associe avec son amie Nadine Doukhan et une certaine… Jackye Castan.


Enfance et débuts de Jackye Castan

Jackye Castan
Jackye Castan (de son vrai nom Jacqueline Castan, et longtemps orthographiée Jackie Castan sur les pochettes de disque) naît le 20 mars 1938 à Montpellier. Son père, antillais, étudiant en médecine à la faculté de Montpellier, ne la reconnaît pas à sa naissance. Elevée seule par sa mère (jusqu’à ce que celle-ci se remarie six ans après), la petite Jackye subit le racisme de ses camarades. « A l’époque, il ne devait y avoir que quelques personnes de couleur à Montpellier, donc à l’école on me traitait de bâtarde et de négresse. Pour faire face au rejet des autres, je me suis créé mon petit monde à moi, notamment en me lançant à fond dans le piano, que j’avais découvert étant petite fille grâce à un oncle qui jouait du piano « de routine » comme on disait avant, à savoir qu’il ne savait pas lire la musique mais quand il écoutait une chanson il pouvait la refaire au piano. »
Vers l’âge de six ans, elle entre au conservatoire, suit des cours de solfège, de piano, et de violoncelle, instrument pour lequel elle reçoit un prix d’excellence à l’unanimité.
Elle reçoit un premier prix de solfège, et surtout un prix d’accessit de piano qui lui permet d’accompagner les vedettes de passage dans les casinos de la région : « Pendant que je travaillais l’après-midi au Casino de Palavas pour faire répéter les attractions, je voyais à travers les grandes baies vitrées les jeunes filles de mon âge jouer au volley-ball, se baigner, etc. Cela me faisait envie. Mais d’un autre côté, bosser cela me permettait d’aider financièrement mes parents à qui je donnais l’intégralité de mon salaire, papa étant hémiplégique. A l’époque, nous n’avions pas beaucoup d’aides. Ils étaient heureux de savoir que j’étais là leurs côtés ».

Ses compétences de « lectrice » sont nécessaires afin de déchiffrer rapidement les partitions pour les concerts du soir.
« Après la guerre, beaucoup de musiciens se sont mis à faire du jazz, avec plus ou moins de talent. C’était la porte ouverte à l’improvisation. Ca faisait « américain » pour certains. Pour d’autres c’était « au secours, rendez-vous à la coda ! ». Mais je pense qu’après ce qu’avaient vécu les Français, leurs oreilles étaient d’une très grande complaisance.»

Mac Kac
La rencontre avec les batteurs Philippe Combelle et Mac Kac, de passage au Casino de Palavas à quelques semaines d’intervalle, va être déterminante. Tous deux la convainquent de « monter » à Paris. « Inconsciemment j’en avais un peu marre de Montpellier car je tournais en rond, j’avais fait tous les orchestres et je m’ennuyais musicalement. Mes parents m’ont dit « on a trois mois de sous pour te payer le voyage et un petit hôtel », et je suis partie à Paris vers 1958 ».

« A Paris, je suis allée au Club Saint-Germain, où Mac Kac m’avait fait entrer. Mais je n’y jouais pas. Les pianistes étaient René Urtreger, Georges Arvanitas et Maurice Vander, j’avais des étoiles plein les yeux. J’étais la  « groupie des pianistes ». »

Dans un autre club, Le Caméléon, elle retrouve Philippe Combelle qui lui propose de devenir pianiste dans l’orchestre de son père, le grand saxophoniste et chef d’orchestre Alix Combelle. Le début d’une grande aventure. A l’époque, les musiciennes sont peu nombreuses dans les orchestres classiques (à part pour des instruments particuliers comme la harpe ou les ondes Martenot) et encore moins dans le jazz. Jackye est à ce moment-là l’une des premières et seules femmes pianistes de jazz en France: « Le monde des orchestres était à 99% masculin, à part les chanteuses d’orchestre. Il m’est arrivée de me retrouver seule femme en tant que pianiste avec huit ou dix musiciens, croyez-moi ce n’est pas triste ! Les conversations : filles, bouffe, foot et politique pour les intellos. Somme toute, comme c’était toujours pareil, c’était assez reposant. Sauf deux ou trois fois, je n’ai jamais eu à me plaindre de gestes déplacés. Mon arme secrète: je les menaçais de leur apprendre le solfège (rires).»

Jackye se souvient de sa première répétition avec l'orchestre Combelle: « Le premier jour, répétition place Blanche où Alix avait un très grand appartement, et un studio de répétition. C’étaient mes débuts à Paris: j’ai pris le métro toute seule à Odéon à 13h et je me suis retrouvée toujours toute seule à 14h... à Odéon. Je suis arrivée 1h30 en retard à la répétition, avec honte et appréhension. Je sonne à la porte, et là une femme à la Marilyn Monroe m’ouvre la porte. Je n’avais jamais vu en vrai une femme aussi belle, et en plus gentille et souriante. Il faut dire que moi de mon côté j’avais une dégaine qui sentait bon le terroir: un manteau vert deux pièces fait par maman, tout parfait, quoi. Claude Nesle, la femme d’Alix Combelle, ayant senti mon désarroi, m’a mis tout de suite à l’aise. Arrivée à l’étage qui dominait la Seine, j’ai vu tout l’orchestre, et le pianiste que je devais remplacer, Jacky Knudde, qui est mort en Inde quelques temps plus tard. La répétition terminée, Alix m’a prise à part, et nous avons joué plusieurs thèmes. J’étais très jeune mais j’avais déjà de la bouteille. Il m’a donc engagée. C’était un vrai swingman, chorusman et une belle personne.»

La vie de tournée avec un orchestre n'est pas morose: «Alix avait son car personnel avec à l’intérieur dix-huit couchettes. Après les galas qui se terminaient vers 2 heures du matin selon les mairies, nous n’avions pas d’autres choix que d’aller nous allonger comme à l’armée, trois couchettes superposées,  avec un petit hublot pour voir dehors, et la lumière pour lire. Je passe sous silence beaucoup de bruits incongrus pour dire que la chaleur aidant, ces messieurs se découvraient au fur et à mesure, ce qui fait que le matin, allongés sur leurs couchettes, au hasard des regards nous n’avions que le choix (rires) ! Avec la chanteuse de l'orchestre, Danièle Bonal (femme d’un très grand guitariste de jazz, Jean Bonal, qui jouait à l’époque de Moustache), nous avons préparé une petite vengeance féminine bien méritée. En arrivant sur la place du village un matin, nous avons laissé les portes du fond du car ouvertes, et comme ils dormaient tous avec des boules quiès et des masques, ils n’ont rien vu ni rien entendu. Les villageois qui allaient au marché, surtout les femmes, profitaient d’un spectacle gratuit et exceptionnel. Ce n’était pas bien méchant, mais les musiciens nous ont fait la gueule pendant tout le gala. »

Jackye se rend une fois par semaine au fameux « marché aux musiciens » entre la place Blanche et Pigalle, où tous les musiciens parisiens se retrouvent pour s’échanger des bons plans et décrocher des engagements : galas dans des casinos de province, bals, événements privés, cabarets, etc.

Lisant bien la musique et bonne en jazz, elle court le cachet et enchaîne les orchestres comme par exemple Leo Clarens, Jacques Hélian, etc. Elle fait répéter (dans l’hôtel où elle vit alors, rue Gay-Lussac) des chanteurs comme Francis Linel, Jacqueline Danno ou P.A.O.L.A., fait des remplacements pour des galas (spectacle de Fernand Raynaud à Clermont-Ferrand)… ou des revues dans des cabarets plus ou moins recommandables. « Un jour un pianiste m’a demandé de le remplacer une semaine dans un cabaret. J’ai accepté, il fallait bien manger. Il n’y avait que des maquereaux et des prostituées. Un soir quelqu’un a tiré un coup de revolver, je me suis planquée derrière le piano. Ce pianiste que j’avais remplacé faisait dépression sur dépression, j’ai compris pourquoi. »

Dans les clubs de jazz, elle joue régulièrement au Caveau de la Huchette avec François Jeannot, remplace occasionnellement Georges Arvanitas (« On s’aimait beaucoup ; mais je n’avais pas autant de talent que lui »), et joue au Keur Samba (dans un groupe constitué notamment de Pierre Dutour, Jacques Nouredine et Jacky Césaire, fils du grand poète Aimé Césaire), où elle finit tous les matins à cinq heures.

Un événement va lui faire changer de trajectoire : dans l’orchestre des Cha Cha Boys, où Jackye joue du piano, le chef lui demande un jour de chanter une chanson en antillais. Saxophoniste dans l’orchestre (et choriste déjà important dans les studios parisiens, et membre des Double Six), Jean-Claude Briodin repère ainsi Jackye et donne son numéro de téléphone à plusieurs choristes.

« Un jour, je venais de rentrer chez moi à 5h du matin, et je reçois un coup de fil de Jeanette Baucomont (choriste, et ex-Swingle Singers). Elle m’appelle de la part de Jean-Claude, et me supplie de la remplacer pour une séance à 9h. J’arrive en retard au studio, la voix un peu fatiguée, mais j’assure quand même. Alors, petit à petit on a commencé à m’appeler quand il y avait des trous. Christiane Legrand convoquait souvent les chœurs dans les séances, et j’ai eu le privilège de travailler avec elle. Elle avait parfois du mal à chanter car je sortais des blagues monstrueuses et elle était très rieuse. Comme j’avais vécu dans un univers uniquement masculin je ne me rendais pas compte des énormités que je disais. Christiane savait, elle connaissait la mentalité des musiciens.»

Parmi les premiers artistes qu’elle accompagne, Henri Salvador. « Il m’appelait « petite sœur », avec lui j’ai fait notamment les chœurs sur « Le travail c’est la santé », entrecoupé de rires. On a eu du mal à enregistrer car il faisait des plaisanteries. »

En studio, la choriste Michèle Dorney lui parle de Danielle Licari comme de l’une des plus belles voix du moment, mais il faut attendre une séance fin 1963-début 1964 où Danielle et Jackye sont toutes deux convoquées par Janine de Waleyne, pour qu’une vraie rencontre ait lieu. « Danielle était mariée à ce moment-là. Je la faisais mourir de rire. Je crois que ça change les femmes de rire. Et ça fait cinquante-quatre ans que nous sommes ensemble. »


Pour lire, la suite de l'article (Partie 2), cliquez ici.
(Partie 1/3: Enfance et débuts de Danielle Licari et Jackye Castan, Partie 2/3: Les Fizz et les grandes années studio, Partie 3/3: Le Concerto pour une voix et l'après-Barclay)

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dimanche 9 septembre 2018

Mémoires de José Bartel (Partie 6)

Musicien, chef d'orchestre, directeur artistique, comédien, chanteur, etc. José Bartel (voix de Guy dans Les Parapluies de Cherbourg et du Roi Louie dans Le Livre de la Jungle) était un artiste à multiples facettes. 
Quelques mois avant sa disparition en 2010, il avait fini d'écrire ses souvenirs (intitulés: Faire comme si... Ou l'enrichissante mais peu lucrative balade d'un mec qui avait les dents trop courtes), que je vous propose de découvrir ici en exclusivité sous la forme d'un "feuilleton", publié avec l'aimable autorisation de sa veuve, Norma, et de son fils, David.

Dans le précédent épisode (Partie 5), José raconte l'enregistrement des Parapluies de Cherbourg, ses débuts de chanteur soliste et la création du groupe Jupiter Sunset...


DAVID…

Lola et moi sommes installés à La Celle St Cloud depuis peu lorsque le 31 décembre 1965 naîtra notre fils, David. Comment rêver mieux pour débuter l’année, que d’aborder l’avenir béatement installés sur notre petit nuage bleu ? Particulièrement bouleversé par cette naissance, je ne puis malgré tout m’empêcher d’espérer que jamais mon fils n’aura à ressentir lui aussi, le sentiment de frustration qui me suivra durant tant d’années après la séparation de mes propres parents. Une certitude cependant: quoiqu’il advienne, si plus tard, au cours de sa vie d’homme, d’éventuelles épreuves s’avèrent pénibles à surmonter ou plus simplement, s’il ressent le besoin de donner ou recevoir de la tendresse, comme ça, sans arrières pensées, il est important que David sache que toujours, il trouvera auprès de l’un ou l’autre d’entre nous, la compréhension, l’amour et le réconfort …

Aujourd’hui, bien que depuis longtemps déjà Lola et moi ayons choisi d’autres chemins, l’affection comme le respect n’ont en rien changé et grâce à Dieu, nous sommes toujours là. Alors si c’est O.K. avec « Lui », le Grand, là Haut,  nous tâcherons de rester disponibles le plus longtemps possible !



LA COMPAGNIE

Trop de responsabilités. Trop de problèmes pour renouveler le répertoire et faire accepter par l’équipe la nécessité de répéter de temps à autres. Trop d’argent à sortir pour renouveler (à mon compte, bien sûr) la sono ou les costumes et surtout, exaspéré d’être constamment forcé d’évoquer le respect des engagements pris par contrat. Quant ce n’est pas la nécessité d’également rappeler de temps à autres, la considération due au public. Un public qui progressivement, semble préférer les discothèques à la musique « live ». D’autant plus que mis à part l’effet de mode, cette désaffection pourrait aussi partiellement s’expliquer par l’attitude sur scène de certains des éléments de l’équipe musicale.
Comment ne pas comprendre par exemple, qu’il soit assez déplaisant pour les clients d’un night-club en principe destiné au divertissement et à la danse, d’être regardés de travers par un ou deux d’entre nous qui ostensiblement,  souhaiteraient voir se terminer la soirée au plus vite. Impatients qu’ils sont d’aller "faire le bœuf" avec les copains puis  se taper des spaghettis et boire un dernier pot en parlant de « vraie musique » avant d’aller se coucher.  
Est-ce la déception ?  Une certaine lassitude de la routine ?  Qu’importe, ma décision  est prise : La saison d’été 1967 au Casino du Palm Beach de Cannes sera ma dernière en tant que chef d’orchestre. D’autant plus que depuis quelques temps déjà, j’ai le désagréable sentiment de faire du sur place. Alors, il va falloir que ça bouge. 
Peu après la rentrée, c’était effectivement chose faite et sans que j’en aie vraiment conscience, une direction inattendue s’imposait dans mon choix de vie. 

Du statut de chanteur, musicien, compositeur, arrangeur, orchestrateur je passais en un temps record, à celui de responsable tout court en acceptant le poste de directeur artistique qui m’était offert par « La Compagnie », une nouvelle société d’édition et de production dirigée par un sympathique, ambitieux et compétent entrepreneur : Norbert Saada. Un ancien collaborateur et à présent, concurrent de l’homme au cigare et au costume blanc agrémenté de l’immuable bleuet à la boutonnière : L’importantissime industriel du disque Eddie Barclay ! 

Quant à mes nouvelles fonctions, mis à part la supervision des enregistrements et le suivi d’un certain nombre de  productions, mon nouveau job consistera également à collaborer avec la branche « édition » de la société. L’objectif étant d’augmenter l’importance et la valeur commerciale de notre catalogue. C’est en particulier par le biais de contacts avec les artistes, les compositeurs et les auteurs en vue du moment  que pour ma part,  j’étais censé acquérir le plus d’exclusivités possibles en droits d’édition et d’enregistrement. Une tâche  grandement facilitée sur le plan « relations publiques »  par le fait que des artistes comme Hugues Aufray, France Gall, Gilles Dreu ou Nicole Croisille,  étaient déjà pour la plupart, associés à « La Compagnie ». D’autre part,  s’agissant de relations publiques (donc de la promotion de nos disques auprès des programmateurs- radios et télévisions.) cette expérience a indiscutablement constitué pour moi une étape importante. Une expérience durant laquelle je me familiariserai aussi bien avec l’édition musicale qu’avec les plus récentes techniques d’enregistrement. Ce qui sera plus qu’utile pour la suite de ma carrière, à savoir : la communication , le marketing et la gestion de société.

Egalement c’est grâce à ce bout de chemin parcouru avec La Compagnie qu’il me sera donné l’occasion de croiser des personnages hors du commun et aussi divers que Lucien Morisse, Jacques Paoli, Hubert Wayaffe, Philippe Bouvard, Jean Bernard Hebey, Pierre Bouteiller, José Arthur, Jacques Martin, Jean Claude Laval, Jean Pierre Foucault, Michel Denisot, Pierre Lescure… L’incontournable et flamboyant Eddie Baclay étant bien sûr, à inclure lui aussi dans cette liste ! Enfin, un autre privilège particulièrement appréciable me sera accordé : Pouvoir apprécier dans les conditions les plus propices, le talent de grands artistes et créateurs. Comme par exemple Gilbert Bécaud, Jacques Brel, Raymond Devos, Eddy Mitchell, Claude Nougaro, Dalida, Serge Gainsbourg, Joe Dassin, Henri Salvador, Claude François, Mort Schuman, Eddy Marnay, Jean-Pierre Bourtayre, Michel Magne, Daniel Balavoine, Nino Ferrer et bien d’autres encore ..  Rapidement, il m’a fallu admettre qu’à présent, je me trouvai  dans une galaxie radicalement  différente de celle qui fut la mienne depuis tant d’années. Un système totalement commercialisé et déjà formaté ! Ou les radios F.M. et la télévision menaient un jeu à l’intérieur duquel, la musique et la création artistique demeuraient tout de même indispensables. Mais uniquement en tant qu’éléments fonctionnels nécessaires à la compréhension supposée des goûts du public. Ou si possible, la manipulation de celui-ci. Compte tenu du nombre d’options offertes  par l’évolution du métier, il m’apparut évident qu’à présent,  la voie à suivre était toute tracée.  Je continuerai dans le show-biz « nouvelle version » jusqu’à ce qu’arrive le moment de créer (pourquoi pas) mon propre label.



BIENVENUE A CUBA... COMPANERO ! 

1968 - Cette année là, j’ai l’honneur de recevoir de l’Ambassade cubaine à Paris, l’invitation à participer en tant que chanteur et artiste français, au Festival mondial de la Jeunesse de Varadero. Une occasion formidable d’enfin connaître - au terme toutefois, d’un voyage pour le moins louvoyant - le pays de mes ancêtres paternels. S’agissant de « voyage louvoyant », il faut en effet savoir que fin 68, pour se rendre à Cuba , on devait tout d’abord embarquer sur un vol Air France de Paris à Prague. Ensuite, après une escale d’un jour dans la capitale tchèque,- mais en vérité après deux jours de retard pour cause de réparations d’un turbo-propulseur défectueux – prendre le vol hebdomadaire de la Cubana de Aviacion pour rejoindre La Havane via  Shannon (Irlande) Gander (une partie du Canada), et de nouveau, un petit bout d’Atlantique car il était évidemment hors de question pour un avion cubain, de survoler le territoire américain. 
Comment ne pas être soulagés de pouvoir s’envoler hors de ce qui était alors le Rideau de fer ?  Même si paradoxalement, quitter Prague, ait pu au moment du départ, susciter une certaine frustration. Celle de n’avoir pu mieux connaître une si belle, mais en ces temps de guerre froide, si triste ville …
Dès notre arrivée à Cuba - la révolution et l’avènement du socialisme n’étant pas des événements si lointains- le contraste est cependant total. L’atmosphère change du tout au tout et la passerelle à peine descendue, l’ambiance générale se met instantanément au beau fixe. 
Le soleil bien sûr, mais aussi, la convivialité générée en permanence par la traditionnelle hospitalité cubaine. D’autant plus qu’en dépit des rumeurs de l’époque parlant de chape de plomb sur le pays, d’Etat policier et de « barbudos à la mine patibulaire »,  je dois reconnaître que rien de tout cela m’est apparu évident.  A moins que durant les périodes où seul et sans « guide-interprète- ange- gardien » je quittais l’hôtel Nacional où logeait la délégation française pour déambuler librement dans la ville,  quelque chose m’ait échappé. Mais non. Vraiment.  En toute honnêteté, le seul détail qui m’ait alors particulièrement frappé, c’est  que tout au long de mes balades dans les rues de la capitale cubaine, un nombre impressionnant de fenêtres et de balcons - y compris ceux en fer forgé du vieux Havane - diffusaient plein pot les principaux programmes F.M.de Floride ! Toutes portes -fenêtres grandes ouvertes et semble-t-il,  sans aucunes craintes de représailles.…
                                                                 
Mais je m’aperçois qu’il serait peut-être temps d’évoquer les circonstances ayant favorisé cette invitation officielle. Alors voilà : mon copain Ben (qui dirigeait alors l’orchestre de danse du Lido) était  littéralement fasciné par la « Musica Cubana ». Cette passion, lui ayant progressivement attiré - en tant qu’authentique spécialiste de cette musique - l’amitié et la considération de la communauté « habanera » de Paris, Ben finira par devenir l’un des familiers de la Résidence de l’Ambassadeur de Cuba en France. Une rare faveur qui pour Ben, à l’occasion d’un de ses fréquents entretiens à bâtons rompus avec le diplomate, eût pour conséquence de favoriser le déclenchement (involontaire ?) d’un processus exceptionnel me permettant d’enfin connaître mon lointain pays d’origine !
Effectivement, c’est au cours d’un dîner à la Résidence (le sujet de conversation portant sur les cubains de Paris) que Ben, probablement pour l’anecdote, évoque une amusante co-incidence : « Saviez-vous que dans le film « Les Parapluies de Cherbourg,  l’interprétation chantée du partenaire à l’écran de la jeune Catherine Deneuve a été assurée par un certain José Bartel ? Un français qui  se trouve être aussi … le petit fils du Général Quintin Bandéras ! »  
C’est ainsi que grâce à Ben, je me suis retrouvé quelques semaines plus tard, , intégré dans la délégation d’artistes chargés de représenter la France au Festival Mondial de la Jeunesse de Varadero à Cuba !
                                                              
Il est près de 22 heures, le Festival est déjà bien engagé. Et je me trouve dans les coulisses, prêt à passer. En dépit de mon air faussement calme,  je suis en vérité vert d’appréhension. Avec en plus le cœur qui bat la chamade et les mains moites du type dont ça va bientôt être le tour d’apporter à une manifestation de cette envergure, sa modeste participation. 
Puis c’est l‘annonce :  "De Francia …el nieto de Quintin Bandéras … José Bartel !"  
Une précision toutefois car il s’agit là d’un point de détail important. Un détail qui je pense, est susceptible de mieux expliquer l’incident qui va suivre : 
Par la presse, les officiels ou les organisateurs du Festival, le grand public est déjà informé des origines cubaines de l’artiste venu de France pour le Festival. En raison de quoi,  le soir de mon passage sur la scène du festival, un bouleversement émotionnel rare dans la vie d’un homme allait se manifester :
Je n’ai pas même le temps d’atteindre le micro, que le stade entier est debout et que s’élève une impressionnante et interminable ovation. Un accueil extraordinairement émouvant qui en fait, ne m’est pas véritablement destiné. En toute vraisemblance et ce n’est que Justice, cet hommage s’adresse bien sûr et surtout, au héros national qu’était mon grand-père : Le Général Quintin Bandéras. 
Les minutes passent et bien que le tonnerre continue,  es quatre-vingt musiciens du grand orchestre de la radio nationale attaquent enfin l’introduction de ma chanson. Mais je reste muet, foudroyé, incapable de sortir un son. Tant j’ai la gorge serrée et les yeux embrouillés de larmes. 
Un siècle passe, durant lequel, après avoir arrêté l’orchestre et m’être dominé le mieux possible, je suis finalement en mesure de reprendre et terminer ma prestation. Une prestation qui malgré  mon hébétude, semble avoir finalement été entendue et appréciée par le public. Il ne fait aucun doute que mon émotion la plus forte restera à jamais, le bonheur qui m’a été accordé cette nuit-là : Vivre un moment d’une incomparable intensité. Peut-on rêver meilleur retour aux sources ? Il serait superflu je pense - pour ne pas dire ingrat - d’espérer moissonner à nouveau de si émouvants souvenirs.  Mais tout a une fin. Le congé pris à la Compagnie arrive à son terme. Il va me falloir rentrer à Paris…. 

Dès mon retour à La Compagnie, le travail reprend donc de façon positive et sans a-coups. Sur le plan matériel également je n’ai pas à me plaindre car  l’écriture  de « jingles » publicitaires ou la post-synchronisation de films me fournissent à l’occasion, des compléments de salaire appréciables. Puis petit à petit, ça déraille.  Comme dit encore l’autre : « Tout a une fin, même les bonnes choses » ou encore, «  Après le soleil vient la pluie, etc» … Des poncifs usuels bien sûr mais le problème, c’est que ces citations ringardes vont bientôt devenir d’une cuisante actualité. Motif ? La Compagnie ayant sans crier gare fini par déposer son bilan, je me réveille une nouvelle fois sans job, sans salaire, et «cadre » de rien du tout. Conclusions ?  
Je vais devoir à nouveau décrocher le téléphone et pousser les feux sur l’écriture d’arrangements et d’orchestrations. Décrocher des séances d’enregistrement comme choriste, ou le doublage de films musicaux américains dont la version française du Livre de la Jungle vu par Disney. Quitte à me transformer en Roi des singes pour l’occasion. ( ! )  
C’est dire qu’à part une reprise accélérée d’activités occasionnelles, il m’était alors impossible de sérieusement imaginer jusqu’où ces pérégrinations me conduiraient. Et pourtant, succédant à une série de boulots intermittents entrecoupés d’expériences musicales peu rémunératrices - malgré Jupiter Sunset - le miracle s’est produit .  
En effet, grâce à l’aide inespérée et le support d’un ami conseiller juridique, j’ai finalement réussi, par une belle journée du printemps 1971, a réunir les conditions qui permettront la constitution de ma propre société d’édition : « Grenadine Music ». Ouf !


José Bartel chante "Etre un homme comme vous" dans Le Livre de la Jungle (1968)


GRENADINE MUSIC

Dans la mesure du possible, la collaboration d’une « locomotive » - accompagnée de l’exclusivité éditoriale de tout ou partie de son catalogue -  peut s’avérer très utile au démarrage d’une édition embryonnaire telle que Grenadine Music. Le terme de « locomotive »  étant bien entendu utilisé ici, comme synonyme de vedette reconnue susceptible (en fonction de sa popularité et de la régularité de ses ventes) de « tirer » vers le succès une nouvelle société de production. Par conséquent, pour nous, la chasse était ouverte. A savoir : la course intensive au placement des titres composant notre catalogue avec pour finalité, leur enregistrement par des artistes déjà célèbres. Ces chansons étant comme il se doit, généralement concoctées sur mesures par les auteurs et compositeurs adéquats. Mais il faut malgré tout reconnaître que le choix des  Stars se portait plutôt sur les « tubes »  confirmés  (ou « covers »)  acquis par la branche internationale de Grenadine Music pour traduction et promotion en France. S’agissant de la rentabilité de la version française de ces titres (presque toujours américains ou anglais à quelques exceptions près) force est d’admettre que le fait de s’être déjà confirmés comme de gros succès commerciaux dans leur pays respectifs, rendait ces tires indéniablement  plus attractifs aux producteurs français. Comme par exemple le tube espagnol : Borriquito. Le pari que nous avions pris en sortant la version originale de ce titre se confirmera en opération réussie car « Borriquito » connut en 1971 un appréciable succès en France. Compte tenu de ces positifs mais modestes débuts dans la jungle de l’édition et du show-biz, pouvions-nous interpréter notre premier « succès » comme un signe d’encouragement ?  Certainement. Mais ce ne pouvait être que temporaire puisque très vite, afin de vraiment stabiliser financièrement notre société d’édition et faire progresser notre chiffre d’affaires, il est apparu incontournable de tout d’abord  affirmer en premier, notre image de producteurs discographiques. Faute de quoi,  comment rentabiliser le catalogue et garantir la viabilité de Grenadine Music sans promouvoir de nouveaux artistes ? Et pour cela, assumer leurs frais de production et de démarrage ?  Pour faire tourner la boîte, nous ne pouvions plus ne compter que sur l’hypothétique enregistrement d’un de nos titres par une vedette établie. Mais plutôt, investir d’avantage dans la production de disques portant notre propre label.       

Une évidence qui petit à petit fera son chemin et nous mènera finalement à la création des disques Agave destinés à la diffusion et la commercialisation de nos propres productions. Suite à ces ajustements, les affaires commenceront à évoluer favorablement pour Grenadine Music. Quoiqu’en ce qui concerne les disques Agave et l’accueil positif de la profession et du public, la réussite commerciale permanente ne sera, elle, jamais au rendez-vous. Malgré tout, il m’arrive aujourd’hui encore, de me remémorer sans aigreur aucune mais plutôt avec fierté, quelques unes de nos productions d’alors. Entre autres, Magic Garden, un 33 tours instrumental  magnifique enregistré par l’exceptionnel harmoniciste Claude Garden, soutenu pour les arrangements, par Michel Colombier et Vladimir Cosma. Je pense aussi à la bande originale du film de Charles Matton L’Italien des Roses lauréat du Prix de la Critique 72 à Venise. Et tout spécialement, l’excellente qualité musicale des deux albums conçus et réalisés par le groupe Nemo…


Nemo : Doin' nuthin' (1974)

A la différence d’autres formations françaises de tendances diverses - comme Magnum ou Gold par exemple - Nemo se singularisait par l’option que le groupe avait choisi pour s’exprimer. C’est-à-dire baser son répertoire sur des créations originales comportant des textes anglais et interprétées dans cette langue pratiquement sans accent, ce qui rendait Nemo beaucoup plus à même d’accrocher un public international et pour Grenadine Music, présentait l’avantage d’exporter leur album dans les conditions les plus favorables à une  possible distribution à l’étranger. 
Quelle ne fut donc pas ma joie après le superbe travail effectué par le groupe, d’apprendre qu‘Herb Alpert à Los Angeles et Nesuhi Ertegün (Atlantic Records) à New York, très favorablement impressionnés par la musique des « frenchies », étaient plus que partants pour sortir le disque! A la condition toutefois – probablement pour la touche « exotique » ? - que  Nemo consente à  inclure dans l’album au moins un titre en français. 
Sachant d’autant plus qu’à la même époque,  « Kraftwerk » (un groupe européen venu d’Allemagne) faisait un carton aux  U.S.A. avec son single : « Autobahn »,  tous les espoir étaient permis pour Nemo.  Or il se trouve qu’à mon retour des Etats Unis, ce que je pensais être « la » bonne nouvelle du siècle, s’est transformé en douche froide... En effet, la majorité de l’équipe fut intraitable :  Afin de maintenir la continuité dans le style et la couleur sonore du groupe, il était hors de question d’insérer dans l’album un titre chanté dans une langue autre que l’anglais. Alors … ce serait :  Non ! 
                                              
Même si cela devait compromettre la signature d’un contrat U.S. Je comprends et respecte  évidemment leur décision tout en déplorant malgré tout, une intransigeance qui à mon sens n’avait pas lieu d’être… D’évidence, il devint alors inévitable qu’en raison de positions et d’exigences de ce type, nos projets et nos rêves de carrière internationale commencent par s’estomper pour ensuite - mis à part notre amitié- disparaître complètement. C’est bien dommage…
Enfin, la vie continue et sur le plan boulot, je n’ai pas à me plaindre . Quoique pour ce qui concerne ma vie privée, le ciel se soit passablement assombri car depuis des mois ce ne sont qu’inquiétude et morosité qui m’attendent chaque matin... Entre Lola et moi tout va mal et nos relations se sont détériorées au point qu’à présent, c’est l’orage permanent. Va-t-il nous falloir bientôt envisager séparation ? J’ai bien peur que oui… 

David, lui, a bien sûr tout compris. Il est bouleversé de nous voir constamment nous déchirer.  Il sait aussi, heureusement, combien nous l’aimons et qu’il ne se retrouvera  jamais seul, quoiqu’il arrive. Malgré tout, avec une maturité inattendue chez un enfant de son âge, il essaie à sa façon de nous aider à surmonter l’épreuve et renoncer à une séparation qui hélas, ne saurait tarder…Mais en vain..

Partie 1 (enfance, Marseille), Partie 2 (débuts avec Aimé Barelli, caves de jazz à Saint-Germain-des-Prés), Partie 3 (Monte-Carlo), Partie 4 (Algérie, retour à Paris, Istamboul), Partie 5 (Parapluies de Cherbourg, Jupiter Sunset), Partie 6 (La Compagnie, voyage à Cuba, Grenadine Music), Partie 7 (La Comédie-Française, Monte-Carlo / S.B.M.)... (A suivre)

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mercredi 5 septembre 2018

Jacques Brel enregistrant "Fils de" en 1967



"Je suis partisan du direct, il y a plus d'ambiance quand ça se fait tous ensemble: les musiciens et le monsieur qui chante".






Jacques Brel enregistrant "Fils de" le 2 janvier 1967 au studio Hoche (Barclay). François Rauber dirige l'orchestre, Lionel Gali est le premier violon. On peut reconnaître parmi les saxophonistes les frères Joseph et Marcel Hrasko, et aux ondes Martenot Sylvette Allart (sur laquelle nous n'avons aucune information, aucune photo, etc. Si sa famille ou ses amis me lisent, qu'ils n'hésitent pas à me contacter à danslombredesstudios@gmail.com), qui avec Janine de Waleyne faisait partie des ondistes les plus demandées à l'époque.
En cabine, l'ingénieur du son Gérard Lehner (décédé en 2010) qui travaille sur magnétophones Ampex 2 pistes et 3 pistes et Studer 4 pistes, le chef d'orchestre Pierre Chaillé (directeur du studio Hoche), Jean Fernandez (directeur artistique pour Brel et Ferré) et Georges Pasquier dit "Jojo" (secrétaire de Jacques Brel).




Pendant l'interview de Jacques Brel par Michel Drucker, l'orchestre répète "Mon enfance".

(Remerciements à Gérard Delassus, Jean-Claude Briodin, Sébastien Merlin et Alaric Perrolier)

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samedi 14 avril 2018

Fiches voxographiques Disney, 7ème partie: De Robin des Bois à Winnie l'Ourson

Voici la suite de la synthèse des recherches sur les premiers doublages Disney que j'ai effectuées en collaboration avec François Justamand (La Gazette du Doublage), Olikos (Grands Classiques) et Greg Philip (Film perdu). 


ROBIN DES BOIS (1973)

Doublage français unique (enregistrement en avril 19741, sortie française le 30 octobre 1974) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 2
Studio : Studios de Boulogne 1
Direction artistique : Serge Nadaud 2
Direction musicale : Georges Tzipine 2
Adaptation des dialogues : Louis Sauvat 2
Adaptation des chansons : Louis Sauvat 2 et Christian Jollet 2
Supervision : Jack Cutting 1

Robin des Bois : Dominique Paturel 2
Petit Jean : Claude Bertrand 2 (Dialogues)
Petit Jean : Jean Stout 2 (Chant)
Prince Jean : Philippe Dumat 2
Triste Sire : Roger Carel 2 (Dialogues et Chant)
Belle Marianne : Michèle André 2
Dame Gertrude : Huguette Morins 2
Adam de La Halle : Pierre Vassiliu 2 (Dialogues et Chant)
Frère Tuck : Pierre Tornade 2
Le shérif de Nottingham : Jacques Marin (Dialogues et Chant)
Pendard : Albert Augier 2
Niquedouille : Francis Lax 2
Bobby (lapin) : Christophe Bruno 2  
Veuve Lapin : Marie Francey 2
La soeur aînée de Bobby : Béatrice Bruno 2
Tagalong, la petite sœur de Bobby : Aurélia Bruno 2
Toby (tortue) : Fabrice Bruno 2
Corniaud : Henry Djanik 2
Le Capitaine : Georges Atlas 2
Croquenote : Guy Piérauld 2
Mère Souris : Colette Ripert 2
Roi Richard Cœur-de-Lion : Jean Martinelli 2
Chanteuse soliste « Hier, deux enfants » : Franca di Rienzo 2
Narrateur séquence d’ouverture : Nicolas Silberg 1
Chœurs : Janine de Waleyne2, Géraldine Gogly2, Anne Germain 2, Claudine Meunier 2,  Jean Stout 2, Jean Cussac 2, Michel Barouille 2 et Olivier Constantin 2
Remarques :
-L’expression « Oo-de-lally » est prononcée de manière différente en fonction des protagonistes et des répliques (« Oh-da-loully », « Oh-de-lally », etc.).
-Petite erreur d’adaptation sur une réplique de Pendard (« sarbacane » au lieu d’ « arbalète »).
-Il s’agit de l’un des rares doublages effectués par Huguette Morins (comédienne, épouse d’un administrateur de théâtre, M. Busson), avec qui j’avais pu échanger quelques mots par téléphone il y a une dizaine d’années.
-Certainement l’un de meilleurs doublages Disney en terme de jeu. On est au théâtre, les comédiens prennent un plaisir extraordinaire, et nous aussi.

Fiches voxographiques de Robin des Bois réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 9 juillet 2021.
Sources :
1Rémi  Carémel / Dans l'ombre des studios (remerciements à Philippe Dumat, Dominique Paturel et Béatrice Bruno),
2Carton DVD/Dossier de presse. 


LES AVENTURES DE BERNARD ET BIANCA (1977)

Doublage français unique (enregistrement en juillet 19771, sortie française le 30 novembre 1977) :
Société et studio : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 2
Direction artistique : Jean-Pierre Dorat 2
Direction musicale : Georges Tzipine 2
Adaptation des dialogues : Natacha Nahon 2
Adaptation des chansons : Pierre Delanoë 2

Bernard : Roger Carel 2 (Dialogues et Chant)
Bianca : Béatrice Delfe 2 (Dialogues)
Bianca : Anne Germain 1 (Chant « S.O.S. Société »)
Penny : Aurélia Bruno 2
Madame Medusa : Perrette Pradier 2
Monsieur Snoops : Philippe Dumat 2
Orville : Francis Lax2
Annie Bouée : Jane Val 2
Luke : Gérard Hernandez 3
Le Président de la S.O.S. Société : Georges Riquier
Rufus : Teddy Bilis 2
Chanteuse soliste (« Le voyage », « Demain est un autre jour » et « Quelqu’un viendra ») : Dominique Poulain2
La tortue : Henry Djanik 1
Le lapin : Serge Lhorca 3
Le hibou : Albert Augier 4
Bulldozer la taupe : Pierre Garin 4
L’ambassadrice allemande : Géraldine Gogly 1 (Chant)
Le journaliste : Jean Berger 4
Chœurs : Françoise Walle1, Géraldine Gogly1, Anne Germain1, José Germain 1, Jean Cussac 1,  etc.
Remarques :
-Le générique crédite par erreur Serge Lhorca sur Luke (alors que Luke est doublé par Gérard Hernandez, et Serge Lhorca double quant à lui le lapin).
-Petites erreurs dans le générique : « Jeanne » (au lieu de Jane) Val et Teddy « Billis » (au lieu de Bilis)
-Le passage où Orville chantonne (sans paroles) l’air de l’U.S. Air Force est laissé en V.O. Le raccord voix avec Francis Lax n’est pas « évident ».
-A l’époque, pour le chant soliste, Anne Germain, sa fille Isabelle Germain, Françoise Walle, Géraldine Gogly et Dominique Poulain avaient passé des essais. C’est finalement Dominique qui a été choisie.

Fiches voxographiques des Aventures de Bernard et Bianca réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 9 juillet 2021.
Sources :
1Rémi  Carémel / Dans l'ombre des studios (remerciements à Philippe Dumat, Anne Germain, Françoise Walle et José Germain),
2Carton VHS


PETER ET ELLIOTT LE DRAGON (1977)


Doublage français d’origine (enregistrement en juin 19781, sortie française le 18 octobre 1978) :
Société et studio : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 2
Direction artistique : Jean-Pierre Dorat 2
Direction musicale : Georges Tzipine 2
Adaptation des dialogues : Natacha Nahon 2
Adaptation des chansons : Pierre Delanoë 2 et Henry Lemarchand 2
Détection des chansons : Daniel Danglard 1

Peter : Morvan Salez 2 (Dialogues)
Peter : Rachid Arhab 1 (Chant)
Nora : Nicole Croisille 2 (Dialogues et Chant)
Lampie : Maurice Baquet 2 (Dialogues et Chant)
Docteur Terminus : Philippe Clay 2 (Dialogues et Chant)
Hoagy : Philippe Dumat 2 (Dialogues et Chant)
Lena Gogan : Paule Emanuèle 2 (Dialogues et Chant)
Merle Gogan : Jacques Deschamps 3 (Dialogues et Chant)
Grover Gogan (le barbu) : Dominique Collignon-Maurin 3 (Dialogues et Chant)
Willie Gogan (casquette) : Yves-Marie Maurin 3 (Dialogues et Chant)
Miss Taylor : Jocelyne Darche 4
Le Maire : Claude Bertrand 3
Paul : Marc de Georgi 3
Le second de Paul : Henri Labussière 1
Le porteur d’œufs : Henri Labussière 5
Ford (commerçant roux et barbu) : Claude d’Yd 3
Le maçon : Alain Dorval 3
Le laitier : Jean-Pierre Leroux 3
La vigie : Henry Djanik1
L’homme à la clôture : Alain Dorval 3
L’homme à la chevelure rose : Pierre Marret1
Villageois « Doux Jesus, regardez-moi ça ! » : Alain Dorval 3
Marin 1 (moustachu) : Pierre Garin1 (Dialogues)
Marin 1 (moustachu) : José Germain1 (Chant « quel pote ! »)
Marin 2 (âgé) : Georges Atlas1 (Dialogues)
Marin 2 (âgé) : Henri Tallourd1 (Chant « quel homme ! »)
Marin 3 (ciré jaune) : Claude Joseph1 (Dialogues)
Marin 3 (ciré jaune) : José Germain1 (Chant « quel frère ! »)
Chanteuse soliste « Un petit point de lumière » : Nicole Croisille1
Chœurs d’adultes : Danielle Licari1, Anne Germain1, Henri Tallourd1, José Germain1, Jean-Claude Briodin1, Jean Cussac1Pierre Marret1, etc.
Chœurs d’enfants : Les Petits Chanteurs d’Asnières alias Les Poppys2
Remarques :
-Dans la première fiche établie par les voxophiles du Forum de La Gazette du Doublage, une inversion a été faite pour les rôles de Grover et Willie. De même, Miss Taylor a été attribuée à Danielle Volle alors qu’il s’agirait plutôt (comme dans le redoublage) de Jocelyne Darche. Erreurs réparées.
-La voix chantée de Peter était assurée par Rachid Arhab (qui n’a rien à voir avec son homonyme journaliste), jeune chanteur des Poppys. Merci à Daniel Danglard (membre des Poppys, et détecteur des chansons sur ce doublage).
-Si les chœurs étaient généralement enregistrés « en direct », les rôles chantés solistes bénéficiaient parfois d’une petite répétition avant l’enregistrement. Dans les agendas de Philippe Dumat, on apprend ainsi qu’il a « répété chez Georges Tzipine » le 16 juin 1978 (6 jours avant d’enregistrer ses chansons).
-Roger Lumont avait été choisi sur essais pour doubler le rôle de Lampie (joué par Mickey Rooney) et avait commencé à enregistrer le rôle avant que le superviseur ne lui dise qu'il "ne ressemblait pas à Mickey Rooney" (dixit Roger) et le fasse remplacer par Maurice Baquet.
-Doublage exploité en salles, Laserdisc et dans certaines éditions DVD (durée : 101 minutes) et VHS.

Deuxième doublage français (enregistrement en 20031, sortie française en octobre 2003) :
Société : Cinéphase 2
Direction artistique : Perrette Pradier 2
Direction musicale : Georges Costa 2
Adaptation des dialogues originaux : Natacha Nahon 2
Adaptation des chansons originales : Pierre Delanoë 2 et Henry Lemarchand 2
Adaptation des nouveaux dialogues et chansons : Luc Aulivier 2

Peter : Maxime Baudouin 6 (Dialogues et Chant)
Nora : Brigitte Virtudes 6 (Dialogues et Chant)
Lampie : Jean-Claude Donda 6 (Dialogues et Chant)
Docteur Terminus : Bernard Alane 6(Dialogues et Chant)
Hoagy : Pierre-François Pistorio 6 (Dialogues et Chant)
Lena Gogan : Elisabeth Wiener 6 (Dialogues et Chant)
Merle Gogan : Gérard Rinaldi 6 (Dialogues et Chant)
Grover Gogan (le barbu) : Michel Mella 6 (Dialogues et Chant)
Willie Gogan (casquette) : Emmanuel Jacomy 6 (Dialogues et Chant)
Miss Taylor : Jocelyne Darche 6
Le Maire : Marc Alfos 6
Paul : Jean-Louis Faure 6
Le porteur d’œufs : Frédéric Cerdal 7
Ford (commerçant roux et barbu) : Pierre Dourlens 3
La vigie : Frédéric Cerdal 7
Villageois de couleur : Pascal Casanova 7
La femme « bombonne » : Martine Latorre1
L’homme à la chevelure rose : Jean-Claude Briodin1
Villageois « Je m’en remets à lui moi aussi » : Thierry Murzeau 8
Marin 2 (âgé) : Jean-Michel Farcy8(Dialogues)
Marin 2 (âgé) : Jacques Mercier1 (Chant)
Marin 3 (ciré jaune) : Olivier Constantin1 (Chant)
Chœurs d’adultes : Francine Chantereau2, Grazziella Madrigal 2, Dominique Poulain 2, Martine Latorre 2, Michel Costa2, Olivier Constantin2, Jean-Marie Marrier2, Georges Costa2, Jacques Mercier2 et Jean-Claude Briodin2.
Chœurs d’enfants : Nicolas Costa2, etc.
Remarques :
-Dans la chanson « On a un acte de vente », il y a une inversion de voix (Michel Mella chante une réplique de Willie et Emmanuel Jacomy chante une réplique de Grover).
-Dans la chanson « Passamaquoddy », il y a une erreur dans le relevé des chansons du 1er doublage. Bernard Alane dit « La médecine doit être chantée » au lieu de « La médecine doit être charité ».
-Redoublage réalisé pour la sortie de la version longue.
-Doublage exploité dans certaines éditions VHS et DVD (durée : 142 minutes), DVD Z1 (avec les crédits du 1er doublage) et Blu Ray ZA (avec les crédits du 1er doublage).

Fiches voxographiques de Peter et Elliott le dragon réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 9 juillet 2021.
Sources :
1Rémi  Carémel / Dans l'ombre des studios (remerciements à Philippe Dumat, Roger Lumont, Anne Germain, José Germain, Daniel Danglard, Danielle Licari, Jean-Claude Briodin et Georges Costa),
2Carton VHS,



LES AVENTURES DE WINNIE L'OURSON (1977)

Doublage français d’origine du segment « Winnie l’Ourson et l’arbre à miel » (enregistrement fin 1966-début 1967, sortie française en mars 1967 (sous forme de court-métrage en première partie de Quatre bassets pour un danois) et le 3 juin 1977 intégré au long-métrage Les Aventures de Winnie l’ourson) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 1
Direction artistique : Henri Allegrier-Ebstein 1
Direction musicale : André Theurer 1
Adaptation des dialogues et chansons: Louis Sauvat 1
Supervision : Wally J. Hardouin 1

Winnie l’Ourson : Roger Carel 1 (Dialogues et Chant)
Jean-Christophe : Benjamin Boda 1 (Dialogues et Chant)
Coco Lapin : Roger Carel 1
Grignotin : Jo Charrier 2
Maître Hibou : Henry Djanik 1
Bourriquet : Pierre Marret 2 (Dialogues et Chant)
Le Narrateur : Michel Gudin 3
Chanteur soliste dans la chanson « Mains en l’air » : Pierre Marret 2
Remarques :
-Les voix de Maman Gourou et Petit Gourou ne peuvent être identifiées avec certitude. (Les noms de Suzy Dornac et de la choriste Michelle Dornay se retrouvent sur des pochettes de livres-disques, mais à prendre avec de grandes pincettes).
-Doublage exploité en salles, VHS (sauf l’édition de 1997) et DVD. En DVD, sous sa forme long-métrage, les transitions entre les trois parties sont celles du deuxième doublage (par Patrice Baudrier, Roger Carel et Jackie Berger).

Doublage français d’origine du segment « Winnie l’Ourson dans le vent » (enregistrement en mai 19692, sortie française le 20 mars 1970 (sous forme de court-métrage) et le 3 juin 1977 intégré au long-métrage Les Aventures de Winnie l’ourson) :
Société : Société Parisienne de Sonorisation (S.P.S.) 2

Winnie l’Ourson : Roger Carel 1 (Dialogues et Chant)
Jean-Christophe : Gaston Guez 2
Tigre Dingo : Jacques Hilling 2 (Dialogues et Chant)
Coco Lapin : Roger Carel 1
Porcinet : Roger Carel 1
Grignotin : Jo Charrier 2
Maître Hibou : Henry Djanik 1
Bourriquet : Pierre Marret 2 (Dialogues et Chant)
Le Narrateur : Michel Gudin 3
Chœurs : Anne Germain 2, José Germain 2, etc.
Remarques :
-Les voix de Maman Gourou et Petit Gourou ne peuvent être identifiées avec certitude. (Les noms de Suzy Dornac et de la choriste Michelle Dornay se retrouvent sur des pochettes de livres-disques, mais à prendre avec de grandes pincettes).
-Doublage exploité en salles, VHS (sauf l’édition de 1997) et DVD. En DVD, sous sa forme long-métrage, les transitions entre les trois parties sont celles du deuxième doublage (par Patrice Baudrier, Roger Carel et Jackie Berger).

Doublage français d’origine du segment « Winnie l’Ourson et le Tigre fou » (enregistrement entre 1974 et 1977, sortie française a priori le 3 juin 1977, intégré au long-métrage Les Aventures de Winnie l’ourson) :

Winnie l’Ourson : Roger Carel 1 (Dialogues et Chant)
Jean-Christophe : Christophe Bruno 1
Tigrou : Christian Marin 2 (Dialogues)
Tigrou : Jacques Hilling 2 (Chant, repiquage de la chanson « C’est merveilleux d’être un tigre » du précédent court-métrage)
Coco Lapin : Roger Carel 1
Porcinet : Roger Carel 1
Le Narrateur : Michel Gudin 3
Remarques :
-Les voix de Maman Gourou et Petit Gourou ne peuvent être identifiées avec certitude. (Les noms de Suzy Dornac et de la choriste Michelle Dornay se retrouvent sur des pochettes de livres-disques d'époque, et dans le carton final de la VHS canadienne de 2000) mais à prendre avec de grandes pincettes).
-Doublage exploité en salles, VHS (sauf l’édition de 1997) et DVD. En DVD, sous sa forme long-métrage, les transitions entre les trois parties sont celles du deuxième doublage (par Patrice Baudrier, Roger Carel et Jackie Berger).

Deuxième doublage français de l’intégralité des Aventures de Winnie l’ourson (enregistrement en septembre 1992 2 (chanson « Les éphélants et les nouifs » pour VHS Chantons ensemble) puis a priori le reste en octobre 1996 2, sortie française le 5 août 1997) :
Société : Dubbing Brothers 2 (« Les éphélants et les nouifs ») et Télétota 1 (reste du film)
Direction artistique : Patricia Angot 1
Direction musicale : Georges Costa 1
Adaptation des dialogues et chansons originaux : Louis Sauvat 1
Adaptation des nouvelles chansons : Luc Aulivier 1

Winnie l’Ourson : Roger Carel 1 (Dialogues et Chant)
Jean-Christophe : Jackie Berger 1
Tigrou: Patrick Préjean 1 (Dialogues et Chant)
Coco Lapin : Roger Carel 1
Porcinet : Roger Carel 1
Grignotin : Guy Piérauld 1
Maître Hibou : Henry Djanik 1
Bourriquet : Henry Djanik 1
Maman Gourou : Claude Chantal 1
Petit Gourou : Jackie Berger 1
Le Narrateur : Patrice Baudrier 1
Chanteurs solistes « Les éphélants et les nouifs » : Georges Costa 2 (« dehors », « ils sont partout », « mon Dieu qu’ils sont laids », etc.), Michel Costa 2 (« voleurs, menteurs », « en pyjama », etc.), Jean-Claude Briodin 2 (« jongleurs, tricheurs », etc.) et Jean Stout 2 (« ils s’entortillent les bras, les chevilles », etc.)
Choeurs: Dominique Poulain 2, Michel Costa 2, Georges Costa 2, Jean-Claude Briodin 2, Jean Stout 2, etc.
Remarques :
-Redoublage effectué pour harmoniser le film avec les nouvelles voix des personnages.
-Doublage exploité en VHS (édition de 1997) et Laserdisc.

Troisième doublage français d'extraits des Aventures de Winnie l’ourson (enregistrement en 2011 2, sortie française en 2012) :
Société : Dubbing Brothers 
Direction artistique : Patricia Angot 1
Direction musicale : Claude Lombard 1
Adaptation des dialogues  : Patricia Angot 1
Adaptation des chansons : Claude Lombard 1

Winnie l’Ourson : Jean-Claude Donda (Dialogues et Chant)
Jean-Christophe : Tom Trouffier 1
Tigrou: Patrick Préjean (Dialogues et Chant)
Coco Lapin : Michel Mella 1
Porcinet : Hervé Rey 1
Grignotin : Patrick Pellegrin 1
Bourriquet : Wahid Lamamra 1
Maman Gourou : Céline Monsarrat 1
Petit Gourou : Bonnie Lener 1
Le Narrateur : François Berland 1
Choeurs: Olivier Podesta 1, etc.
Remarques :
-Redoublage d'extraits proposés en mini-épisodes pour des bonus Blu-Ray des Aventures de Tigrou, en VOD sur iTunes, etc.

Fiches voxographiques des Aventures de Winnie l’ourson réalisées par François Justamand (La Gazette du Doublage), Rémi Carémel (Dans l’ombre des studios), Greg Philip (Film perdu) et Olikos (Les Grands Classiques). Ces fiches ont été vérifiées par plusieurs spécialistes mais peuvent contenir des erreurs. Pour toute reprise de ces informations, veuillez noter en source ce lien. Mise à jour : 9 juillet 2021.
Sources :
1Carton VHS/Blu Ray (remerciements à Hercule),
2Rémi  Carémel / Dans l'ombre des studios (remerciements à Roger Carel, Anne Germain, José Germain, Jean-Claude Briodin et Georges Costa),